Au revoir la-haut

LEMAITRE, PIERRE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 22/04/15
LES NOTES :

à partir de
8,60 €

SYNOPSIS :

Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d'eux. Désarmés, condamnés à l'exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l'amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d'une audace inouïe... Fresque d'une rare cruauté,
remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants. Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de làches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose avec talent la grande tragédie de cette génération perdue.Prix Goncourt 2013
61 personnes en parlent

Albert Maillard a été témoin d’une chose qu’il n’aurait jamais dû voir … Pour cette raison, il aurait dû mourir sur le champ de bataille, lors d’une dernière offensive lancée par son lieutenant contre les allemands, en ce 2 novembre 1918, quelques jours avant que l’armistice ne fasse cesser les combats… Mais le destin en a décidé autrement et si le jeune homme a échappé de justesse à la mort, c’est grâce à l’intervention et au courage d’Edouard Péricourt, gravement blessé et défiguré lors du sauvetage. Dès lors, un lien étroit et indéfectible va unir les deux hommes. Néanmoins, Albert reste un témoin gênant, détenteur d’une vérité compromettante et va devenir la cible du lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle … On suit donc ces trois personnages dans un paysage d’après-guerre où les chances sont complètement redistribuées …Il serait dommage d’en dire plus tant l’intrigue mise en place par Pierre Lemaitre est riche en rebondissements et en surprises. Le récit, découpé en trois parties, se déroule sur une période relativement courte, qui débute en novembre 1918 et s’achève en mars 1920, durant laquelle on découvre le visage de la France d’après-guerre avec, d’un côté, ceux qui se sont enrichis grâce aux combats et ont tiré profit du conflit et ceux qui, au contraire, se retrouvent sans rien, livrés à eux-mêmes, attendant une pension qui n’arrive pas… Le narrateur fait entendre sa voix, n’hésitant pas à prendre le lecteur à parti et rendant le récit si vivant qu’il devient difficile à lâcher ! Je me suis complètement laissé prendre par cette fresque romanesque sur fond de vengeance, de trahisons, de malversations organisées à l’échelle nationale. Une lecture passionnante et addictive, habilement orchestrée, où l’on se demande sans cesse quand s’arrête la fiction pour laisser place à la réalité… Avec « Au revoir là-haut », j’ai trouvé mon premier coup de cœur de cette rentrée littéraire !Un énorme merci à Libfly et au Furet du Nord pour cette opération « On vous lit tout » qui m’a permis de faire cette belle découverte !

Mokona
02/08/13
 

Quelle connerie la guerre ! Cela emplit d’orgueil mal placé le lieutenant Pradelle, qui veut avoir sa Victoire. Il lancera un assaut meurtrier et suicidaire quelques jours avant l’armistice de 1918. Que, pour cela, il tue deux soldats, en enterre vivant un troisième, pas de problème pour lui, vu la quantité de soldats tués, on ne fera pas la fine bouche ni une enquête, de toute façon, celui qui a tout deviné est sous terre, enterré par une mine. Celui qui est dessous ? Albert, modeste comptable qui dit adieu à sa belle « Alors au revoir, au revoir là-haut ma Cécile, dans longtemps ».Lemaitre ironise et se fait poète alors qu’Albert se meure deux pieds sous terre et que moi, « pôvre » lectrice claustrophobe suffoque !! Il se permet même de lui donner quelques conseils, peut-être qu’il attend un merci de la part d’Albert qui, de plus, se trouve nez-à-museau avec une tête de cheval. Mais, où va-t-il chercher tout cela ?Arrive Zorro enfin Edouard Péricourt, beau jeune homme de bonne famille, artiste, homosexuel Qui se dit chanceux ; il a dû oublier son fer à cheval car, la grenade qui a enseveli Albert, le défigure, mais son courage ne fait qu’un tour et…..Quelques pages plus loin, ce Cher lieutenant Pradelle, pardon D’Aulnay-Pradelle, rendu à la vie civile et bien en place dans les ministères, monte une affaire juteuse de cercueil. Il faut bien les déterrer puis leur donner une vrai sépulture, dans un vrai cimetière à tous ces soldats tombés au champ d’honneur. Pas de problème, Chinetoques, sénégalais et autres « classes supérieures » s’occuperont de pelleter pour sortir les corps des charniers, qu’ils soient français ou allemand, pas de problème pourvu que la famille ait un nom sur la croix ! Quoi, des cercueils trop petits ??? et oui, mon brave, y a pas de petites économies, ce Cher lieutenant Pradelle a un château à restaurer.Edouard, rescapé du chaos, mais gueule cassée inapte à la vie civile décide une arnaque très audacieuse. Pour commémorer le culte des poilus morts pour la France, fin dessinateur, il proposera aux municipalités un catalogue de statues et autres monuments aux morts à des prix plus que corrects grâce aux ristournes offertes. De le belle ouvrage, du bel art….. mais sur papier, parce que pour la réalisation…. Bien sûr, défiguré comme il est, il ne sort pas et c’est avec la complicité d’une certaine personne, qui a pris soin de lui depuis qu’il est une « gueule cassée », que tout ceci peut se faire.La France victorieuse glorifie ses morts et oublie ses survivants. Oui, les éclopés, les gueules cassées, on ne veut plus les voir, ils deviennent un poids pour la société qui veut aller de l’avant. Ils leur restent les sous-emplois d’homme sandwich, liftier, garçon de courses (difficile avec une jambe en moins !). Mince alors, il faut que les affaires reprennent et dans ce monde chaotique, tout est possible.Pierre Lemaitre maîtrise son sujet et je n’ai pas pu faire autrement que lire, tourner les pages, lire, lire jusqu’à la fin. Son phrasé avec beaucoup de virgules est très dynamique, le vocabulaire adapté à chacun. L’auteur ne m’a guère laissé de repos (et bien oui, le fameux repos du guerrier !). De rebondissement en rebondissement, je fus souvent désarçonnée, les sentiers ne sont pas balisés et boueux ; l’imprévu est au menu ainsi que les nuits blanches.Sur un fond historique et profondément humain, le suspens est omniprésent. Bien sûr, le méchant est beau, intelligent et fait partie de la Haute…. L’exécutant n’est pas très malin et n’est qu’un besogneux, mais, tel est pris qui croyait prendre, la morale de ce livre, c’est qu’il n’y a plus de morale pour paraphraser une célèbre chanson. C’est un livre caustique sur cette guerre vaine et inutile, sur l’Etat peu regardant, sur la Morale, sur l’enfer vécu par les poilus. Un vrai régal de lecture

zazy
26/08/13
 

J'ai lu un Goncourt et j'ai aimé ça.Non, mieux, j'ai adoré !Bon, faut dire que le gars Lemaitre, c'est pas vraiment un perdreau de l'année non plus. Robe de Marié, Alex, Cadres Noirs...autant de précédents laissant raisonnablement à penser que le moment à venir serait au pire agréable, doux euphémisme...Excepté le très distinguêêê prix Sunic, je fuis habituellement les célébrations de tout poil. Il aura juste suffit d'un signe un maaatiiiin ♫ de maître Lemaitre pour passer outre ces vilains a priori et prendre le premier panard digne de ce nom en cette nouvelle année du Cheval. Certains argueront que la trame crin un brin, que n'hénnit, je n'en ai que fer Gastonde car perso, j'ai trouvé sabot...14-18 . La guerre c'est moche, ça tue. Et quand vous avez la chance d'en réchapper, le prix à payer ne l'est jamais vraiment. Elle sera cependant le terreau d'une amitié durable entre une gueule cassée et un miraculé se sentant éternellement redevable envers son héroïque sauveur. Henry et Albert, aussi dissemblables que le jour et la nuit. L'un bourgeois éduqué, l'autre issu de milieu modeste. L'un brillantissime au point de mettre au point une escroquerie d'envergure nationale, l'autre presque trop gentil au point de s'excuser lorsqu'on lui marche sur les pieds.Pour le Bon et le Truand, le casting avance, faites entrer la Brute !Claquement de talonnettes, doigt sur la couture ! Lieutenant d'Aulnay-Pradelle pour vous asservir, enfin servir. Surnommé gros enc' par ses plus fidèles admirateurs, cet arriviste forcené pourrait presque susciter de l'admiration s'il ne filait pas la gerbe. Ajoutez en toile de fonds la douleur d'un père terrassé par la mort d'un fils qu'il n'a jamais su aimer et le destin cruel d'une femme mariée pour le pire, voire plus si affinités, la distribution affiche complet, l'histoire peut dérouler.Magistral du début à la fin, ce récit n'est pas qu'une énième resucée de récit guerrier et son cortège de misère, misèèè-re mais bel et bien l'instantané d'une époque meurtrie évoquant remarquablement le funeste destin des Péricourt et consorts sur fonds d'arnaque validée par Newman et Redford!Les Péricourt furent grands, ils ne sont plus que gouffre de souffrance, ambition démesurée et bassesses en tout genre. En cela, ce type de récit n'est pas sans rappeler certains épisodes affairistes du grand Zola, les 1256 pages descriptives en moins, dommaaaage...De destins brisés en survivants revanchards et cupides, des individualités exaltantes qu'il est impossible de lâcher une fois ce bouquin amorcé.Un plaisir de lecture rare et intense.J'ai lu un Goncourt et j'ai aimé ça...

TurnThePage
31/01/14
 

Tout ce que vous pouvez lire ici ou là sur ce premier roman classique de Pierre Lemaitre est vrai. C'est un sacré bon livre que vous ne lâcherez plus une fois ouvert. Je le dis sans connivence aucune. Non, il ne m'a pas été offert gracieusement par l'éditeur, ni l'auteur car j'ai acheté moi-même " Au revoir là-haut", uniquement par envie de savoir comment l'auteur avait sauté la barrière qui sépare le polar, dans lequel il officie habituellement, du roman classique. François Bunel, qui ne sort visiblement jamais des sentiers très balisés de la littérature, a qualifié Pierre Lemaitre d'auteur inconnu dans son édito du magazine LIRE de septembre! Le pauvre, il a raté quand même de bons moments de lecture.... mais s'est rattrapé avec celui-ci, en le qualifiant roman de la rentrée.Et il n'a pas tort pour une fois, de tresser ses inlassables louanges, pour ce récit haletant qui fait merveille tout en se jouant avec maestria d'une intrigue imparablement tricotée. Et comme le roman se double d'une fresque documentée et impitoyable sur l'après grande guerre, où comment des rescapés du front vont vivre ce retour à la vie normale dans une France qui panse ses plaies, on reste scotchés, sans voix, tout entier au plaisir de la lecture.En suivant la destinée de trois hommes, nous revivons intensément cette période ô combien édifiante, révélant le cynisme des hommes et illustrant à merveille cette phrase reprise sur la quatrième de couverture ; " Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après. " Les trois protagonistes principaux de cette histoire sont les rares survivants d'une attaque à quelques jours de l'armistice. Bien que victorieuse, elle a quand même viré à l"hécatombe. Henri fringuant lieutenant aussi beau à l'extérieur que pourri à l'intérieur sera le parfait exemple du profiteur. Albert miraculeusement épargné, ne retrouvera pas sa place de comptable et survivra grâce à des petits boulots sans intérêt, tout en s'occupant d'Edouard, son sauveur, bourgeois en rupture de banc mais surtout vraie gueule cassée, au visage atrocement amoché.Dans cette France qui ne sait que faire pour honorer ses morts plutôt que de s'occuper des vivants, nos trois héros vont utiliser l'air ambiant, odeur de charogne planant sur les nombreux lieux de combats, pour monter des affaires douteuses, loin des vertus patriotiques prônées. S'enrichir va s'avérer facile pour peu que l'on ait un esprit commerçant ou que la filouterie de haut vol ne vous répugne pas. En inventant des escroqueries autour des cadavres des poilus morts pour la patrie, Henri, Edouard et Albert sont de vraies crapules dont deux toutefois seront sympathiques au lecteur, parce qu'estropiés, parce que pauvres, parce prêts coûte que coûte à maintenir leur tête hors de l'eau. Le troisième, figure on ne peut plus noire, n'aura d'aucune façon notre compassion, devenant LE méchant de l'histoire.La suite sur le blog

pilyen
03/09/13
 

Eh bien, moi, ce que j'ai envie de dire après la lecture de ce roman, c'est merci ! Merci à Pierre Lemaître pour m'avoir permis de lire un roman sur la Grande Guerre et d'avoir aimé ça. Merci pour m'avoir permis de découvrir cette période d'après-guerre dont j'ignorais tout : les poilus démobilisés laissés sur le carreau, l'arnaque des cimetières... Merci pour m'avoir fait sourire malgré le sujet grave. Merci pour cette merveilleuse galerie de personnages (j'ai eu peur pour Albert et Edouard tout au long de ma lecture, et qu'est-ce que je l'ai détesté, ce Pradelle ! Et M. Péricourt Père...).Je suis convaincue que cette guerre, même si elle nous paraît bien éloignée, doit rester vive dans notre mémoire collective. Le centenaire étant là et n'habitant pas si loin que ça de Verdun, nous nous ferons un devoir d'accompagner nos filles au Musée de la Paix et autres lieux importants dans la Meuse, parce que, surtout, il ne faut pas oublier... Dans une autre vie que j'ai passée sous les drapeaux, j'ai souvenir de ces très très vieux messieurs qui étaient toujours présents lors des cérémonies militaires du 11 Novembre, du 8 Mai et du 14 Juillet. Ils m'inspiraient déjà un respect immense, se tenant à leurs drapeaux, couverts de leurs vieilles médailles. Et eux n'avaient pas choisi. CaroMleslivres

CaroMleslivres
14/05/14
 

« Au revoir là-haut » revisite la période d’après-guerre, le retour à la vie civile de démobilisés qui éprouvent beaucoup de mal à réintégrer leur place au sein d’une société française en pleine reconstruction, qui se plie en quatre pour honorer ses morts, sans pour autant s’occuper des survivants.La scène d’ouverture rappelle tout d’abord au lecteur toute l’horreur de la guerre en le propulsant au milieu de la toute dernière bataille, l’assaut de trop qui permet de faire la connaissance des trois personnages principaux et d’une bonne poignée de morts que la France tiendra à glorifier à tout prix. L’histoire débute en novembre 1918, au moment où l’armistice est tellement proche que toute raison de se battre semble dérisoire. C’est évidemment sans compter sur l’ambition démesurée du lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, qui veut profiter des derniers instants de cette boucherie à grande échelle pour gagner encore un peu de galon en ravissant une dernière parcelle de terrain aux boches. Parmi ceux qui décomptent les heures et ne songent plus à se battre, il y a Albert Maillard, un brave petit employé de banque dans le civil, et Edouard Péricourt, un artiste issu de la haute bourgeoisie. En sauvant le premier d’une mort certaine, le second aura cependant la moitié de visage arrachée par un obus allemand. À l’issu de cette bataille inutile, le lieutenant sera promu capitaine alors que les deux poilus auront l’occasion de découvrir que l’après-guerre qu’ils attendaient avec tant d’impatience ne tient pas vraiment toutes ses promesses.« Au revoir là-haut » raconte donc les lendemains peu glorieux de la guerre avec d’un côté cet ancien lieutenant qui, après avoir récolté la gloire, va tout faire pour s’enrichir sur le dos de cette guerre, et de l’autre, deux survivants brisés physiquement et mentalement par les combats, qui vont lutter pour leur survie dans le Paris de l’après-guerre. Pierre Lemaitre a cependant l’intelligence de proposer ce fond historique sous forme de polar. Pour ce faire, il développe deux histoires d’escroqueries parallèles, l’une sordide autour d’une livraison de cercueils et l’autre monumentale, symbolisant toute la détresse des anciens combattants vis-à-vis de morts qui sont mis sur un piédestal. Ce polar psychologique et sociologique à l’ambiance historique propose également de nombreux personnages secondaires hauts en couleurs, tels que ce vieux fonctionnaire amateur de poulet ou cette petite fille qui se lie d’amitié avec cette gueule cassée qui refuse toute restauration faciale.Un prix Goncourt 2013 qui saura ravir un large public !

yvantilleuil
20/04/14
 

2 novembre 1918, quelques jours avant l'armistice qui mettra fin à la plus grande boucherie de tous les temps. Le lieutenant d'Aulnay-Pradelle voudrait bien gagner encore quelques galons, la guerre c'est l'occasion pour les militaires de faire une carrière fulgurante, pour les commerçants de remplir les caisses. Même si d'autres caisses, en bois, celles-là, vont se remplir aussi et se multiplier comme les petits pains aux noces de Cana. Voilà donc notre lieutenant, beau comme un dieu avec sa prestance et ses yeux bleus, qui provoque l'ultime assaut avant le cessez-le-feu. Facile, il suffit de provoquer la rage de ses troupes en faisant comme si. Comme si deux braves gars s'étaient fait tuer par les Allemands alors qu'ils allaient juste jeter un coup d’œil à leurs lignes. Pourtant, c'est bizarre, mais ces deux-là ont reçu des balles dans le dos en allant face à l'ennemi. Mais quelqu'un a compris en découvrant les corps, compris que l'auteur des tirs, c'est le lieutenant. Celui-là, c'est Albert Maillard, obscur piou-piou, petit comptable bien terne, que sa mère a défini pour la vie comme un gars sans envergure, sans chance, sans diplomatie. Un raté quoi. Mais le raté en question voit, du fond de son trou d'obus, le lieutenant Pradelle qui le nargue et reste là, sans lui tendre la main ou le fusil qui l'aiderait à remonter. Car il a compris, Pradelle, et ne veut surtout pas de témoin de son acte ignoble. Il s'en va et regarde, satisfait, le soldat dans son trou qui reçoit une tonne de terre soulevée par un autre obus. Le voilà tranquille. Là-dessous, Maillard étouffe, se sent mourir en compagnie d'un cheval mort dont il aspire le petit peu d'air retenu entre les mâchoires.C'est compter sans Édouard Péricourt, fils de riche bourgeois, qui, quoique blessé à la jambe, va lutter pour faire un trou, le dégager avec ses doigts et la baïonnette de l'enseveli et le ramener à la vie, lui-même aura la figure emportée par un tir, mâchoire inférieure arrachée, trou béant à la place du bas du visage : une gueule cassée.Début terrible, qui va entraîner la folie de la suite du roman. Édouard refuse toute prothèse, tout retour dans sa famille et aidé d'Albert, change d'identité et se terre dans un appartement où il confectionne chaque jour le masque qui le cachera, aidé de la toute petite Louise qui s'est prise d'affection pour lui. De son côté, Albert occupe des emplois sans aucun intérêt pour entretenir son ami et surtout lui payer la morphine qui le soulage de sa douleur. Jusqu'au jour où il comprend que la sœur d’Édouard, Madeleine, a épousé le redoutable Pradelle. Lui qui a soi-disant rendu le corps de son ami à la famille, est piégé. Et on assiste à une surenchère de vilenies, d'escroqueries en tous genres. Trafic de cadavres, prétendument rendus aux familles dans des cimetières militaires totalement désorganisés, commandes de cercueils beaucoup trop petits – mais tellement meilleur marché ! - pour y glisser des soldats qui ne diront rien, Pradelle est un as de la fortune rapide bâtie sur la douleur des parents de « nos chers disparus ». L'heure est à la reconnaissance de la patrie, à la célébration des héros, à la liquidation du statut de sauveurs de la France afin, il serait temps, de s'occuper des vivants. Là, c'est le créneau d’Édouard et d'Albert, devenus Eugène et Louis, qui engrangent des centaines de milliers de francs en un temps record, par la promesse de construction de monuments aux morts dessinés par notre gueule cassée.L'auteur fait vivre pour nous des personnages bien campés, femmes amoureuses ou chipies, personnel de grandes maisons ou d'hôtel de luxe, vieux bourgeois dont le fils mort devient présent dans son cœur quand il est trop tard, fonctionnaires aigris et tatillons. Amitié, amour, milieux opposés qui se côtoient.Cynisme, humour noir, cupidité des uns, carriérisme des autres, politiciens pourris et militaires hors d'usage : le tableau de l'après-guerre n'est pas joyeux mais on se délecte devant tant d'ignominie, content de rire malgré l'horreur de la réalité. Le fait que l'auteur fasse entrer le lecteur dans l'histoire en s'adressant à lui est également un sujet d'amusement pour, quand même, un thème très sombre. Hebelin

hebelin
15/03/14
 

A qui profite la guerre ? Au lendemain de la victoire de la France le 11 novembre 1918, deux survivants tentent de reprendre une vie normale à Paris. Mais quelle sorte de vie est possible pour Edouard, affreusement mutilé au visage dans les derniers jours de la guerre ? Quel destin pour Albert, son sauveur et ami, qui s'aperçoit vite qu'il n'y a plus de place pour eux dans une société qui n'aspire qu'à oublier, plus de travail, pas d'argent, et si peu de reconnaissance ? Les vrais héros sont tombés au front, c'est bien connu... Résigné à survivre péniblement de miettes, Albert accepte à son corps défendant de suivre Edouard dans un projet insensé : une arnaque parfaitement immorale en forme de revanche, supposée leur apporter la prospérité. Poignant et acerbe, ce roman dénonce par le biais de la fiction un aspect oublié de l'après-guerre : l'injuste abandon dont furent victimes beaucoup de soldats démobilisés, les compromissions de l'administration française, et les manoeuvres nauséabondes de profiteurs qui surent s'enrichir sur l

En juillet dernier, j’avais déjà été frappée en écoutant l’auteur lire deux passages de son roman,(France Culture émission "Les bonnes feuilles"), quel sacré lecteur, on est suspendu à sa voix : hé bien sa plume est au diapason (il est d’ailleurs sur la première liste du Goncourt). Dans ce gros roman aux accents pennacquiens (pour le meilleur !), nous explorons la dernière journée de la grande guerre puis les quelques années qui suivent, cette période toujours très floue d’immédiate après-guerre où les repères peinent à reprendre du sens, et où la filouterie se faufile dans tous les interstices. En suivant quelques personnages bien trempés, dont un duo très attachant, on laisse entrer tout ce cortège d’émotions et d’interrogations inhérent à cette période incroyablement troublée, les gueules cassées évidemment, la façon dont on ne met pas en place une politique sociale permettant réellement aux survivants de retrouver une vie, la dualité avec laquelle ils sont considérés (et aussi bien par eux-mêmes), et puis cette force bouillonnante, la vie, qui continue, quoi qu’il arrive, chez les riches, chez les petits, ces retournements de situation de folie (et ces arnaques odieuses…). La plus grande qualité de Pierre Lemaitre d’une manière générale et y compris dans ce roman, c’est un art consommé du suspens, du rythme, alors quand vient s’y ajouter la précision des portraits, le résultat est savoureux. http://cuneipage.wordpress.com

SagnesSy
16/09/13
 

A lire absolument! Je n'ai pas décroché! Un style plaisant, de l'humour et des émotions et surtout une intrigue qui n'en finit pas de surprendre

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

En bref, malgré quelques longueurs je suis très contente d'avoir découvert ce roman. Si comme moi, les titres primés vous rebutent un peu, foncez sur celui-là qui vous fera remettre en question vos a-priori.

RizDeuxZzZ
31/10/15
 

Si vous suivez un peu mon blog, vous vous êtes rendu compte, que j’ai un faible pour les romans qui parle de la première ou bien encore de la Seconde Guerre mondiale, non pas pour le morbide de la situation, mais pour essayer de comprendre, ce que je ne comprends pas… Le Pourquoi ? Pourquoi en être arrivé là. Cependant en 2013, je n’ai pas lu « Au revoir là-haut », d’ailleurs, car un peu peur en général des romans estampillés Prix Goncourt et si mon épouse ne m’avait pas offert ce livre, je ne sais pas si je l’aurai lu. Ce qui aurait été une erreur énorme de ma part, car j’aurai perdu la chance de lire une petite merveille.Je dois également reconnaitre que je n’avais jamais lus de romans de Pierre Lemaitre, cependant, je savais que son registre de prédilection est le polar, avec « Au revoir là-haut » l’auteur s’essaie avec brio à une littérature beaucoup plus classique, plus picaresque.De page en page, nous suivons la vie de trois poilus, une gueule cassée, Eduard Péricourt venant d’une famille bourgeoise, rejeté par son père pour sa vie d’artiste et son homosexualité. Un traumatisé, Albert Maillard et un lieutenant sans vergogne, Henri d’Aulnay-Pradelle, aristocrate sans le sous qui veut par tous les moyens redorés le blason familial.Le long de ces 649 pages, nous allons découvrir comment s’entremêlent la vie de ces trois personnages, comment Albert et Eduard vont monter une arnaque aux monuments aux morts, comment Henri profitera du marché public pour l’inhumation des poilus tombés au champ d’honneur pour s’enrichir et ne voyant ici que gain et profits.Bien que ce roman fasse 649 pages, il m’aura fallu que quelques jours pour le lire. J’avais comme marque-page, la carte de visite de mon blog. Comme je l’ai expliqué plusieurs fois, ce Monsieur, qui est aujourd’hui l’image du Bouquinovore, est aussi mon arrière-grand-père. Mort en août 1914 en défendant un pont. Chaque fois que je refermé le livre en glissant le marque-page où j’avais laissé ma lecture, j’imaginais mon arrière-grand-père dans cette époque que Pierre Lemaitre décrit si bien.Comme vous pouvez le comprendre, Au revoir là-haut, est pour moi en véritable coup de cœur, car coup de maître de l’année 2015. http://bouquinovore.blogspot.fr/

Bouquinovore
02/08/15
 

Page de ma chronique:http://www.leslecturesdelily.com/2015/07/au-revoir-la-haut-ecrit-par-pierre.htmlExtrait de mon avis:Au revoir là-haut, est un très bon et très beau livre.Loin de mes lectures habituelles, j'aurais pu ne pas du tout accrocher, car je ne suis tout simplement pas une grande adepte des lectures historiques ni des prix littéraires quels qu'ils soient, mais là la plume de l'auteur qui est juste irréprochable m'a complètement transportée en 1918 dans l'après-guerre et j'ai vraiment beaucoup aimé être témoin de la reconstruction et de l'évolution de ces deux soldats (Édouard et Albert), qui sont tous les deux en première ligne dans cette histoire.Si ce roman vous tente, vous découvrirez quelle terrible arnaque nos deux compères ont mise en place et pourquoi l'ont-ils fait, quant à la fin... J'ai eu le cœur serré et je suis sûre que vous l'aurez aussi.À tous ceux qui vont prochainement se lancer dans ce roman de Pierre Lemaître, je vous souhaite une très bonne lecture. http://leslecturesdelily.com

LeslecturesdeLily
24/07/15
 

Une des plus belle découverte de cette année pour moi.un livre magnifique!!!si ont m'avait un jour dit " tu liras un Goncourt" je n'y aurait jamais cru !!! en plus sur la guerre un sujet que je n'affectionne pas tellement .donc après une discussion houleuse avec mon ami libraire qui me dis que si je ne lis pas ce roman je loupe vraiment quelque chose donc j'accepte. Et la quelle surprise !!! un roman écrit subtilement qui nous raconte une autre facette de la guerre avec certes ses horreurs mais aussi les liens qu'il s'y crées , les personnages sont haut en couleur avec leur caractères tellement differents. il y a surtout les mesquineries de la guerre affreuses et honteuses.en tout cas pour ma part j'ai adoré et je vous me conseil a tous. marine lectrice passionnée et surtout complètement accro!!

marinedlb
17/06/15
 

Quel roman !!!!!Absolument génial !!!Pierre Lemaitre a soulevé un scandale de 1922 qui avait été étouffé par le gouvernement... c'est écœurant toujours de nos jours !!! il a réussit à éveiller ma curiosité et mit le doigts sur certains points de l'histoire qui m'étaient inconnus et qui ne m'avaient jamais interpellé. une lecture enrichissante !!il vous fait réfléchir sur l'après-guerre (la ère) et en même temps c'est cynique, malsain. l'histoire de cette gueule cassée et de ce poilus traumatisé vous emporte... ces riches qui ont profité de la guerre et ceux qui au contraire ont tout perdu. Une superbe plume pour cet écrivain généralement spécialiste de polar .... A lire de tout urgence !!!! http://lesciblesdunelectriceavisee.blogspot.com/2014/10/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre.html

stoufnie
11/04/15
 

Novembre 1918, au crépuscule de la première guerre mondiale. Une chaîne d’événements va lier deux poilus à tout jamais : Albert Maillard, d’un côté, qui a bien failli ne pas revenir d’entre les morts, Edouard Péricourt, de l’autre, qui a voulu le sauver, lui prodiguant un massage cardiaque des plus vigoureux. Mais cette attention a bien failli l’expédier ad patres à son tour : Edouard s’en sortira avec une béance terrifiante dans le visage, et un moral brisé qui l’amène vers les contrées de l’addiction. Voilà, Albert et Edouard vont être liés à présent dans une dépendance mutuelle. Ces deux poilus unis et brisés par la guerre vont imaginer une escroquerie retorse.« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître mérite pleinement son Goncourt. C’est une œuvre magistrale qui s’étire sur près de 600 pages qui se lisent sans lassitude. De bout en bout, l’intrigue est poignante, les personnages, qu’ils soient héros ou anti-héros, sont attachants. L’auteur manie l’humour noir à ravir avec des expressions gouleyantes et à l’emporte-pièce. Même s’il s’agit d’une fiction (dont l’auteur montre à la fin les parts d’emprunt au réel de l’Histoire), « Au revoir là-haut » entremêle efficacement l’histoire singulière des deux poilus avec l’Histoire d’une époque trouble : la France de l’après-guerre qui essaie de se racheter une conscience en honorant ses morts à grand renfort de nécropoles et de monuments. Les trajectoires de chacun se nouent et se dénouent sous la plume de l’auteur, tour à tour cruel et tendre, le final offrant une coll(i/u)sion tragique et inédite.Magistral ! Seraphita

Seraphita
07/03/15
 

Le lauréat du Goncourt 2013 a résonné comme une bombe dans la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale. Il ébranle un petit peu plus la mémoire que la société s'est efforcée de donner de la victoire des alliés en révélant notamment que le culte du Poilu a été piétiné suite à un véritable scandale étatique de ces années d'après guerre. Pierre Lemaître donne ainsi à voir comme il est beaucoup plus facile de s'enrichir en temps de crise qu'en temps de paix, même si dans son roman la fiction finit par prendre le pas sur les faits historiques. Sec et macabre, à mon avis, vraiment réussi !

Un récit saisissant qui nous fait entrevoir l'horreur de la guerre, mais aussi toutes les mesquineries et les destins brisés qu'elle peut entraîner après sa fin. On ne peut plus lâcher ce livre une fois qu'on l'a entamé !

Djoulai68
27/12/14
 

Magistral! Au lendemain de l'armistice du 11 novembre, ceux qui étaient des héros ou des traîtres sur le champ de bataille se retrouvent dans la société civile. Liés à tout jamais par les atrocités de la guerre, ils décident de monter des trafics en tout genre. Pierre Lemaitre raconte avec finesse et sensibilité le traumatisme des anciens combattants. Remarquable!

Etudiante
30/11/14
 

Ah ouais, quand même ! Je le lis un peu après la bataille (c'est le cas de le dire), plus d'un an après sa parution. J'avoue avoir mis un peu de temps à m'y mettre, mais ensuite, une fois les arnaques mises en place, on ne peut plus le lâcher. J'ai été très touchée par 2 des personnages principaux. Albert Maillard, peureux, angoissé mais loyal. Et Edouard bien sûr, complètement fantasque, fou même, mais tellement attachant. Quel gâchi, quand même ! (octobre 2014)

Pitchoubinou
24/10/14
 

Tragique et drôle tout à la fois, se lit d'une traite (ou deux), palpitant, émouvant. Mais, franchement, méritait-il vraiment un prix ? Une intrigue qui accroche, mais c'est un peu léger du côté de la qualité littéraire. Même si le roman dévoile un pan peu glorieux de l'après-guerre, de l'exploitation mercantile des corps des soldats exhumés ou de l'amnésie quasi générale envers les "héros" revenus, il ne fera pas date dans ma mémoire.

michouk
16/10/14
 

J'ai beaucoup aimé ce roman, l'humour de l'auteur et la découverte de la société française au sortir de la première guerre mondiale. J'ai finit par essouffler à la fin mais la pile de livres qui attendaient n'y étaient peut-être pas pour rien. Médiathèques du Mélantois

A quelques jours de la fin de la première guerre mondiale, Albert Maillard, simple soldat dans les tranchées, s'aperçoit que le lieutenant Pradelle, son supérieur, a tué deux soldats de sa compagnie en faisant croire à tout le monde que l'ennemi les avait tués. Pradelle décide donc de se débarrasser d'Albert. Ce dernier finit enterré vivant dans un trou. C'est alors qu'intervient Edouard, un autre soldat qui parvient à libérer Albert. Malheureusement, un obus fera d'Edouard ce qu'on appellera plus tard : une gueule cassée. Nous suivons ici la vie de ces trois personnages : Pradelle, Albert et Edouard. Au lendemain de la guerre, la vie est difficile pour tous. Il faut savoir sortir son épine du jeu et le lieutenant Pradelle, devenu capitaine en novembre 1918, l'a compris depuis fort longtemps. Pradelle est le personnage que l'on va détester du début à la fin. C'est le côté obscure de la guerre, ambitieux à un point qu'il fera tout pour parvenir à ses fins. Quant à Albert, on se prend d'affection pour lui dès la première ligne. Un peu simple d'esprit mais tout de même assez débrouillard, il affronte la vie au côté d'Edouard son sauveur, qui a bien morflé. En effet, celui ci a perdu sa machoire, il ne lui reste qu'un grand trou. Impossible de parler et de manger, Edouard tombe peu à peu dans la drogue, notamment à cause de la morphine. Bref, vous l'aurez compris, ce n'est pas facile pour Albert et Edouard de se relever après toutes les épreuves qu'ils ont vécues. Mais grâce à leur amitié parfois bancale, ils finiront par avoir des projets (et quels projets !). Je n'ai pas vu passé les quelques 567 pages, tellement l'histoire nous hâpe dès le début. Je retrouve avec plaisir la plume de Pierre Lemaitre, un de mes auteurs favoris en polar. Bien qu'ici, il est délaissé son genre de prédilection, l'auteur du dernier Goncourt s'en sort admirablement bien et mérite amplement les divers récompenses qu'il a reçu.Même si le thème de la guerre 14-18 n'est pas forcément quelque chose qui me passionne, j'ai apprécié cette histoire et surtout la façon dont nous est conté la vie d'Albert et Edouard (j'en oublie volontairement ce Pradelle). En effet, le lecteur a l'impression que le narrateur s'adresse directement à lui par quelques petites phrases par ci par là. Ce style m'a plu et a facilité ma lecture face à un thème des moins réjouissants (mais néanmoins très intéressant) de la littérature. En résumé, n'hésitez pas à plonger dans ce petit pavé !

lizou59
27/08/14
 

Coup de coeur Quel souffle ! Pierre Lemaitre signe là un portrait vivant de la France d'après guerre avec des personnages à la fois attachants et détestables

Ce livre m'a beaucoup plu. La langue de Pierre Lemaître est très agréable à lire, il réussit à faire de l'humour avec un sujet aussi grave que la guerre. J'avais peur de lire un énième roman sur cette période, mais l'angle sous lequel il l'aborde est très original. J'ai également apprécié le côté très documenté. La seule petite remarque négative que j'aurais à ajouter serait quelques longueurs.

Joelle75
17/08/14
 

Je m'attaque à un Goncourt toujours un peu en reculant... Mais là merci M. Lemaitre vous m'avez réconcilié avec le prix littéraire.Du départ je me suis un livre sur les gueules cassés: "mouais mouais on va pas rigoler des masses..." (oui je ne me parle pas très bien).Le sujet difficile du retour des soldats de la 1ère guerre mondiale m'a fait sourire. Une histoire bien ficelée (on sent que le monsieur vient du polar), une écriture fine, accessible à la limite du magique, j'ai tellement aimé que j'ai dévalisé mon libraire de tous les autres romans de Pierre Lemaitre. Des livres comme ça, j'en veux encore et plein !

laeticha
17/06/14
 

A guerre de 14 tire à sa fin mais tout peut encore arriver et ce n'est pas Albert Maillard et Edouard Péricourt qui soutiendront le contraire. Les deux ont failli mourir sur le champ de bataille en novembre 1918. Le premier s'en sortira sans séquelles, sinon psychologiques, alors que le second fera partie des "gueules cassées". Ces deux-là, d'origines sociales différentes, ne seraient jamais côtoyés sans la guerre. Les circonstances vont faire qu'Edouard sauvera la vie d'Albert qui, se sachant redevable à son nouvel ami, lui apportera à son tour un précieux soutien.On les retrouve après la guerre, partageant le même logement, Albert travaillant pour deux. Edouard se fait désormais appeler Eugène. Il ne veut plus voir sa famille et notamment son père, un homme froid qui n'a jamais accepté sa fantaisie. Le brave Albert tente de distraire son ami sans visage. Ce dernier, souffrant le martyre, physiquement et psychologiquement, se laisse aller à l'apathie, se droguant plus que de raison pour calmer la douleur. Il se fabrique des masques pour passer le temps (il a toujours aimer dessiner). Un jour lui vient une drôle d'idée : monter une escroquerie en se faisant de l'argent sur le dos des morts de la guerre. En râlant, Albert finira par le suivre dans sa folle aventure...Je vous ai résumé l'histoire en quelques lignes mais mon résumé est bien réducteur car c'est un livre foisonnant, aux multiples rebondissements. Je vous ai cité deux personnages mais j'ai omis de vous parler du commandant d'Aulnay Pradel, une ordure de première, à la guerre comme dans la vie civile, un homme sans foi ni loi. Je ne vous ai pas non plus parlé de la famille d'Edouard, les Péricourt, dont Albert va faire la connaissance bien malgré lui. Les personnages de ce livre sont décrits avec subtilité et suffisamment de détails pour qu'on s'en fasse une idée assez précise. Voilà un livre distrayant, fort bien écrit et ancré dans un contexte historique passionnant, celui de l'après-guerre. C'est le 3ème ouvrage, en quelques mois, que je lis sur cette époque (après "Les fleurs d'hiver" d'Angélique de Villeneuve et "Mauvais genre" la BD de Chloé Cruchaudet). C'est intéressant de découvrir la même époque sous la plume de trois auteurs d'univers différents. Dans "Au revoir là-haut", j'ai aimé le côté roman fleuve ainsi que l'originalité et la subilité de l'histoire. J'ai cru comprendre qu'il y aurait une suite à "haut revoir là-haut". Je m'en réjouis, imaginant une saga dans le genre des "Rougon Macquart" de Zola... J'avais une petite appréhension sur le fait que Pierre Lemaître lise lui-même son texte. Sa voix n'est pas de prime abord particulièrement mélodieuse. J'avais tort car j'ai énormément apprécié son interprétation, toute en nuances. Il fait notamment très bien passer l'ironie sous-jacente de nombreux passages de son texte (et qu'on lit probablement entre les lignes dans la version papier). Une réussite à tous niveaux ! [http://http://sylire.over-blog.com

sylire
13/06/14
 

Avec quelques mois de retard, j'ai fini par lire le Goncourt de cette année. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Au revoir là-haut est une véritable claque. C'est un pavé de 600 pages qu'on lit en trois jours tellement on n'arrive pas à se détacher du bouquin (dès que je m'arrêtais pour travailler, je pensais tant à ce qui allait se passer que je finissais par m'y remettre). Si le thème de la Première Guerre mondiale est à la mode, et encore plus cette année avec le centenaire, l'auteur a fait le choix original de raconter le quotidien de deux soldats dans l'immédiat après-guerre, à l'heure où l'on glorifie les morts et où l'on aimerait oublier les survivants. Les personnages principaux, Albert et Edouard, sont des rescapés, mais le deuxième, 24 ans et devenu une gueule cassée quelques jours avant l'armistice, n'a aucun avenir. Ils s'opposent car Albert est un brave type, mais qui vivait modestement, alors qu'Edouard vivait dans une famille aisée. L'autre protagoniste, le colonel d'Aulnay-Pradel, est beaucoup sympathique : une vraie illustration de cette élite militaire, capable de lancer des offensives inutiles pour gagner une médaille de plus et profitant de la guerre pour s'enrichir de façon indécente. Plusieurs fois j'avais envie de l'étriper... Bref, des personnages magnifiques mais aussi des péripéties maîtrisées avec brio : le suspense est parfois insoutenable, comme je le disais. Avec, en prime, un style parfait de bout en bout. Au revoir là-haut a amplement mérité son prix et j'espère lire d'autres ouvrages de Pierre Lemaître !

Shirayukihime
24/05/14
 

Ah Pierre Lemaître !!! J'adore ! Le lire est un plaisir sans nom à tel point que je le considère comme un auteur chouchou. Un auteur que je surveille, dont j'attends avec fébrilité les nouvelles parutions, un auteur dont j'ouvre chaque livre avec la promesse d'un bon moment à passer. Un auteur qui ne m'a jusqu'à présent jamais déçue, un chouchou, un vrai.Autant dire que depuis de longs mois je trépignais d'impatience de lire Au revoir là-haut.J'ai tout d'abord trouvé l'idée de s'essayer à autre chose que le polar excellente tout en étant très curieuse de voir comment il gérerait le virage. Car pour moi, Pierre Lemaître excelle dans le polar et fait montre d'une terrible maîtrise du suspense. Très contente également car les romans de guerre me plaisent vraiment.Très curieuse, enthousiaste mais quelque peu inquiète aussi après avoir lu quelques avis très mitigés.Au revoir là-haut commence dans les tranchées. Nous sommes en novembre 1918, la fin de la guerre est imminente.Henri d'Aulnay-Pradelle, lieutenant assoiffé de gloire lance une dernière offensive afin de se faire remarquer par sa hiérarchie. Il espère devenir capitaine et ainsi redorer le blason terni de sa famille.Durant cette offensive, Albert Maillard, petit soldat sans prétention tombe dans un trou. De son côté, Edouard Péricourt, un autre soldat est gravement blessé à la jambe mais secoure tout de même son camarade. C'est à ce moment qu'un obus éclate, ensevelit Albert Maillard et défigure Edouard.Les deux soldats sortent miraculeusement indemnes de cette attaque, indemnes mais aussi irrémédiablement liés. Albert Maillard est reconnaissant d'avoir été sauvé par Edouard Péricourt mais également terriblement culpabilisé car ce geste lui a valu la moitié de son visage. Quant à Edouard, celui-ci se coupe alors de sa riche famille et vit désormais aux dépens d'Albert Maillard.Nous suivons donc ces trois personnages dans les années qui suivent la fin de la guerre. Comment se reconstruire après ces années de guerre ? Comment réintégrer la vie civile après avoir vécu dans des conditions sordides pendant de longs mois et subi de terribles épreuves ? Comment s'intégrer auprès de tous ces gens qui n'ont vécu la guerre que de loin, qui n'en ont qu'une image biaisée ?Il aurait finalement pu s'agir d'une banale histoire mais c'était sans compter sur le talent de Lemaître qui a imaginé une terrible machination autour de ces trois personnages. Machination dont je ne piperai mot. Avec ce petit résumé, vous êtes loin de vous rendre compte de la subtilité de ce roman !Au revoir là-haut fut pour moi un plaisir de tous les moments. Je suis rentrée tout doucement dans l'intrigue, je sentais les choses se mettre en place tranquillement et j'ai apprécié. Pas de rythme endiablé dans ce roman. C'est un roman qui se savoure. Pierre Lemaître offre également un panel de personnages tous plus intéressants que les autres. Autour de nos trois personnages principaux gravitent plusieurs personnages, des hommes que j'ai aimé suivre et voir évoluer.Sans compter l'immersion dans la société d'après-guerre tout simplement fascinante, j'ai eu l'impression d'y être. Aucune déception donc pour moi, au contraire.C'est un livre très réussi que j'ai adoré lire et que je recommande sans hésiter.

faurelix
20/05/14
 

Une TRES BELLE écriture, tout au long du roman; j'ai été bouleversée par la 1ère partie, pendant l'année 18, les autres paries m'ont semblé cependant moins prenante. belle histoire qd même! michèle53

michele13
19/05/14
 

Le Goncourt !Une qualité littéraire qui n’est pas au rendez-vous du titre qu’on lui a attribué.On s’attache à la lecture de ce roman malheureusement j’attendais d’un livre que l’on consacre, la perfection. Je me perds souvent dans la chronologie, dans les phrases dont on finit par s’agacer du style par trop familier.Ce roman est un Goncourt de circonstance ! A la veille des célébrations anniversaire de la Première Guerre Mondiale, le doute est permis

entinea
14/05/14
 

Le roman s'ouvre sur un des batailles de la guerre 14-18. Nous sommes à la veille de l'armistice, mais Albert et Edouard, deux soldats blessés lors de cette bataille, comprennent vite qu'il vaut mieux être mort que vivant aux yeux de l'Etat. Ils ont tout perdu... Ils vont alors imaginer l'arnaque du siècle en se servant de cet engouement pour l'honneur et la glorification des morts.Surprise à la lecture des premières pages de ce roman par l'ambiance réaliste du champ de bataille, je pensais arrêter là ma lecture. Pas la tête à lire ce genre là... Mais la plume de Pierre Lemaître a eu raison de moi et je n'ai pas pu lâcher ce livre avant d'avoir lu une bonne moitié. L'auteur dresse une galerie de personnages charismatiques et une fresque de la France d'après guerre. Le lecteur est plongé dans cette ambiance d'après-guerre, une France qui tente de se reconstruire, qui glorifie ses morts au combat mais qui abandonne ses blessés qui se sont battus tout autant. L'auteur rend compte de ce marché crapuleux et frauduleur autour de la gestion des sépultures des soldats. Un roman qui se lit très facilement et qui tient en haleine de bout en bout: Nos deux soldats vont-ils réussir à s'en sortir...

Elfe912
13/05/14
 

"Au revoir, là-haut" de Pierre Lemaître :deux jeunes gens, rescapés du grand carnage 14-18, essaient de survivre dans une France, qui honore ses morts, mais délaisse les (sur)vivants, en proie aux chocs post-traumatiques, aux infirmités, à la solitude, au chômage. Un livre magnifique, inoubliable ! Patricia Le Gall

La fin de la guerre approche. On est le 2 novembre 1918 et les soldats de chaque camp s’observent et attendent. Le lieutenant Aulnay-Pradelle veut encore une victoire pour redorer le blason de sa famille et être auréolé de gloire. Il réussit à gagner la côte 113 mais ne dit pas comment il s’y est pris pour motiver ses troupes. Albert, pour son malheur, découvre le pot-aux-roses et ne réchappe à la mort que grâce à l’intervention d’Edouard, qui est grièvement blessé.Tous trois sont une facette de cette guerre : un héros, un rescapé et une gueule cassée. Chacun par son existence-même pose la question de son devenir à un Etat qui veut oublier, planquer les vivants encombrants et glorifier des vertus et des valeurs au nom des disparus. C’est cette dichotomie qu’analyse Pierre Lemaître et qui donne à son livre son épaisseur et sa densité.

Bâti sur une intrigue très efficace, un rythme soutenu, un redoutable suspense jusqu'au dénouement, des rebondissements, de l' action, de la romance, tous les ingrédients d'un très bon roman aussi divertissant qu'instructif.C'est l'histoire de la France qui préfère célébrer ses morts que les soldats revenant de la Grande Guerre. Un éclairage intéressant sur les conséquences d'une guerre au sein de la société: " Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après."

alexka
01/03/14
 

Nous avions eut des grands romans sur la Guerre de 14-18, nous avons maintenant Le Grand Roman de l'après-guerre.Se plaçant dans toutes les couches de la société, l'auteur décrit non seulement le chaos de la démobilisation, mais également le monde nouveau qui s'ouvre aux ambitieux de tout poils.J'avais toutefois espéré un vrai méchant en la personne de Pradelle, un genre de psychopathe patibulaire. Légère déception.En revanche, le personnage d'Edouard n'a cessé de m'intriguer et de me plaire, allant jusqu'au bout de la destruction.Quelques phrases à l'accent céliniens m'ont faites sourire, mais l'auteur retrouve vite la plume qui a fait son succès.L'image que je retiendrai :Celle des masques d'Edouard, de plus en plus travaillés et détaillés, à la limite du Grand Guignol.Une citation :"Même les grandes joies vous laissent un peu de regret, il y a un fond de manque dans tout ce qu'on vit." (p.283) Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
28/02/14
 

Coup de coeur J'ai eu quelques difficultés à entrer dans ce roman, à cause surtout de son écriture et d'une première scène quelque peu éprouvante... Puis, très vite, l'intrigue parfaitement construite et les évènements traversés par des personnages très convaincants ont eu raison de mes premières réserves ! A lire absolument !

Bon. A l’heure d’admettre que j’ai aimé le Goncourt, mon cœur de snob se serre. Comment, le Goncourt, le truc que tout le monde lit et achète, le truc dont tout le monde parle, qu’on aime par obligation, qu’on offre à cause du bandeau rouge, je l’ai aimé ? Ce n’est pas possible. Je n’ai plus aimé un Goncourt depuis 2004. 10 ans de détestation ou de simple haussement d’épaules. Et avant ça ? 1992. En fait, ça doit être cyclique. Tous les dix ans en gros. Sachant qu’en plus j’avais dit que j’arrêtais de lire des romans qui parlent de guerre. Oui, ça aussi, ça a raté, même si ça m’a fait attendre TREEEEEEES longtemps pour le lire, parce que je ne sais pas pourquoi mais j’étais persuadée que le bouquin entier parlait d’un mec dans un trou d’obus qui réfléchit sur sa vie. Avouez que, vu la production française ces derniers temps, c’était envisageable. Que celui qui persifle que ça aurait été chez P.O.L se taise !Et qu’est-ce qu’ils ont, les libraires, à ne parler que de bouquins ensemble ? On ne peut pas dire juste « salut comment ça va » ? Il faut forcément dire « Salut, alors, qu’est-ce que tu lis en ce moment » ? Et comme tout le monde est surpris d’aimer le Goncourt, c’est Stéphane qui m’a dit, un matin, en sortant de chez un éditeur dont je tairais le nom mais qui fait de bons croissants « et t’as lu le Goncourt ? Il est vachement bien » et a commencé à me raconter des histoires de cercueils trop petits, de cadavres dont on coupe les pieds, d’escroqueries, de chinois qui doivent enterrer les soldats mais qui ne savent pas lire les caractères latins … On était loin du trou d’obus. Bon donc oui en fait ça ne raconte pas du tout une histoire de trou d’obus. Enfin, si, un peu, mais honnêtement, ça doit faire deux pages. Le reste, ça m’a un peu fait penser au comte de Monte Cristo dans son côté « on prend les mêmes quelques années après et on recommence » même si bon ce n’est pas aussi longtemps après, mais juste après-guerre. C’est, en fait, assez jouissif. Et horrible, bien sûr, mais surtout jouissif en fait. Drôle, fin, passionnant. Le seul souci c’est la langue, les répétitions fréquentes (quand on tape sur une tête ça fait un bruit de gong) mais en fait, ça passe plutôt bien. On n’a pas envie de le lâcher jusqu’à la fin, on a envie même que ça continue un peu plus.Une réussite.

Readingintherain
07/02/14
 

Pierre Lemaitre dépeint une société qui, si elle loue ses morts et leur voue un véritable culte, chaque mairie voulant ériger son monument aux morts, semble avoir oublié ses gueules cassés et autres soldats démobilisés. Ainsi, cette scène où Albert, l'un des soldats revenus du front, tente de retrouver sa place dans la banque qui l'employait auparavant, et qui se fait refouler : il n'y a plus de place pour ceux partis, on ne peut renvoyer ceux qui ont servi la banque pendant la guerre... Sans parler des pensions non versées, ou des scandales financiers dont s'inspire ce roman...Dans ce contexte historique, Lemaitre construit une intrigue fine, pleine de vengeance, avec des personnages hauts en couleur, oscillant entre l'attrait du pouvoir, celui de l'argent, ou le simple besoin de retrouver goût à la vie, de lui redonner un sens... L'auteur maîtrise brillamment son texte, le premier chapitre m'ayant littéralement laissée à bout de souffle tant ces premières descriptions sont grandioses (oui, je sais, j'utilise des mots plein d'emphase, mais au moins, ça vous donne une idée de mon sentiment global !!!). Quant à l'intrigue, son talent d'auteur de thriller lui a évidemment servi : si j'ai noté quelques longueurs par moment, les 150 dernières pages sont menées d'une main de maître, avec un vrai sens du rythme et de la chute.Encore une fois, et dans un registre totalement différent, Pierre Lemaitre démontre son réel talent de narrateur. Enfin un Goncourt brillant et populaire. Pas besoin de vous dire que c'est un coup de coeur, vous l'aurez amplement deviné ! Miss Alfie

MissAlfie
06/02/14
 

Le dernier Goncourt ayant été attribué à un auteur dont j'avais repéré les polars, je me suis décidée à le lire...et je ne l'ai pas regretté. Pierre LEMAITRE nous raconte l'histoire de deux soldats blessés durant les derniers jours de la première guerre mondiale, très grièvement pour l'un d'entre eux, suite à l'assaut inutile ordonné par un chef en mal de promotion. On y découvre surtout comment ont été traité les 'héros' à leur retour à la vie civile. Un livre bien écrit, très intéressant et qui tombe à pic pour le centenaire du début de la grande guerre...

fdm77
24/01/14
 

[...]Au-revoir là-haut est une œuvre magistrale qui semble avoir été écrite dans la colère. Cette œuvre raconte l’écœurante cupidité sans fin des hommes de pouvoir, celle plus pitoyable des misérables qui tentent juste de survivre. Ici, on fustige sans cesse l’auto-satisfaction, les mesquineries, les petitesses, l’égoïsme le plus pur. Même Albert, si bon et si doux, y passe, car il est traité comme il accepte de l’être : comme de la merde.Cette œuvre parle aussi des femmes de haut rang, calculatrices, qui veillent à préserver leur lignée, et de ceux qui salissent l’honneur de la famille parce qu’ils sont nés différents. Dans Au-revoir là-haut, la ressemblance avec l’œuvre d’Irène Némirovsky est troublante : on y retrouve l’ambition et le cynisme des hommes, les bourgeois comme les pauvres.Et pourtant, dans ce texte violent, où l’injustice, l’honneur, l’amour-propre sont les premiers mobiles, on voit aussi les faiblesses de ces hommes, même s’ils sont pratiquement tous détestables. Albert, lui, est un personnage inoubliable, hyper attachant, parce qu’il semble avoir été écrit avec tendresse. Les personnages de cette trempe sont rares ; malgré tous les livres qui passent, ceux-là sont beaux, humains, drôles, pathétiques. Ils resteront figés dans le temps, dans une époque que les hommes veulent oublier, que plus aucun Poilu ne peut raconter. Il y a des choses qu’on ne comprendra jamais parce qu’on n’a pas vécu à cette époque, mais avec Au-revoir là-haut, on peut prétendre s’approcher, un peu, de ce que c’était.Mais ce n’est pas tout, car il y a le style. Le narrateur se débarrasse des descriptions et épouse à chaque instant l’esprit et le corps de celui dont il parle, quitte à nous apostropher de temps à autre et à nous jouer de petits tours. L’effet est d’autant plus réussi qu’il s’adresse au lecteur contemporain. Tout y est : la maîtrise des temps de narration et d’action, du discours indirect, du rythme, à la fois lent et rapide, du langage oral. L’intrigue est habilement construite, nourrissant une tension constante (les mains crispées sur le livre au plus bas de la tourmente jusqu’aux cris de surprise quand rien ne va plus), et la fin est superbe. Tout est parfait, et pendant plus de 500 pages.Bref, on en sort secoué, reconnaissant envers Pierre Lemaitre de nous faire découvrir la vie après les tranchées. Difficile, après ça, de plonger dans un autre livre sans craindre d’en être indifférent.L'article entier sur mon blog :http://www.bibliolingus.fr/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre-a103701370

Lybertaire
01/12/13
 

Après tant de critiques positives, tant de belles chroniques sur Libfly, un Prix Goncourt, quel commentaire peut-on ajouter sur le livre de Pierre Lemaitre? J'ai été emballé. Ecrit au 21 ème siècle " Au revoir là haut ", dont l'action se déroule à la fin de la guerre de 14-18, donc au 20 ème, a la force romanesque des chefs d'œuvre du 19 ème, ceux de Victor Hugo, Alexandre Dumas. Des personnages hauts en couleur, qui reflètent toutes les facettes de la nature humaine. Des sentiments forts, l'amitié, la solidarité, la vengeance, la cupidité, l'honnêteté, le repentir, la haine de l'autre et de la société, l'amour, font vibrer le lecteur. Une fiction inventive et une construction maîtrisée du rebondissement s'appuient sur les évènements réels. Une époque admirablement reconstituée, qui entraîne le lecteur dans l'horreur des tranchées, lui montrent le désarroi des démobilisés, l'atrocité des blessures des gueules cassées, et lui révèle la réalité de l'après guerre avec les affaires, les chantiers des cimetières, celui des monuments aux morts (même si l'escroquerie les concernant est une fiction). Génialement, Pierre Lemaitre associe le lecteur pour mieux l'impliquer dans l'histoire. (Ex p51: " Seulement, il n'y a personne autour d'Edouard, ni vous ni moi, pour lui montrer le bon chemin... " ou encore p562: " Reste Joseph Merlin, auquel plus personne ne pensait. Y compris vous, certainement. " Lorsque l'on a comme moi, un parent disparu le 20 avril 1917, dans ce que l'histoire a nommé l'offensive Nivelle et qui fût une boucherie, on est bouleversé à la lecture d'un tel livre. J'éprouvais déjà de l'intérêt pour les monuments aux morts des petites communes, je suis assuré de les regarder encore autrement.

JoelC17
23/11/13
 

Coup de coeur Un Goncourt palpitant sur la guerre et ses conséquences pour les soldats survivants ! L'écriture trés imagée de l'auteur nous plonge dès le départ dans les tranchées de 14-18.

Très bon livre qui raconte la fin de la guerre 14-18. Dans la première partie c'est l'histoire de deux soldats Albert timide et modeste et Édouard, beau et artiste. Ce dernier en sauvant la vie d'Albert va recevoir un éclat d'obus qui va le défigurer (une gueule cassée comme on les a appelé ). On y découvre les souffrances morales et physiques de ces soldats et la naissance d'une amitié entre ces deux hommes. Dans la seconde partie de ce roman on y découvre la vie post guerre de ces soldats laissés à eux mêmes avec leurs blessures et leurs souvenirs sans argent pour vivre. Ces deux soldats vont monter une arnaque aux monuments aux morts. Très beau roman qui mérite amplement le prix Goncourt . Ce livre nous apprend beaucoup de choses sur cette guerre, la société, la famille, les arrivistes.

Martine59139
11/11/13
 

Quel beau week-end j’ai passé ! Merci monsieur l’auteur, car vraiment un livre à tiroirs aussi bien façonné, cela faisait longtemps ! L’intrigue monte crescendo, cela commence très fort : un mort qui revient à la vie et un vivant qui meurt. Un regard tout en humanité sur les survivants de cette grande guerre avec une tolérance que l’on sent poindre à chaque instant, sans une once de mièvrerie pourtant et une parfaite lucidité sur les profiteurs de tous bords et sur la bonne conscience d’une bonne partie de la société : Un livre très actuel donc ! Cocotcha

cocotcha
10/11/13
 

« Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »La grande guerre se termine ; elle laisse un pays en ruine, des hommes sacrifiés, mutilés, des esprits revanchards, et des petits chefs assoiffés d’or et de gloire.Il y a presque un siècle débutait la Grande guerre. Plutôt qu’un énième roman de guerre, Pierre Lemaître s’attache à revisiter l’après ; celui des temps qui déchantent, et révèlent les héros comme les escrocs, et les crapules en tout genre.La guerre, mais sous un angle original, et inattendu.Pierre Lemaître est passé par le roman policier ; et cela se ressent. Il a l’art et la manière de poser les choses, de les laisser, pour les reprendre plus tard, et surtout les faire durer, mais sans faire endurer.Partant de certains faits réels, Pierre Lemaître imagine, au sortir du conflit la mise en place d’une arnaque de grande ampleur. Ils sont trois au départ, mais c’est finalement tout un système qui se révèle pourri jusqu’à l’os.L’écriture est d’une grande justesse, imagée, souvent caustique. C’est sans fioriture que cette sale guerre nous est étalée, avec ses morts- vivants abandonnés à leur sort, ces gros plein de soupe qui y retournent encore et encore, ces bonnes décidément bonnes à tout faire…J’ai beaucoup aimé le cheminement de l’auteur, et le rythme qu’il a su donner à son roman. Tout au long de ma lecture, je suis passée d’une émotion à l’autre. Prise par la complexité des relations entre les personnages, par le soin apporté par l’auteur à dessiner avec minutie chacun d’eux, j’ai éprouvé un grand plaisir de lecture de ce roman populaire au sens noble du terme.Les esprits chagrins, ou les puristes des Lettres trouveront peut-être à redire ; un auteur de polar qui obtient le Goncourt…Oui, on peut écrire des polars, et savoir écrire, et surtout autre chose que des polars ; un roman accessible sans être élitiste, qui plus est un roman intelligent et bien documenté. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
06/11/13
 

Tout commence sur un champ de bataille le 2 novembre 1918. Les soldats allemands ou français attendent l’armistice et ne se cherchent plus. Mais le lieutenant Henri d’Aulnay-Pradelle, un bel aristocrate " terriblement civilisé mais foncièrement brutal" veut un dernier coup d’éclat pour "regagner son rang dans l’échelle de l’aristocratie". Il envoie deux éclaireurs, les coups de feu claquent et la dernière bataille sera mortelle pour les éclaireurs et déterminante pour l’avenir de deux soldats, Albert Maillard et Edouard Péricourt.Il ne faut pas trop en dire sur l’histoire car, en bon maître du polar, Pierre Lemaitre sait nous tenir en haleine. Il a l’art de nous faire croire à certaines possibilités puis de retourner la situation. Et nous nous retrouvons dans "une situation explosive à allumage progressif".Les personnages ont tous un trait de caractère imposant. Honneur, pouvoir, morale se débattent au sein des histoires de famille ou de corruption.Les relations sont toutes complexes. Regrets, rancune, responsabilité que ce soit entre Albert et Edouard ou entre le père Péricourt et son fils.L’auteur utilise la troisième personne pour ce récit ce qui lui permet de mieux analyser les réflexions des personnages, leur évolution mentale, de parfaire la mise en scène et de nous asseoir en première loge de ce grand spectacle.Déjà largement accaparée par l’histoire et ses rebondissements, je me suis aussi fait cueillir par l’apparition épisodique d’ une opinion générale, d’ une note d’humour ou par d’un instant d’émotion. Voici un Prix Goncourt largement mérité.

jostein
06/11/13
 

En ce début novembre 1918, à quelques jours de l'armistice, deux jeunes soldats, Albert Maillard et Édouard Péricourt, réchappent miraculeusement de la "soudaine attaque de la cote 113". Elle a été décidée par leur supérieur, le lieutenant Henri d'Aulnay-Pradelle, mû par son absolue nécessité d'acquérir le statut de héros. Un sale type, ce Pradelle, tout le monde le déteste, dans le bataillon. Aristocrate désargenté qui rêve de redonner son lustre d'antan à la demeure familiale en ruines, cynique, beau, mais moins soucieux de la survie de ses hommes que de redorer son blason, avec les espèces sonnantes et trébuchantes que cela lui permettra de récupérer par la suite. Albert et Édouard en savent quelque chose. Le premier doit la vie au second, qui pourtant s'en sortira plus mal, une jambe estropiée, le bas du visage entièrement arraché par un obus, véritable gueule cassée. Le premier a été rond-de-cuir dans une banque, le second est un fils de bonne famille, richissime, dessinateur extrêmement doué mais méprisé par un père qui sent rapidement que son fils n'est pas "normal". De retour à Paris, Albert se démène afin d'atténuer les souffrances de son camarade en se livrant à tous les trafics pour lui procurer la morphine. Mais il réalise à quel point les "démobilisés" sont finalement vite oubliés (sauf les "héros" tels que Pradelle) par ceux de l'arrière, dans une France prompte à tourner la page, après cette "tuerie prosaïque et barbare qui a provoqué mille morts par jour pendant cinquante mois." Alors, chacun fait comme il peut pour survivre... ou s'enrichir encore plus. De là découlent des trafics inavouables et des escroqueries qui le sont encore moins.Pierre Lemaître offre avec Au revoir là-haut un formidable roman, qui est un de mes coups de coeur de cette rentrée. (certes je n'ai lu que très peu de romans de la rentrée, à part l'excellent roman de Sorj Chalandon, (tiens il parle aussi de la guerre!) Le quatrième mur). Lemaître, dont c'est le premier roman que je lis, fait preuve d'énormément de maîtrise pour filer deux intrigues évoluant en parallèle. J'ai particulièrement aimé son style, qui colle parfaitement à ses personnages; un style enlevé, une plume alerte et jubilatoire, beaucoup d'humour (souvent très noir - j'adoooore l'humour noir) J'ai vraiment eu l'impression, en lisant ce roman, d'être installée avec le narrateur qui me racontait cette histoire.Les personnages ont chacun leur voix, et on les observe dans leur évolution au fil des années, des péripéties, des espoirs et des illusions perdues. On aime détester Pradelle, on frémit avec Albert, le perpétuel pessimiste, on est pris aux tripes par le désespoir d'Edouard, sa douleur. Sans oublier le père de ce dernier, et sa soeur aussi, femme qui sait exactement ce qu'elle veut et l'obtient.Pierre Lemaître réussit parfaitement à faire revivre une époque, le contexte politique, l'atmosphère de cet après-guerre. Et quand l'Histoire se mèle à une intrigue palpitante, je me régale.

Choupchoup
05/11/13
 

2 novembre 1918 : le front est calme. Soldats français et allemands attendent l'armistice. Tous ces poilus ont vu mourir et partir estropiés tant de leurs camarades! "Ceux qui pensaient que la guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps" C'est le moment que choisit un lieutenant bravache, le lieutenant Henri d'Aulnay-Pradelle que la guerre n'a pas encore promu capitaine, pour lancer un dernier assaut afin de conquérir quelques mètres de la côte 113. "L'idée de la fin de la guerre, le lieutenant, ça le tuait". Dans cette attaque, le soldat Albert Maillard, enterré vivant par un obus est sauvé de la mort par le soldat Edouard Pericourt, qui arrive à l'extraire. Malheureusement ce dernier est blessé grièvement au visage. A partir de cet instant, Albert va veiller Edouard, gueule cassée à l'hôpital et dans la vie. Les deux hommes vont devenir inséparables.La guerre finie, ils retournent à la civilisation civile, une vie qui ne les accueille pas. Ils retrouvent la pénurie alimentaire et les restrictions, la crise, le chômage, les employeurs qui ne réembauchent pas, les regards qu'on détourne pour ne pas voir ces gueules cassées, etc.Un livre remarquable dans la description de cette société, gangrenée par ces arrivistes, ces profiteurs de guerre, souvent anciens militaires, jamais inquiétés par leurs erreurs d'officiers au front, généraux, officiers siégeant dans les commissions d'appels d'offres, s'alliant avec les politiques. Tous vont tenter d’accroître leurs fortunes, avec des magouilles sordides, notamment dans la construction de ces immenses cimetières militaires. Heureusement certains seront rattrapé par les affaires et ruinés. Même nos deux poilus, revenus à la vie civile, vont, pour se sortir de cette misère, mettre au point leur arnaque pour faire fortune rapidement sur le dos des familles des défunts et des mairies. Ces deux héros qu'on n'arrive malgré tout pas à mépriser, sans doute parce que c'est cette société qui est responsable, cette société qui n'a pas su accueillir ceux qui ont souffert pour la défendre, ceux qui ont survécu à cette boucherie en étant amputés, estropiés, défigurés. Cette société qui a glorifié les morts, dans des monuments, souvent risibles de médiocrité, et qui a oublié les survivants.Un passé peu glorieux, un passé qui malheureusement reste d'actualité lors de chaque conflit, de chaque catastrophe Un livre à conseiller et à lire JPV

JPV11
03/11/13
 

le jour de gloire n'est pas arrivé En ce lendemain de première guerre mondiale, les démobilisés vont apprendre à leurs dépens que pour eux la guerre ne se terminera jamais et qu’il va falloir se battre pour survivre dans ce nouveau champ de bataille qu’est devenu la société française. De l’officier opportuniste rêvant de gloire aux gueules cassées anonymes, ils vont tenter de faire fortune avec des arnaques toutes plus immorales les unes que les autres.Le style cynique de Pierre Lemaître est totalement approprié à la manière de penser de ces apprentis escrocs et l’on se délecte de leurs coups bas et des ennuis qui leurs pleuvent dessus comme des obus de 75. Ce roman est également un formidable coup de projecteur sur les dommages collatéraux engendrés par une guerre qui a brisée des millions de vies et sur les traumatismes d’une nation qui n’a pas su digérer sa « victoire ».Ayant eu le plaisir de côtoyer professionnellement l’auteur à plusieurs occasions, je suis heureux que ce roman soit sélectionné pour différents prix dont le prestigieux Goncourt.

La critique est unanime!!c'est un excellent livre qui fait passer la nuit: impossible de le quitter; après les propos de l'éditeur, d'un libraire, les chroniques de Mokona et Zazy (entre autres) je ne peux que me joindre à ces propos...si les prix littéraires ont encore un sens, les lauriers devraient recouvrir Pierre Lemaître, par ailleurs auteur de bons policiers, j'ai lu Alex. berthe

afbf
21/10/13
 

2 novembre 1918 : l'armistice est proche, les poilus sont dans l’attente et ne souhaitent plus prolonger le combat. Mais des officiers veulent briller tant qu’il en est encore temps et montent une dernière fois à l’assaut, comme le lieutenant d'Aulnay-Pradelle.C’est par cette attaque de trop qui vire à la boucherie que commence le roman de Pierre Lemaitre.Trois hommes s’en sortiront : le lieutenant qui aura ainsi gagné ses galons de capitaine et deux de ses hommes, Albert Maillard et Edouard Péricourt. Ensuite c’est l’armistice, la démobilisation et le retour à la vie civile. La France occupée à glorifier ses morts va oublier et même mépriser les survivants.On les suit qui rentrent chez eux, infirmes ou la gueule cassée.On assiste à toutes sortes d’arnaques et d’impostures sur le dos des morts qui ont fleuri dès 1919. Pierre Lemaître nous raconte l’arnaque aux cercueils (réelle) et celle aux monuments aux morts (qui aurait pu l’être). Il dénonce cet après-guerre qui va continuer de profiter à ceux qui se sont enrichis pendant la guerre.C’est un roman qui se lit comme un polar (normal, Pierre Lemaître est venu du roman policier) à la fois picaresque et politique.

Ludeca
21/10/13
 

Un bon roman, à savourer comme une BD de Jacques Tardi qui durerait 600 pages, mais sans dessin...Publié en août 2013, "Au revoir là-haut" septième roman de Pierre Lemaitre, et le troisième qui ne mette pas en scène Camille Verhoeven, quitte son usuel terrain policier pour rejoindre deux jeunes soldats français de 1918, échappés par miracle à la mort stupide lors de l'une des toutes dernières offensives du conflit, et à la vindicte cynique d'un officier ayant ordonné pour avancer sa carrière cette ultime boucherie inutile...En attente d'une interminable démobilisation, se débattant dans les méandres d'une administration dépassée, contraints, par les graves blessures reçues (l'un d'eux est, au sens propre, une véritable "gueule cassée") et par la dépression psychologique qui rôde, à un effarant double changement d'identité, ils ne peuvent réellement tenter de recoller les morceaux de leurs vies sans doute définitivement brisées, mais vont imaginer, au milieu des ruées financières des boursicoteurs et des nombreux profiteurs de la guerre, une audacieuse arnaque au patriotisme dévoyé et à la culpabilité des survivants et des planqués...Une rude histoire, férocement menée à un train d'artillerie d'enfer, non exempte d'une bizarre poésie lorsque les bouffées de folie morphinomane du défiguré se mêlent à son art instinctif et enfoui du dessin, ce "Au revoir là-haut" détaille ainsi, en quelque sorte, en près de 600 pages, les fulgurances scénaristiques et graphiques du grand Jacques Tardi et de ses héros détruits ou survivants meurtris de l'immense boucherie.

Charybde2
19/10/13
 

On peut penser qu'avec la commémoration prochaine de la guerre 14-18 , beaucoup de livres autour de cette période vont être publiés...Mais si ce sont des ouvrages de la valeur du roman de Pierre Lemaitre, la lassitude ne sera pas au rendez-vous.La première partie de l'histoire se déroule au moment de l'armistice, période de flottement pour les soldats au front: s'agit t'il seulement d'une rumeur ou va t'on vraiment en finir et rentrer chez soi ?ET nous assistons au dernier combat, mais n'a t'il pas été truqué à la base, je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer l'effet de surprise du lecteur....Les soldats Albert Maillard et Édouard Péricourt lient leur vie, l'un sauve l'autre de la mort et se retrouve défiguré par un éclat d'obus,dans cet ultime assaut conduit par le fourbe Lieutenant d'Aulnay Pradelle ,On pense également au magnifique roman La chambre des Officiers de Marc Dugain avec ses gueules cassées...Les parties suivantes racontent les années 1919 et 1920 où ,dans une France exsangue qui pleure ses morts, les familles recherchent les dépouilles de tant de frères, de maris et de fils tués sur les champs de bataille et ensevelis à la hâte, on voit surgir des trafics ignobles autour de ces morts, imaginés par des hommes sans scrupules, les mêmes qui n'ont pas pas eu que des faits glorieux à leur actif pendant la guerre.Bien sûr nous retrouvons nos héros Édouard et Albert et le malfaisant d'Aulnay Pradelle.Pierre Lemaitre manie le suspense avec talent, pas de temps mort dans le récit, les personnages sont décrits avec brio , y compris les personnages secondaires comme Monsieur Péricourt , le père d’Édouard dont la carapace d'homme sévère et intolérant se fend et où on sent percer un véritable remords et un réel chagrin.Et comment regarder sans frissonner ces monuments aux morts qui nous rappellent tous ces hommes fauchés et les survivants de ces horreurs, marqués à jamais dans leur chair et leur âme .

spleen
11/10/13
 

Dès le premier chapitre, je suis mise dans l'ambiance. Je suis dans l'action, complètement happée. Dès le deuxième chapitre, je devine qu'il en sera ainsi jusqu'au bout du roman. Alors, je ne lâche plus la lecture de ce livre ... Les personnages, notamment un, je dirais le héros, malgré lui, sont attachants, sauf un bien sûr, l'incarnation du parfait ****, froid, pervers, cynique, sans l'ombre d'une humanité. Et je me demande ... y aura-t-il une morale ? La guerre et l'après-guerre de 14 en toile de fond avec ses atrocités et ses hypocrisies nous font appréhender un aspect peu abordé mais ô combien sensible : le traitement et la gestion de ses victimes. C'est un hommage digne qu'on imagine bien en adaptation cinématographique. Une lecture passionnante.

Amandedouce
05/10/13
 

Dans ce roman, Pierre Lemaître plus connu pour ses polars, a sorti l’artillerie lourde. Dans cette farce tragico comique à l’humour macabre, il nous dresse le portrait sans concession de l’après guerre 1418 : patriotisme grandiloquent et dégoulinant, généraux pédant qui s’accrochent fermement au peu de gloire qu’ils ont pu obtenir, grande bourgeoisie triomphante, corruption, hypocrisie généralisée et misère flagrante du petit peuple. Univers dans lequel gravite des personnages attachant, décrits dans leurs travers les plus grotesques et caricaturaux. Tout ceci est servi par une trame efficace à la logique implacable qui reste palpitante du début jusqu’à la fin. Un récit extrêmement bien documenté qui s’est inspiré d’un fait divers réel de 1922: « le scandale des exhumations militaires » Ce roman est définitivement une bonne surprise de la rentrée littéraire et a déjà conquis pas mal de lecteurs parmi les clients du Chat pitre.

jauchatpitre
05/10/13
 

Tout d'abord, force est de constater que ce roman est très bien écrit. La construction est classique mais cela convient bien au thème. Pierre Lemaître nous montre ce que sont devenus ces poilus qui dérangeaient après la guerre, et il sera bien difficile d'oublier le personnage d'Edouard, cette gueule cassée qui va se cacher derrière des masques tous plus voyants les uns que les autres. L'auteur appuie là où ça fait mal, dénonce le traffic qui a accompagné la recherche des corps, ces gens qui se sont enrichis sur le dos des morts. Il décrit aussi le manque qui suit l'absence d'un être qu'on avait pourtant rejeté. On s'attache à Albert, Edouard et à sa famille et j'ai vraiment beaucoup aimé l'importance des masques dans ce roman, ainsi que la façon d'aborder l'homosexualité. Si j'ai un reproche à faire à l'auteur, c'est que, si j'aime qu'un auteur me mène en bateau, je n'aime pas qu'il me mente et c'est ce qu'il fait là dans les premières pages. http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
05/10/13
 

Une amitié indestructible forgée dans l’enfer des champs de bataille lie Albert Maillard et Edouard Péricourt.Deux jeunes hommes qui ont échappé au massacre, mais pas à l’horreur.Une fois démobilisés, comment vont-ils retrouver leur place dans cette France, soucieuse d’honorer ses morts, mais ne faisant pas grand cas des survivants ?Pierre Lemaître nous entraîne dans une aventure époustouflante avec un suspens qui ne faiblira jamais.Je suis ressortie de cette lecture abasourdie et émerveillée par la maîtrise de l’écriture.Et comme il est bien connu, que l’on a souvent du mal à parler de ce que l’on aime passionnément, je m’arrêterai là.

isabelleisapure
28/09/13
 

2 novembre 1918, le soldat Albert Maillard est sauvé de la mort par le soldat Edouard Pericourt. Ce dernier en aidant bravement son camarade est blessé grièvement au visage. A partir de ce moment, Albert va veiller sur Edouard à la gueule cassée et les deux hommes vont devenir inséparables.S’en suit l’armistice et des hommes démobilisés dont la France ne sait que trop que faire. Pour la famille riche et aisée d’Edouard, celui-ci est mort au combat. A la demande d’Edouard, Albert a falsifié des documents. Un autre homme est au courant : le lieutenant Henri d'Aulnay-Pradelle qui est élevé au rang d’héros. Pourtant, il n’a que l’étoffe d’un arriviste peu scrupuleux et avide d’argent. Il s’est marié à la sœur d’Edouard pour profiter du carnet d’adresse influent de son beau-père. Son épouse n’est pas dupe de ses liaisons et son beau-père le considère comme un bon à rien. Et Pradelle a flairé un bon filon car le pays se retrouve avec des milliers de morts entassés dans des charniers à qui l’on doit offrir un lieu de repos décent. Son entreprise remporte le marché et il s’enrichit de manière écœurante. Sans regret ni remords. Pendant ce temps, Edouard et Albert survivent misérablement. Edouard est devenu accro à la morphine et Albert enchaîne les petits boulots pour lui en procurer. Il n’a pas retrouvé sa place de comptable d’avant guerre et sa fiancé l’a remplacé. La mère patrie les a oubliés financièrement et socialement tout comme leurs concitoyens. Edouard ne se montre jamais, gueule cassée dont ce qui reste de visage est effrayant. Il ne dessine plus alors que c’était son grand plaisir. La France occupée par ses soldats morts lance un appel d’offre pour des monuments aux morts. Et Edouard a une idée, une escroquerie qui leur permettra à lui et à Albert d’être riches grâce à son don de dessinateur. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, ni pourquoi Albert veut se venger de Pradelle depuis cette journée du 2 novembre 1918.Ce roman est fichtrement bien rythmé et l’auteur nous immerge dans cette période de l’après Grande Guerre. Grise, peu glorieuse avec l’argent fait sur le dos des morts, les arnaques, les magouilles entre personnes des mêmes cercles au bras long. Avec une écriture vive qui crisse aux oreilles ou qui sait se faire diablement cynique pour nous interpeller, les pages se tournent à toute allure !Un roman avec un vrai suspense, un contexte historique creusé. Certains diront que ces trois personnages ont tout des deux gentils et du méchant. Ce serait nier le talent de Pierre Lemaitre qui nous campe des personnages plus vrais que nature et qui nous réserve des surprises. L'auteur habitué à jouer avec nos nerfs, à nous glacer le sang et à nous tenir en haleine a habilement retourné sa veste d’écrivain dans un genre où je je l’attendais pas en nous offrant un premier roman.Un vrai plaisir de lecture sur toute la ligne! Je me suis régalée! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
21/09/13
 

Beaucoup d'auteurs ont déjà raconté la guerre, la bataille. Pierre Lemaitre, lui nous narre ce qui se passe après : quand les soldats en reviennent traumatisés, cassés, sans retrouver ni leurs marques, ni leurs places. Sont-ils vraiment les bienvenus ? Édouard et Albert eux... Non !Et puis, comment faire avec tous ces morts ? Ils imaginent alors une escroquerie aussi énorme qu'amorale pour remédier à ce problème et tenter d'exister à nouveau. Mais après tout ce qu'ils ont vu et vécu, qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est mal ?Merci à Libfly et au Furet du Nord de m'avoir proposé ce roman.

germaine
02/08/13
 

Un roman fort et bouleversant qui mérite un détour plus que prolongé. Des scènes qui, dès les premières pages vous amèneront loin de votre vie mais également loin de vos préjugés sur les tranchées, le front et l’ambiance qu’on a bien voulu nous véhiculer pendant nos années d’élève en cours d’histoire. Une histoire qui semble cousue de fil blanc et qui parait bien plus qu’incroyable mais qui fonctionne avec pertinence jusqu’à la fin.On y croit et on a envie de savoir. Les personnages sont attachants ou révulsants mais ne laissent jamais indifférents. Les descriptions, les détails y sont criants de vérité et donnent au texte une véritable teneur d’authenticité qui nous provoque ou nous gêne. Un livre documenté et explicitée à la toute fin du livre qui donne aux événements évoqués une légitimité.Un coup de maître aurais-je envie de dire mais le jeu de mot semble trop facile. Et pourtant, Pierre Lemaître mérite amplement ce prix qui le place d’emblée comme un auteur à suivre encore davantage.Bravo pour ce très beau roman!http://achacunsaverite.wordpress.com/2014/02/10/au-revoir-la-haut-de-pierre-lemaitre/#more-2630

deedoux
27/02/14
 

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