Acide sulfurique

NOTHOMB, AMELIE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 02/05/07
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SYNOPSIS :

vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle. a.n. une
petite fable cynique jonglant à souhait avec le beau et le laid, le bien et le mal. métro.
22 personnes en parlent
« Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle ». Telle est la première phrase du roman et, à vrai dire, Amélie Nothomb ne pouvait pas mieux commencer ni résumer son roman. Avec un style très particulier qui lui est propre, Amélie Nothomb nous offre une belle leçon de morale en ramenant dans le présent un évènement que l’on préfère souvent laisser au passé. Qui n’a jamais dit que la Seconde Guerre mondiale et ses atrocités faisaient maintenant partie du passé ? De même, qui n’a jamais dit qu’il n’aurait jamais réagi comme les Allemands face à l’Holocauste ? Pourtant, l’auteur nous montre avec une facilité et même une légèreté déconcertante que personne ne se connait vraiment, que rien n’est acquis et que tout peut recommencer. On peut même se rappeler le roman de Todd Strasser, La vague (adapté au cinéma par Denis Gansel en 2008), porteur du même message. Au-delà de son message principal, Amélie Nothomb nous offre également à réfléchir sur plusieurs thèmes fondamentaux comme l’identité d’une personne et sa valeur, la nature humaine ou encore les valeurs de ce monde. Même si le style qui caractérise l’auteure peut dissuader certaines personnes (et moi la première) de la lecture de ce livre, il ne faut pas s’arrêter à ce détail car c’est un roman qu’il faut absolument avoir lu dans sa vie et qui mérite amplement les critiques élogieuses qu’on en a faites !
LaDévoreuseDeLivres

Quatrième de couverture :Ce que la télé-réalité n'avait pas encore osé faire, Amelie Nothomb l'imagine ...Concentration est le dernier « reality show » à la mode.On enlève des passants, ils sont enfermés dans un camp, on recrute des tortionnaires et on les filme ... de quoi faire exploser l'audimat.Surtout lorsque les téléspectateurs votent la mort des plus faibles !Dans ce camp, deux femmes. Zdena, chômeuse devenue matone zêlée et Pannonique, matricule CKZ114.Entre la victime et le bourreau va naître un sentiment trouble et cruel. La vie ne tient qu'à un fil ...

owalbecq
09/04/09

Pourquoi dénoncer l'horreur d'un sujet.......quand elle n'est que la médiatrice d'une dénonciation sociale? Si l'on dit à l'Homme "tu vas à ta perte, regarde tes actes", prendrait-il conscience ou se rirait-il de cette remarque? Prophétiser le sombre pour en montrer la gangrène actuelle n'a rien d'un combat pro-génocide. Via une idée extrapôlant notre réalité, l'auteure traite de la logique qui en découlerait pour nous montrer le moutonnement de ce siècle. Nous bêlons sur l'idiotie mais la corroborons par nos actes. En cela il ne faut pas s'attacher à l'idée-maitresse mais à ce qu'elle vise. La trame est menée sans surprise, peut-être, mais avec la plume savante de Melle Nothomb qui nous guide vers une bien délicate fin. A lire avec un détachement lucide et philosophique. http://delphiine.hautetfort.com

funforfools
06/10/10
 

Quel bon roman ! Une histoire qui nous fait réfléchir sur la perversité de ces reality-shows où la vie et la personnalité d'illustres inconnus nous est donnée en pâture. Le parallèle avec les camps de concentration est osé, mais intéressant. Et Amélie Nothomb nous offre deux beaux portraits psychologiques : Pannonique la victime et la "kapo" qui la tyrannise avant de s'incliner devant elle...

Vianette
31/10/10

Sorti en 2005 aux Editions Albin Michel, ce livre a crée une vive polémique , encensé par certains et descendu par d'autres.C'est vrai que l'idée de départ est forte : des personnes prises au hasard dans la population sont déportées dans un camp de concentration . Ils sont filmés 24/24h et cette télé-réalité est retransmise bien sûr et suivie par de très très nombreux téléspectateurs.Les prisonniers sont soumis aux ordres des Kapos, candidats choisis - castés- par les organisateurs et vivent dans des conditions extrêmes d'insalubrité , de malnutrition et sont soumis à des travaux forcés. La grande différence avec les camps nazi est en fait la présence des caméras. Chaque jour, deux détenus sont nominés par les organisateurs, choisis souvent pour leur faiblesse ou leur discrétions et sont tués. Jusqu'à ce que les organisateurs, pour booster une fois de plus l'audience, décident que désormais ce seront les téléspectateurs qui choisiront ceux à éliminer . Deux personnages se dégagent de cette histoire:ZKZ 114, (de son vrai prénom Pannonique, mais dans Concentration, où la déshumanisation fait partie des procédés d'humiliation des prisonniers, les matricules sont la règle et l'usage des prénoms interdit), un jeune fille intelligente , forte , belle et charismatique, la prisonnière mise en avant lors des retransmissions et idole des téléspectateurs. Et Zebda la kapo, jeune fille à l'opposé de Pannonique, et qui va développer envers elle une jalousie mêlée de fascination la menant à l'acharnement.Un des aspects fort de ce livre est bien sûr la critique de la télé-réalité et du voyeurisme. Qui est vraiment responsable: les organisateurs? les candidats kapos qui s'acharnent sur les prisonniers? ou les spectateurs? " -Spectateurs, éteignez vos télévisions! Les pires coupables, c'est vous! Si vous n'accordiez pas une si large audience à cette émission monstrueuse, elle n'existerait plus depuis longtemps! Les vrais kapos, c'est vous! Et quand vous nous regardez mourir, les meurtriers, ce sont vos yeux! Vous êtes notre prison, vous êtes notre supplice! " lance ZKZ 114 (Pannonique) Malgré ses idées fortes, ce livre n'a pas réussi à m'emballer. Je ne suis pas parvenue à m'attacher aux personnages, que j'ai trouvé assez fades . J'ai trouvé que l'ensemble manquait de rythme, même si la lecture en est facile. J'aurais aimé un traitement des idées sous-jacentes beaucoup plus cynique (soit plus corrosif ou inversement très léger ce qui aurait pu donner une approche décalée intéressante); au lieu de cela, j'ai trouvé au final cette histoire un peu terne.DommageNote 12/20

lagrandestef
29/08/10
 

Je poursuis ma découverte des livres d'Amélie Nothomb avec ce roman qui peut aisément être qualifié de trash, une histoire pour le moins pleine de réflexions intéressantes que j'ai dévorée en quelques heures seulement.Nous voici arrivés dans un jeu de télé réalité intitulé "concentration", le but de cette téléréalité est de rafler des personnes quelconques et les enfermer dans un camps... un camps de concentration rempli de caméra grâce auxquelles les téléspectateurs pourront suivre la vie du camps.Une lecture qui m'a mise mal à l'aise au début puisque j'ai eue du mal à imaginer l'organisation d'une telle télé réalité se déroulant dans un camps de concentration mais plus j’avançais dans l'histoire et plus je me suis aperçue où l'auteure voulait en venir en écrivant ce roman. Les télés-réalités font tabac sur nos écrans de télévisions, on ne peut s'empêcher de faire rapidement un rapprochement, entre celles-ci et celle mise en avant à travers ce livre, Amélie Nothomb fait une très bonne analyse sur les motivations des téléspectateurs à visionner ces émissions, des motivations qui ne sont pas saines, puisque les téléspectateurs sont attirés pour la plupart par les clashs à répétition qui donnent souvent lieu à des records d'audience. L'auteure évoque également avec beaucoup de justesse, les notions du beau et du moche, du bien et du mal, en définitive on ressort de ce livre la tête pleine de réflexions, grâce au style d'Amélie Nothomb qui ne nous épargne pas. Roman court mais efficace à mettre en toutes les mains des amateurs de ce style d’émission. Benebooks

Benebooks
02/10/15
 

'ai apprécié ce roman car Amélie NOTHOMB se moque avec beaucoup d'humour des télé réalité. Au lieu de regarder n'importe quoi à la télé, il serait souhaitable de lire un bon bouquin pour s'enrichir que de regarder des navets à la télé.Bonne lecture.

un flyer
25/12/13

Je ne suis absolument pas fan de cette auteure, mais on m'avait conseillé ce livre, alors je me suis lancée. J'ai plutôt apprécié, contrairement à ce que j'aurais pensé. L'histoire est originale mais dénonce aussi beaucoup de choses qui sont taboues, dont on ne parle jamais : les conséquences et les influences de la télévision. Un bon roman qui fait réfléchir.

SandrineLovesBooks
14/08/13
 

Maginez que les camps de concentration deviennent un jeu de télé-réalité. Des gens se font arrêter et sont envoyer dans un camp pour y travailler et mourir. La production paye des kapo pour y faire régner l'ordre. Tout ça sous l’œil bienveillant de centaines de caméras. Comment les prisonniers peuvent réagir face à tant de souffrance, de violence et de bêtises.Acide sulfurique est un roman comme Amélie Nothomb sait les faire. Elle prend du recul sur un événement, le modifie, le remodèle et nous le sert avec sa sauce. Elle prend plaisir à torturer psychologiquement ses personnages.On y trouve le refus du laxisme avec lequel les gouvernements se sont laissés aller devant autant d'atrocités, c'est la critique de la culture moderne qui à son apogée est au plus profond, de la société décadente qui se plaît à regarder des gens souffrir derrière leur écran, sans état d'âme. On y trouve aussi le récit assez cruel des pauvres gens, à qui on a volé jusqu'à leur nom, et qui face à l'adversité commune, continue comme l'homme sait si bien le faire, à se retourner les uns contre les autres.Les personnages sont caricaturés et pourtant si réels, de la kapo bête et méchante à Pannonique, qui se considère comme Dieu pendant un temps, au public abruti derrière son écran, ou alors, la caricature n'existe pas. Ces gens étudiés dans un lieu et un événement terribles se comporte le plus simplement, en faisant ressortir uniquement ce qu'ils ont de plus profond, parce que le reste n'est que futilité dans des conditions extrêmes.L'écriture est efficace, fluide, alternant courtes descriptions et dialogues, Amélie Nothomb nous emmène dans son univers si particulier, décalé dès les premières pages pour nous lâcher, presque à bout de souffle, au point final. Le roman est court et va à l'essentiel sans se perdre.Un roman qui pousse la réflexion plus loin. Un roman qui demandera au public un peu plus de discernement que celui qui regarde ce genre d'émissions, qui peut la critiquer tout en la cautionnant de par sa présence derrière l'écran. Je dois en faire partie, j'ai lu son roman, trouver abject les tortures, mais j'ai continué jusqu'à la dernière page, parce que j'ai aimé le lire, finalement, je suis comme tout le monde.

Skritt
16/04/13
 

J'étais devant plusieurs livres d'Amélie Nothomb lorsqu'il a fallu faire un choix et c'est celui-là que j'ai retenu. Au premier coup d'oeil, j'ai été attirée par sa couverture que je trouve très chouette. Puis le titre m'a emballé "Acide Sulfurique" ça donne bien le ton de l'histoire, j'adore. La 4ème de couverture, avec sa seule phrase, nous le confirme.Ce livre part sur deux grands axes : la télé-réalité et l'amour. Tout au long de l'histoire, on passe de l'un à l'autre sans se perdre. Pour ma part, je trouve l'axe amoureux trop appuyé par apport à l'autre axe qui pour moi est le plus intéressant. L'auteur a su utiliser les codes de la télé-réalité et nous montrer le comportement de la société tel qu'il est tout en y plaçant un sujet dur, presque tabou. C'est tordu, dérangeant mais bien ficelé et ça marche. L'axe de l'amour permet d'alléger le tout pendant qu'avec le côté télé-réalité on réfléchit et se pose des questions. En posant le livre, je me suis dis : "c'est vrai, le pire c'est que c'est possible !".J'ai bien apprécié l'écriture fluide avec de petites parties qui s'enchainent rapidement, ces phrases coutes et ce franc parler. L'histoire se met très vite en place et on est tout de suite dedans. Ecrit à la 3ème personne, on suit les aventures de deux femmes opposées ce qui nous permet d'avoir deux points de vue différents d'un même événement. La fin était plus ou moins attendue mais bien amenée. Jusqu'au bout on se pose des questions. Pour conclure, je dirais que c'est un bon livre et je regrette que l'axe amoureux est pris autant de place et c'est pour cette raison que je ne lui donne que 3. Je l'ai lu d'une traite sans le poser et restera un bon moment de lecture.Je ne connaissais pas cette auteur et ce livre me donne envie de la découvrir et d'en lire d'autres.Je conseille ce livre aux personnes qui veulent un livre qui se lit bien et rapidement tout en ayant une histoire de fond très intéressante.

languedeliee
28/11/12
 

(attention, spoiler !) Je ne dirais pas qu’il s’agisse d’un coup de cœur pour moi. Mais cela reste une grande œuvre pleine de sincérité, un cri contre la « génération télé-réalité ». Mais au fait, parle-t-on d’un camp de concentration ou d’une émission de télé-réalité ?Certains diront : c’est un camp de concentration.En effet, il y a des latrines et des couchettes minables, des rations de « nourriture » à peine mangeable, les prisonniers sont contraints aux travaux forcés, les kapos sont abominables avec eux et décident de leur survie ou de leur mort. Aussi, on assiste à une véritable déshumanisation des prisonniers avec la présence des matricules.D’autres diront : mais non, c’est une télé-réalité !En effet, il y a des caméras dans tous les coins, une sorte de casting a été faite pour sélectionner les kapos, les spectateurs affluent en masse, les organisateurs surveillent le tout, du haut de leur tour de contrôle. Je ne sais donc trop comment trancher. Cependant, l’horreur est bien réelle. Les conditions de détention sont telles, qu’elles copient à l’identique les conditions de détention des camps de concentration de l’époque nazie. La seule différence ici, étant que les prisonniers ne sont ni juifs, ni ennemis politiques ; ce ne sont que des inconnus.Cette description précise du camp est très intéressante. Le décor paraît si réel, si vrai. On s’y croirait presque. Les personnages quand à eux, sont vraiment fascinants. Surtout Pannonique et la Kapo Zdena. En effet, tandis que la première est noble, belle et a un caractère fort, l’autre apparaît méchante, manipulatrice et obsédée par Pannonique. Elles sont toutes deux liées mais si différentes. Pourtant, l’obsession de Zdena n’est pas partagée par Pannonique ; cela n’empêchera pas celle-ci de profiter de la situation pour obtenir du chocolat ou de meilleurs traitements pour elle et ses compagnons. Certains ont trouvé la fin décevante, la disent trop facile, trop évidente. Une happy-end trop prévisible en somme. Une fin qui m’a assez plue pourtant ; et puis, comment finir cette histoire d’une autre manière ? En tuant tout le monde plutôt que de les sauver ? Cela aurait été plus décevant encore à mon avis. Il ne faut pas enlaidir encore le plus le monde, il l’est déjà bien assez.En bref : un roman qui a su me captiver et me faire réfléchir. Une histoire qui abordent des thèmes importants, comme l’avenir du monde, l’avenir que les Hommes créent au monde. En plus de l’avertissement qu’il propose, ce roman expose les faits précis de l’horreur concentrationnaire avec un certain recul, épargnant les âmes sensibles et ne bouleversant pas autant que Primo Levi et son roman Si c’est un homme, par exemple.Je le recommande donc volontiers à tous.

SEcriture
18/09/12
 

Un livre qui se lit très bien. Jusqu'où l'Homme est-il capable d'aller dans la perversion ? Ce livre a l’intérêt principal de pousser la téléréalité dans ses derniers retranchements et la question principale : Est-ce qu'un jour nous serions capable d'accepter cela sur nos écrans ? A chaque téléspectateur de se poser la question ?

rpfab
04/09/12
 

Je n'ai jamais été emballé par Amélie Nothomb. Autant j'avais adoré L'hygiène de l'assassin et Stupeurs et Tremblements, mais le reste ne m'a jamais emballé, car Amélie Nothomb joue du fait qu'elle soit commerciale pour tomber dans la facilité. Heureusement, elle se rattrape avec ce livre très malsain (et qui, donc, me plaît !), dénonçant par le même biais la télé-réalité. Glauque, noire, ce n'était pas une personnalité d'Amélie Nothomb que j'avais eu l'occasion de voir. Ca me fait un peu penser à Hunger Games... Clementh

Clementh
19/08/12
 

Événement dans le monde du petit écran : une nouvelle émission de télé-réalité voit le jour. Son nom ? « Concentration ». But du jeu : reproduire le fonctionnement d’un camp de concentration allemand, avec des personnes de tous âges et de toutes nationalités. Les prisonniers, choisis au hasard dans la population, sont contraints à exercer des travaux forcés, sous l’œil vigilant de surveillants mais aussi de caméras qui filment leur souffrance en permanence. Chaque semaine, les personnes n’étant plus aptes au travail sont sacrifiées.Malgré l’indignation générale, le succès de l’émission est phénoménal, au point qu’une nouvelle règle apparait rapidement : les téléspectateurs pourront désormais voter pour le(s) prisonnier(s) qui seront conduits à la mort. Amélie Nothomb frappe fort ! Et là où ça fait mal ! Dans une société où la télévision a de plus en plus d’importance et où l’indiscrétion devient la règle, elle pose la question des limites et des dérives de la télé-réalité. Jusqu’où irons-nous ? Que pouvons-nous accepter au nom du divertissement et du voyeurisme ? Saurons-nous dire « STOP ! » si cela s’avère nécessaire ?Avec ce roman, l’auteure belge nous donne un aperçu de l’apathie des téléspectateurs et nous renvoie à notre propre responsabilité de citoyen. Un roman donc, mais qui vous pousse à vous interroger : « Et moi, que ferais-je dans cette situation ? ». Paola

Carnetdelecture
27/01/12
 

Un ouvrage percutant sur les méfaits de la télé-réalité. L'auteur met en avant le voyeurisme de ces programmes télévisuels dans un futur proche où la célébrité n'est pas l'objectif de l'émission. Quant aux téléspectateurs, ils peuvent voter via leur télécommande. Voter pour savoir si vous survivrez ou non. Le lieu de tournage : un camp de concentration ! A lire absolument !

Certes, il s'agit là d'une dénonciation de notre société, qui tient a mettre à mal notre amour des télé-réalités. Mais pour moi, Amélie Nothomb dépassé les bornes. C'est trop glauque, trop noir et surtout trop malsain.Voilà comment je qualifierais ce roman : trop malsain.

alison29
07/12/11
 

Avis et commentaire : Voilà une auteure, tant sur médiatisée, avec laquelle j'entretiens un rapport de lecteur plutôt timoré ; tantôt heureux avec "Hygiène de l'Assassin", tantôt détestable quand elle joue sur la facilité avec des livres comme "Métaphysique des Tubes". J'avoue, cette fois que je voulais voir comment elle pouvait traiter une thématique si grave et à priori impossible à romancer ; les camps de concentration et la télé réalité.Et bien autant le dire tout de suite, pour moi, son culot et sa lucidité sur la nature humaine résolument mauvaise portent, ici, ses fruits. Pour moi c'est une réussite. On peut même dire que seule, Amélie Nothomb, pouvait se sortir d'un exercice aussi difficile avec talent et sans mauvais goût excessif. On n'a pas de mal à imaginer que notre société, profondément voyeuse et bercée par les médias en quête du mauvais goût, pourrait laisser une telle émission se lancer et se développer et la porter aux nues. D'ailleurs ne vit-on déjà pas des souffrances physiques et morales de ces candidats, dans les émissions actuelles. Pour le moment ce sont tous des candidats volontaires, à la différence des héros d'Amélie Nothomb. Raflés dans des lieux publics et emmenés dans un camp de concentration, totalement laissés aux mains de kapos très vraisemblable dans l'abject puis par le public avec une sentence, autrement plus définitive puisqu'à l'issue de chaque journée, des candidats sont condamnés à mort. Amélie Nothomb décortique avec brio, la vie et les lâchetés ordinaires des candidats, malgré eux, et dresse le procès sans concession du public qui va porter aux nues cette émission. A travers le jeu de puissance de certains Kapos, de celui des faiblesses ou des forces de quelques uns des prisonniers, c'est un bestiaire que l'on suit avec intérêt. Comme souvent, dans ses œuvres, Amélie Nothomb s'attache à disséquer le combat du mal et du bien à travers Pannonique, jeune fille d'une très grande beauté, une des prisonnières au matricule CKZ114, et la Kapo Sdena, abjecte et inculte qui va en tomber amoureuse. Sur fond de rapports de force entre prisonniers, accroissement de l'audience, horreur quotidienne des travaux forcés, des sévices des Kapos, tout cela bien mis en valeur par Amélie Nothomb c'est la volonté désespérée de Pannonique de donner un semblant de morale au public, aux kapos et aux prisonniers qui est mis en avant. Attaque en règle d'une société se repaissant d'émissions sordides au niveau culturel zéro, des faiblesses et petitesses humaines, de l'immoralité mais toujours une certaine fascination du mal, tout est au rendez- vous.

Achille49
02/10/11
 

Dans la série Amélie Nothomb voilà le ptit dernier. Pas le dernier sorti, le dernier dans ma collection.Je dois dire que je suis un peu déçu. Bien sûr il y a toujours le style, la peinture des moeurs, le cynisme tout ça... Mais après Antechrista je le trouve un peu fade.L'histoire se déroule dans le futur. La télé réalité fait des ravages et le dernier concept s'appelle "Concentration". Il s'agit tout simplement de prendre des gens au hasard dans la rue et de les enfermer dans un camp de concentration nazi, avec des gardes castés, payés et incapables de casser leur contrat sans rejoindre les prisonniers. Tous les jours deux personnes meurrent, un peu comme à la star ac; les prisonniers sont torturés, insultés, humiliés, forcés à effectuer des travaux pénibles le ventre vide... et tout ça devant des dizaines de caméras qui diffusent les images pour les millions de gens qui se délectent ou s'offensent du spectacle, mais qui regardent, dans tous les cas. http://marcanciel.over-blog.fr

marcanciel
09/09/11
 

Même pour les plus réfractaires au style particulier d’Amélie Nothomb, comme c’est mon cas, il est impossible de rester de marbre face à Acide sulfurique… Ce livre est une véritable critique de la société actuelle et de son voyeurisme flagrant ; « une petite fable cynique jonglant à souhait avec le beau et le laid, le bien et le mal. » comme l’exprime parfaitement le journal Metro. Avec comme base la grande question : jusqu’où peut aller la cruauté et la bêtise des gens ?À travers ce roman, l’auteur nous met face à la dérive de ces émissions de télé-réalité tant à la mode qui vont parfois trop loin… Avec un concept de real TV d’un nouveau genre, Amélie Nothomb nous place face à une bien triste réalité ou le profit et la curiosité vaut bien plus que la vie d’un inconnu : quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter… Ce livre est une vraie réussite, qui nous fait réfléchir sur les dérives de la télévision avec deux personnages (Pannonique la victime et Zdena la « kapo ») attachants et pourtant tellement opposés dans leurs rôles. Quand les organisateurs du jeu, pour stimuler encore l’audience, décident de faire voter le public pour désigner les prisonniers à abattre, un tollé médiatique s’élève mais personne ne s’abstient de voter et Pannonique joue sa vie…Seul petit bémol : j’ai trouvé la police d’écritude bien trop grande, de la même façon que l’espace entre les lignes est plus important que la moyenne, ce qui nous donne malheureusement l’impression de nous retrouver face à un long roman qui n’est pourtant lu qu’en quelques heures. Mais heureusement, celà ne réduit en rien la qualité du récit qui ne peut que marquer les lecteurs.

Livre4Ever
09/07/11
 

Nothomb ne m'avait pas déçu depuis METAPHYSIQUE DES TUBES... C'est chose faite. Ce don de l'auteur à pousser à l'extrême sentiments et situations, états d'âme et émotions jusqu'à la perversion, c'est sa marque de fabrique. Soit. Mais là, c'est raté. L'histoire est facile, tape-à-l'oeil, sans finesse. J'irai même jusqu'à dire sans joie à écrire de la part de l'auteure... Dommage.

un flyer
21/07/10

On ne sait pas trop à quoi s'attendre avec ce livre,la 4ème de couverture ne comportant qu'une seule phrase.La couverture est plutôt belle mais aussi cruelle....Cruelle comme l'histoire dont il est question.Des êtres humains sont pris au hasard et entassés dans des wagons les emmenant dans un camp de concentration. La seule différence avec les camps nazis : "des caméras de surveillance étaient installées partout."C'est en effet, une émission de télé-réalité d'un nouveau genre appelé "Concentration" dont l'audience ne fait que croitre.Pannonique s'est trouvée au mauvais endroit,au mauvais moment: elle fait désormais partie des prisonniers et est devenue CKZ 114.Pour être kapo,aucune qualification n'est nécessaire,c'est ainsi que Zdena est choisie.Celle-ci est tout le contraire de Pannonique qui l'obsède alors...A travers ce livre,on retrouve le style si particulier d'Amélie Nothomb.Les personnages ont des noms "à coucher dehors",le livre est plutôt court et se lit très vite.Il est divisé en cinq parties.L'auteur maitrise toujours aussi bien l'humour et l'ironie.On rencontre des personnages cruelles et pervers.On se demande si on serait devant notre poste de télévision si une telle émission existait.Dans ce livre,l'auteur critique en effet la télé-réalité,le voyeurisme qui lui est associé et cette critique est très efficace. Après l'avoir refermé,on regarde d'un autre œil ce genre de programme. On se rend compte que c'est à cause de nous, téléspectateur que la télé-réalité existe.Je n'aimais déjà pas ça mais je crois que je n'oserais plus rester devant ces émissions.Et puis,bien sur,on veut savoir la fin,est-ce que les prisonniers et en particulier Pannonique vont survivre?L'audience va-t-elle redescendre?Et comme toujours avec Amélie ,ce n'est qu'à la fin du livre qu'on comprend son titre.Ce livre mérite vraiment d'être lu....

Amethyst
02/07/10

Un titre de livre qui n’est déjà pas anodin et qui met immédiatement le lecteur en condition : les pages qu’il va lire risquent d’être pour le moins corrosives. À noter que l’intitulé du roman d’Amélie Nothomb fait également référence à un élément que vous trouverez à la fin du récit. Comme quoi tout est déjà bien pensé, planifié.Dés les premiers lignes, l’amalgame entre ces camps d’un nouveau genre (les caméras partout, ce sont en réalité des plateaux de télévision) et les camps de concentration nazis n’est pas nié, bien au contraire, il est clairement revendiqué.Est-ce pour mieux nous choquer qu’une pareille comparaison est faite ? C’est tout à fait envisageable de la part de l’auteur et son propos n’en aura que plus de poids.Des termes très précis sont donc utilisés et indissociables de cette terrible période de notre histoire : camps, kapo (voir les notes plus bas), baraquements, même l’émission s’intitule « Concentration » ! On ne peut pas être plus clair !La critique de la dérive des médias, mais aussi celle plus insidieuse de nos mentalités dites modernes n’est guère plus voilée.Si de nos jours, la télé réalité est en perte de vitesse et d’audience, elle reste présente sur nos écrans. Les producteurs recherchent toujours l’idée, le concept gagnant, celui qui les fera empocher les plus grosses retombées financières.Une autre question se pose également : qui manipule qui ? Il est aisé de croire que l’on contrôle tout à la perfection, même sa propre image, mais en réalité, rien n’est plus compliqué. La multiplication des modes de communication, des médias ne fait que fausser le jeu, le tronquer. Les messages perçus ne sont pas forcément ceux que l’on a envoyés. Le vent tourne vite et encore plus avec la presse et les journalistes. Tout est monté, orienté pour au final fausser, manipuler les esprits, pour rafler un maximum d’argent…Je soupçonne Amélie Nothomb d’avoir glissé aussi un clin d’œil à l’un des auteurs du siècle dernier qui avait si bien su dépeindre l’innommable : Primo Levi (devenu sous sa plume Pietro Livi, le matricule EPJ327).De toutes ces horreurs, il en ressort forcément quelque chose : le pire est ce que l’on remarque en premier. On note toutes les bassesses de l’âme humaine, mais également toute ses plus incroyables ressources. La vie est une dure à cuire, elle est tenace et la mort ne prend pas si facilement le pas sur elle.Je note également le passage où Amélie Nothomb évoque ses semblables : les écrivains, les romanciers. Ceux qui comme elle noircissent des pages et des pages avec des mots, le plus souvent, vides de sens, de sentiments véritables, de réalisme. Quelques phrases jetées là, mais cette fois, elle sont pleines d’une vérité crue, mais simple à comprendre.« Acide sulfurique » est court, mais finalement, Amélie Nothomb ne se sera pas perdue en de longs discours creux, elle aura su trouver les mots justes.Reste que rien n’est jamais immuable, les choses, les éléments quels qu’ils soient, les personnes, leurs actes et leurs conséquences font bouger le monde qui nous entoure. Ensuite reste à savoir dans quelle direction : vers une détérioration ou une amélioration de la situation actuelle ? Personne ne le sait jamais d’avance et d’ailleurs, c’est une tout autre histoire qui s’écrit alors…Voilà un ouvrage d’Amélie Nothomb qui se lit aisément et rapidement. Préférez la version en livre de poche beaucoup moins onéreuse et que l’on trouve même d’occasion dans les bonnes bouquineries. Cette édition a une police de caractère qui ne vous fatiguera pas les yeux car elle est assez conséquente !Un très bon cru qui démontre qu’il faut bien peu de chose pour que les périodes les plus sombres de notre histoire refassent surface.Restons vigilants et n’oublions jamais l’essentiel. http://espace-temps-libre.blogspot.com/

emeralda
23/09/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.14 kg

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