Au bon roman

COSSE, LAURENCE

livre au bon roman
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/01/09
LES NOTES :

à partir de
25,00 €

SYNOPSIS :

Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu'on n'est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent pas à des durs mais à des tendres, un ancien routard devenu
libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n'avait imaginé qu'elle pourrait fâcher. Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'oeuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ? Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès.
19 personnes en parlent

Des agressions successives, des victimes qui rapportent des faits hallucinants, des témoignages sur la présence de deux individus, et cette phrase « c'est pas du bon roman, hein? pas bon du tout », voilà comment tout débute. Pour Van le libraire parisien, c'est plus qu'un message, c'est une menace. Il avise aussitôt Francesca, son associée, pour porter l'affaire devant un policier érudit et passionné de littérature, Gonzague Heffner.Tout a commencé avec l'idée d'ouvrir la librairie idéale, celle où on ne trouverait que les bons romans. Van et Francesca ont préféré confier à un comité d'auteurs contemporains, soit huit écrivains qui garderaient leur anonymat et prendraient un pseudonyme pour toute intervention, d'établir une longue liste de références incontournables. Ainsi naquit Au Bon Roman. L'entreprise est belle et honorable, elle connaît un franc succès dans le trimestre qui suit sa création. Puis, vient l'attaque. Elle est sourde, mesquine et laide. Elle se glisse parmi la clientèle, s'étale dans la presse et crée un débat vain. Que sont les bons romans ? Francesca et Van ont paré tous les coups, jusqu'à l'agression de trois de leurs grands électeurs. On ne joue plus dans la même cour. Ils pensaient accuser « un sous-ensemble de personnes qui ont en commun de considérer le livre comme quelque chose qui peut rapporter gros et la littérature comme un formidable filon », mais ils réalisent que l'ennemi est coriace, et deviennent amers à force de voir leur honnêteté traîner dans la boue.Laurence Cossé signe un excellent roman qui débute comme une enquête littéraire, et se poursuit dans l'amour des livres, dans les pas de deux passionnés emportés dans leur tourbillon de projet fou, avant de sombrer lourdement dans la triste réalité. Après un démarrage sur les chapeaux de roue, portée par l'exaltation d'une intention louable, l'histoire va effectivement devenir plus profonde, passant de l'angoisse du débutant qui veut bien faire au revers de la médaille et la rançon du succès, révélant au passage les coulisses du monde des libraires et les rouages de la presse, de l'édition etc. Petit à petit, l'histoire s'appesantit. L'excitation du début s'est éteinte, les protagonistes sont usés, moins pêchus. Mais cela reste toujours incroyablement beau, touchant car sincère. Parce que loin des tracas de gestion et d'organisation, s'inscrit aussi dans ce roman une très belle histoire d'amour. Enfin, n'hésitons pas à évoquer l'amour au pluriel. Ce sentiment est partout, derrière chaque étagère ou pile de livres. Il y a tout d'abord la relation si particulière entre Van et la jeune Anis, rencontrée au hasard dans le sous-sol de sa librairie de fortune, à Méribel. Mais aussi, existe la belle amitié entre Van et Francesca, cette femme superbe, grande, mystérieuse, qui traîne un chagrin lourd comme deux valises pleines à craquer. Et enfin, il y a l'amour des livres, de la littérature. Tout court. C'est à travers la belle utopie du Bon Roman, une librairie de rêve et faite pour rêver, qu'on retrouve ce sentiment qui nous entraîne vers un être ou une chose. En bref, c'est un bon roman, oui un très bon roman digne de ce nom.

Clarabel
20/02/09
 

Ivan Georg (prononcer Gé-orgue) et Francesca Aldo-Valbelli épouse Doutremont s'associent un jour pour ouvrir une librairie très spécialisée : Au bon roman. Leur credo est simple, voir naïf : "L'important n'est pas que nous ayons tous les bons romans, mais que nous n'ayons que des bons romans. ". Pour les choisir, ils fondent un comité constitué de huit écrivains auxquels ils demandent le secret absolu. Ces derniers ne connaissent pas l'identité des autres, et communiquent avec nos libraires sous pseudo. Chacun remet sa liste de six cent bons romans, tous sont achetés, les listes étant réactualisées chaque année.Le succès est immédiatement au rendez-vous. Mais très vite, les attaques virulentes commencent, sur tous les flancs : totalitarisme, librairie bourge, kapos, élitisme, forfanterie,"d'où parlent-ils ?". On s'en prend rapidement aux personnes, avec de basses calomnies, puis, plus grave, quelques membres du comité sont identifiés et molestés. Il faut alors se résoudre à contacter la police...Un minuscule bémol sur la construction, que je trouve alambiquée : première partie sur les accidents des membres du comité, vif du sujet enfin sur deux parties, le récit de la création de la librairie et son succès, puis les attaques; quatrième et dernière partie sur le déclin désenchanté de Francesca (qui est donc plus de l'ordre amoureux que littéraire), et révélation du nom du narrateur. C'est romanesque, certes, mais pas forcément nécessaire.Par contre, ce roman est une bombe qui va en ruiner plus d'un(e). Non content d'évoquer à tour de bras des oeuvres toutes plus alléchantes les unes que les autres, il parle de la lecture avec des passages rien moins que merveilleux. Détaillons quelque peu, tant pis pour la longueur, il y a tant à dire !Il semble que Laurence Cossé s'intéresse dans tous ses livres au pouvoir, sous toutes ses formes. C'est pourquoi ici elle n'a cité aucun écrivain en position de pouvoir (appartenant à un organe de presse, un jury etc.)Le moment-clé ou les attaques se déchaînent contre la librairie m'a plongée dans des abîmes de réflexion. J'ai reconnu, pour les avoir un jour proférés, quelques arguments des adversaires. J'ai réalisé l'étendue de ma méprise, avec des passages comme :"L'idée était qu'on ne peut pas opposer littérature populaire et littérature élitiste, qu'il est même sans intérêt de vouloir les distinguer, outre que c'est bien difficile. L'une et l'autre comptant quantité de livres anodins et quelques chefs-d'oeuvre, la seule distinction qui vaille consiste à promouvoir les grands livres, dont certains sont très simples et d'autres difficiles.- Puisqu'il s'agit de vous défendre, ajouta Delvaux, si vous le permettez, j'irai plus loin. Je voudrais écrire qu'à l'inverse, traiter les livres médiocres à l'égal des bons, et tout offrir comme si tout se valait, a beaucoup à voir avec le mépris, car c'est de la démagogie. Et la démagogie postule que le commun sera toujours le commun."Et puis un passage extraordinaire, signé de la main de Francesca, en réponse à l'atroce diffamation dont elle est victime, que je ne peux reproduire dans son intégralité car il est long, et signifiant (il faut avoir lu le reste pour en saisir les portées intimes). Mais quelques extraits, comme "Nous voulons des livres nécessaires, des livres qu'on puisse lire le lendemain d'un enterrement, quand on n'a plus de larmes tant on a pleuré, qu'on ne tient plus debout, calciné que l'on est par la souffrance;" "Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous." " Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent;" "Nous voulons des romans bons."......J'ai lu ce roman comme en état de grâce, comme le cerveau grand ouvert et prêt à accueillir chaque mot pour s'en repaître à l'infini. J'ai rempli 9 pages de notes, je l'ai gribouillé dans tous les sens, corné, souligné, cassé. Puis j'ai encore passé des heures sur le net pour me renseigner sur chacun des romans évoqués, et j'ai établi une liste, par ordre d'apparition, de ceux que je veux me procurer.Ma liste :Noëlle Revaz - Rapport aux bêtesFruterro & Lucentini - L'amant sans domicile fixe / La femme du dimancheCormac Mccarthy : ToutPierre Michon - Vies minusculesNancy Mitford - L'amour dans un climat froid (épatant, dit Francesca, mais pas à sa place en les murs de Au bon roman)John Berger - La cocadrilleVassili Grossman - Vie et destinNicolas Bouvier : ToutChristian Gailly : Be bopHélène Frappat - Sous réserveDaniel Arsand - En silenceEudora WeltyGadda - La connaissance de la douleurPeter Carey - Ma vie d'imposteurMarc Bernard - Pareils à des enfantsStephen Crane - Le bateau ouvertBenoziglio - Louis Capet, suite et finAndric - La chronique de TravnikSaramago - L'autre comme moiMarina Tsvetaïeva - Vivre dans le feuShirley Hazzard - Le grand incendieEric Laurrent - Clara SternSylvain Tesson - Petit traité sur l'immensité du mondeMarcel Aymé - La-Table-aux-crevésAugustina Bessa-Luis - Le confortable désespoir des femmesIegor Gran - Les trois vies de Lucie Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Ivan travaille dans une librairie-papèterie et a décidé de n'y vendre que les livres qu'il aime. Il y rencontre Francesca, une fortunée mélancolique qui adore la littérature. Entre les deux, l'entente intellectuelle est immédiate et parfaite : ils décident d'ouvrir une librairie spécialisée, "Au bon roman", qui ne vendra, comme son nom l'indique, que des "bons" romans, romans sélectionnés par un comité de huit auteurs contemporains soigneusement sélectionnés et dont les noms sont tenus secrets. Mais un jour, les membres du comité subissent des menaces et agressions...On comprend vite que la fantaisie policière dissimule une réflexion tant économique qu'éthique sur la littérature et la commercialisation des biens culturels. En effet, en ouvrant une librairie qui ne vendrait que de "bons" romans (« l'important n'est pas que nous ayons tous les bons romans, mais que nous n'ayons que des bons romans »), Ivan et Francesca bouscule le lecteur, l'interroge : Qu'est-ce qu'un bon roman ? Tout est là, dans cette appréciation subjective. Les goûts se discutent-ils ? Préférer, est-ce exclure ? A quoi sert la littérature ?En ayant pour ambition de sortir la littérature de la sphère commerciale, la librairie "Au bon roman" fait œuvre de résistance face à une littérature contemporaine gangrénée par la course à la rentabilité : « Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire. Nous ne voulons pas de ces livres bâclés, écrits à la va-vite, allez, finissez-moi ça pour juillet, en septembre je vous le lance comme il faut et on en vend cent mille, c'est plié. »Le succès de la librairie est immédiat, mais son parti pris subjectif ne laisse pas indifférent et bientôt la riposte s'organise : ses détracteurs lui reprochent d'être réactionnaire, la taxe d'élitisme, et opposent à son concept la défense de la diversité et du libre choix...Au bon roman tient à la fois du policier, de l'histoire d'amour et de la fable. Et si l'intrigue policière s'avère un peu faiblarde et l'intrigue amoureuse assez superficielle, reste un intéressant questionnement sur la place de la littérature, ainsi qu'un un bel hommage au livre et une mine d'informations et de références pour tous les amoureux du roman. A lire avec stylo et carnet à portée de main !« De toutes les fonctions de la littérature, vous me confirmez qu'une des plus heureuses et de faire se reconnaître et se parler des gens faits pour s'entendre. »« Nous voulons des livres nécessaires […]. Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire. […] Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous. […] Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent ; des livres qui nous prouvent que l'amour est à l'œuvre dans le monde à côté du mal, tout contre, parfois indistinctement, et le sera toujours comme toujours la souffrance déchirera les cœurs. Nous voulons des romans bons. »

Kara
24/11/11
 

Quel plaisir de se plonger dans cette histoire où les bons romans ont la part belle, et dans lequel Laurence Cossé manie astucieusement l'intrigue policière et les références littéraires. Le roman est construit sur un long flash-back, qui retrace la première expérience de ce genre de librairie mise en place par Van dans une station des Alpes puis sa rencontre avec Francesca, qui lui apporte les fonds nécessaires pour une implantation parisienne Ensuite, on suit la mise en place de la librairie, le plan marketing et l'ouverture, avec la question cruciale : comment choisir les romans qui méritent de figurer dans cette librairie idéale ? C'est alors que l'idée d'un comité de sélection surgit, avec l'idée de conserver l'identité des membres cachée.Ensuite, on découvre les attaques contre la librairie : l'ouverture de librairie concurrentes à proximité, mais surtout la campagne de presse contre cette libraire considérée comme élitiste. Car même si Van accepte de commander tous les livres, il n'offre dans ses rayons que les romans choisis. Ce qui est à l'origine d'un grand débat, pour savoir qui sont ceux que personne ne connaît et qui se permettent de faire une telle distinction entre le bon et le mauvais roman. Question intéressante, d'ailleurs, qui mériterait qu'on s'y attarde plus longtemps. Car si le roman entame une réflexion sur la littérature et la lecture, elle s'arrête un peu vite à mon goût. Néanmons, à leur décharge, ils n'estiment pas qu'il ne faut lire que des bons romans, mais qu'il y a assez de librairies qui vendent de tout pour pouvoir faire un choix plus drastique (ce qui n'est pas faux !)A côté, on suit la vie de Van et sa relation assez complexe avec une jeune fille qui s'approche, puis le fuit, avant de le rejoindre à Paris. Cette partie est moins convaincante, d'autant plus que la révélation finale est assez superfétatoire. Hormis cette petite réserve, ce roman donne vraiment envie de découvrir de très nombreux auteurs, que ce soit des auteurs maintenant reconnus comme Cormac McCarthy, ou plus confidentiels comme Noëlle Revaz. Et comme François Vallejo fait partie de la liste avec Le voyage des grands hommes, je ne pouvais qu'apprécier le roman. Vraiment une chouette lecture, qui vous fera noter plus d'un titre.

Yohan59
18/10/12
 

Trois romanciers français sont victimes de manoeuvres d'intimidation (ou de tentatives de meurtres ?). Leur point commun ? Faire partie du comité secret de sélection qui préside aux belles heures de la librairie "Au bon roman". Qui a pu fomenter toutes les basses manoeuvres dont a été successivement victime cette librairie hors du commun qui fait fi des nouveautés commerciales et privilégie la qualité à la quantité ? Dans un monde où le livre est devenu une marchandise comme les autres, ce que certains feignent de déouvrir, une telle exigence de qualité ne peut que susciter le rejet voire la haine...497 pages . Malgré les avis enthousiastes de Cuné, Amanda et Clarabel, mes poignets criaient grâce d'avance. Pourtant, un jour je me suis lancée dans la lecture d'Au bon roman et...je ne l'ai pas regretté !J j'ai corné fiévreusement les pages où se trouvaient références littéraires , citations de tous ordres ou passages complets suscitant mon enthousiasme de lectrice boulimique. Une telle librairie évidemment nous en rêvons tous et Laurence Cossé joue sur du velours en nous la proposant virtuellement. Pourtant son roman, même s'il aligne arguments et contre-arguments, se révèle une mine d'informations concernant le fonctionnement d'une librairie ,fait aussi la part belle aux personnages, que ce soit Ivan , le libraire passionné,ou Francesca, la femme blessée qui joue en toute discrétion les mécènes. Nous les regardons avec tendresse se frôler, esquisser des gestes l'un envers l'autre, sans que rien ne soit dit jusqu'au jour où... Les portraits d'écrivains, chacun dans un genre très différent, sont aux aussi très réussis. Du début à la fin, nous sentons le grand amour de Laurence Cossé pour la littérature, un amour dont elle sait témoigner avec ferveur et enthousiasme. cathulu

cathulu
23/08/12
 

Voilà un roman qui n'est pas exempt de défauts, mais qui possède aussi des qualités certaines, dont la première et non la moindre, est de proposer une réflexion sur la littérature. En ouvrant une librairie qui ne vend que de "bons" romans (et non pas d'ailleurs de "grands" romans ou des "chefs d'oeuvre", la nuance est de taille), Ivan et Francesca font en fait oeuvre de résistants face à une littérature contemporaine gangrenée par la course à la rentabilité. Tout le monde en prend pour son grade, des éditeurs qui vendent un "produit" et non un livre, aux critiques littéraires "paresseux et frivoles" qui ne lisent pas les livres jusqu'au bout et encensent toujours les mêmes par facilité et espoir de retour (la peinture du petit milieu très fermé des éditeurs-journalistes-écrivains-jurés de prix littéraires, car en France bien souvent les casquettes se confondent et tout ce très petit monde joue les hommes-orchestre, est particulièrement corrosive). Face à eux, la petite équipe du Bon roman (car Francesca et Ivan seront rapidement rejoints par d'autres personnages) remplit ses étagères de classiques et de contemporains, qui ont en commun le style, primordial. Leur entreprise, d'abord acclamée par les véritables lecteurs, qui ont l'impression de découvrir enfin la librairie idéale, devient rapidement la cible des défenseurs du "goût populaire", du moins de ce que certains voudraient faire passer pour tel. Accusés de fascisme et d'élitisme, Ivan et les autres verront surgir de plus en plus de détracteurs et se verront mettre de très nombreux bâtons dans les roues, contraints finalement de mettre l'affaire dans les mains de la police puis de la justice. C'est d'ailleurs tout cet aspect enquête policière qui est à mon avis un peu faible, car il appuie trop fortement la métaphore de la résistance intellectuelle. J'ai aussi été gênée par l'apparition en cours de route d'un narrateur interne à l'histoire, qui y est sans avoir l'air d'y être et dont le nom est révélé à la fin (enfin, révélé est un bien grand mot parce que par élimination le lecteur a compris qui racontait l'histoire), ce qui alourdit le propos sans rien y ajouter. Mais on lit ce roman un carnet à la main (j'ai déjà lu un recueil de nouvelles sur ses conseils, c'est très contagieux), emballé de découvrir que décidément nous ne sommes pas seuls dans l'univers.

fashiongeronimo
11/08/12
 

"Au Bon Roman, on respire. Lisons,et laissons dire."Dès les premières pages, on est "happé" par l'histoire tant l'idée est bonne et originale. Tout de suite, le récit inclut les livres et leurs auteurs dans la trame, sans pour autant sombrer dans l'analyse ou l'essai, puisque le récit commence comme un roman policier. Trois citoyens sont agressés. L'affaire pourrait être banale si ces personnes ne se révélaient pas faire partie du comité de lecture d'une librairie parisienne qui subit des attaques en règle depuis son ouverture. En effet, cette librairie est d'un genre nouveau car elle n'offre que des romans dont le seul critère de sélection est la qualité littéraire .Ses gérants,Yvan, et Francesca,amoureux passionnés de littérature, ne veulent vendre que des romans intemporels, connus pour être de qualité, car "quatre vingt dix pour cent des romans qui se publient sont "des livres que c'est pas la peine" comme les appelait Paulhan. La critique ne devrait parler que des autres mais elle est paresseuse et frivole." Seulement, en ne s'appuyant que sur son comité de lecture de huit membres, et en se détachant des paramètres de nouveauté et de succès, la librairie "Au Bon Roman" s'est attirée les foudres des pseudo-intellectuels, des revues, et des plumitifs en manque de succès. Alors quand l'attaque via la plume ne fait plus son effet, les "brutes" décident de s'attaquer à la source. Comme "en matière littéraire, c'est moins l'idée qui compte que la manière", Yvan et son amie décident de raconter leurs aventures à un policier pour savoir si l'on peut porter plainte. S'ensuit un extraordinaire récit sur la genèse et la croissance de cette librairie et les agressions qui suivirent. Mais qui en veut au Bon Roman? Laurence Cossé use avec subtilité du récit rapporté pour proposer au lecteur un roman construit comme un policier où l'objectif final est de découvrir le coupable et le mobile de cette étrange affaire. En faisant de ce commerce la véritable victime, c'est un peu la littérature, la vraie qui est visée. Doit-on y voir de la part de l'auteur une dénonciation voilée de tout ce qui gravite autour de l'objet livre et de sa vente? Au détour d'une page, j'y ai lu quelques critiques sur la valeur des prix littéraires (très pertinente d'ailleurs) ou la valeur d'auteurs tellement médiatisés qu'on ne sait plus très bien s'ils ont eu du style un jour...Les personnages portent l'histoire avec brio. Tellement passionnés par les romans, ils en deviennent si vraisemblables qu'on voudrait les rencontrer ou lire dans leur librairie...On ne s'ennuie jamais, on fait corps avec les personnages et l'histoire. Pour conclure, j'aimerai citer cette phrase du livre: "la littérature informe, elle instruit, elle entraîne", tout est dit, non? vivi

vivicroqueusedelivres
14/02/12
 

Un roman qui fait réfléchir. J'ai beaucoup aimé la réflexion suscitée par ce livre au sujet de la littérature, de ce qui est bon ou pas, de la nature de ceux qui ont autorité pour choisir, et du monde de l'édition. Je ne suis pas toujours d'accord avec les conclusions de l'auteur mais les questions posées sont toutes très intéressantes. Et n'oublions pas l'histoire racontée. Elle semble un peu étrange au départ, mais nous emmène aux cotés de personnages attachants. Une vrai découverte.

Estellecalim
31/08/10
 

Très bien faite la partie de mise en place de la librairie, un peu moins le coté policier, qui finit par disparaitre complètement dans l'intrigue. Intéressant mais pas pou les fan des polars.

Valeria82
25/07/12
 

Ce livre se lit avec plaisir, si on apprécie les livres parlant de livres. Les personnages sont attachants, et on aime savoir leur vie à chacun. Malgré sa taille, il se lit assez vite, puisqu'on est tout de suite embarquer dedans. Seulement, j'ai trouvé la fin bien décevante, et fade. Trop rapide. Trop sèche. Ca a immédiatement coupé mon engouement pour ce livre.

yuukichanbaka
31/10/11
 

Bien sûr, on peut dire qu'une telle librairie, qui voudrait se libérer du diktat des maisons d'édition et ne choisir que les livres qui lui plaît, les "bons livres", est un rêve... On peut aussi voir dans cette démarche un classement extrêmement désagréable : comment en effet choisir ces romans qui devraient avoir le droit, l'honneur, de figurer sur les étagères d'une telle librairie ? Qui a le droit de s'arroger juge en la matière ? Ici, nous avons un panel d'hommes et de femmes de lettres, auteurs pour la plupart, mais on peut se demander quelle est leur légitimité pour établir des critères de choix. Certes, certains romans resteront à jamais dans la mémoire collective et dans l'histoire de la littérature, parce que l'histoire, le style, l'idée, ou l'époque à laquelle ils ont été publiés ont passionné les lecteurs et qu'ils ont gardé au fil des années, voire même au fil des siècles, leurs qualités. Mais que dire des autres romans ? Que dire des Levy, Musso, Djian ou Gavalda (pour ne citer qu'eux, parce que je ne les aime pas) ? Je ne me permettrai jamais de les classer dans les mauvais auteurs, car après tout, même si je n'apprécie pas leurs ouvrages, ils les vendent -et plutôt bien !- et surtout ils ont le mérite de plaire à une certaine catégorie de lecteurs. Alors oui, Au bon roman est une librairie de rêve, mais à mon avis, c'est bien que cela reste un rêve, une utopie. J'ai dévoré ce roman et l'ai adoré, mais en faisant vraiment la part des choses. Dans l'absolu, oui, il est encore un tas d'auteurs et de romans, de "bons romans", que je n'ai pas encore eu la chance, le temps ou la curiosité de découvrir, beaucoup que je ne lirai jamais par manque d'envie ou de temps (toujours... ma vie ne sera jamais assez longue, malheureusement, pour lire tout ce que je voudrais, et encore moins pour relire certains livres qui m'ont marquée), mais je pense qu'on ne doit pas juger, ou tout du moins qu'on peut le faire uniquement dans l'intimité, entre amis ou sur nos blogs sur lesquels nous insistons tous et toutes sur le fait que nous avançons des idées personnelles, qui n'engagent que nous. Un bon roman, c'est quoi au final ? Suite sur les Lectures de Liliba Liliba

liliba
16/08/11
 

Le livre s’ouvre sur une série de 3 accidents, qui auraient pu être fatals, censés n’avoir aucun lien entre eux. Puis, à partir du second chapitre, nous assistons à la naissance, la vie et la mort d’une librairie appelée « Au bon roman ». Ivan, le libraire et Francesca, la mécène, s’associent pour créer LA librairie idéale. Ils passent plusieurs merveilleuses journées et soirées à établir le plan directeur de ce projet. Pour la sélection des romans, ils vont créer un comité de 8 membres, auteurs actuels qui ne se connaissent pas, doivent rester dans l’anonymat le plus total. Mais, est-ce une utopie que de vouloir réunir ces livres jugés indispensables ? de vouloir les faire ressortir des cartons, de ne pas vouloir vendre des best-sellers creux???? A en juger par le succès immédiat de leur échoppe, l’on peut penser que non. D’autres ne sont pas d’accord et se lancent dans une vindicte tapageuse qui agressera Ivan et Francesca et seront à la base des 3 incidents du premier chapitreCe roman est très dense. Plusieurs histoires s’entremêlent :L’amour : une histoire d’amour entre Ivan et Anis, l’amour à sens unique de Francesca pour Ivan et, surtout, l’amour de la littératureL’enquête policière suite aux agressions dont furent victimes plusieurs membres du comité, mais qui, pour moi, sert de prétexte à nous raconter la genèse de la librairieJ’ai trouvé là, également, une diatribe contre la marchandisation à marche forcée des livres avec l’abonnement quasi obligatoire à « l’Office ». Les nouveautés incontournables de plus en plus nombreuses et cette forêt qui cache 1 ou 2 chefs d’œuvres.Le personnage essentiel de ce livre est la littérature. Elitiste pour les 2 protagonistes, totalitaire pour les autres. Ce choix se défend mais…. Chacun a sa bibliothèque idéale et, l’important n’est-il pas de commencer de lire et d’évoluer ensuite ???? L’on ne peut que regretter de trouver dans les librairies certains bouquins, certaines « biographies ». Peut-être qu’un jour, les libraires, eux-mêmes, se révolteront contre cet « Office » C’est un très bon bouquin qui ne se laisse pas oublier. J’ai apprécié de trouver dans leur liste Jean Echenoz que j’apprécie énormément. Je pense que certains des auteurs cités atterriront dans ma LAL.

zazy
04/08/11
 

Ce n'est certes pas un livre que je retiendrai pour son style, bien qu'il n'ait rien de rebutant (d'ailleurs la lettre de Francesca le prouve). Disons que ce n'est pas l'objectif premier de ce roman. J'ai avant tout passé de belles heures avec ce livre, et même si ce roman ne figurerait pas chez "Au Bon roman", il fera partie de ces livres que j'aime offrir autour de moi. Plus le temps passera, moins je penserai à ces quelques bémols narratifs relevés. Par exemple, je n'ai pas compris l'utilité d'un narrateur dévoilé à la fin, et l'intrigue amoureuse entre Anis et le libraire aurait pu ne pas exister ... Mais passons car ce n'est que secondaire.

leiloona
23/03/11
 

La première partie raconte trois étonnantes agressions : deux hommes et une femme ont vu des menaces s'introduire dans leur quotidien. A priori, ils n'ont rien en commun. Mais ce sont en réalité trois membres d'un comité secret qui s'ignore. Et ce comité est particulier puisqu'il regroupe huit écrivains à qui est laissée la lourde tache de choisir le fonds d'une librairie.Cette boutique, c'est celle de Francesca et Ivan, deux passionnés de littérature qui regrettent l'invisibilité de chef-d'œuvres dans le tourbillon et la frénésie de l'édition. Pour les mettre en valeur, ils décident d'ouvrir cette librairie où il n'y aurait que de bons romans, sélectionnés par ces huit écrivains. Cela dans le plus grand secret afin d'éviter jalousies, influences et autres manœuvres.Vous pensiez qu'ouvrir une librairie spécialisée à Paris passait inaperçu. Vous vous trompiez. Très vite, elle est attaquée de toutes parts, de façon plus ou moins directe mais toujours anonymement. Tout est bon pour la torpiller et les attaques personnelles (passé du libraire, mondanités de Francesca, puis les attentats contre le comité) ne cessent pas. Nos deux idéalistes soumettent leur affaire à un enquêteur, fan du bon roman, Heffner. C'est toute l'histoire de la librairie qui est alors expliquée dans le cadre de cette enquête. A ceci, se greffe une histoire d'amour très étrange entre Ivan et Anis.Ce qui est merveilleux dans ce livre, c'est qu'il fait aimer les autres livres et qu'il donne envie de tout lire. Et puis, je sais bien que cela peut paraitre élitiste, mais c'est intéressant le concept de bon roman. C'est effectivement difficile à définir et le bon roman est dans les yeux du lecteur. Mais ici, je me questionne sur l'idée de bonnes lectures, et pourquoi pas de bonnes critiques, de bons écrivains. Et je sais bien qu'il faut traiter ces questions avec prudence car dès qu'il est question de niveau, de qualité, tout le monde hurle à l'élitisme, à l'anti-démocratique. Et c'est un peu dommage car je suis convaincue qu'on ne peut pas mettre sur le même plan un Levy et un Flaubert, même si on peut lire les deux. C'est valable pour tout : Delacroix et Bussière par exemple.Du coup, j'ai noté toute une liste de romans que je publie dès que possible. Cette liste sera la base d'un petit challenge visant à reconstituer une part virtuelle de cette librairie imaginaire.

Praline
21/01/11
 

Voilà une belle histoire pour quelqu'un comme moi qui souhaite devenir libraire. Et puis les héros de ce roman, Van et Francesca créent la librairie idéale, alors on a envie de découvrir à son tour les romans qui ont le droit de rentrer dans cette librairie très sélective : seuls les bons romans ont droit de cité! Cat

cfons
05/08/10
 

Yvan et Francesca menés par leur passion de la lecture veulent créer une librairie où il ne sera vendu que des bons romans. Comment les choisir, quels seront les critères ? Ils décident de faire appel à des écrivains qui devront leur fournir une liste de 600 livres. La librairie « au bon roman » voit le jour et le succès est au rendez-vous. Mais la jalousie également : mensonges, calomnies, tout est fait pour discréditer « au bon roman ». Jusqu’ au jour où trois des écrivains du comité dont le nom n’est connu que par Yvan et Francesca se font agresser. Je n’ai pas accroché à ce livre pour plusieurs raisons… Cette librairie où l’on ne vend que des bons romans m’a titillée et un peu agacée. J’y ai vu un côté sectaire. Je défends la lecture pour tous car l’essentiel est ce que chacun y cherche et y trouve.Le personnage de Francesca et son histoire personnelle m’a parue un peu surfaite. Et Laurence Cossé a voulu mener en plus de l’histoire principale une histoire secondaire inutile qui n’apporte rien hormis des longueurs. Une déception pour moi… Et au risque de faire de redite, je réaffirme que la lecture reste avant tout un plaisir. Qu’importe qu’on lise peu ou beaucoup, des auteurs peu connus ou des best-sellers…. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
27/07/10
 

Voici un livre qui porte bien son nom : tout commence lorsque Van rencontre Francesca, et qu'elle lui propose de financer l'acquisition de la librairie dont il rêve : une librairie qui ne contient que d'excellents romans, sélectionnés par un comité anonyme. Très vite, cette belle idée déclenche les foudres des médias et des auteurs écartés, plusieurs polémiques s'enchaînent, jusqu'au jour où les membres de ce cercle littéraire commencent à être attaqués les uns après les autres. Un livre formidable, qui met à l'honneur les "bons romans" sélectionnés par l'auteur.

sovane
17/07/10
 

Un bon roman, effectivement. A voir quelques listes de titres et d'auteurs qui par moment s'imposent on pourrait craindre un ralentissement du rythme, mais le roman garde toujours cette allure mystérieuse d'un policier littéraire peuplé de personnages atypiques (amateur de thursday next !, mais en différent ) tout en ne négligeant pas quelques intrigues sentimentale, et les portraits de ces mêmes personnages. Un roman qui d'autre part dévoile une part moins belle de la libraire qu'on s'imagine, le temps et l'argent n'y sont pas absent pour tous le monde. Un livre qu'on lit bien vite et qu'on peut offrir avec une certaine confiance (si le destinataire ne l'a pas déjà !) Virgule,...

Meandnothim
10/07/10

Ce livre m'a semblé interminable. Si au départ le titre est alléchant, j'ai eu l'impression d'avoir une longue énumération de titres de livres parus ces dernières années. La trame du roman est fort légère et je n'ai pas accroché.

un flyer
11/12/10

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.48 kg

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