Alias caracalla

CORDIER, DANIEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/05/09
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Depuis mes travaux sur la Résistance, j'ai appris à me méfier des souvenirs : ils s'égarent souvent dans le romanesque et l'hyperbole. Sans l'amicale insistance d'historiens - Azéma, Bédarida, Crémieux-Brilhac, Wieviorka -, je n'aurais pas rédigé ces mémoires. Ces amis m'ont fait comprendre la valeur des témoignages, même celui d'un modeste acteur. Simple soldat, puis saboteur, radio, secrétaire, j'appartiens à cette cohorte d'anonymes sans lesquels l'histoire n'existerait pas, même si, après coup, elle en néglige les traces. Voici donc, au jour le jour, trois années de cette vie singulière, qui commença pour moi le 17 juin 1940, avec le refus du discours de Pétain, et s'acheva le 21 juin 1943, avec l'arrestation de Jean Moulin, mon patron. Pour raconter ce passé lointain, j'ai choisi la forme d'un « journal », qui oblige à déplier le temps et à raconter le déroulement précis

des heures. Qu'en penser après soixante ans ? J'ai trop critiqué les souvenirs des autres pour être dupe de mes certitudes, et sans doute suis-je moi aussi abusé, comme tous les témoins, par les mirages de la mémoire : là où finissent les documents, commence le « no man's land » du passé, aux repères incertains. Pour désigner les acteurs de la Résistance, j'ai choisi d'utiliser leur pseudo le plus connu, au risque de provoquer quelques difficultés de lecture. En dépit de ce défaut, j'ai retenu cette présentation parce que la clandestinité était un mystère et que les pseudos étaient son bouclier. Je crois qu'au prix de quelques obscurités, ce parti-pris restitue avec véracité l'atmosphère ténébreuse de ce théâtre tragique. Le lecteur devrait ainsi pouvoir revivre plus aisément la succession des jours qui furent la trame de « l'aventure incertaine » de ma jeunesse.

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Quand l'union fit la force Dans la mythologie patriotique qui a bercé ma jeunesse, la France entière était résistante dès les premières heures de 1940 ... Quand on lit Daniel Cordier, quelques fausses représentations héroïques tombent. D'abord sur le nombre dérisoire d’engagés après le discours de Pétain pour l’arrêt des combats en juin 1940, ensuite sur leurs motivations, leur couleur politique ou les circonstances de leur arrivée à Londres … ainsi Daniel Cordier était Action française et comptait s’embarquer pour Alger ! Ce « hasard » rejoint un questionnement développé par Pierre Bayard dans « Aurais-je été résistant ou bourreau », qui insiste sur la part importante de ces « coïncidences » dans le parcours de ceux qui ont choisi le « bon » côté … Mais revenons à Daniel Cordier, Alias Bip W, alias Caracalla dans le roman de Roger Vaillant (« Drôle de jeu ») et qui fut surtout à 20 ans le secrétaire de Rex, plus connu sous sa véritable identité : Jean Moulin, célèbre délégué du gouvernement de la France libre, dont la principale mission fut de convaincre, unifier et coordonner des formations résistantes autonomes, hésitantes, militantes ou même concurrentes, et de préparer le gouvernement de l’après-guerre. Si l’on connaît la fin de l’histoire à Caluire, on voit sous le regard du jeune secrétaire un Jean Moulin attachant, protecteur, parfois très seul, visionnaire, intransigeant, cultivé et amateur d’art. Et on mesure toute la fragilité, les divergences, les ambitions, la confusion et l’empirisme de moyens de cette Résistance qui deviendra la « France combattante », et reposait sur la volonté et l’engagement d’hommes et de femmes libres.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Quand l'union fit la force Dans la mythologie patriotique qui a bercé ma jeunesse, la France entière était résistante dès les premières heures de 1940 ... Quand on lit Daniel Cordier, quelques fausses représentations héroïques tombent. D'abord sur le nombre dérisoire d’engagés après le discours de Pétain pour l’arrêt des combats en juin 1940, ensuite sur leurs motivations, leur couleur politique ou les circonstances de leur arrivée à Londres … ainsi Daniel Cordier était Action française et comptait s’embarquer pour Alger ! Ce « hasard » rejoint un questionnement développé par Pierre Bayard dans « Aurais-je été résistant ou bourreau », qui insiste sur la part importante de ces « coïncidences » dans le parcours de ceux qui ont choisi le « bon » côté … Mais revenons à Daniel Cordier, Alias Bip W, alias Caracalla dans le roman de Roger Vaillant (« Drôle de jeu ») et qui fut surtout à 20 ans le secrétaire de Rex, plus connu sous sa véritable identité : Jean Moulin, célèbre délégué du gouvernement de la France libre, dont la principale mission fut de convaincre, unifier et coordonner des formations résistantes autonomes, hésitantes, militantes ou même concurrentes, et de préparer le gouvernement de l’après-guerre. Si l’on connaît la fin de l’histoire à Caluire, on voit sous le regard du jeune secrétaire un Jean Moulin attachant, protecteur, parfois très seul, visionnaire, intransigeant, cultivé et amateur d’art. Et on mesure toute la fragilité, les divergences, les ambitions, la confusion et l’empirisme de moyens de cette Résistance qui deviendra la « France combattante », et reposait sur la volonté et l’engagement d’hommes et de femmes libres.

Format

  • Hauteur : 22.00 cm
  • Largeur : 15.00 cm
  • Poids : 1.03 kg