Absalon, absalon !

FAULKNER, WILLIAM

livre absalon, absalon !
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 22/02/00
LES NOTES :

à partir de
13,90 €

SYNOPSIS :

Absalon, absalon ! est tout d'abord l'histoire de thomas sutpen et de sa descendance - l'histoire de son dessein : créer une plantation et y établir une dynastie pérenne, en sorte que ne puisse se reproduire la scène où s'origine ce dessein, lorsque le petit garçon qu'il était fut empêché par un esclave noir de franchir
la porte d'entrée de la maison du planteur où son père l'avait envoyé porter un message. Cette porte-miroir lui renvoie, précisément parce qu'elle est barrée, l'image de son impuissance et de sa précarité de pauvre blanc dans une société où pouvoir, prestige et loisir appartiennent à la classe des planteurs.
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Quelques mots sur l'auteurWilliam Harrison Falkner dit Faulkner est né en 1897. Ses romans ont surtout une dimension psychologique et symbolique. Il s'intéresse énormément au Sud des Etats Unis dans son évolution morale et éthique à travers des protagonistes qui sont à mon avis au delà du bien et du mal. Faulkner dépeint aussi le sordide et la sauvagerie tragique des victimes érigées en bouc-émissaire.Critique"Absalon! Absalon!, mon fils!", tel est le cri de Salomon lorsqu'il voit apparaître son enfant, réputé pour sa beauté et sa belle chevelure. Ce cri est repris ici comme titre d'un des romans grandioses de William Faulkner, écrivain du Sud des Etats Unis. L'histoire repose sur la haine d'un petit garçon pauvre, Sutpen, à l'endroit des riches planteurs. Devenu un homme, il veut "venger sa race" et décide de fonder une dynastie. Par la force des choses, il y arrive mais c'est sans compter sur sa faute secrète et sur le Destin... Le talent de William Faulkner réside dans sa capacité à faire émerger de son imagination tout un monde, figé dans le passé, drapé dans son honneur d'un autre âge. Ce microcosme est le comté d'Yoknapatawpha qui est spolié aux Indiens par les personnages pour quelques dollars et dans lequel il campe tous ses protagonistes, de Christmas dans "Lumière d'août" à Charles Bon, cet Absalon qui va détruire les rêves du père. Mais son génie à William Faulkner est selon moi la portée dénonciative de son roman. Au travers l'intrigue, l'auteur souligne l'effondrement du Sud après la guerre de Sécession mais aussi l'abolition de l'esclavage et le racisme, et ce dans le parcours de Bon. Car en fin de compte, Charles Bon venge lui aussi , si on peut dire, sa "race": son père n'a t-il pas répudié sa mère parce que celle-ci a du sang noir? Usant de son charme, de son physique de sybarite et de son intelligence, Charles conquiert l'amour d'Henri, son demi -frère (mais Henry ne le sait pas) et s'apprête à entrer dans la couche de Judith, soeur d'Henry et de ...Bon. Tout ceci par pur vengeance. Mais là où le thème aurait pu être traité avec une piètre qualité, chez Faulkner, il prend une autre dimension puisqu'il s'interroge sur la vision du Noir dans l'imaginaire collectif du Sud des Etats Unis. Il laisse voir au lecteur une des peurs viscérales du Sud: la peur de ce que les critiques qui étudient Faulkner appellent le "Nègre blanc", le mélange des races dont l'homme noir, selon le Sud et selon l'auteur (qui lui le dénonce), est tenu pour responsable. Cette "miscegenation" est "problématique" car le "nègre blanc" ne permet pas par ses traits physiques de le désigner comme Noir: il n'en porte aucune trace. Charles Bon, tout comme Christmas va être mis à mort pour avoir bravé l'interdit. Il est abattu par Henri parce qu'il assume jusqu'au bout son identité et sa vengeance. Je pense que dans ce roman, la peur de l'inceste n'est pas une cause du fratricide. Je pense que Faulkner veut nous faire comprendre que Henri et la communauté qui le soutient commettent le meurtre parce qu'il faut préserver la femme de l'homme noir et de son sexe. C'est un code d'honneur, une responsabilité morale. D'ailleurs, dans différents entretiens qu'il a donnés, l'auteur insiste beaucoup sur cette question. D'autres écrivains s'intéressent aussi à ce problème. Philip Roth le traite dans son roman "La tache". On comprend mieux les affres de l'universitaire accusé de raciste envers deux étudiants noirs lorsqu'on connaît le secret de ses origines. Il se peut que les romans de Faulkner vous rebutent car on ne parvient pas, il est vrai, à comprendre tout de suite ni entrer aisément dans son monde. Mais je vous les recommande chaudement. Ils traitent de façon très subtile mais très acérée la question de l'identité, de la quête identitaire et de son anéantissement lorsque cette identité est devenue trop visible. C'est pourquoi, je trouve qu'il y a beaucoup de points communs avec notre époque concernant le traitement des minorités que ce soit en Europe ou aux Etats Unis. Je trouve aussi que l'oeuvre de Faulkner a une portée prophétique: il souligne un paradoxe d'un monde qui a pratiqué l'esclavage, la ségrégation et qui pourtant a aussi porté Obama à la tête d'une des plus grandes nations. Je ne puis terminer cette critique sans vous suggérer des productions cinématographiques comme Amistad, Mississippi Burning ( le duo: dafoe et hartman est sublime), ou encore La main droite du diable avec un Tom Beranger au top de son art. Victoire

tran
30/04/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 12.70 cm
  • Poids : 0.42 kg
  • Langage original : ANGLAIS