2084 ; la fin du monde

SANSAL, BOUALEM

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/03/17
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance
dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion... Boualem Sansal s'est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d'un récit débridé, plein d'innocence goguenarde, d'inventions cocasses ou inquiétantes, il s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.
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A l’occasion de la rentrée littéraire, Price Minister a fait comme Babelio : proposer un roman contre une critique. 2084 de Boualem Sansal était celui qui me paraissait le plus intéressant. Depuis il a reçu le Grand Prix de l’Académie Française à défaut d’avoir obtenu le Prix Goncourt.Avec 2084, Sansal nous entraine dans une dystopie particulièrement sombre. Une catastrophe nucléaire a permis l’émergence d’un empire assis sur la religion. Mais 2084 se rapporche de l’orwellien 1984, car la population vit enclavée dans des frontières infranchissables sans connaissance de ce qu’il se passe au-delà; Abi a mis en place l’Abilangue, une novlangue devant remplacer toutes les autres langues; il n’y a plus qu’une pensée unique basée sur les préceptes de Yolah.Ce qui est saisissant c’est la description de cet Etat totalitaire basé sur la religion, ce qui entraine violence et amnésie collective. Et que cette description est très proche de ce qu’il se passe au sein de l’Etat Islamique.Par contre Boualem Sansal a un traitement très froid de l’histoire de se personnages. Même si en raison du monde où ils se trouvent il y aurait largement de quoi partager leurs angoisses et leurs difficultés. Mais Sansal laisse une grande distance entre les personnages et le lecteur. Je n’ai pas eu beaucoup de choses à partager avec eux. De plus les personnages de Sansal sont peu attachants, je les ai trouvés très lisses, avec peu d’aspérités pour pouvoir s’y accrocher ou s’y attacher.C’est presque dans l’indifférence que j’ai fini ce roman qui commençait bien même si les premières pages n’étaient pas faciles d’accès.

Chiwi
31/12/15
 

S'il fallait une suite à 1984, le roman antitotalitaire d'Orwell, elle s'écrit maintenant avec cette fable universelle de Boualem Sansal.Nous sommes dans un empire totalitaire , l'Abistan, où règne un dieu unique , Yölah, avec Abi comme prophète sur terre. Ce pays est isolé du monde et n'a pas d'Histoire , plus de mémoire, son temps est rythmé par des cérémonies religieuses, des sacrifices, et sa langue est l'abilang. Les gens ne communiquent pas entre eux, il est interdit de penser, et la surveillance est officielle.Ati, mécréant sorti d'un sanatorium, croit avoir compris les ressorts du système, et avec Nas, un archéologue qui a découvert des vestiges susceptibles d'ébranler les fondements de l'Abistan, ainsi qu'avec Koa, un collégue, il essaiera de prouver qu'il est possible de vivre et de mourir sans religion.Leur visite dans le ghetto les renforcera dans cette idée, mais bien sur, cela n'ira pas sans drames, jusqu'à ce qu'Ati, s'efforce de franchir la mythique frontière séparant l'Abistan d'un autre monde.Ce roman captivant donne des frissons d'angoisse, mais heureusement B.Sansal y pose souvent un regard ironique, ce qui relâche un peu la tension indue par le radicalisme religieux sous toutes ses formes.Il prend pour cible ce que voulait être l'Al-Quaïda de Ben Laden et ce qu'impose aujourd'hui Daèch à partir de l'Irak.« Dormez tranquilles, bonnes gens, tout est parfaitement faux( dans le roman) et le reste est sous contrôle »

Salina
11/10/15
 

Dernier roman et pas le moindre de Boualem Sansal..il s'est essayé à un genre nouveau... : le roman dystopique..dans la même veine que "Farenheit 451", "Le meilleur des mondes", "Nous autres" ou "1984" de George Orwell, auquel il fait plusieurs allusions dans ce nouveau roman, mais son pari n'est pas totalement réussi.Nous sommes en Abistan, un immense empire aux soixante provinces dirigé par Abi, le "Bigaye", prophète délégué de Yölah.En 2084 la Grande Guerre Sainte s'est achevée par une victoire sur la Grande Mécréance. Elle fut remportée par les disciples d'"une forme gravement dégénérée d'une brillante religion"!!! Cette guerre a transformé ainsi d'"inutiles et misérables croyants en glorieux et profitables martyrs". 2084 est la date jusqu'à laquelle on sait remonter le temps....Abiland est un pays de territoires de désolation, noir, vitrifié, aucune trace connue de civilisations antérieures, les habitants mangent par terre des bouillies infâmes, les objets usuels de notre quotidien ont disparu, rafles, prières, exécutions capitales rythment le quotidien. Une société qui impose le fanatisme des jeunes, le mariage précoce des filles, des "burniqabs" variantes des niqabs contemporains pour les femmes, des "burni" différents selon la position sociale et le rang pour les hommes. Des ghettos regroupent les opposants déclarés du système.Une langue nouvelle a été inventée, elle doit être impérativement parlée : "Avec la langue sacrée mes adeptes seront vaillants jusqu'à la mort, ils n'auront besoin de rien de plus que les mots de Yölah pour dominer le monde. Comme ils ont fait de mes compagnons des commandeurs de génie, ils feront d'eux des soldats d'élite, la victoire sera prompte, totale et définitive". Un "Ennemi" toujours cité, mais que personne n'a jamais vu, menace l'AbilandAti homme encore jeune est soigné dans un sanatorium, il doit en sortir pour regagner le monde...Mais il est fortement troublé par ce qu'il a vu, par ce qu'il a vécu, par ce que les pèlerins lui ont dit...Il n'a jamais fait ces pèlerinages imposés de milliers de personnes, visitant et priant dans ces lieux sacrés où vécut Abi, pèlerinages qui se terminent souvent par la mort de ces pèlerins devenus martyrs, des pèlerinages avec des listes d'attente de plusieurs années "En Abistan, il n'y avait d'économie que religieuse". La mort est sanctifiée : ".....'Allons mourir pour vivre heureux" est adopté par l'armée abistanaise comme devise sur son blason....Ati, fait dorénavant semblant de croire et se plie aux 9 prières quotidiennes... il a croisé un l'ethnologue fonctionnaire qui a découvert un village antique totalement intact "propre à révolutionner les fondements symboliques de l'Abistan". Son esprit est fortement troublé, et il devient aux yeux de l'Appareil un mécréant méritant la mort, à l'occasion de ces exécutions géantes dans les stades.Il va dès lors essayer de trouver "la Frontière", on en parle à mots couverts, mais l'Appareil dit qu'elle n'existe pas. Il voyagera dans le pays, franchira visitera la cité de Dieu, un musée du XXème siècle...rencontrera des élites vivant dans l'opulence, en contradiction totale avec les principes de la religion et du système qu'ils imposent au peuple soumis au totalitarisme.Un livre troublant, fable et livre politique dans lequel Sansal dénonce la Religion en poussant à l'extrème les dérives de toute religion, religion qui peut priver l'homme de sa liberté, religion intégriste qu'il ne nomme jamais, mais les clins d'œil sont tellement évidents.....qu'on la reconnaît....."La religion fait peut-être aimer Dieu, mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité"."En transmettant la religion à l'homme la langue sacrée le changeait fondamentalement, pas seulement dans ses idées, ses goûts et ses petites habitudes mais dans son corps en entier, son regard et sa façon de respirer, afin que l'humain qui était en lui disparaisse et que le croyant né de sa ruine se fonde corps et âme dans la nouvelle communauté" Un livre dans lequel il dénonce, comme dans ses autres ouvrages, les totalitarismes, les dictatures, l'intégrisme. Il est difficile de ne pas y trouver une critique de l'Algérie, de ses clans corrompus se battant pour conquérir ou garder le pouvoir..du peuple manipulé...beaucoup de personnes parlant à mots couvert de la Democ...de la Démouc!!... Abi personnage central, personne ne le voit plus, il dirige tout, il est craint, n'est-il pas un deuxième Boutéflika? "Yölah est grand et Abi est son Délégué" !On pourrait se dire "C'est une fable qui ne nous concerne pas, l'Abistan et son système sont loin de chez nous!" Pas du tout..."2084 La fin du monde" et un livre qui nous interpelle directement en France...et en Occident dans l'un de ses passages! Frissons!Un livre parfois difficile à suivre du fait du style, trop pointilleux, sur certains points, mais trop superficiel et trop fouillis sur d'autres. On s'y perd parfois, mais l'auteur l'a peut-être souhaité à l'image du système abistanais, et c'est un peu dommage. Un livre qui toutefois ne peut laisser personne indifférent, on aimera ou on détestera.Boualem Sansal est un auteur à connaître ...et que j'aime bien malgré tout. Un auteur dont il faut saluer et respecter le courage...si certains écrivent de France contre l'intégrisme, lui le fait depuis l'Algérie....pays où des français, dont des religieux, ont été décapités par des intégristes! JPV

JPV11
09/09/15
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.18 kg