Avenue des geants

DUGAIN, MARC

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/09/13
LES NOTES :

à partir de
8,20 €

SYNOPSIS :

Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un
combat désespéré contre le mal qui l'habite. Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.
31 personnes en parlent

Hors norme. Atypique. Extra-ordinaire. Voilà ce qu’est Al Kenner. Les chiffres qui le définissent parlent pour lui : 2.20m, 130 kg et un QI supérieur à celui d’Einstein. Que pouvait-on présager du destin d’un tel homme ? Et même si la sagesse coluchienne nous enseigne que : « Dans la vie, y'a pas de grands, y'a pas de petits. La bonne longueur pour les jambes, c'est quand les pieds touchent par terre », une personne aussi singulière que Al peut-elle réellement s’inscrire dans la « normalité » ? That’s the question !1963. Al traverse l’âge ingrat. Aaaaah, le moment béni de l’adolescence : questionnements existentiels, transformations physiques, spleen, acné juvénile et mue de la voix... Que du bonheur ! Imaginez trente secondes qu’en plus, vous fassiez 2.20 m... Al a du mal à se fondre dans la masse (tu m’étonnes !). Sa grand-mère l’étouffe. Il pose un regard lucide sur ses contemporains et se traîne un mal être quasi permanent. Sa grand-mère l’étouffe. Al vit avec ses grands-parents dans une ferme. Ses parents sont séparés et sa mère le méprise... Son grand-père vient de lui offrir une winchester 22 long rifle. Sa grand-mère l’étouffe. Al rêve de liberté. Sa grand-mère l’étouffe.22 novembre, JFK est assassiné et Al, dans l’anonymat total, passe à l’acte. Sa grand-mère ne l’étouffera plus. Et son époux ne tardera pas à la rejoindre. Al fuit et contacte son père :-« P’pa, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est que j’ai tué grand-mère. La mauvaise c’est que j’ai tué aussi grand-père. Je t’avoue que c’était pour lui éviter la peine de voir grand-mère morte. » Empathie, quand tu nous tiens !S’en suivent cinq ans d’internement en asile psychiatrique. Puis, la liberté. Enfin. Al réussira t’il à combattre ses propres démons ? Et si l’envie de tuer était plus forte ? Personnage inspiré par le tristement célèbre Ed Kemper, Al Kenner aurait pu faire partie des êtres d’encre et de papier qui ont jalonné mes errances littéraires. Oui mais voilà... Il lui manque, à mon sens, ce petit quelque chose qui aurait fait de lui un souvenir pesant, cette profondeur hallucinatoire que l’on ne trouve que rarement. Avenue des Géants demeure cependant un roman bien construit, une peinture un brin acerbe de l’Amérique bigarrée des années 60 marquée par le conservatisme et la contre-culture. Si je n’avais lu auparavant Un Tueur sur la route de James Ellroy, j’aurais certainement apprécié ce roman à sa juste valeur. Al Kenner manque, selon moi, cruellement de relief à côté de Martin Plunkett, créature abominable, torturée et calculatrice engendrée par le brillant James Ellroy. Preuve en est qu’il ne suffit pas de mesurer 2.20 m pour faire partie des géants. Rebelde

Rebelde
04/11/13
 

J'avoue n'avoir pris ce livre en main que parce qu'il était signé de Marc Dugain, auteur que je lis systématiquement et que j'admire, entre autres, pour le choix de ses sujets, forts et décalés.C'est une nouvelle fois une grande réussite! Marc Dugain nous fait pénétrer dans l'univers désaxé de Al Kenner, tueur en série d'au moins 10 personnes. Il nous fait ressentir cette sensation étrange d'être dans la tête de Al, de ressentir sa souffrance et d'être si proche d'adhérer à son raisonnement et à son auto-analyse. Conscient de l'atroce issue (ou absence d'issue...) de sa propre vie, Al Kenner semble en effet se regarder agir, enfermé en lui-même et brisé par l'absence d'amour et la dureté de sa mère.Un grand livre sur le gouffre de l'âme humaine et la destruction d'un homme jamais aimé et qui ne peut donc en retour jamais aimer.

pwall59
17/09/12
 

Al Kenner, sexagénaire, vit en prison. Le récit qu'il fait de son enfance et de sa jeunesse alterne avec celui de ses rencontres périodiques avec une femme qui lui rend visite. Al est très intelligent mais il semble avoir éprouvé pendant toute sa vie des difficultés relationnelles avec les autres, difficultés dont il a conscience, qu'il cherche à comprendre, et qui l'ont visiblement conduit dans cette prison.Le portrait psychologique de ce personnage hors normes est brillant, à tel point qu'on arrive à le trouver sympathique en dépit de ses actes. L'histoire est loin d'être banale et réserve des surprises d'un bout à l'autre de l'ouvrage, et ce dans un style agréable.Le livre est ponctué de réflexions intéressantes sur la société américaine des années 1970, marquée par les conséquences de la guerre du Vietnam et par le mouvement hippie (ici présenté manière très négative mais drôle, ce qui atténue un peu la gravité du reste des propos).Un excellent roman, émouvant et terrible. Apikrus

Apikrus
01/02/16
 

Glaçant ! Encore un sujet choc pour le dernier livre de Marc Dugain puisqu’il s’est approprié la vie d’Edmund Kemper qui fut l’un des tueurs en série les plus cruels de l’histoire des Etats-Unis. Rebaptisé Al Kenner pour les besoins du livre.C’est un adolescent traumatisé par le divorce de ses parents et les mauvais traitements infligés par sa mère déséquilibrée. Tout est hors norme en Al : L’intelligence, puisqu’il a un QI supérieur à celui d’Einstein, la taille, il mesure 2,20m. Rejeté par ses parents il étouffe chez ses grands parents qui l’ont recueilli à contre cœur. Il suffoque tant dans cet environnement destructeur qu’il les tuera, selon sa logique pour survivre et dira alors « c’était eux ou moi. »Placé en hôpital psychiatrique, il fera annuler son casier judiciaire, parce qu’il travaillera avec les médecins tant son intelligence est éclatante, et réussira tout les tests.Il se liera d’amitié avec un policier et sa fille. Car malgré la monstruosité de ses crimes, il demeure un jeune attachant, c’est un être en souffrance en quête d’un impossible amour maternel, d’une lucidité extrême. Dont la vie inspire crainte et pitié. Le roman de Marc Dugain est une grande réussite, on est aspiré par la spirale de cette tragédie qui n’est pas seulement celle d’un homme, mais aussi celle d’un pays, l’Amérique des années 60, celle de l’assassinat de J.F.Kennedy, cette époque bizarre où ont lieu toutes les mutations, où le meurtre est légal au Vietnam. Et où ceux qui en reviennent sont brisés. Suicidaires ou dangereux.Sous l’écriture fluide et sans apprêt, très travaillée, le lecteur approche un être fascinant dans l’horreur. Marc Dugain confirme par ce livre son intérêt pour les personnages décalés, mais ce roman puissant et captivant nous permet aussi de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Le jour de l'assassinat de JFK, Al Kenner tue ses deux grands-parents.Marc Dugain s'est inspiré d'un personnage réel pour retracer le parcours d'un adolescent perturbé au QI supérieur à celui d'Einstein. Je ne suis pas attirée par les histoires de serial-killer et je suis même mal à l'aise en constatant souvent la fascination morbide qui les entoure. Elle me fait penser aux attroupements de foule devant les accidents de la route.Si j'ai entamé ma lecture avec quelques réticences, j'ai rapidement été conquise par le style et la sincérité de l'auteur. Même si je n'adhère pas entièrement à la pratique de baser son roman sur de faits réels – la frontière avec le documentaire étant parfois trop mince, l'appellation "roman" devenant alors une protection juridique – j'ai été réellement épatée par la construction narrative de Marc Dugain. Avenue des Géants est avant tout une immersion littéraire dans un esprit dérangé.L'analyse est profonde. Les liens familiaux crépusculaires, une mère toxique, un père défaillant. L'échec du système judiciaire et pénitentiaire. La non-reconnaissance des victimes, la banalisation de la violence, la lutte contre les pensées qui rongent. La différence entre potentiel intellectuel et intelligence.Percutant, crépusculaire, obsédant. Sans complaisance ni voyeurisme, Marc Dugain possède assurément l'art de laisser une empreinte durable sur le lecteur.

Theoma
19/03/14
 

Al Kenner est un adolescent atypique. Géant de près de 2,20 m ayant un QI “supérieur à celui d’Einstein, il a 15 ans lorsqu’il tue froidement ses grands parents paternels. Lorsque l’expert du tribunal diagnostique une schizophrénie paranoïde, Al est interné à l’hôpital psychiatrique d’Etat d’Atascadero où il sera soigné pendant 5 ans avant d’être libéré… Les tueurs en série sont très souvent source d’inspiration pour les écrivains, les scénaristes. Savant mélange de réalité et de fiction, “Avenue des Géants” n’entre certes pas dans la catégorie des thrillers.. Même si le personnage d’Al Kenner se nourrit très largement de la biographie d’Ed Kemper, surnommé l’ “Ogre de Santa Cruz”, l’originalité de l’auteur est de se placer dans l’esprit d’un tueur et d’essayer d’en deviner le cheminement, les tourments mais aussi l’intelligence. Road-movie à l’américaine mais aussi décryptage d’une époque, “Avenue des Géants” ne fait pas le procès de la justice américaine qui, manipulée par l’intelligence de Kenner, réhabilita le tueur sans autre forme de procès. Point question non plus de tomber dans la caricature du tueur en série, point d’excès d’hémoglobine ou de scènes violentes, Marc Dugain nous livre le portrait d’un homme attirant la sympathie de ses interlocuteurs...mais jusqu’à quel point?“Avenue des Géants” est de ces livres que l’on ne lâche pas si facilement. J’ai d’ailleurs attendu quelques temps avant de pouvoir écrire cette chronique. Je ne vous cacherai pas que ma découverte de ce roman fut le fruit du hasard et je remercie ma libraire de me l’avoir mis entre les mains. Une question se pose à moi quelques semaines après avoir terminé ma lecture: Comment l’auteur a-t-il pu se désimprégner de ce personnage une fois son manuscrit achevé? Comment sortir indemne d’un tel travail d’écriture? Un exercice difficile mais une vraie réussite. Je le recommande vivement!

Francoise74
02/02/14
 

Basé sur un fait divers véridique, "Avenue des géants" nous narre la longue (psych)analyse d'un esprit malsain, rongé par de mauvaises pensées mais que son QI très élevé pousse toujours vers la justification. A l'aide d'un psychothérapeute, l'adolescent revient sur son passé, son enfance, la façon dont il a été élevé par ses parents, à la recherche d'une explication qui l'a conduit à abattre froidement ses grands-parents. Une manière d'appréhender un pur esprit psychothique, pourtant brillant, mais incapable de la moindre empathie envers autrui. Le texte de Marc Dugain est dérangeant parce qu'il se tend, si ce n'est à justifier les actes du tueur, à essayer de comprendre cet alchimie du mal... On en revient donc à son enfance, anarchique, violente, avec des modèles familiaux instables et écrasant pour un enfant. On entend souvent dire que les tueurs en série ont vécu un traumatisme dans leur enfance, ce qui est le cas dans une grande majorité, mais c'est aussi très réducteur de le ramener à cette seule explication. Le problème se situe dans le cerveau, ces êtres étant des sociopathes qui ne ressentent pas les émotions habituelles chez l'Homme. A travers cette biographie romancée d'Al Kenner, l'auteur se met à la place du tueur à partir de son premier meurtre, qui va le faire basculer, jusqu'à son devenir de tueur en série. L'exercice est intéressant, prenant d'une manière un peu malsaine car fascinante par certains côtés. Il y a toujours ce côté entre deux-eaux, entre la description d'une psychée pervertie et misanthrope qui fait froid dans le dos, et la façon dont a été brimé Al Kenner, qui nous fait ressentir de la compassion pour l'enfant qu'il fut. Au fur et à mesure du roman, on se rend peu à peu compte sue l'on est en présence d'un sociopathe qui ne ressent ni culpabilité, ni empathie, sentiment qu'il n'arrive même pas à appréhender. En gros chaque individu qui se dresse sur son chemin est vu comme un frein, un obstacle qu'il faut éliminer pour aller de l'avant. Pire, Al Kenner se complait dans ses humeurs noires, car comme il le dit lui-même, si on lui enlève ça, que lui reste-t-il sinon un vide ? Rien ne le touche, rien ne le passionne. Son physique atypique le rend différent. J'ai eu un peu de mal à me faire au rythme du récit, qui passe sans transition d'une époque à une autre, en changeant de registre. On passe d'un "je" à un "il" à chaque fois que l'on saute entre passé et présent, sans cheminement dans les pensées, du coq à l'âne. Dommage car ça casse le rythme du récit... Bref, un exercice intéressant mais dérangeant, qui peut amener à choquer selon la façon dont on le lit. A ne pas mettre entre toutes les mains.

nymeria
18/12/13
 

Audiard disait : « Quand les types de 130 kilos disent certaines choses , les types de 60 kilos les écoutent « .Al Kenner a tout du colosse ! Véritable tour de contrôle de 2,20 m dépassant allègrement le quintal , il est de ces personnages qui attirent immédiatement une certaine camaraderie de complaisance à défaut d'une camaraderie certaine ! Ajouter à cela un QI supérieur à celui d'Einstein et vous aurez une idée assez précise de ce que fut l'un des sérial killer Américain les plus redoutables qui défraya la chronique dans les années 60 ! Alors , n'y voyez aucune poltronnerie de ma part à hésiter vouloir émettre un avis négatif à son encontre mais juste un instinct de survie bien légitime suscité par un éclair de lucidité aussi rare que salvateur ! Car en effet , en plus de ses caractéristiques hors norme , le p'tit Kenner possède un hobby des plus atypiques . Là où la majorité d'entre nous - alors jeunes fous-fous en mal de sensations fortes - se bornaient à pratiquer assidument le colin-maillard sur champ de mines voire la marelle pieds joints en diagonale , le gars Al , lui , à ses nombreuses heures perdues , dessoudait , disséminait , flinguait , éparpillait façon puzzle ! Beaucoup . Trop .Dugain - aucun lien de parenté avec notre Michel national et son big bazar , encore qu'avec Al...- , se fend d'un exercice littéraire peu commun . En effet , se basant sur la véracité historique du tristement célèbre Edmund Kemper – rebaptisé Al Kenner pour l'occasion - , l'auteur prend le pari de nous immerger corps et âme dans ce qui aurait pu être la substantifique moelle de cet être aussi monstrueux que fascinant ! Il eut tout aussi bien pu l'intituler : moi , Al Kenner , tueur en série , ma vie , mon œuvre .Majoritairement avéré , ce récit pourtant fictionnel est une réussite totale ! Sans véritablement faire dans le sensationnel et le gore , Dugain se focalise sur le pourquoi du comment du Pont de Ligonnès ! Une enfance pervertie aux cotés d'une mère castratrice , le passage incontournable par la case " viens ici petit animal que je te décapite gentiment " , les premiers émois sanguinaires...Dugain fait dans l'authentique , s'assurant , du coup , de la crédibilité de son œuvre en devenir . Portrait magistral d'une Amérique en guerre ou tuer au vietnam devient un devoir national alors que , parallelement , le mouvement hippie contestataire essaime à tout vent , il fascine de par son approche intellectuelle et délivre un bouquin inclassable à fort relent d'improbable possibilité .Belle écriture , beau bouquin , bon moment ! Avenue des Géants , véritable boulevard littéraire !

TurnThePage
01/11/13
 

L'écriture de Marc Dugain est à ici à son apogée. C'est vraiment un plaisir de le lire:Les deux flics ont posé avec moi comme Hemingway devant un espadon de deux mètres pêché au gros.Al est un personnage très intéressant dans sa complexité. Il est sincère et dit d'ailleurs qu'il ne fait pas confiance aux gens dont le métier est de mentir, il parle des acteurs, pas des politiciens. Les faits qui vont émailler ce récit sont très durs et pourtant, on sourit souvent. Quand Al tue ses grands-parents, ils se dénonce mais personne ne veut le croire. Il faut dire que ce jour-là, un évenement fait pleurer l'Amérique: JFK vient d'être assassiné. Le roman n'est globalement pas insoutenable mais les dernières pages sont vraiment dures. Il nous parle aussi très bien de ces années hippies, très loin de l'idéal du narrateur. http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
13/10/13
 

Al Kenner, adolescent mesurant 2m14 et possédant un Q.I supérieur a celui d'Einstein, assassine ses grand parents le même jour qu' Harley Lee Osvald tue John Fitzgérald Kennedy. Diagnostiqué schizophrène et jugé irresponsable de ses actes, il se voit placé en hôpital psychiatrique pour être soigné et pouvoir être réinséré. Il devra apprendre a lutter contre le mal qui l'habite et a repousser ses pensées morbides.Roman tiré d'une histoire réelle ou plutôt d'un personnage réel puisque derrière Al Kenner , l'auteur nous raconte l'histoire romancé d'Ed Kemper tueur en série. Ou plutôt il nous plonge dans sa tête depuis son premier double assassinat , celui de sa grand mère et de son grand père jusqu'à sa condamnation a perpétuité. Une plongée en eaux troubles menée avec une maîtrise parfaite et qui restitue parfaitement l'ambiance de cette Amérique des années 60. Le personnage est hors norme du fait de sa taille, de son poids et de son intelligence et l'on assiste a ses combats intérieurs contre ses pulsions meurtrières auxquels il doit résister . Il est capable de comprendre et d'analyser son mal mais il a beaucoup de difficultés,du fait d'une apathie mentale, a y remédier. La question qui se pose en filigrane lors de la lecture de ce livre étant : "Est-on tueur en série a la naissance ou le devient t' on ?" et pour laquelle l'auteur penche pour la deuxième solution. C'est le portrait sans complaisance d'un tueur en série dans lequel l'auteur n'essaie pas d'excuser ses meurtres mais de comprendre pourquoi il est passer a l'acte. L'autre grand intérêt de ce livre est le portrait de cette Amérique des années 60 où le mouvement pacifique hippie ou beatnik se développe en réponse a cette guerre du Vietnam qui n'en finit pas de tuer. Un mouvement qui fait souffler un vent de liberté (idéologique et sexuelle) sur une Amérique conservatrice et qui espère révolutionner le monde pour le changer pour en faire un meilleur.Un livre passionnant sur un sujet complexe et une époque en pleine mutation. Ma note 8/10.

Zembla
09/10/13
 

Edmund Kemper, 2,10 m, 130 kg, un QI qui serait supérieur à celui d’Einstein et un CV qui fait frémir… Un monstre… Edmund Kemper est un tueur en série américain, un personnage de chair et d’os dont Marc Dugain s’est inspiré pour ce roman. Un roman dérangeant, puisqu’il relate en la romançant la vie de cet homme. Il a au moins 8 meurtres à son actif, en commençant par ceux de ses grands-parents et en terminant par celui de sa mère, dont il a joliment truffé la tête de fléchettes avant de la poser en décoration sur le rebord de la cheminée… Marc Dugain met en scène Al Kenner, qui présente de très nombreuses similitudes avec Ed Kemper. Pauvre enfant traumatisé par le divorce de ses parents, par sa mère à moitié dingue. Jeune solitaire qui s’occupe en décapitant les animaux, aime les guillotines et tout ce qui est sanglant et violent. Il sera interné, puis libéré, ayant été décrété sain d’esprit. Il parcourra sa région à moto, sera refusé à l’armée et ressemblera –presque- à monsieur Toulemonde, à un homme normal, un voisin juste un peu distant. Sauf qu’il n’aime pas les hippies qui inondent le pays, ni les filles qui le prennent de haut, et encore moins celles qui lui rappellent sa mère… L’auteur brosse le portrait de cet homme, mais à travers ce roman, c’est aussi celui de l’Amérique qui défile sous nos yeux. Une Amérique en pleine mutation, qui se cherche sans vraiment se trouver et dont la jeunesse est un peu paumée, tandis que les ainés tentent tant bien que mal de se remettre de la guerre du Vietnam. Un pays fascinant. Et à mon goût bien plus intéressant que ce serial killer qui n’est ni attachant ni terriblement angoissant et dont la personnalité m’a paru plutôt banale, même s’il tue bon nombre de ceux et celles qui se mettent sur son chemin. On l’aurait presque voulu plus méchant et sanguinaire… Ou alors c’est moi qui lis trop de thrillers… Une déception pour cet auteur dont j'attendais beaucoup mieux. Liliba

liliba
06/10/13
 

Au coeur du mal S’inspirant de la vie d’un tueur en série célèbre, Marc Dugain nous met dans la peau d’un être que hante la solitude et que dévore la haine de sa mère. Dès sa mise au monde, Al Kenner est rejeté, maltraité avec une cruauté inouïe par sa génitrice. Sa prison mentale fait de lui un être froid, mu par une intelligence prodigieuse qui ne pourra pas le sauver de ses démons. Au fil du récit, les années qui ont vu la libération de la jeunesse au Etats-Unis sont dépeintes par Kenner, géant redoutable et froide machine à tuer. Le ton est objectif, l’auteur ne cherche ni à choquer ni à éveiller une quelconque commisération pour son personnage et nous entraine dans un maelström glaçant vers une fin terrifiante.

- - - Pépite !Né aux Etats-Unis en 1948, Al Kenner est le fils non désiré d'un couple mal assorti. Après le divorce parental, il se voit confier à ses grands-parents à l'adolescence. La grand-mère est castratrice, exigeante, et le grand-père ferme les yeux pour ne pas avoir d'ennuis avec sa redoutable épouse. Ces environnements destructeurs conduisent Al à l'irréparable à quinze ans. Il échoue alors à l'hôpital psychiatrique, où il est suivi par un médecin d'une grande sensibilité, aux paroles sages, apaisantes, déculpabilisatrices... On comprend vite que ce séjour sera suivi d'une longue incarcération, puisque le récit de la jeunesse d'Al alterne avec des visites d'une femme au parloir, alors qu'il a plus de soixante ans.Brillant roman ! Parfaitement construit, riche en réflexions et dialogues pertinents, au contexte socio-politique passionnant. Un personnage hors du commun, de par sa stature, son intelligence extraordinaire et son prétendu 'manque d'empathie'. Il apparaît tout aussi fascinant et émouvant que dérangeant et répugnant. On découvre peu à peu toute l'horreur de son enfance, qui explique ses comportements surprenants et excessifs - envers les femmes en général et sa mère en particulier, mais aussi son dégoût du mouvement hippie, son attirance pour la guerre du Vietnam... Le malaise croît au cours du récit : comment Al en est-il arrivé là ? L'auteur nous y amène subtilement, après avoir fait germer quelques doutes. Et le final est époustouflant, bouleversant, terrifiant.Cette lecture choc (un de mes coups de coeur 2012) m'a rendue impatiente de découvrir les autres ouvrages de Marc Dugain.[l'idéal est de ne rien savoir de la trame et du personnage avant de découvrir cet ouvrage, pour qu'il revête toute la puissance qu'il mérite] Canel

Canel
25/06/13
 

Quelle performance d'auteur que celle de Marc Dugain ! Réussir à nous faire entrer dans la tête de ce tueur, nous faire éprouver presque de l'empathie pour lui, et dans le dernier chapitre, ressentir la terreur des victimes dans leurs derniers instants.Cet homme n'a su trouver sa place nulle part : ni dans les communautés de hippies qu'il exècre, ni dans l'armée ou la police qui n'ont pu l'accepter à cause de son physique. Rejeté par sa famille, rejeté par la société. Est-ce cela qui en a fait un tueur, ou bien est-ce dû à des psychoses liées à une intelligence hors norme ? Est-ce que l'on naît dangereux, ou bien le devient-on à cause de notre environnement ? Quelles prédispositions faut-il avoir pour devenir un tueur en série ?La souffrance des autres est la seule source d'exaltation et de bonheur que peut éprouver cet être sans aucune empathie.Au fil des pages, on découvre le machiavélisme du tueur, sa façon de penser si particulière, sa façon de détester les autres. On comprend qu'il puisse haïr sa mère, si cruelle avec lui, n'éprouvant aucun amour pour ce fils hors norme, ce jeune homme qui inspire la peur rien qu'avec un regard, une attitude. Il est conscient de son incapacité à se fondre dans la société. Sa façon de se mentir à lui-même, de taire ses meurtres que l'on découvre à la fin du roman, même si on le sait déjà. Voir sa cruauté et sa volonté de se faire arrêter.Par moment, il est vrai qu'on en arrive presque à le plaindre, on a envie que quelqu'un puisse l'aider. D'ailleurs, Marc Dugain, au travers du chef de la Police Duigan, tente une approche plus humaine du personnage.L'anagramme que l'auteur fait de son nom montre aussi son investissement, son implication dans cette histoire, à quel point il s'est fondu dans le monde du tueur.J'ai aussi apprécié la vision de Marc Dugain de la société américaine des années soixante, ce décalage entre les jeunes enrôlés dans la guerre du Vietnam et les autres qui prônent l'amour libre. Ces jeunes américains, enfants des soldats de la Seconde Guerre mondiale revenus glorieux de ce conflit, doivent reprendre une vie après une guerre sans issue et qu'une partie de la société américaine rejette, en particulier leur génération.Encore une fois, bravo à M. Dugain, qui nous fait atteindre les tréfonds d'une âme humaine tourmentée.

CaroMleslivres
24/05/13
 

Al Kenner est un enfant maltraité par sa mère qui le pousse à dormir dans la cave à côté de la chaudière. En grandissant, il révèle très vite un coefficient intellectuel supérieur à la moyenne. Cependant, cet ado de 2,20 m rejeté des siens va être conduit à commettre l'irréparable et assassiner ses grands parents le jour de la mort de Kennedy. Sa vie s'en trouvera bouleversée à jamais. La société le jugera irresponsable et le fera interner dans un hôpital psychiatrique avant de le relâcher et de le réhabiliter. De son côté, il n'aura de cesse de lutter contre le mal qui l'habite et ses mauvaises pensées ...Marc Dugain a su tracer avec une réalité surprenante le portrait psychologique d'un tueur en série. Il faut savoir qu'il s'est inspiré d'une histoire vraie, celle de ED Kemper, comme source d'inspiration. Autant dire que j'ai été totalement happée par l'histoire et je ne vous parle même pas de la fin époustouflante ... Les quelques longueurs m'empêchent juste d'en faire un coup de coeur ...Ce livre nous apprend beaucoup sur la société américaine des années 60, le mouvement hippie et le pacifisme qui se heurtaient à certaines mentalités plus conservatrices. Mais plus qu'un portrait de la société c'est surtout celui de Al qui m'a passionné. L'auteur a réussi la gageure d'en faire un personnage presque sympathique malgré les horreurs commises ...J'ai aimé la lutte de cet homme contre la perversité de sa mère qu'il faisait tout pour fuir mais que les circonstances de la vie l'obligeaient à côtoyer Cette femme qui a fait de lui le tueur dénué d'empathie qu'il était devenu. Sa lutte pour comprendre et soumettre le mal qui l'habitait en étudiant la psychiatrie. Son envie d'être monsieur tout le monde pour finir par se heurter au mur de la seule personne qui l'en empêche ... Cristie

cristie
22/04/13
 

Marc Dugain s'est inspiré d'un vrai tueur en série pour écrire son roman : Edmund Kemper. Alors pourquoi parle-t-on seulement d'inspiration, plutôt que de biographie ? Honnêtement, j'en sais rien, vu que c'est bel et bien l'histoire de l'américain, telle qu'on la connait. Je suppose que ça doit tenir à une question de droit, l'auteur français n'ayant pas dû avoir d'autorisation officielle pour écrire une biographie, ou n'ayant pas rencontré le tueur. Je trouve ça un peu dommage...D'abord, j'ai eu un souci avec la narration. Les chapitres concernant le vieux Al sont écrits à la troisième personne du singulier, puis ceux à propos du jeune à la première personne. Et dans ses premières années en hôpital psychiatrique, qui correspond à un tiers du roman, le texte se compose principalement de dialogues dans lesquels Al raconte sa vie à son médecin. Au final, on a trois modes de narration différents pour un même personnage et un même récit.C'est assez déroutant et gêne la lecture pendant un moment, jusqu'à ce qu'Al quitte l’hôpital, en fait.,et qu'on arrête les monologue du narrateur sous forme de dialogue.Ensuite, j'ai eu un souci avec certains propos. Les personnage est un tueur en série qui a assassiné sauvagement plusieurs femmes avant de les violer (A noter qu'Edmund Kemper continue de nier ces derniers faits). Il a commis son premier meurtre à l'âge de 15 ans, sur sa propre famille...Pourtant aujourd'hui, cet homme prêche la non-violence dans les écoles, fait la lecture aux aveugles, écrit des livres et dispose de certains avantages. Cet homme a tué et il en est récompensé. Là, c'est une conviction personnelle que j'exprime, qui n'a rien à voir avec le livre puisque l'auteur ne fait que rapporter des faits réels. Ce qui m'a gênée dans le récit, c'est que j'ai eu l'impression que l'auteur tentait de lui trouver des excuses, de trouver des justifications à ses actes.Enfin, l'histoire est assez ennuyeuse. On suit un homme qui n'éprouve aucune émotion, qui ne fait pas grand chose de sa vie et qui parle peu. L'auteur essaie de nous présenter son personnage comme un homme en souffrance, une coquille vie qui souffre de son manque d'empathie et lutte contre des pensées perverses. Malheureusement, rien n'est développé, rien n'est détaillé. Marc Dugain reste trop en surface. On ne sait même pas ce que sont ces mécanismes de défenses pervers dont le narrateur ne cesse de nous parler.Et Al Kenner a beau être un tueur, nous n'assistons à aucun meurtre : autrement dit, il ne se passe rien, le spectateur est simple spectateur du vide.La fin relève un peu le récit dans ce qu'elle oppose le personnage creux et vide qu'on a suivi tout au long du récit à la violence et la perversité de ses meurtres révélés comme un cheveu sur la soupe à la fin du roman, mais cela ne suffit pas à susciter l'intérêt du lecteur pour un récit lent et insipide.

Aidoku
16/01/13
 

(...) Adolescent, Al a tué ses grands-parents le jour de l'assassinat du président Kennedy, qui lui "vola la vedette". J'étais très impatiente de lire ce roman, mon premier Dugain,- inspiré de faits réels- et même si je n'en fais pas tout à fait un coup de coeur, (mais un coup au coeur, ça c'est sûr) il est certain qu'"Avenue des Géants" est un livre qui frappe fort. Par sa construction(...) Une Comète

Unecomete
16/12/12
 

Tueur grand format Al Kenner est emprisonné depuis de longues années. Il reçoit régulièrement la visite de Susan qui lui apporte des livres qu’il enregistre pour les mal-voyants. Mais Al est aussi écrivain, il raconte sa vie et veut faire publier son livre. On y découvre un adolescent perturbé qui assassine ses grands-parents le jour où Oswald assassine Kennedy, lui volant ainsi la vedette. Après un passage en hôpital psychiatrique, il est relâché et va peut-être réaliser son rêve : rentrer dans la police. Un parcours incroyable pour cet homme qui va réussir à tromper tout son entourage. Un grand roman.

Comme il est simple de tuer, finalement. De façon autorisée avec la guerre du Viet Nam ; de façon délictuelle lorsque l'on tue ses grands-parents. C'est là que la vie d'Al bacsule.L'auteur nous la raconte sous le "je", celui sous lequel se cache l'identité du tueur. Un tueur qui se voile la face sur ses crimes, mais pas sur sa personnalité (il est capable de reconnaître que son mariage sera un échec avant même de se marier).La proximité entre l'enquêteur Duigan (/Dugain) et le tueur m'a fait frissonner, le terrible Al allant jusqu'à demander la main de sa propre fille. De là se pose la question de la proximité de l'écrivain avec son sujet. En sortira-t-il sain d'esprit ?...Revenons à Al : comme un moustique sachant que la lumière va le tuer, Al ne peut s'empêcher de revenir voir et même habiter chez sa mère.Un tueur froid et calculateur qui courrait encore si il ne s'était pas dénoncé.Mais au moins, il a fait avancer la recherche sur les tueurs en série....L'image que je retiendrai :Celle d'Al Kenner qui, grâce à ce qu'il a appris sur la psychologie, aide la police à trouver un autre tueur en série, qu'il retrouvera en prison plus tard. Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
30/11/12
 

Ce roman est tout simplement magistral, il vous emporte dès les premières lignes et il vous reste dans les mains et même dans la tête quand vous ne lisez pas. En tous cas c'est ce qui m'est arrivé.Tout d'abord ce roman est très bien écrit dans un style recherché mais pour autant très facile à lire. Il y a certes très peu de dialogues mais l'auteur a su rendre la lecture très fluide et intéressante ce qui empêche tout sentiment d'ennui. Il n'y a aucune longueur et le tout est très cohérent.Le personnage principal, Al Kenner, 15 ans, 2m20, 130 kg, un QI supérieur à celui d'Einstein, est tout simplement envoûtant. Dès les premières pages, la façon dont l'auteur nous le décrit et le fait parler me l'a rendu très attachant et dès les premières pages je lui ai trouvé des excuses. Certes il tue sa grand-mère parce qu'elle l'énerve et qu'elle est méchante avec lui et il en rajoute une couche en tuant son grand-père dans la foulée mais uniquement pour qu'il ne soit pas malheureux en découvrant son épouse décédée. Je sais c'est mal mais par les explications que l'auteur nous donne sur ses relations avec sa mère, sur ce qu'il a subi dans son enfance on arrive à comprendre qu'il puisse être habité par une colère qui le pousse à commettre des actes horribles. On sent bien aussi sa volonté d'être "normal" et de vivre comme tout le monde, de rencontrer l'amour et de tout faire pour devenir (ou donner l'impression d'être) quelqu'un de bien.Ce roman plonge le lecteur dans la tête d'un tueur, permet de voir les choses de son point de vue avec sa logique et son interprétation des évènements.On a l'impression d'avoir face à nous deux Al, le méchant, le tueur froid et implacable d'un coté et de l'autre l'adolescent tourmenté qui tente de donner un sens à sa vie, de la rendre semblable à celle de tout un chacun et s'accroche à sa mère malgré tout, essayant de comprendre pourquoi elle le déteste. L'auteur nous donne également une vision la société de l'époque avec l'émergence du mouvement hippie qui réclame une autre société que celle qui applaudit ses soldats pour les meurtres commis au Vietnam.Ce roman est un bon thriller, la tension est palpable et même si la fin ne m'a pas surprise ce fût un excellent moment de lecture qui m'a touchée et c'est avec une petite pointe de tristesse que j'ai refermer ce roman et laisser Al à son triste sort.Bref, ce roman est un très grand roman qu'il faut lire absolument. Tigrou4145

Tigrou4145
24/11/12
 

Al est un être coincé. Il a passé toute son enfance au fond de la cave familiale, près de la chaudière. Depuis tout petit, sa mère le voit comme un tueur en puissance. C’est d’ailleurs pour tuer le diable en lui qu’elle l’a remisé dans les tréfonds de la maison. Mais cette réclusion ne suffira pas : à 15 ans, Al abat ses grands-parents paternels. Quelques années d’hôpital psychiatrique s’ouvrent alors devant lui. Un temps pour lire, pour apprendre à se servir de son QI supérieur à celui d’Einstein. C’est ainsi qu’il parvient à duper une commission de psychiatres qui blanchit son casier judiciaire. Al n’a pas fini sa route, l’avenue des Géants, qui l’a vu choir, l’attend de nouveau…Marc Dugain dresse ici le portrait psychologique d’un tueur en série en lui donnant la parole. Il invite en somme le lecteur à un effort d’empathie, là où précisément, elle semble manquer à Al. Le portrait de cet être démesuré (d’abord par la taille) est effrayant, mais plus encore celui de sa famille. D’où la question cruciale que (se) pose Al : naît-on tueur ? Ou le devient-on pour réaliser la prophétie maternelle ? Ou encore est-on obligé de tuer pour supprimer, du même coup, cette prophétie qui annihile tout désir de vie ?Al est définitivement coincé au fond de ces paradoxes sur lesquels il s’est bâti. « Etre, c’est être coincé » (Cioran) : au final, être coincé jusqu’à la fin de ses jours au fond d’une cellule, en prison, c’est retrouver la cave de l’enfance, mais c’est aussi, peut-être, se libérer de soi et de ses tumultes qui empêchent de vivre et mènent au meurtre ?Au-delà du portrait d’un tueur, le roman invite à une réflexion sur la société américaine des années 60, l’impasse de la guerre du Vietnam, les illusions du mouvement hippie, l’éloge de la route au fil d’espaces démesurés, à l’image de l’avenue des Géants. Seraphita

Seraphita
27/10/12
 

Marc Dugain est décidément à mes yeux un grand auteur, capable de nous faire pénétrer la psychologie de ses personnages, aussi bien dans La Chambre des Officiers, une Exécution Ordinaire, la Malédiction d'Edgar. Il nous conte dans ce livre l'histoire d'un tueur poussé par ses angoisses, son passé, l'absence de relation avec sa mère, l'absence d'amour de celle-ci.On s'attend au pire dès les premières pages. Un livre que j'ai pris parce qu'il était de Marc Dugain et que je n'ai pas lâché .

JPV11
26/10/12
 

« L’homme ne nait pas bon pour être ensuite corrompu par la société. C’est un reptile poursuivi par une civilisation à laquelle il essaye en permanence d’échapper. »Il y a les ouvrages qui ne m’inspirent pas ; le sujet, sans aucun doute qui fait barrage. Avenue des géants est de ceux- là : remarqué, approuvé, mais…rien à faire, il fait peur !! Et hasard, il m’est arrivé un peu par obligation. Je l’ai ouvert, à reculerons, au dernier moment….et je ne l’ai pas lâché…. Comme quoi !!!Marc Dugain se met dans la peau d’un type dont on voudrait pour rien au monde croiser le chemin, ni même pour celui de vos pires ennemis.Librement inspiré d’une histoire vraie, celle du monstre (au propre comme au figuré d’ailleurs) Ed Kemper, Al Kenner dans le livre, Avenue des géants décortique, dissèque par le mot, et le style la personnalité profonde de Al Kenner. Nous sommes aux USA, juste après l’assassinat de Kennedy ; nous traversons la décennie « peace and love », celle des communautés hippies, de la contre- culture, la période qui marque le retour des vétérans du Vietnam ….A quelques exceptions près, c’est lui, qui s’exprime. Ce « Je » donne une dimension particulière, et, surtout une légitimité à cette histoire qui ne laisse pas indemne, et laisse son lecteur scotché. Formidablement écrit, Marc Dugain, s’attache à faire parler son personnage, sans chercher à le dédouaner, ni à l’accabler d’avantage. Personnage cynique, monstre froid, dénué d’empathie, et du moindre amour, Kenner passe son enfance entre un père effacé, malade de ne pouvoir se comporter en homme et qui finira par déserter le foyer, et une mère violente, et castratrice, elle-même habitée par ses propres démons hérités d’une enfance chaotique. « Je suis la première femme à avoir fait une fausse couche menée à son terme. »« J’aurais eu un fils mongolien, ce ne serait pas pire. Mais qu’est-ce que j’ai fait à Dieu pour mériter une pareille punition ?» Sur cette mère qui n’a pas l’once d’amour pour son fils, ce dernier porte un regard tout aussi hostile et habité par le mal. Il recherche désespérément le père.Manipulateur à souhait, il réussit, durant un temps du moins, à tromper son monde pour mieux s’enfoncer dans sa monstruosité.L’humour macabre ajoute une touche angoissante supplémentaire à ce roman, pour prendre ainsi dans ses filets, et ce jusqu’à la dernière ligne, un lecteur terrifié par ce personnage, et subjugué par ce qu’en a fait Marc Dugain. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
24/10/12
 

Un monstre de plus dans la collection de Marc Dugain. Après Staline et Hoover, place à Edmund Kemper, tueur en série, auteur d'au moins 8 assassinats, dont ceux de ses grands-parents paternels et de sa propre mère. Dans son roman, Avenue des Géants, Dugain le rebaptise Al Kenner, lui donne dix centimètres de plus (2,20 m) que dans la réalité, mais le parcours sanglant qu'il décrit est bien fidèle à celui de cet homme qui vit toujours, entre les quatre murs d'une cellule d'une prison californienne. L'auteur, en optant pour le "je" dans la plus grande partie de son livre, plonge littéralement à l'intérieur de la tête du meurtrier, dans l'Amérique des années 60. Une descente aux enfers vertigineuse, depuis l'enfance perturbée d'un garçon aux prises avec une mère épouvantable, qui hait son fils et l'humilie -"Je suis la première femme à avoir fait une fausse couche menée à son terme" dit-elle à son sujet-, et sujet aux pires obsessions comme si le démon était entré en lui.Avenue des Géants est plus perturbant qu'un thriller dont il adopte les codes pour mieux les détourner. Le roman ne décortique pas les crimes successifs de son personnage, il les réunit dans les explications postérieures de Kenner, dans l'analyse effroyablement lucide qu'il en tire, des fantasmes à la jouissance du passage à l'acte. Certaines pages sont terrifiantes, non dans ce qui est montré, mais dans ce qui est suggéré. L'humour morbide, qui persiste jusqu'aux dernière lignes, rend le roman encore plus pervers et, il faut bien le dire, efficace. Une sorte de chef d'oeuvre du genre, aussi complexe et troublant que la personnalité de son héros. Ames sensibles, s'abstenir.

Edmund Kemper est né en 1948. Il devient célèbre à l’âge de quatorze ans en assassinant ses grands-parents. Interné dans un hôpital psychiatrique, il est libéré cinq ans plus tard. Il tuera alors six jeunes filles ainsi que sa mère et l’une de ses amies.Toujours incarcéré en Californie, il a inspiré Marc Dugain pour son dernier roman.Dans Avenue des Géants, il se nomme Al Kenner. Du haut de ses 2,20 mètres, il observe les Etats-Unis, la société qui l’entoure.L’intérêt du roman de Dugain est sans doute là. Il aurait pu écrire une oeuvre avec des descriptions sordides de cadavres, de meurtres, de mutilations. Non, les actes monstrueux commis par son personnage sont concentrés en quelques lignes. Pour le reste, on le suit soit dans sa vie passée alors qu’il essaie de gérer, ses démons, ses “mauvaises pensées” comme il le dit lui-même, soit dans ses séances de parloir où il retrouve une femme, Susan, dont on comprendra mieux la présence au cours du roman.Al Kenner, raconte comment il en est arrivé là. Il s’analyse méthodiquement. Doté d’un QI supérieur à celui d’Einstein, il ne laisse rien passer. Il commente ses faits et gestes, analyse ceux de ses proches. Comble, sa connaissance de la psychologie lui permettra même d’aider la police à arrêter un serial killer.On découvre les mécanismes qui se sont mis en place depuis sa petite enfance et qui l’ont conduit à devenir cet homme qui essaie en vain de s’intégrer, d’être normal. Il sent lorsque le Mal reprend le dessus, il lutte, s’abrutit d’alcool, de grands espaces.Son existence se replace dans le contexte des années 60 aux États-Unis et on suit cet homme en même temps qu’une société qui se cherche dans laquelle certains tentent de créer une nouvelle utopie.On est littéralement happé par les failles de ce personnage. On suit son parcours qui ne peut être que tragique. On assiste à la construction d’un être qui ne peut mener qu’à sa destruction.

garance29
16/07/12
 

Al Kenner a tout juste 15 ans, ce 22 novembre 1963, quand il abat ses grands-parents d'un coup de fusil. Malgré ses cinq années passées en hôpital psychiatrique, le jeune homme ne semble toujours pas conscient de la gravité de son acte et montre peu de remords. La seule à comprendre quel monstre se cache sous les traits de ce géant de 2m10 pour 110kgs semble être sa mère. Une mère avec qui il partage une relation des plus complexes entre haine et attirance. La seule à prévoir ce qui va se passer…En se basant sur un fait réel, Marc Dugain construit une intrigue haletante qui mêle le passé au présent par une mise en abyme. al Kenner est le romancier de sa propre vie. Ainsi, rien ne nous est caché mais il se garde tout de même bien de dévoiler son vrai visage avant la toute fin du roman. On en arrive presque à compatir et à comprendre cet homme qui n'a eu une enfance facile et qui depuis tente de se racheter en prison.Un très bon roman qui nous plonge dans la folie des années 60-70 ou la souffrance d'un homme et celle d'une époque meurtrie.

Nesss
21/06/12
 

"Romancer un personnage, c'est le trahir pour mieux servir ce que l'on pressent de la réalité.Du fond de sa prison de Vacaville, Ed Kemper pourra peut-être comprendre que je me sois approprié sa vie. Stéphane Bourgoin aussi dont le documentaire sur le tueur en série diffusé sur la chaîne Planète a déclenché mon envie de m'immiscer dans cet être complexe" Marc Dugain.Avenue des géants est un roman exceptionnel pour différentes raisons. Tout d'abord, ce récit d'un fait réel est clairement présenté et l'auteur mène une fine analyse psychologique pour expliquer le gestes de ce tueur. Malgré le caractère horrible du double meurtre de ses grands-parents, la folie est invoquée, puis les racines psychologiques de cet acte atténuent la responsabilité, si cela est encore possible. Ce qui permet de revenir sur des thèmes philosophiques de la nature de l'homme."l'homme ne naît pas bon pour être ensuite corrompu par la société."Au-delà du comportement individuel, l'auteur élargit son analyse à la responsabilité de la société. En cette période des années 60-70, où les atrocités au Vietnam sont "félicitées", quel meurtre est légitime. Face au gouvernement américain, les jeunes veulent fonder une nouvelle société (période hippie) pour se libérer des contraintes du couple, de la famille, du travail, de l'argent. Al Kenner réprouve ce laisser-aller, bien qu'il soit meurtri par le comportement de sa famille.Le troisième point fort du roman est sa construction. L'auteur part de l'environnement familial puis viennent les faits, l'analyse, la libération et la réhabilitation. Entre temps, il y a des paragraphes sur les activités littéraires d'Al, la soixantaine, toujours prisonnier et visité par Susan, une ex-hippie. L'auteur parvient ainsi à maintenir le doute, le suspense, l'envie de savoir comment Al va maîtriser sa vie.Cette analyse est une très belle réussite de Marc Dugain qui confirme son attrait et sa parfaite mise en scène de personnages complexes.

jostein
21/06/12
 

Avec ce dernier roman, Marc Dugain a atteint le sommet de son art. Pas facile de se mettre dans la tête d'un tueur en série intelligent et asociale. Et pourtant, on se laisse surprendre, comme si Al Kenner (en fait Ed Kamper) se tenait devant nous et racontait sa piteuse vie."A qui peut-on parler de cet ennui qui vous submerge du soir au matin, qui entame méticuleusement votre volonté au point de rendre toute action mort née?" se demande Al lorsqu'il tente de faire un premier bilan de sa vie. Mal aimé par une mère qui n'hésite pas dire à propos de la naissance de son garçon: "je suis la première femme à avoir fait une fausse-couche menée à son terme", rejeté par un père instable, Al démarre mal dans la vie. En guise de chambre, on lui offre la cave. En guise d'amour, on lui offre sarcasmes et rejet. Du coup, en grandissant, il développe un système de défense bien personnel: "non je ne suis pas fou. Non, je n'ai pas de psychose. Je n'ai pas eu d'autres choix que d'exercer des défenses perverses pour ne pas sombrer dans la folie". Ainsi, pour palier la béance absolue provoquée par la solitude et le rejet, il tue.L'auteur ne s'attarde pas sur les crimes. Ce n'est pas que c'est secondaire ou excusable, loin de là, mais il tente plutôt de trouver une explication rationnelle à ce qui ne l'est plus. Il établit le portrait d'un homme qui, très jeune, se sentait déjà mort, faute de ressentir un quelconque sentiment: "j'avais l'impression d'être déjà mort tout en continuant à vivre automatiquement sans qu'aucun de mes sens ne me procure une joie qui viennent me prouver que j'étais vivant." Dès lors, sa vie n'est qu'une longue fuite en avant dans laquelle sa mère, pourtant haïe, tient une place centrale:"c'est le genre de femme qu'on ne quitte pas (...) Si je m'éloigne d'elle, je prends le risque qu'elle m'obsède encore plus. Près d'elle, j'ai l'impression de la contrôler. Dès que je prends mes distances, elle reprend le dessus."On ressort de cette lecture avec la volonté de comprendre sans juger, partagé entre un sentiment d'écœurement pour les actes commis, et de tristesse pour cette enfance bafouée par des adultes irresponsables. Et enfin, surtout, on tourne la dernière page en se disant qu'on a lu un grand livre, très bien écrit, intelligent et profond. vivi

vivicroqueusedelivres
20/06/12
 

Glaçant ! Encore un sujet choc pour le dernier livre de Marc Dugain puisqu’il s’est approprié la vie d’Edmund Kemper qui fut l’un des tueurs en série les plus cruels de l’histoire des Etats-Unis. Rebaptisé Al Kenner pour les besoins du livre.C’est un adolescent traumatisé par le divorce de ses parents et les mauvais traitements infligés par sa mère déséquilibrée. Tout est hors norme en Al : L’intelligence, puisqu’il a un QI supérieur à celui d’Einstein, la taille, il mesure 2,20m. Rejeté par ses parents il étouffe chez ses grands parents qui l’ont recueilli à contre cœur. Il suffoque tant dans cet environnement destructeur qu’il les tuera, selon sa logique pour survivre et dira alors « c’était eux ou moi. »Placé en hôpital psychiatrique, il fera annuler son casier judiciaire, parce qu’il travaillera avec les médecins tant son intelligence est éclatante, et réussira tout les tests.Il se liera d’amitié avec un policier et sa fille. Car malgré la monstruosité de ses crimes, il demeure un jeune attachant, c’est un être en souffrance en quête d’un impossible amour maternel, d’une lucidité extrême. Dont la vie inspire crainte et pitié. Le roman de Marc Dugain est une grande réussite, on est aspiré par la spirale de cette tragédie qui n’est pas seulement celle d’un homme, mais aussi celle d’un pays, l’Amérique des années 60, celle de l’assassinat de J.F.Kennedy, cette époque bizarre où ont lieu toutes les mutations, où le meurtre est légal au Vietnam. Et où ceux qui en reviennent sont brisés. Suicidaires ou dangereux.Sous l’écriture fluide et sans apprêt, très travaillée, le lecteur approche un être fascinant dans l’horreur. Marc Dugain confirme par ce livre son intérêt pour les personnages décalés, mais ce roman puissant et captivant nous permet aussi de saisir l’humanité dans ses contradictions et ses excès.

16 ans, 2m20, 135 kgs, une mère alcoolique qui ne l'aime pas, un père qui le laisse tomber et une intelligence hors du commun, Al fera ses propres choix dans l'Amérique des années 60.Inspiré de l'histoire vraie d'un tueur presque attachant, voilà un roman qui vous saisit et ne vous lâche plus.Commencez-le, votre seul regret sera d'arriver à la dernière ligne.

Al Kenner est un adolescent qui  mesure 2 mètres 20 et qui possède un QI plus élevé que celui d’Einstein. Elevé par ses grands-parents paternels,  sa vie bascule  le jour de l’assassinat de JF Kennedy.  A quatorze ans, il les tue de sang froid.Mais quel livre ! Captivant et  terrifiant à la fois ! Marc Dugain se glisse dans la peau d’Al Kenner, un serial killer qui purge toujours sa peine derrière des barreaux d’une prison en Californie. La descente aux enfers commence le 22 novembre 1963, date du décès de JFK. Malgré son intelligence supérieure, le jeune homme est en proie à des pulsions meurtrières. Après l'assassinat de ses grands-parents, il  se dénonce et est interné en hôpital psychiatrique. Al a compris quel rôle il devait jouer pour redevenir libre. Au bout de cinq années, il en ressort. Mais l’individu n’a pas changé. Doté d’une personnalité complexe qui se bat intérieurement contre ses propres démons, il devient l'ami du chef de la police criminelle. Dans cette Amérique qui panse ses plaies de la guerre du Vietnam et où les mouvements hippies voient le jour, Al se débat dans ses propres souffrances. L’auteur a fouillé, creusé la psychologie du personnage. Dès le départ, on sait qu'Al Kenner sera de retour en prison mais la clé n’est fournie qu’à la fin de ce roman qui se lit comme un très, très bon thriller. Mars Dugain nous immerge dans l’Amérique des années 60-70 et c’est terriblement réussi ! Une grande claque!!! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
20/04/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.22 kg