Amerigo

ZWEIG, STEFAN

livre amerigo
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 11/12/96
LES NOTES :

à partir de
4,10 €

SYNOPSIS :

Stefan Zweig Amerigo L'Amérique, chacun le sait, aurait dû s'appeler Colombie. Amerigo Vespucci, qui lui donna son nom, n'avait en rien contribué à sa découverte, ni même revendiqué ce privilège. Alors, pourquoi lui oe Dans cet essai écrit en 1941 - alors même qu'il s'installe en Amérique -, Stefan Zweig reconstitue l'enchevêtrement des circonstances, des hasards, des malentendus qui sont à l'origine de cette étrange erreur. Jeu d'érudit ? Pur délassement intellectuel ? On aurait tort de s'en
tenir là. Ecrivain constamment soucieux d'élargir son horizon, le romancier de Vingt-Quatre Heures de la vie d'une femme, le biographe d'Erasme et de Balzac nous invite ici à voir le monde avec les yeux des hommes du XVe siècle, leurs connaissances, leurs incertitudes, leurs moeurs. Un an avant sa mort volontaire, il nous fait mesurer, aussi, l'incommensurable distance qui se creuse entre le vécu et la mémoire, entre les perceptions du présent et ce que les siècles futurs retiendront de nous...
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A tous ceux qui assimile les essais à des textes barbants, je ne peux que recommander ce court livre. En effet, non seulement c’est passionnant (et je ne suis guère amatrice d’Histoire), mais en prime le lecteur bénéficie de tout le talent littéraire de Zweig. Ce livre doit être l’essai le mieux écrit que j’aie jamais lu. On oublie très vite qu’il s’agit d’un essai (même quand on aime ce genre) parce que Zweig a un don, celui de raconter de façon simple, merveilleusement bien écrite et surtout vivante un fait historique à la fois pointu et connu de tous. Il est également un humaniste qui, au-delà de cet imbroglio, tourne son regard vers deux hommes.Ainsi, Zweig mène une sorte d’enquête pour essayer de déterminer comment l’Amérique fut baptisée selon le prénom de Vespucci qui ne découvrit pourtant pas ce continent et ne revendiqua rien, au détriment de Christophe Colomb. Cette histoire fut l’objet de batailles acharnées au cours desquelles les partisans de Vespucci et de Colomb se démenèrent pour prouver que leur favori était dans son droit. Vespucci fut traité de tous les noms ; Colomb présenté comme un martyr. Si cela nous paraît aujourd’hui dérisoire, ces combats firent rage sur plusieurs siècles, une raison supplémentaire pour s’intéresser à l’origine de la confusion.Zweig a le bon goût de s’adresser à des personnes comme moi qui confondent les siècles et sont incapables de situer les événements dans le bon ordre. C’est ainsi qu’avant tout il rappelle la situation historique en balayant les siècles qui précédèrent les grandes découvertes pour terminer sur la dernière décennie du XVème. Zweig nous prévient d’emblée : il faut se mettre dans la peau des gens de l’époque afin de comprendre l’impact de ces découvertes, l’enthousiasme qu’elles suscitent. Et il a raison : j’étais complètement emballée une fois ce tour d’horizon achevé.Puis il en vient au corps du sujet et c’est toujours aussi prenant. On comprend, au-delà du méli-mélo invraisemblable qui conduisit à nommer l’Amérique selon Vespucci, ce qui fait que Vespucci prit le pas sur Colomb sans avoir commis d’exploit particulier. Quand Colomb s’est entêté à croire qu’il avait réussi à atteindre l’Inde par l’ouest, Vespucci a mis le doigt sur l’élément-phare. En effet, il réfute l’idée que Colomb ait atteint l’Inde et estime qu’il s’agit en réalité d’un Nouveau Monde jusque-là inconnu. Dans ces temps où la religion avait encore un fort impact sur les mentalités, les gens adorèrent cette idée d’autant plus que la description de Vespucci qui avait longé une partie des côtes de l’Amérique du Sud renforçait le sentiment que cet endroit était le paradis terrestre. Colomb manquait seulement de recul par rapport à sa propre découverte mais cela fut suffisant pour que son nom fasse moins impression dans les esprits (ce n’était que la première étape ; elle fut néanmoins l’élément déclencheur de tout ce qui s’ensuivit).« … toute découverte, toute invention ne tient pas tant sa valeur de celui qui la réalise que de celui qui en comprend toute la signification, toute la force opérante. »Je ne vais pas tout raconter mais la suite est tout aussi intéressante. Vespucci se retrouva à donner son nom à un continent sans avoir rien demandé ni vraisemblablement sans l’avoir su (le nom Amérique apparu pour la première fois en 1507). Zweig évoque également la représentation très partielle qu’avaient les gens de l’époque du continent.Il revient aussi sur les deux hommes au cœur des débats : tous deux moururent oubliés et pauvres. Ils étaient amis et Zweig relève, à la lumière de ce fait, l’absurdité de la bataille qui s’engagea en leurs noms et qu’ils n’auraient certainement pas souhaitée.Enfin, l’auteur s’intéresse à Vespucci : qui était-il réellement ? On a presque envie de rire en lisant les grandes lignes de la vie de Vespucci tant rien ne va dans le sens de la gloire. C’était un honnête homme, sans ambition si ce n’est de percevoir un salaire suffisant pour vivre ; on est bien loin du manipulateur qui s’arrangea pour marquer l’Histoire en donnant son nom à un continent.

mycupoftea
26/09/14
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.11 kg
  • Langage original : ALLEMAND