Allah n'est pas oblige

KOUROUMA, AHMADOU

EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 02/01/02
LES NOTES :

à partir de
6,90 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Quatrième de couverture Birahima, le narrateur de ce roman, a une douzaine d'années et il retrace son itinéraire d'enfant-soldat de l'Afrique contemporaine, entre le Liberia et la Sierra Leone. Orphelin, jeté sur les routes en compagnie d'un marabout mi-philosophe mi-escroc, Birahima se fait enrôler dans une bande de pillards. Kalachnikov en bandoulière, pour gagner sa solde, il va bientôt participer aux pires exactions : «
De camp retranché en ville investie, /.../ j'ai tué pas mal de gens. /.../ beaucoup de mes copains enfants-soldats sont morts. Mais Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les choses qu'il a créées icibas. » Après En attendant le vote des bêtes sauvages (Prix du Livre Inter 1999), Ahmadou Kourouma nous livre un récit picaresque et terrifiant sur une époque de massacres dont les enfants sont les tristes héros.
5 personnes en parlent

C'est un très beau roman sur la violence des guerres tribales au Libéria et en Sierra-Léone dans les années 90. Par la voix d'un enfant soldat, on suit ses épreuves dans plusieurs factions ennemis qui s'affrontent. On peut ressentir la banalisation de l'horreur chez cet enfant. Même si certains pourraient reprocher au récit de se perdre à un moment dans des considérations trop géopolitique, cela permet de se rendre compte de l'absurdité de l'instabilité politique de ces pays, avec d'incessants coups d'Etat et des chefs tribaux rendus fous par le pouvoir.

Adgo
17/04/09
 

Lu en 2002, il me semble...depuis je me passionne pour les enfants soldats; ce livre m'avait bouleversée, d'autant que tout ce qui concerne l'Afrique m'intéresse (surtout le Sénégal et le Cameroun pour raisons familiales; le Congo 'ex belge) parce que trois enfants de ce pays sont au CADA où j'anime la bibliothèque...et j'entends parler de l'Ethiopie, de l'Erythrée etc et il n'est pas facile d'avoir des nouvelles fiables... berthe

afbf
22/06/15
 

Birahima, un gamin orphelin n'a pas d'autre choix, compte tenu de ses résultats scolaires, que devenir l'un de ces enfants soldats, qu'on habille avec un treillis beaucoup trop grand et à qui on donne une kalachnikov, pour faire la guerre. La guerre pour qui, pourquoi, contre qui? Pour des chefs de clans qui trahissent, uniquement préoccupés par des trafics, n'ayant aucune conscience de la valeur de la vie....La guerre, le meurtre, racontés comme des banalités obligées de la vie d'enfants africains....une violence qui dérange notre petit confort mais bien réelle racontée par un gamin JPV

JPV11
17/06/15
 

Quelques mots sur l'auteurAmadou Kourouma est un très grand auteur ivorien. Il est né en 1927. Il a vécu dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Il a eu plusieurs prix (mais vous allez me dire, ce n'est pas cela qui fait qu'un auteur est un bon auteur. Parfois la qualité n'a pas de prix). Il est décédé à Lyon le 11 décembre 2003 d'une septicémie.Critique"Allah n'est pas obligé de répondre à vos prières. Allah n'est pas obligé d'améliorer ma vie, ma condition d'enfant" Ce sont les réflexions du personnage-enfant soldat et narrateur du superbe roman "Allah n'est pas obligé". Dans ce livre Ahmadou Kourouma choisit de se tenir en retrait et il laisse la place à son jeune narrateur de raconter son histoire et ses aventures digne d'un héros picaresque. Le petit garçon livre alors une longue tirade (qui fait tout un roman) sur son passé (il a été enlevé sur le chemin de l'école par des "combattants"), son apprentissage aux rudiments de la guerre (meurtre ritualisé, drogue, conditionnements physique et psychique, sévices sexuels, violence physique et mentale) et il est maintenant sur les routes. Au fil de son discours, le lecteur se rend compte que son enfance est irrémédiablement perdue. Son langage est dominé par un champ lexical de la violence. Son verbe est rudimentaire. Il n'y a pas de place pour l'analyse de sa situation ou de son action. Il devient une sorte de machine de guerre. Il est un actant à part entière des carnages qu'il provoque (exécution, extermination de villages entiers) Les relations humaines sont fondamentalement axées sur l'anéantissement de l'autre et de ses pairs. L'amour ou l'amitié quand ils existent ne résistent pas à la loi de la nature: survivre à tout prix. L'épisode de l'abandon de la fiancée de son compère l'atteste. Blessée, livrée aux chiens et aux fourmis, elle reste assise près d'un arbre et attend la mort. Et quelle mort! Les autres continuent leur route. Le narrateur la regarde puis s'en va. Le monde du narrateur l'a anesthésié de sa propre douleur et celle des autres. Et lorsque sa conscience fait des bonds dans son coeur et dans sa tête, c'est juste un moment de répit. Alors il se met à rêver: retourner retrouver sa mère pour qui il nourrit des sentiments ambivalents, aller à l'école de nouveau peut être... Et puis après tout, sa conscience fait des pirouettes: pourquoi retourner chez sa mère? Pour alourdir son fardeau? Pour être une bouche de plus à nourrir? se dit il. Ahmadou Kourouma a réussi avec virtuosité à traiter un thème difficile et parfois si cliché. Il dénonce avec virulence la situation en Afrique. Son narrateur malgré son jeune âge a vécu plus que quiconque. Dans sa réflexion, il montre du regard une Afrique balafrée par les guerres. l'auteur se faufile alors dans le récit et pointe du doigt les coupables qu'il a déjà assignés dans sa cour de justice au travers des récits comme "Les soleils des indépendances" ou "En attendant le vote des bêtes sauvages", "Monnè, outrages et défis". Les coupables sont ces dictateurs tels que Charles Taylor, Mobutu, Amine Dada et bien d'autres qu'il traite de "bandits", de "canailles". Ce sont ceux là qui ont dévoyé les enfants de l'Afrique, car si son narrateur est un bourreau avéré, il est aussi une victime de ce carnage, de ceux qui ont violé son enfance. Ces enfants ne peuvent pas être réellement sauvés car lorsqu'il est démobilisé, Ahmadou Kourouma le retrouve dans la brousse. Il erre sans occupation, ni avenir même s'il a pu accéder à un niveau supérieur de sa conscience d'être. Malheureusement ce dernier roman inachevé "Quand on refuse, on dit non", l'auteur ne l'a pas terminé. Il a tiré sa révérence...L'oeuvre d'Amadou Kourouma suit une trajectoire spécifique: celle de la déconstruction de l'Afrique pour mieux la reconstruire (de la même façon d'ailleurs que l'auteur de "L'aîné des orphelins"). De ce fait, son oeuvre entre dans la catégorie de la littérature dite "utilitaire", dans l'étroite lignée d'Aimée Césaire. Bonne lecture. Victoire

tran
01/05/12
 

Le titre complet "Allah n'est pas obligé d'être juste avec toutes les choses qu'il a créées ici-bas", est un reflet de la fatalité que l'on retrouve tout au long de ce livre. Le regard proposé est désarmant pour nous occidentaux, révolté par l'existence de ces enfants soldat. Il résume, énumère les horreurs commises et vécues et puisqu'"Allah n'aurait pas voulu qu'une bouche qu'il a créé reste vide" pourquoi Birahima ne pourrait-il pas faire des affaires. ATROCEOn s'habitue vite au parler " petit nègre" parsemé par les définitions de plusieurs dictionnaire. Par contre au delà de la dénonciation des small-soldier, on tourne vite en rond. DommageJe suis encore partagée : j'ai aimé l'histoire de ces enfants mais déçu également et j'ai peur que cette déception prenne le pas.Certes je vous dirai que c'est à lire mais que si c'est le thème des enfants soldats qui vous intéressent alors il y a des livres nettement mieux. Mais cela reste une affaire de goût !

Lacazavent
21/10/11
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.14 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition