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GARY, ROMAIN

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 09/05/75
LES NOTES :

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Ebook
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Jacques Garnier occupe un poste important et vit une histoire d’amour avec une toute jeune femme, brésilienne. Un ami suscite le doute en lui en lui parlant du déclin de sa virilité. Doutes, sentiment de honte et de frustration, peur de perdre son amour et peur de lui imposer un vieillard déclinant, visites chez le médecin, “ trucs ” d’hommes pour dissimuler la réalité : son parcours devient angoisse et gêne face à la perte progressive de ses moyens sexuels. L’histoire (vraie?) ne manque pas d’un humour désolé ni d’une grande tendresse envers la jeune femme. Réflexion sur le vieillissement de notre carcasse, sur le temps qui passe, sur le fondement de la relation d’amour, sur la mort. Le tout avec sérieux et légèreté. J’avais aimé ce livre il y a plus de vingt ans, je l’aime et le comprends évidemment mieux aujourd’hui. Hebelin

hebelin
04/07/13
 

Jacques Rainier a tout pour plaire: il a la presque soixantaine fringante, il est riche, indépendant, et sa nouvelle compagne de 23 ans , Laura, est folle amoureuse. Mais Rainier est un homme lucide. En effet, à la suite de confidences d'un associé en affaires, il sait très bien que sa sexualité "au top" est en sursis, d'où cette "angoisse vespérale" qui ne le quitte plus, qu'un jour, il devra renoncer à ce qui a de plus intime. Il a beau se raisonner sur les effets du temps: "il m'avait toujours paru que le vieillissement prépare au vieillissement. Il était, me semble-t-il, saisons, étapes, signes annonciateurs du changement,"Rainier n'arrive plus à vivre normalement. Alors il cherche des expédients pour contenir l'inéluctable et continuer à avoir une vie sexuelle normale. Mais les phantasmes ont une limite.... Ce roman est intéressant car il met en parallèle le déclin sexuel de son héros avec le déclin de son entreprise florissante jusqu'alors et en proie depuis aux difficultés financières. De plus, Laura, la maîtresse beaucoup plus jeune n'est pas celle par qui les angoisses arrivent; elle vit son amour avec Jacques au jour le jour, et ne semble pas s'alarmer des défaillances de son amant. En fait, Romain Gary insiste bien sur le fait que ce problème est typiquement masculin au delà de l'aspect anatomique de la chose. De manière plus générale, la peur de vieillir et de ne plus profiter des plaisirs de la vie deviennent des sujets bien plus graves dans le cœur de Jacques que la situation "matérielle" de son entreprise. Alors, comment lutter contre l'inéluctable? Lisez donc ce roman et vous verrez qu'il propose non pas des solutions mais des pistes de réflexion. vivi

vivicroqueusedelivres
12/02/12
 

Jacques Rainier est un homme d'affaires en couple depuis six mois avec Laura, une jeune brésilienne. Il est heureux et aime vraiment pour la première fois de sa vie. Seulement, ses affaires vont mal, et surtout, il approche de la soixantaine et s'inquiète de son inévitable déclin sexuel. Parviendra-t-il à continuer à satisfaire sa jeune compagne ? S'engage alors une véritable lutte, dans la douleur, contre son corps qui commence à refuser de lui obéir. Autour du couple gravitent d'autres personnages dont Gary fait habilement le portrait : Jean-Pierre, le fils de Jacques, Jim Dooley, un milliardaire américain à peine plus vieux que Jacques, le docteur Trillard, le professeur Mingard et Lili Marlène une ancienne amie maquerelle. Enfin, et surtout, Jacques fait la connaissance d'une jeune voyou espagnol, qu'il appellera Ruiz, et qui l'obsède à tel point qu'il en fait un fantasme, qu'il appelle à l'aide quand il se retrouve dans l'intimité avec Laura."Il m'avait toujours paru que le vieillissement prépare au vieillissement. Il était, me semble-t-il, saisons, étapes, signes annonciateurs du changement : un "peu à peu" qui donne le temps de réfléchir, de se préparer et de prendre ses dispositions et ses distances, se fabriquer une "sagesse", une sérénité. Un jour, on se surprend à penser à tout cela avec détachement, à se souvenir de son corps avec amitié, et se découvrir d'autres intérêts, les croisières, le bridge et des amitiés parmi les antiquaires. Or, je n'avais encore jamais eu de défaillance. Mes sens n'avaient jamais refusé de s'éveiller. Sans doute, depuis longtemps déjà, il n'était plus question pour moi de ces nuits où le corps ne lésine pas jusqu'à l'aube et ne sait même pas compter. Mais tout cela n'avait guère d'importance, car il n'y avait pas d'autre enjeu que de donner à chacun son dû. Il ne s'agissait que d'un échange de bons procédés." (p.38)Forcément, à 24 ans, je ne me suis pas vraiment sentie concernée par l'angoisse qui tenaille Jacques du début à la fin du roman. Les problèmes de prostate, ce n'est pas pour moi ! Mais c'est avec beaucoup d'humour (noir) que Gary évoque les difficultés que traversent ces hommes arrivés à un certain âge. Je pense notamment à la comparaison avec la Tour de Pise, que Jim Dooley, devenu pitoyable, a voulu faire redresser, une nuit où il avait trop bu, et au rendez-vous éprouvant que Jacques subit avec son médecin le Dr. Trillard. Alors, on rit parfois, on rit jaune souvent. Car derrière les échecs physiques de Jacques, c'est surtout son regret, son désespoir de ne pas avoir rencontré Laura plus tôt et de ne l'avoir connue qu'au moment où il se sent vieillir, qui m'ont touchée. Ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est le portrait de la femme aimée, des moments qu'il partage avec elle. Les paroles que Jacques adresse à Laura sont, sous la plume de Gary, belles et poétiques, merveilleuses et touchantes."Tu effleures mes lèvres du bout des doigts, souris, appuies ta tête contre ma joue et mon cou, et il doit y avoir d'autres façons de vivre, il faut que je me renseigne. De lents voiliers glissent vers des rivages paisibles et je guette leur douce et chaude navigation dans mes veines. Jamais mes bras ne se sentent plus forts que lorsqu'ils crèvent de tendresse autour de tes épaules. Il y a un monde, dit-on, derrière les rideaux, une autre vie, dehors, mais c'est de la science-fiction. Le flot de minutes fait un détour et s'en va grignoter ailleurs." (p.43)À force de lutter contre son corps et de s'imaginer perdre Laura quand il n'arrivera plus à la satisfaire, il s'éloigne d'elle, jusqu'à vouloir la pousser dans les bras de son fils. Et pourtant, Laura est amoureuse de Jacques, écrasée par le bonheur qu'elle ressent, jusqu'à en avoir peur. Les très belles lettres qu'elle lui écrit sans cesse parsèment le roman et laissent entrevoir cet amour et le désespoir qu'elle ressent à l'idée de le perdre. Finalement, c'est par les femmes que viendra la solution au problème de Jacques : Lili Marlène, qu'il ira voir en dernier recours, et bien sûr, Laura. "Je veux continuer à être heureuse avec toi au-delà de tout. Et d'ailleurs, qui te parle de bonheur ? Je te parle seulement d'amour." (p.184).J'ai bien aimé ce roman qui aborde des thèmes variés, comme la vieillesse, la relation père/fils, l'amour. C'est un roman au final plein d'espoir, qui montre que la vie d'un homme ne se finit pas à soixante ans avec la diminution de sa virilité, mais que l'amour d'une femme peut tout changer. Ce n'est pas non plus un coup de cœur, je pense que d'autres romans de Romain Gary me correspondront plus. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
02/09/11
 

Cette lecture me laisse perplexe, un peu désemparée pour en rédiger un avis juste, en tenant compte que je n’ai pas vraiment apprécié l’histoire, alors que l’écriture de Romain Gary ne souffre d’aucune objection de ma part. Et si je ne parlais que de l’histoire en elle-même, je me dois de faire la différence entre le sujet du livre, et la manière dont il a été abordé, ou du moins l’impression générale une fois le livre refermé, et quelques jours plus tard. Avec un certain courage, Romain Gary aborde 2 ans seulement avant sa mort la vieillesse masculine, et en particulier la perte de la virilité. Je reconnais bien volontiers qu’il fallait oser, et que Romain Gary est direct, et franc dans son langage. C’est parfois cru, le style est rêche, sans décorum. J’en ai aimé l’humour caustique, pathétique même…« Mon vieux, ce ne sont pas les bonnes femmes qui sont trop grandes…C’est toi qui est devenu trop petit. »Cependant je n’ai pas aimé le personnage de Jacques Rainier, obnubilé par son étage inférieur….Je n’abandonne pas pour autant Romain Gary ; c’est juste une rencontre, avec un livre précis qui ne s’est pas faite. D’autres, j’en suis sure, me combleront davantage.En lisant ce livre, je ne pouvais m’empêcher de penser à mon ancienne pharmacienne, jamais avare d’une bonne blague, et qui disait avec malice « Vous savez, les hommes, quand ça se grippe dans le pantalon, c’est le cerveau qui déboulonne. » http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
27/07/11
 

Un roman magnifique sur l’amour entre un homme et un femme et ce qu’il faut faire pour le préserver à tout prix. Gary écrit ici avec une élégance folle et une grande pudeur (notamment sur l'impuissance masculine) qui n’empêchent en rien la sincérité.

Marianne33
21/09/10
 

Format

  • Hauteur : 20.40 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.32 kg