Antigone

ANOUILH, JEAN

livre antigone
EDITEUR : TABLE RONDE
DATE DE PARUTION : 13/03/08
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SYNOPSIS :

« L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites
affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. » Jean Anouilh.
26 personnes en parlent
« Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Créon est seul. Leur histoire commence au moment où les deux fils d’Œdipe, Étéocle et Polynice, qui devaient régner sur Thèbes un an chacun à tour de rôle, se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville, Étéocle l’aîné, au terme de la première année de pouvoir, ayant refusé de céder la place à son frère. Les deux frères ennemis sont morts et Créon, le roi, a ordonné qu’à Étéocle, le bon frère, il serait fait d’imposantes funérailles, mais que Polynice, le vaurien, le révolté, le voyou, serait laissé sans pleurs et sans sépulture, la proie des corbeaux et des chacals. Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement puni de mort. » Antigone s’ouvre sur le monologue du coryphée, digne des plus grandes tragédies grecque. C’est tragique ce qui arrive à la pauvre Antigone. On nous l’annonce : elle va mourir. Elle va mourir pour avoir aimé. Tragique. Antigone est jeune, elle a la vie devant elle. Pourtant quand son frère meurt, privé de funérailles, elle se révolte. Tout le monde la protège, personne ne comprend. Elle n’a qu’une idée en tête : sauver l’âme de son frère, elle s’entête. Antigone est le symbole de la révolte, de la jeunesse. Elle se laisse dicter par ses émotions, par ses pensées. Elle oublie les règles. Elle veut comprendre. Mais avant tout : elle veut vivre. Antigone est touchante, courageuse, intrépide, parfois même orgueilleuse. Mais Antigone n’est pas seule dans ce jeu. Créon, son oncle, l’aime. Pourtant, il est le Roi, il doit accomplir son devoir. Il est tiraillé entre l’amour qu’il porte à sa nièce, et l’accomplissement de son devoir, de sa punition. Il doit la tuer. Il doit prouver au monde que rien, ni personne n’est au-dessus des lois. Créon est tout aussi touchant, c’est un bon roi. Il est en pleine contradiction, il ne sait que faire. Il est intelligent, il comprend la bêtise des Hommes, il comprend aussi la volonté de sa nièce. Mais il comprend que les Hommes ne sont pas des Dieux, et que le monde doit être gouverné. Je vous avais prévenu : c’est tragique. Anouilh, reprend à merveille la pièce de Sophocle, les répliques sont poignantes, et nous offre une réflexion sur le thème du désir et du devoir. Lequel suivre ? Agir comme nous le souhaitons, quitte à subir les affres de la justice ? Ou bien respecter ce que l’on nous dicte, sans émettre d’opinion ? Cette pièce, je l’ai lu. Je l’ai même relu. Elle est devenue mon livre de chevet. La lecture n’est pas difficile, et l’histoire vraiment entraînante, n’hésitez pas, plongez dedans ! Antigone est, selon moi, un des classiques de la littérature.
Mannaa Mlle

Polynice et Etéocle, frères d'Antigone, ont tous deux trouvés la mort en voulant s'emparer du trône de Thèbes.Créon, nouveau roi et oncle d'Antigone, décide de n'accorder de sépulture qu'à Etéocle, le corps de Polynice devant pourrir au soleil. Et quiconque voudra l'enterrer sera puni de mort.Seule Antigone bravera l'interdit et s'insurgera contre ce qu'elle considère être injuste.Ecrite pendant l'Occupation allemande, cette pièce a une portée symbolique et montre effectivement du doigt le régime totalitaire alors en place.Mais "Antigone" dépasse ce "simple" cadre historique et prend une dimension universelle, notamment par le fait qu'elle prend place dans la mythologie antique.Anouilh met face à face le pouvoir de l'amour (familial, fraternel...) et le pouvoir politique, donnant le dernier mot au plus fort, à celui qui possède les rênes de la loi. Maltese

Maltese
30/07/09
 

J'avais vu une représentation d'Antigone il y a quelques années et j'en avais été fortement impressionnée. Mais je n'avais jamais lu le texte dans son intégralité. C'est chose faite maintenant et j'en ressors tout autant impressionnée par la puissance de ce texte. Il traite de politique, d'engagement, d'idéalisme mais aussi d'amour, de la famille, du destin. De la mort, de la vie, des choix. C'est tellement précieux, une lecture qui amène à se poser tout un tas de questions importantes sur soi et sur sa vie. (Février 2013)

Pitchoubinou
01/03/13
 

Cette pièce de Jean Anouilh n’est autre qu’une réadaptation de la non-moins célèbre pièce Antigoné de Sophocle. Et il s’agit là d’une pièce de théâtre à la fois déroutante et captivante.Antigone étant à la base une tragédie grecque, l’histoire respecte les principes du théâtre antique en étant résumé dans le prologue. Nous savons donc dès les premières lignes comment se terminera l’oeuvre – qui mourra, qui survivra … Cependant, l’auteur arrive à nous faire rester en alerte jusqu’aux derniers mots devant cette triste histoire. Cette particularité du genre rend cette pièce d’autant plus touchante que l’on se retrouve impuissant devant le sort de ses personnages tous aussi attachants les uns que les autres.D’autre part, certaines personnes affirment que, cette histoire ayant été écrite durant la Seconde Guerre Mondiale, Antigone représente également la Résistance face à Créon qui symbolise le pouvoir… Que ce parallèle soit vrai ou non, cette œuvre reste incontournable et nous fait réfléchir à chaque instant.Antigone est ainsi une piece qui a traversé les siecles, en étant adapté de nombreuses autres fois (et qui le sera certainement encore…). Nous sommens ainsi placés face à une oeuvre intemporelle, au même titre que le sujet traité, qui se place comme étant un incontournable de la littérature classique.

Livre4Ever
02/08/11
 

Anouilh en réécrivant ce mythe lui donne un souffle frais à la pièce. Mais cette fraîcheur enlève à Antigone et Créon leur épaisseur. En effet, Sophocle met en opposition ces personnages face à leur représentation du monde : l'un se place du côté des dieux, l'autre les outrage dans sa façon de faire asseoir son pouvoir. Or chez Anouilh se respect du "Cosmos" est passé outre.

biduldoodle
30/07/11
 

J'ai lu Antigone pour deux raisons : la première est que mon petit frère allergique à la lecture l'a aimé et cela a commencé à m'intriguer. La deuxième est que l'on m'en a offert un exemplaire sans que j'en parle : c'est beaucoup de coincidences !!! Et j'ai beaucoup aimé cette pièce de théâtre. Dès le début, on en connait le déroulement. Le fatalisme est installé comme un parfum d'ambiance : nous savons que cela ne va pas bien finir, à nous de juger. Antigone veut seulement aler recouvrir de terre le corps de son frère contre l'avis du Roi qui est son oncle. Elle sait qu'en le faisant elle va mourrir. Le Roi le sait aussi et explique qu'être Roi ce n'est pas faire ce que l'on veut mais ce que l'on doit.

milca
02/03/10
 

Après avoir beaucoup entendu parler de cette pièce de théâtre, je mourrais d'envie de la lire. Je me la suis donc achetée, et au final... J'ai malheureusement été déçue et n'ai pas vraiment apprécié ma lecture.La seule chose qui m'a à peu près lu a été le choix des personnages. Même si je n'ai pas vraiment pu m'attacher à eux, je les ai beaucoup aimés. Antigone était une jeune femme touchante et intrépide, son courage et sa détermination faisaient d'elle un personnage charismatique. J'ai moins aimé sa sœur Ismène, nettement plus peureuse et ennuyeuse que sa sœur. J'ai détesté le Roi Créon, son côté lunatique et hypocrite était clairement déplaisant. Le pauvre Polynice me faisait pitié... Bref, des personnages divers et variés mais toujours intéressants.Le style était assez particulier, parfois extrêmement long, parfois extrêmement rapide... J'ai eu du mal à accrocher. En effet, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de distance placée par l'auteur entre ses personnages et son lecteur, ce qui était dommage. Certes, c'est du théâtre, mais quand même... Et puis il faut admettre que si l'intrigue de base était très bonne, elle était mal développée et ça devenait assez ennuyeux.Comme dit plus haut, je pense, j'imagine qu’initialement, il y avait une très bonne idée de départ, très riche et originale. Tout le monde meurt, tout le monde est mal barré... Ca me plaisait beaucoup. L'entrée en matière est longue, détaillée, percutante. Je me régalais. Et puis, plus ça allait, plus j'avais l'impression que l'auteure faisait une course contre la montre. Toutes les péripéties étaient survolées, à peine exprimées... C'était terriblement frustrant car tout me plaisait, j'adorais les idées, mais j'avais plus l'impression de lire le résumé d'une pièce de théâtre. Parfois, dans un paradoxe incompréhensible, l'auteur insistait sur des détails assez futiles. Donc je suis désolée, mais pour moi, une tragédie doit être un minimum développée pour toucher le lecteur. Et pourtant, quand je pense aux bonnes idées selon moi gâchées par un rythme clairement trop rapide... Néanmoins, je salue l'originalité de récit de l'auteur. Mais d'après moi, ce n'est pas suffisant pour obtenir un texte de qualité. Il m'a manquée beaucoup de détails et d'émotions.La fin était à l'image du reste du texte : Probablement géniale, mais tellement mal mise en avant... Bon, je ne vous apprend rien en vous disant que tout le monde meurt, c'est écrit dans le résumé et dans la première page. C'est un principe qui me plaisait beaucoup en commençant ma lecture. D'autant plus que les idées trouvées pour "tuer" les personnages sont excellentes. Mais... Pourquoi tout faire en accélérer ? J'aurais largement mieux apprécié ce texte si l'auteur avait pris le temps de les annoncer et de les mettre en scène. Mais là, je suis désolée, c'était trop rapide et superficiel pour moi.Au niveau du titre et de la couverture, bon, pas grand chose à dire, on est bien entendu dans le symbolisme pur, après, de là à dire que c'est dément, beau, que ça donne envie de lire... Je n'irais pas jusque là, mais au moins, c'est dans le thème.Sachez que je suis très déçue et désolée de ma lecture. Je suis persuadée que je l'aurais adorée si elle avait été plus fournie. Toutefois, je vous la recommande, elle est rapide à lire (!), c'est un classique, et puis les idées de l'auteur sont tout de même superbes. Mais par pitié, il me faut du détail ! J'ai acheté une version romancé de la pièce que je compte lire très prochainement, à voir si ça sera selon moi plus précis !

MaMalleauxLivres
24/01/16
 

La petite maigre Je suis passée par le roman de Sorj Chalandon « Le quatrième mur » pour (re)lire (relire fait toujours un peu pompeux quand il s’agit de classique) l’Antigone d’Anouilh : « Antigone, écrit Chalandon, c’est la petite maigre ». Celle de l’ombre. C’est surtout celle qui transgresse, qui ose, qui n’a pas le choix et qui s’oppose avec une détermination tragique aux interdits auxquels Créon lui-même, roi de Thèbes et détenteur du Pouvoir, a du mal à croire. Antigone, c’est aussi une histoire de sincérité, de peur, d’interrogation sur l’héroïsme et de combat contre un bonheur médiocre. Mais c’est surtout une réflexion sur l’absurdité.Réflexion qui a pris tout son sens au moment où la pièce a été jouée pour la première fois en février 44. Et qui trouve un écho sans issue dans le Beyrouth déchiré que décrit Chalandon.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Antigone est une pièce de théâtre qui, de nos jours, est étudiée par beaucoup d’élèves de 3e. Le seul souci, pour moi, est le découpage que subit l’oeuvre. Il est mieux, dans la mesure du possible de voir la tragédie, de saisir ainsi son mouvement, plutôt que d’en analyser des scènes jugées plus importantes que d’autres. A ce sujet, les manuels s’arrêtent souvent à la confrontation Antigone/Créon – et encore, en extraits – oubliant le dénouement, et Créon, s’en allant présider le conseil, comme si de rien n’était.Avant Anouilh, Cocteau avait repris le mythe d’Antigone, dans une version très différente, plus proche de celle de Sophocle. Le contexte historique n’était pas le même. Ecrire cette version d’Antigone était un acte de résistance, quoi que certains puissent dire, quoi que certains puissent penser – pour ma part, je ne pense pas que Jean Anouilh était du côté de Créon !A cause d’Antigone, ils ne sont plus tranquilles. Qui, "ils" ? Les Thébains, Créon, les princes étrangers alliés à Polynice, tout le monde en fait, tout ceux qui vivaient bien tranquilles dans la France occupée, et vivaient de petits trafics, s’entendant assez bien avec l’occupant. Et il a fallu que quelqu’un résiste, que quelqu’un s’oppose en transgressant les lois de Créon. S’il ne dit pas, comme un célèbre monarque : "l’Etat, c’est moi", la loi, c’est lui, c’est tellement lui qu’il ne peut modifier celle qu’il a faite passer. Il a besoin de "faire un exemple" avec Antigone, avec Polynice. Être roi est un métier, qu’il faut bien que quelqu’un fasse, selon lui. Gouverner justifie tout, tant que l’ordre règne. Il n’est pas un père pour ses sujets, il n’est même plus un père pour son propre fils, tant la fonction a effacé tout le reste.Mais je parle de Créon, et j’oublie Antigone. C’est sur elle et sur l’actrice qui l’interprête que repose tout la pièce. Elle est au début définie par la négative. Elle, la noiraude, est aimée d’Hémon, alors que la belle Ismène n’a pas su le séduire. Elle est maigre – donc pas tout à fait apte à faire de beaux enfants. Ce trait nous renvoie à tout un pan de croyance médicale et de littérature (cf : La joie de vivre d’Emile Zola). Créon fait ce qu’il croit être bon, Antigone fait ce qu’elle peut – et c’est déjà beaucoup.Antigone me fait penser à l’Alouette, autre personnage de Jean Anouilh qui vit à une période charnière. Elle aussi aurait aimé vivre. Mais, pas plus qu’on imagine Jeanne mariée, avec des enfants, on ne peut imaginer Antigone mener une vie ordinaire, avec Hémon devenu aussi "sage" que son père ? Non, je ne le crois pas. Antigone, c’est aussi le refus d’une certaine idée du bonheur, faite de (fausse) quiétude et de concessions.Antigone, ou une oeuvre toujours d’actualité.

Sharon
03/10/14
 

J'avais déjà étudié Antigone il y a quatre ans, lors de ma dernière année de collège, mais je crois que je ne me lasserai jamais de relire cette pièce magnifique. Outre le contexte sombre durant lequel elle a été écrite - pendant l'Occupation -, Antigone est un bijou, tant au niveau du style, à la fois simple et profond, que de l'histoire, qui revisite l'oeuvre de Sophocle en lui apportant une touche de modernité. Les personnages sont tous intéressants : Antigone, bien sûr, qui se rebelle contre son oncle et sa loi qu'elle juge injuste, mais aussi Créon, bien moins cruel qu'on pourrait le penser, avec ses doutes et ses faiblesses. Hémon, le fiancé d'Antigone, est également touchant de tendresse. Quant aux gardes, impitoyables par leur indifférence, ils illustrent le comportement des policiers durant l'Occupation, qui fermaient les yeux sur la violence qu'ils causaient. Naturellement, Antigone étant une tragédie, cela se finit mal, mais on referme le livre avec satisfaction et sérénité. Un petit chef-d'oeuvre à lire et à relire !

Shirayukihime
15/07/14
 

La petite maigre Je suis passée par le roman de Sorj Chalandon « Le quatrième mur » pour (re)lire (relire fait toujours un peu pompeux quand il s’agit de classique) l’Antigone d’Anouilh : « Antigone, écrit Chalandon, c’est la petite maigre ». Celle de l’ombre. C’est surtout celle qui transgresse, qui ose, qui n’a pas le choix et qui s’oppose avec une détermination tragique aux interdits auxquels Créon lui-même, roi de Thèbes et détenteur du Pouvoir, a du mal à croire. Antigone, c’est aussi une histoire de sincérité, de peur, d’interrogation sur l’héroïsme et de combat contre un bonheur médiocre. Mais c’est surtout une réflexion sur l’absurdité.Réflexion qui a pris tout son sens au moment où la pièce a été jouée pour la première fois en février 44. Et qui trouve un écho sans issue dans le Beyrouth déchiré que décrit Chalandon.

C'est après avoir vu la représentation de la pièce à la Comédie française que j'ai eu le désir de relire un texte abordé au cours de mes études. Et bien m'en a pris car j'ai retrouvé mon émotion d'étudiante, tout comme dans la salle du Français. Le thème est tiré de la pièce de Sophocle et Anouilh s'empare de la tragique histoire d’Oedipe et de sa descendance pour mettre en scène le conflit jamais résolu entre la politique et l'amour. Antigone est la fille de l'union incestueuse entre son père Oedipe et la mère de ce dernier, Jocaste, suite à la terrible malédiction prononcée à son encontre : tu tueras ton père et tu épouseras ta mère. On connaît la suite. Les fils du couple maudit, Eteocle et Polynice se sont affrontés et entre-tués pour le trône de Thèbes. Mais le roi qui s'est emparé du pouvoir considérant que le fautif est Polynice refuse de rendre à ce dernier les honneurs funéraires et, laissant pourrir sa dépouille dévorée par les bêtes, il le condamne à errer à jamais entre les deux mondes du vivant et des ténèbres. Ce roi c'est Créon, l'oncle des jeunes gens.Suprême insulte, impardonnable sacrilège pour Antigone, jeune fille pure et pétrie du sens de l'honneur, ce sens que son oncle lui reprochera en le qualifiant d' « orgueil ». Au mépris de la sentence de mort attachée à toute tentative d'honorer le mort, Antigone jette de la terre sur le cadavre de son frère, avec une petite pelle d'enfant, si dérisoire, d'abord puis avec ses doigts, ses ongles, ses mains qu'elles ensanglantent dans une ultime tentative.Et on assiste alors à un affrontement entre le vieux Créon et la pure Antigone : il veut lui épargner la mort, dont l'opprobre rejaillirait sur toute sa lignée, il veut aussi épargner son propre, fils, Hémon, qui est fou d'elle et devait l'épouser. Mais elle tient bon et lui jette au visage ses lâchetés, son sens de l'Etat qu'il privilégie à l'amour familial. C'est à un duel sans merci qu'on assiste. Il est plus facile de dire oui que de dire non, lui lance-t-il quand elle lui reproche de s'opposer à un enterrement digne. Et il a probablement raison.Mais dans le contexte historique de l'écriture et de la présentation de la pièce résonne un autre chant, celui de l'opposant au tyran, celui des partisans de la liberté et de l'honneur face à un occupant sans pitié et indigne. La publication, en pleine Occupation, de ce texte, a dû réveiller quelques consciences. Une belle émotion sur laquelle on pourrait réfléchir et écrire encore et encore... Hebelin

hebelin
07/01/14
 

Jean Anouilh adapte le célèbre Antigone de Sophocle. Créée en 1944, en pleine occupation allemande, la pièce fait bien sûr référence à la tyrannie de Pétain et au gouvernement absurde de l’époque.La langue est moderne. Les personnages apparaissent étrangement proches du lecteur. La langue est aussi une manière de rappeler que la tyrannie et les injustices existent de tous temps, à toutes les époques que l’on soit en 441 av.JC ou en 1944. A la lecture de la pièce, c’est d’abord le décalage avec la tragédie classique qui saute aux yeux. Ici, les gardes jouent aux cartes. Lourdauds, imbéciles, ils obéissent aveuglément aux ordres.La nourrice d’Antigone apparait comme une grand-mère idéale: elle aime tartiner elle-même les biscottes de sa protégée mais feint de ne pas comprendre quand cette dernière lui avoue qu’elle la voit peut-être pour la dernière fois.Ismène aime les poudres, les crèmes : jolie à croquer, elle obéit à son oncle et au conformisme. Le personnage d’Antigone est bien sûr un personnage fort en émotions. C’est d’abord une jeune fille frêle, "noiraude", au caractère bien trempé. Elle est déterminée à accomplir son devoir jusqu’au bout. Antigone n’est ni folle ni suicidaire. Elle aime la vie et l’aime tellement qu’elle est prête à la quitter pour répondre à son idéal. Non, elle ne laissera pas les lois de la cité gagner contre les lois du sacré. Elle veut enterrer Polynice parce qu’elle doit le faire, pour elle-même. Elle ne peut pas vivre en se bouchant les oreilles et les yeux. Elle est simplement honnête avec elle-même quand autour d’elle tout n’est qu’hypocrisie, paraître. Elle ne veut pas finir comme la belle Ismène, sa soeur, qui cherche simplement à paraître toujours la plus jeune, la plus resplendissante. Antigone aime la vie et a compris que sans but, sans idéal, elle ne vaut rien.La machine tragique est lancée: rien ne pourra l’arrêter. Antigone marche fièrement vers son destin. Antigone est une pièce magnifique qui nous fait réfléchir au sens de la vie, aux conséquences de nos actes.A découvrir ou redécouvrir. Carolivre

un flyer
16/09/13

Voici une lecture scolaire, demandée par ma prof' de français. Si elle ne nous l'avait pas proposé, je ne sais pas si je l'aurais lu de moi-même. L'histoire est assez spéciale, je ne sais pas trop quoi penser et mon avis au sortir de ce livre. Je n'ai pas complètement détesté ni vraiment aimé. C'est Antigone, quoi. Il s'agit d'une histoire très courte, on la lit rapidement et les actes très vite renouvelés permettent de ne pas s'endormir. C'est le style, surtout, qui m'a surpris. Jean Anouilh utilise un vocabulaire assez singulier et je n'ai pas vraiment réussi à m'y faire. Je ne sais pas si je lirai d'autres histoires à lui. Antigone veut se sacrifier. Elle veut mourir. ça m'a dépassé, et j'ai trouvé ce livre un peu grotesque, parce que je n'arrivais pas à me mettre à la place de l'héroïne. Les autres personnages sont assez amusants, d'après moi. Et la fin est très belle. Quand j'ai su qu'il y avait un amour impossible -et cette fin !- ça m'a tout de suite fait penser à Roméo et Juliette. La situation finale est donc assez triste mais prévisible, on a eu le temps de s'y habituer. Je viens de faire une critique un peu négative de ce livre, mais j'ai tout de même passé un moment pas trop mal et ça me dirais bien de l'analyser, pour mieux comprendre le choix des mots par l'auteur. Par contre, j'ai bien aimé la couverture, toute simple comme ça. Je pense qu'il faut lire ce classique, ne serait-ce que pour la référence. Ninon !

nilale
20/05/13
 

Originaire de Sophocle, Anouilh donne un nouveau souffle à Antigone, bien entendu, il transforme Antigone en une adolescente de son époque qui refuse de grandir et de suivre les ordres de son père. Cemella

Cemella
01/05/13
 

Cette nouvelle version d'Antigone apporte un peu de "jeunesse". Les anachronismes qui ont été fait par l'auteur ont bien été employé. Si la première version par Sophocle vous a intéressé, celui-ci vous plaira d'avantage !

vincent95610
21/02/13
 

Le classique de Sophocle, si bien revisité par Jean Anouilh qu'il s'y est substitué dans le coeur des lecteurs et les programmes de collège et lycée. Une oeuvre riche, facile d'accès et qui reprend et étend le mythe et ses grands thèmes au devoir, au pouvoir et à leur responsabilité. Une pièce universelle, incontournable, aux tirades superbes. A lire, à relire, à voir et à entendre, à jouer et à rejouer absolument. A comparer également avec l’original de Sophocle. http://ericdarsan.blogspot.fr

Darsan
09/02/13
 

Œdipe est mort et c'est la chientlit. Ses deux fils ont choisi de se partager le pouvoir, s'alternant chaque année. Joli sur le papier, un peu moins dans les faits : l'aîné Etéocle, prenant goût à la res publicae, décide de ne pas lâcher les rênes et le frangin, Polynice, n'éprouve qu'une envie : (lui faire mordre la poussière) le destituer. Bref, un pataquès pas possible, un combat des chefs sanglant et au final deux héritiers défaits et quelque peu ... gisants. Créon, beau-frère d'Œdipe, devient le nouveau roi et pour punir l'allégeance de Polynice à l'ennemi, interdit à sa dépouille des célébrations funéraires. Antigone, sœur des deux défunts, ne l'entend pas de cette oreille. Réadaptation du texte antique de Sophocle, Jean Arnouilh s'est permis quelques menues interprétations. Antigone, héroïne chétive mais hypnotique (attirant le regard des enfants et des mauvais garçons), fut considérée comme l'allégorie de la résistance face à une loi jugée inique. La première présentation de cette pièce en juin 1944, consolida cette impression. Pourtant, Jean Arnouilh, qui ne souhaitait pas être considéré comme artiste engagé, laisse transparaître bien des ambivalences chez ces personnages-anguilles d'un auteur qui ne se mouille pas (toute absence aquatique devient fatale aux poissons) :. Antigone, au début, déterminée voire jusqu'au-boutiste, présente en fin de récit des interrogations sur les fins de son acte politique (de bravoure) ;. Créon, dictateur, à la moralité douteuse, conscient de ses décisions caduques et surtout injustes (diviser pour mieux régner, apeurer pour consolider son pouvoir de nuisance) propose un dialogue avec sa jeune nièce effrontée, à laquelle il semble très attaché.. des personnages secondaires au présent insipide ou à objectif comique : le fiancé Hémon évacué lors d'une scène fenestrale grandiloquente, la sœurette Ismène bien complaisante, la nourrice soucieuse d'un élément canidé, des miliciens au questionnement hautement (philosophique) militaire (discours sur les différences métaphysiques entre un sergent et un garde) ou orthographique (élaboration d'un dernier billet). Au final, un discours ambigu, des voies latérales ouvertes : chacun en prend pour son grade mais Arnouilh prend le soin de ne fâcher personne (normal que sa pièce ait pu sortir en juin 1944 sous une censure certes présente mais affaiblie par l'arrivée des GI, puisque rien dans ce texte n'évoque une dénonciation totale du système vichyste et de la collaboration) et c'est là, la grande faiblesse de ce texte riche en modernité (chœur bien présent, histoire divulguée en prologue, dialogues au lexique populaire, passages de pause salutaires) sous fond de tragédie familiale conservée. Plusieurs lectures contradictoires demeurent possibles. Reste à vous de choisir celle qui vous convient le mieux !

Cave
27/01/13
 

LE livre (avec deux ou trois autres) qui a marqué mon adolescence. Un style inimitable, un rythme soutenu tout au long de la pièce et le personnage attachant et révolté de la jeune Antigone en font un de mes livres de chevet. Jamais sans mon Antigone!

Asil
04/09/12
 

La reprise d'un classique, si simplement superbe qu'elle dépasse l'original... On a envie de croire que ça a été vrai, tant c'est fort et beau. Même si c'est affreusement poignant, personellement, j'en ai pleuré !

Arfirith
28/07/12
 

Un texte formidable et magnifique avec des mots simples et touchants, pour une pièce qui l'est tout autant. Non seulement de belles paroles, mais aussi une très belle morale... Les personnages sont incroyablement attachants et l'histoire est tellement bouleversante qu'elle ne peut laisser quiconque insensible. Enorme moment d'émotion.

Minamoy
28/07/12
 

Si je devais dire la pièce de théâtre qui m'a pris jusqu'aux entrailles et ce jusqu'à la fin, c'est bien celle-ci. Je l'ai lu la première fois en troisième et non au lycée comme certains. Même à cette époque dans ma classe, nous étions tous submergé par le chef d’œuvre de cette pièce. Et ça n'a probablement pas changé pour les générations suivantes.Une tragédie réellement poignante, des sentiments fort à chaque page de cette pièce et une incompréhension des autres personnages qui ne font qu'agrandir les émotions. Une opposition marquante avec une espérance omniprésente de penser que ça se finisse bien tel un joli Happy end. Malheureusement, les tragédies sont des tragédies et même avec ça Jean Anouilh à merveilleusement bien tenu le lecteur dans l'haleine et la confiance.Une histoire qui vaut le coup d'être lue, réellement.

Kayci
28/07/12
 

Ce livre est absolument génial. Je ne le connaissais pas mais depuis la première je m'étais jurée de le découvrir quand j'aurais un peu de temps... mais justement le temps passe et beaucoup trop vite ! Antigone est vraiment une très belle histoire, mais aussi très triste. On se retrouve face à la fatalité, et forcément, face à elle, on ne peut faire le poids... ça fini mal, c'est une tragédie. Mais tout, entre la première et la dernière ligne, est fait pour nous envouter et ça marche ! On ne peut s'empêcher de croire qu'ils vont réussir, que pour une fois, ça va bien se passer.... mais non. Jean Anouilh écrit formidablement bien. Il sait choisir les mots justes, nous titiller juste ce qu'il faut, il aiguise notre curiosité... Il est impossible de poser Antigone ne serait-ce que le temps d'aller aux toilettes (et je sais de quoi je parle).En lisant ce livre, j'ai compris pourquoi tous mes anciens professeurs en parlaient avec autant de passion, nous disaient que si il y avait une pièce à lire, c'était bien celle-ci.Ce n'est pas facile à expliquer, c'est un peu comme devoir expliquer pourquoi on préfère les pâtes a la carbonara plutôt que celle a la bolognese...Hé, oui. Elle en vaut le coup !

MademoiselleLuna
26/10/11
 

J'aime plus cette version que l'originale, je crois. Peut-être parce qu'ici, l'histoire est plus portée sur les sentiments, les émotions, la psychologie des personnages, que je trouve assez intéressante. Peut-être aussi à cause de cette fascination pour la mort qu'a Antigone. Peut-être aussi parce qu'elle est plus récente et donc plus cohérente avec le monde que je connais. Je ne sais pas. Toujours est-il que c'est un livre que j'apprécie énormément et qui fait pour moi partie des classiques à avoir lu au moins une fois dans sa vie.Et après l'avoir étudiée de fond en comble, pendant des heures, l'avoir décortiquée, analysée, j'aime toujours autant cette pièce, sinon plus. Je pourrais l'apprendre par coeur, je crois. Dans le coup je passe la note à 9. Cette pièce le mérite, sincèrement !

Chaaw
06/09/11
 

Cette pièce fait peut-être partie de mes préférées. L'auteur réecrit le mythe antique tout en rompant avec la tradition. Il nous offre une pièce moderne avec un prologue qui annonce déjà la suite. Il nous y fait une présentation originale et autrement plus détaillée que la présentation des personnages habituellement faite avant tout premier acte.C'est également très étonnant, comment en quelques pages, on est pris par ce dialogue. La scène avec la nourrice à propos d'un rendez-vous mystérieux nous intrigue, nous amuse également. Puis, on se prend de compassion pour Antigone qui aime la vie mais connait son destin. Si le théâtre ne permet pas autant de proximité avec les personnages qu'un roman, ce n'est pas le cas ici. Notre héroïne nous touche fortement, sa solitude, surtout son courage face à la mort. Une lecture qui se fait aisément, rapidement et avec un vif plaisir. On suit la joute verbal entre Créon et Antigone, y voit le rapport avec les temps contemporains : la résistante Antigone contre Créon, ses ordonnances et son injustice. En comparant avec l'Antigone de Sophocle, on ne peut que constater la modernité de l'oeuvre et sa rupture avec le mythe antique : Antigone n'agit pas ici par devoir fraternel, sa révolte s'inscrit dans un conflit contre les êtres humains, les dieux sont moins présents et surtout Antigone montre davantage ses sentiments (son amour de la vie, son amour pour Hémon...), et finalement elle meurt non par fatalité mais parce qu'elle l'a elle-même choisi (elle ne sait même plus pourquoi elle meurt sur la fin). L'oeuvre est riche en réflexions sous jacentes. Et puis, quelle fin ! Bref, c'est une très bonne pièce que je vous invite à lire si ce n'est pas déjà fait !

Lunasirius
06/02/11
 

Livre que j'ai étudier en long, en large et en travers pendant ma première. Heureusement que j'aime les tragédies ! Je l'ai lu plusieurs fois, la première j'étais pas enchantée vu que les pièces de théâtres c'est pas du tout mon truc. Pour bien le comprendre je l'ai relu et finalement ça passe.

Bbey
28/10/10
 

Format

  • Hauteur : 17.50 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.08 kg

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