Abattoir 5

VONNEGUT, KURT

livre abattoir 5
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 01/06/04
LES NOTES :

à partir de
6,50 €

SYNOPSIS :

Billy Pèlerin, vieil opticien tranquille est ami avec les Tralfamadoriens, petits extraterrestres verts, hauts de deux pieds doués d'une vision particulièrement aiguisée. Avec eux, Billy s'extrait de la réalité, fait des bonds dans le temps, retourne souvent à l'époque où il servait son pays sous les
drapeaux, quand les Allemands l'avaient fait prisonnier dans un vieil abattoir de Dresde. Diplômé en biochimie, professeur d'anthropologie à l'université d'Iowa et vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Kurt Vonnegut (1922-2007) s'est imposé comme un des maîtres de la contre-culture américaine.
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Bombe littéraire à fragmentation.Sans emphase ni exagération, «Abattoir 5 ou la croisade des enfants», le sixième roman de Kurt Vonnegut (1922-2007), publié en 1969, fait partie des livres incontournables, à lire et relire absolument.À l’origine, il y a la vie de Kurt Vonnegut : Fait prisonnier par les Allemands en décembre 1944, Il fût transféré à Dresde où il travailla dans un abattoir, et fût un des rares survivants du bombardement de la ville en février 1945, refugié avec quelques autres soldats américains dans les caves de l’abattoir.Kurt Vonnegut voulait évoquer son expérience de la guerre, mais comment dire l’horreur sans tomber dans un effroi abyssal ou une dépression insurmontable, ni dans des stéréotypes qui pourraient faire passer la guerre pour une aventure utile ? Il répond à cette question insoluble avec un récit en apparence absurde et dénué de sens, comme la guerre, un chef d’œuvre poignant, désespéré et en même temps d’un humour féroce.Le héros du livre, homme sans qualités du nom de Billy Pèlerin et double fictionnel de Vonnegut, a rencontré des extra-terrestres, les Tralfamadoriens qui l’ont kidnappé et comme eux, il a «décollé du temps», ce qui signifie qu’il voyage dans le temps de sa propre vie, avec des allers et retours imprévisibles et incessants, ne sachant jamais quel est le prochain moment qu’il va vivre. Billy Pèlerin est ainsi tour à tour en lune de miel, sur le point de survivre à un accident d’avion en 1968, sur le front pendant l’ultime offensive allemande de 1944 et ne voulant pas se battre, à Chicago pour prononcer une conférence sur les soucoupes volantes et la nature du temps en 1976, exposé nu dans un zoo de Tralfamadore en compagnie d’une jolie starlette, Montana Patachon, ou encore en février 1945 sous les bombes de Dresde…«Un anesthésique est insufflé dans l’air que respire Billy pour l’endormir. On l’emporte dans une cabine pour l’endormir. On l’emporte dans une cabine où on l’attache à l’aide de sangles à un fauteuil-relax jaune dérobé dans un entrepôt de Prisunic. La cale de la soucoupe était bourrée d’objets volés qui serviraient à meubler l’habitation reconstituée pour Billy dans un zoo de Tralfamadore.L’insupportable accélération, cependant que la soucoupe quitte la Terre ratatine le corps assoupi de Billy, lui tord le visage, le ravit au temps, le réexpédie à la guerre.Quand il revint à lui, il n’était pas sur la soucoupe. Il traversait l’Allemagne sur un wagon de marchandises.»Kurt Vonnegut raconte la guerre en tournant autour et en la fragmentant. L’effet est étourdissant, les événements se succèdent sans enchaînement logique apparent, mais le flot du récit est totalement fluide malgré les sauts temporels, régulièrement ponctué de cette phrase faussement stoïque : «C’est la vie».La tragédie de la guerre est totalement absurde, et une simple description des événements ne saurait transmettre l’inconcevable. Ce conte qui a recours à la science-fiction et au contournement, renvoie en miroir aux mots de Sebald à propos des récits des rescapés des bombardements, qui «se caractérisent en règle générale par leur discontinuité, leur caractère singulièrement erratique, en telle rupture avec les souvenirs nés d’une confrontation normale qu’ils donnent facilement l’impression de n’être qu’invention pure ou affabulation.» (W.G. Sebald, De la destruction comme élément de l’histoire naturelle)Mais comment ai-je pu attendre si longtemps avant de lire ce chef d’œuvre ?«Billy, grâce à ses souvenirs du futur, sait que la ville sera réduite en miettes avant de flamber, dans trente jours à peu près. Il se rend compte aussi que la plupart de ceux qui l’observent mourront très bientôt. C’est la vie.»

MarianneL
12/12/14
 

Le chef d'œuvre de Vonnegut, encore plus impressionnant et sombrement réjouissant à la relecture.Publié en 1969 (et traduit en français en 1971 par Lucienne Lotringer), le sixième roman de Kurt Vonnegut fut pour lui l'occasion de - enfin - synthétiser l'ensemble de son expérience autobiographique fondatrice - à savoir sa présence, en tant que prisonnier de guerre, lors du monstrueux bombardement de Dresde en février 1945 -, qui irriguait déjà auparavant une bonne partie de ses romans ou de ses nouvelles, pour fabriquer cette fois un roman généralement considéré comme l'un des plus grands du XXème siècle, en langue anglo-américaine, et dont le retentissement dépassa largement celui des déjà très réussis "Le pianiste déchaîné" (1952), "Les sirènes de Titan" (1959) ou encore "Le berceau du chat" (1963)."Abattoir 5" est le nom donné par le narrateur et ses compagnons de captivité à une prison de fortune à Dresde, réellement ancien abattoir, dont l'épaisseur des murs et des plafonds sauvera leur vie lorsque les bombes au phosphore s'abattent sur la ville. Le narrateur Billy Pélerin, capturé dans des conditions rocambolesques avec quelques autres isolés de la 106e D.I. durant la bataille des Ardennes, devient, après sa démobilisation, opticien à Ilium, NY (petite ville imaginaire qui hante l'œuvre de Vonnegut), en épousant la fille d'un magnat local de l'optique.Par la suite, il sera notamment enlevé par les extra-terrestres trafalmadoriens, qui l'installeront confortablement dans un zoo sur leur planète, en compagnie de la belle actrice de cinéma Montana Patachon, avec qui il aura même un enfant...La particularité sans doute la plus notable de Billy, c'est qu'à l'instar des Trafalmadoriens, il voit désormais l'ensemble des événements de sa vie "à plat", simultanément, passant donc sans transition, à tout instant, d'une bribe de sa biographie à une autre, éventuellement distante de plusieurs dizaines d'années, passée ou future, sans aucune maîtrise de ce processus, enchaînant ainsi les épisodes de la bataille des Ardennes, de sa vie d'opticien, de sa captivité à Dresde, de son enfance, de ses entretiens aux journaux pour parler de l'expérience trafalmadorienne, de ses rencontres avec le mythique écrivain de SF de seconde zone, Kilgore Trout, ou avec un réactionnaire général de l'USAF en charge de l'historiographie du bombardement de Dresde,...J'avais lu pour la première fois "Abattoir 5" au sortir de l'adolescence (il y a donc un certain temps...). Comme le faisait remarquer Douglas Adams, entre autres, et même si c'était à propos des "Sirènes de Titan" au premier chef, il faut au moins une deuxième lecture de Vonnegut pour réaliser à quel point cette narration enchevêtrée, d'apparence presque aléatoire, qui fait s'entrechoquer avec violence scènes comiques, récits absurdes et anecdotes horribles, parfois au sein d'une même phrase, ne doit en réalité absolument rien au hasard, et repose sur une infernale construction de haute précision, rythmée par la phrase mythique, mondialement célèbre aujourd'hui, concluant les paragraphes à chaque fois qu'ils évoquent une mort ou un désastre : "C'est la vie" ("So it goes"), qui apparaît 106 fois dans le roman.Une réputation de chef d'œuvre totalement méritée, donc, et plus encore après cette deuxième lecture.

Charybde2
21/05/13
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.12 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : LUCIENNE LOTRINGER

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