Au bon roman

COSSE, LAURENCE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/01/09
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Un fou de Stendhal et franc misanthrope, reclus dans un hameau de Savoie, est abandonné en forêt par des individus qui l'y ont amené de force en pleine nuit. Une très jolie blonde rôdée à la conduite automobile quitte brusquement une route qu'elle connaît comme sa poche. Un Breton sans histoire, habitué à faire chaque matin la même promenade au bord d'une falaise, trouve sur son chemin deux inconnus qui ont tout l'air de l'y attendre. Mais le lecteur comprend bientôt qu'on n'est pas dans un roman policier classique. Les agresseurs ne sont ni des agents secrets ni des trafiquants. Ils ne s'attaquent pas à des durs mais à des tendres, un ancien routard devenu
libraire, une mécène mélancolique, et à une entreprise dont aucun des deux n'avait imaginé qu'elle pourrait fâcher. Qui, parmi les passionnés de roman, n'a rêvé un jour que s'ouvre la librairie idéale ? Non pas ce qu'on appelle une bonne librairie, où l'on trouve de bons romans, mais une librairie vouée au roman où ne sont proposés que des chefs-d'oeuvre ? En se lançant dans l'aventure, Ivan et Francesca se doutaient bien que l'affaire ne serait pas simple. Comment, sur quels critères, allaient-ils faire le choix des livres retenus ? Parviendraient-ils un jour à l'équilibre financier ? Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'était le succès.
7 personnes en parlent

Des agressions successives, des victimes qui rapportent des faits hallucinants, des témoignages sur la présence de deux individus, et cette phrase « c'est pas du bon roman, hein? pas bon du tout », voilà comment tout débute. Pour Van le libraire parisien, c'est plus qu'un message, c'est une menace. Il avise aussitôt Francesca, son associée, pour porter l'affaire devant un policier érudit et passionné de littérature, Gonzague Heffner.Tout a commencé avec l'idée d'ouvrir la librairie idéale, celle où on ne trouverait que les bons romans. Van et Francesca ont préféré confier à un comité d'auteurs contemporains, soit huit écrivains qui garderaient leur anonymat et prendraient un pseudonyme pour toute intervention, d'établir une longue liste de références incontournables. Ainsi naquit Au Bon Roman. L'entreprise est belle et honorable, elle connaît un franc succès dans le trimestre qui suit sa création. Puis, vient l'attaque. Elle est sourde, mesquine et laide. Elle se glisse parmi la clientèle, s'étale dans la presse et crée un débat vain. Que sont les bons romans ? Francesca et Van ont paré tous les coups, jusqu'à l'agression de trois de leurs grands électeurs. On ne joue plus dans la même cour. Ils pensaient accuser « un sous-ensemble de personnes qui ont en commun de considérer le livre comme quelque chose qui peut rapporter gros et la littérature comme un formidable filon », mais ils réalisent que l'ennemi est coriace, et deviennent amers à force de voir leur honnêteté traîner dans la boue.Laurence Cossé signe un excellent roman qui débute comme une enquête littéraire, et se poursuit dans l'amour des livres, dans les pas de deux passionnés emportés dans leur tourbillon de projet fou, avant de sombrer lourdement dans la triste réalité. Après un démarrage sur les chapeaux de roue, portée par l'exaltation d'une intention louable, l'histoire va effectivement devenir plus profonde, passant de l'angoisse du débutant qui veut bien faire au revers de la médaille et la rançon du succès, révélant au passage les coulisses du monde des libraires et les rouages de la presse, de l'édition etc. Petit à petit, l'histoire s'appesantit. L'excitation du début s'est éteinte, les protagonistes sont usés, moins pêchus. Mais cela reste toujours incroyablement beau, touchant car sincère. Parce que loin des tracas de gestion et d'organisation, s'inscrit aussi dans ce roman une très belle histoire d'amour. Enfin, n'hésitons pas à évoquer l'amour au pluriel. Ce sentiment est partout, derrière chaque étagère ou pile de livres. Il y a tout d'abord la relation si particulière entre Van et la jeune Anis, rencontrée au hasard dans le sous-sol de sa librairie de fortune, à Méribel. Mais aussi, existe la belle amitié entre Van et Francesca, cette femme superbe, grande, mystérieuse, qui traîne un chagrin lourd comme deux valises pleines à craquer. Et enfin, il y a l'amour des livres, de la littérature. Tout court. C'est à travers la belle utopie du Bon Roman, une librairie de rêve et faite pour rêver, qu'on retrouve ce sentiment qui nous entraîne vers un être ou une chose. En bref, c'est un bon roman, oui un très bon roman digne de ce nom.

Clarabel
20/02/09
 

Ivan travaille dans une librairie-papèterie et a décidé de n'y vendre que les livres qu'il aime. Il y rencontre Francesca, une fortunée mélancolique qui adore la littérature. Entre les deux, l'entente intellectuelle est immédiate et parfaite : ils décident d'ouvrir une librairie spécialisée, "Au bon roman", qui ne vendra, comme son nom l'indique, que des "bons" romans, romans sélectionnés par un comité de huit auteurs contemporains soigneusement sélectionnés et dont les noms sont tenus secrets. Mais un jour, les membres du comité subissent des menaces et agressions...On comprend vite que la fantaisie policière dissimule une réflexion tant économique qu'éthique sur la littérature et la commercialisation des biens culturels. En effet, en ouvrant une librairie qui ne vendrait que de "bons" romans (« l'important n'est pas que nous ayons tous les bons romans, mais que nous n'ayons que des bons romans »), Ivan et Francesca bouscule le lecteur, l'interroge : Qu'est-ce qu'un bon roman ? Tout est là, dans cette appréciation subjective. Les goûts se discutent-ils ? Préférer, est-ce exclure ? A quoi sert la littérature ?En ayant pour ambition de sortir la littérature de la sphère commerciale, la librairie "Au bon roman" fait œuvre de résistance face à une littérature contemporaine gangrénée par la course à la rentabilité : « Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire. Nous ne voulons pas de ces livres bâclés, écrits à la va-vite, allez, finissez-moi ça pour juillet, en septembre je vous le lance comme il faut et on en vend cent mille, c'est plié. »Le succès de la librairie est immédiat, mais son parti pris subjectif ne laisse pas indifférent et bientôt la riposte s'organise : ses détracteurs lui reprochent d'être réactionnaire, la taxe d'élitisme, et opposent à son concept la défense de la diversité et du libre choix...Au bon roman tient à la fois du policier, de l'histoire d'amour et de la fable. Et si l'intrigue policière s'avère un peu faiblarde et l'intrigue amoureuse assez superficielle, reste un intéressant questionnement sur la place de la littérature, ainsi qu'un un bel hommage au livre et une mine d'informations et de références pour tous les amoureux du roman. A lire avec stylo et carnet à portée de main !« De toutes les fonctions de la littérature, vous me confirmez qu'une des plus heureuses et de faire se reconnaître et se parler des gens faits pour s'entendre. »« Nous voulons des livres nécessaires […]. Nous n'avons que faire des livres insignifiants, des livres creux, des livres faits pour plaire. […] Nous voulons des livres écrits pour nous qui doutons de tout, qui pleurons pour un rien, qui sursautons au moindre bruit derrière nous. […] Nous voulons des livres splendides qui nous plongent dans la splendeur du réel et qui nous y tiennent ; des livres qui nous prouvent que l'amour est à l'œuvre dans le monde à côté du mal, tout contre, parfois indistinctement, et le sera toujours comme toujours la souffrance déchirera les cœurs. Nous voulons des romans bons. »

Kara
24/11/11
 

Quel plaisir de se plonger dans cette histoire où les bons romans ont la part belle, et dans lequel Laurence Cossé manie astucieusement l'intrigue policière et les références littéraires. Le roman est construit sur un long flash-back, qui retrace la première expérience de ce genre de librairie mise en place par Van dans une station des Alpes puis sa rencontre avec Francesca, qui lui apporte les fonds nécessaires pour une implantation parisienne Ensuite, on suit la mise en place de la librairie, le plan marketing et l'ouverture, avec la question cruciale : comment choisir les romans qui méritent de figurer dans cette librairie idéale ? C'est alors que l'idée d'un comité de sélection surgit, avec l'idée de conserver l'identité des membres cachée.Ensuite, on découvre les attaques contre la librairie : l'ouverture de librairie concurrentes à proximité, mais surtout la campagne de presse contre cette libraire considérée comme élitiste. Car même si Van accepte de commander tous les livres, il n'offre dans ses rayons que les romans choisis. Ce qui est à l'origine d'un grand débat, pour savoir qui sont ceux que personne ne connaît et qui se permettent de faire une telle distinction entre le bon et le mauvais roman. Question intéressante, d'ailleurs, qui mériterait qu'on s'y attarde plus longtemps. Car si le roman entame une réflexion sur la littérature et la lecture, elle s'arrête un peu vite à mon goût. Néanmons, à leur décharge, ils n'estiment pas qu'il ne faut lire que des bons romans, mais qu'il y a assez de librairies qui vendent de tout pour pouvoir faire un choix plus drastique (ce qui n'est pas faux !)A côté, on suit la vie de Van et sa relation assez complexe avec une jeune fille qui s'approche, puis le fuit, avant de le rejoindre à Paris. Cette partie est moins convaincante, d'autant plus que la révélation finale est assez superfétatoire. Hormis cette petite réserve, ce roman donne vraiment envie de découvrir de très nombreux auteurs, que ce soit des auteurs maintenant reconnus comme Cormac McCarthy, ou plus confidentiels comme Noëlle Revaz. Et comme François Vallejo fait partie de la liste avec Le voyage des grands hommes, je ne pouvais qu'apprécier le roman. Vraiment une chouette lecture, qui vous fera noter plus d'un titre.

Yohan59
18/10/12
 

Un roman qui fait réfléchir. J'ai beaucoup aimé la réflexion suscitée par ce livre au sujet de la littérature, de ce qui est bon ou pas, de la nature de ceux qui ont autorité pour choisir, et du monde de l'édition. Je ne suis pas toujours d'accord avec les conclusions de l'auteur mais les questions posées sont toutes très intéressantes. Et n'oublions pas l'histoire racontée. Elle semble un peu étrange au départ, mais nous emmène aux cotés de personnages attachants. Une vrai découverte.

Estellecalim
31/08/10
 

Le livre s’ouvre sur une série de 3 accidents, qui auraient pu être fatals, censés n’avoir aucun lien entre eux. Puis, à partir du second chapitre, nous assistons à la naissance, la vie et la mort d’une librairie appelée « Au bon roman ». Ivan, le libraire et Francesca, la mécène, s’associent pour créer LA librairie idéale. Ils passent plusieurs merveilleuses journées et soirées à établir le plan directeur de ce projet. Pour la sélection des romans, ils vont créer un comité de 8 membres, auteurs actuels qui ne se connaissent pas, doivent rester dans l’anonymat le plus total. Mais, est-ce une utopie que de vouloir réunir ces livres jugés indispensables ? de vouloir les faire ressortir des cartons, de ne pas vouloir vendre des best-sellers creux???? A en juger par le succès immédiat de leur échoppe, l’on peut penser que non. D’autres ne sont pas d’accord et se lancent dans une vindicte tapageuse qui agressera Ivan et Francesca et seront à la base des 3 incidents du premier chapitreCe roman est très dense. Plusieurs histoires s’entremêlent :L’amour : une histoire d’amour entre Ivan et Anis, l’amour à sens unique de Francesca pour Ivan et, surtout, l’amour de la littératureL’enquête policière suite aux agressions dont furent victimes plusieurs membres du comité, mais qui, pour moi, sert de prétexte à nous raconter la genèse de la librairieJ’ai trouvé là, également, une diatribe contre la marchandisation à marche forcée des livres avec l’abonnement quasi obligatoire à « l’Office ». Les nouveautés incontournables de plus en plus nombreuses et cette forêt qui cache 1 ou 2 chefs d’œuvres.Le personnage essentiel de ce livre est la littérature. Elitiste pour les 2 protagonistes, totalitaire pour les autres. Ce choix se défend mais…. Chacun a sa bibliothèque idéale et, l’important n’est-il pas de commencer de lire et d’évoluer ensuite ???? L’on ne peut que regretter de trouver dans les librairies certains bouquins, certaines « biographies ». Peut-être qu’un jour, les libraires, eux-mêmes, se révolteront contre cet « Office » C’est un très bon bouquin qui ne se laisse pas oublier. J’ai apprécié de trouver dans leur liste Jean Echenoz que j’apprécie énormément. Je pense que certains des auteurs cités atterriront dans ma LAL.

zazy
04/08/11
 

La première partie raconte trois étonnantes agressions : deux hommes et une femme ont vu des menaces s'introduire dans leur quotidien. A priori, ils n'ont rien en commun. Mais ce sont en réalité trois membres d'un comité secret qui s'ignore. Et ce comité est particulier puisqu'il regroupe huit écrivains à qui est laissée la lourde tache de choisir le fonds d'une librairie.Cette boutique, c'est celle de Francesca et Ivan, deux passionnés de littérature qui regrettent l'invisibilité de chef-d'œuvres dans le tourbillon et la frénésie de l'édition. Pour les mettre en valeur, ils décident d'ouvrir cette librairie où il n'y aurait que de bons romans, sélectionnés par ces huit écrivains. Cela dans le plus grand secret afin d'éviter jalousies, influences et autres manœuvres.Vous pensiez qu'ouvrir une librairie spécialisée à Paris passait inaperçu. Vous vous trompiez. Très vite, elle est attaquée de toutes parts, de façon plus ou moins directe mais toujours anonymement. Tout est bon pour la torpiller et les attaques personnelles (passé du libraire, mondanités de Francesca, puis les attentats contre le comité) ne cessent pas. Nos deux idéalistes soumettent leur affaire à un enquêteur, fan du bon roman, Heffner. C'est toute l'histoire de la librairie qui est alors expliquée dans le cadre de cette enquête. A ceci, se greffe une histoire d'amour très étrange entre Ivan et Anis.Ce qui est merveilleux dans ce livre, c'est qu'il fait aimer les autres livres et qu'il donne envie de tout lire. Et puis, je sais bien que cela peut paraitre élitiste, mais c'est intéressant le concept de bon roman. C'est effectivement difficile à définir et le bon roman est dans les yeux du lecteur. Mais ici, je me questionne sur l'idée de bonnes lectures, et pourquoi pas de bonnes critiques, de bons écrivains. Et je sais bien qu'il faut traiter ces questions avec prudence car dès qu'il est question de niveau, de qualité, tout le monde hurle à l'élitisme, à l'anti-démocratique. Et c'est un peu dommage car je suis convaincue qu'on ne peut pas mettre sur le même plan un Levy et un Flaubert, même si on peut lire les deux. C'est valable pour tout : Delacroix et Bussière par exemple.Du coup, j'ai noté toute une liste de romans que je publie dès que possible. Cette liste sera la base d'un petit challenge visant à reconstituer une part virtuelle de cette librairie imaginaire.

Praline
21/01/11
 

Voici un livre qui porte bien son nom : tout commence lorsque Van rencontre Francesca, et qu'elle lui propose de financer l'acquisition de la librairie dont il rêve : une librairie qui ne contient que d'excellents romans, sélectionnés par un comité anonyme. Très vite, cette belle idée déclenche les foudres des médias et des auteurs écartés, plusieurs polémiques s'enchaînent, jusqu'au jour où les membres de ce cercle littéraire commencent à être attaqués les uns après les autres. Un livre formidable, qui met à l'honneur les "bons romans" sélectionnés par l'auteur.

sovane
17/07/10
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.48 kg