Avis de tempete

FLETCHER, SUSAN

livre avis de tempete
EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 05/01/10
LES NOTES :

à partir de
7,60 €

SYNOPSIS :

Moïra se rend tous les jours au chevet de sa soeur cadette, qu'une chute, cinq ans auparavant, a plongée dans le coma. Année après année, la lassitude gagne Moïra, qui ne se pardonne pas d'avoir été une soeur lointaine.
Comme pour rattraper le temps perdu, elle retrace devant la jeune fille inconsciente son existence de fille sauvage et revêche, sensible pourtant, une vraie " fille de la mer " et des vents glacés des Cornouailles.
8 personnes en parlent

Moïra, plusieurs fois par semaine, se rend au chevet de sa sœur plongée dans le coma à la suite d’un grave accident. Elle espère qu’un jour Amy pourra sortir de son mutisme, mais en attendant, lui narre par le détail ses souvenirs de jeunesse. Il faut dire que Moïra ne peut se défendre d’éprouver de la culpabilité envers sa petite sœur. Dès sa naissance, alors encore enfant (11 ans), elle a rejeté le bébé nouveau né, et n’a eu de cesse ensuite de superbement l’ignorer, nier son amour, comme celui d’ailleurs de ses parents. Jalousie d’enfant qui ne s’est pas éteinte au fil des années, et qui a influé sur sa vie plus que ce qu’elle aurait pu imaginer. Le chagrin dévore maintenant chaque seconde de son quotidien, et elle revient sur ses jeunes années pour comprendre comment elle a pu en arriver là, choisir d’elle-même la solitude et s’abandonner dans le travail en refusant de se confier, de partager, d’aimer ceux qui l’aimaient. Bien sûr, les jeunes années de Moïra n’ont pas été très faciles, elle s’est retrouvée très jeune en pension, à l’autre bout du pays, et en but à la moquerie des autres élèves parce que boursière. Mais l’adolescente d’alors n’a pas fait un pas vers les autres jeunes filles du pensionnat et n’a jamais tenté, ou si peu, de se lier d’amitié. Surdouée, mais complexée, grande maigrichonne au physique ingrat, elle est toujours restée en retrait, sujet de railleries, seule à ruminer ses pensées, fuyant les autres en se réfugiant dans le travail scolaire. Voici un livre dur et poignant, très poétique, et empreint de tristesse de bout en bout, mais vraiment très beau. Il faut cependant rentrer dans l'histoire de cette femme et prendre son temps, se laisser envahir par l'ambiance. On comprend que Moïra, se refusant à l’amour, est comme passée à coté de sa vie, malgré la chance qu’elle a eue (et dont elle ne revient toujours pas) d’avoir été remarquée et aimée au premier regard par son mari. Même à lui, elle n’arrive pas à se confier… Moïra est une autiste de l’amour, enfermée en elle-même, incapable de communiquer, sauf au chevet de celle qui pèse sur sa conscience. Sa sœur aurait-elle pu échapper à cet accident stupide si elle lui avait parlé, si elle avait établi avec elle une relation normale ? La jeune femme arrivera-t-elle, au terme de ce long monologue, à se pardonner, et à s’ouvrir à une vie nouvelle ? Trouvera-t-elle la paix intérieure ? En plus de ce magnifique portrait de femme, l’auteur nous offre des descriptions superbes des paysages du Pays de Galle : la nature accueillante ou sauvage, la mer tantôt calme et tantôt déchainée, le vent omniprésent, les pensionnaires qui l’entourent ou ses parents, en attente d’un mot ou d’un geste de leur fille, toujours présents, mais jamais intrusifs. Comme ils sont dû souffrir ! Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de penser parfois « bien fait pour toi, ma vieille ! ». Eh oui, à ne pas vouloir vivre avec les autres, à trop se renfermer, on finit pas se dessécher, et la solitude devient vite la seule compagne. Moïra souffre, mais elle paye l’indifférence aux autres qu’elle a maintenue pendant des années. Mélancolique et nostalgique, elle comprend maintenant, à 28 ans (ce qui est encore bien jeune, me direz-vous, il lui reste de nombreuses années à vivre) que la vie n’attend pas ceux qui sont en retrait et qu’il lui faut maintenant prendre son destin en mains. Une très belle histoire ! Liliba

liliba
25/08/12
 

Moïra,"Dure comme un galet", "dure, obstinée" tente de tisser un lien avec sa sœur cadette dans le coma suite à une chute inexpliquée."Amy,c'est moi qui te parle,je veux que tu le saches. Ce ne sont pas des mots pris dans des livres,, ou des magazines. C'est moi qui les dis, moi qui me suis toujours si rarement exprimée par des mots, les mêmes que tout le monde mais par des nombres, par des symboles, des marques sur la peau. [...] Mais ces mots , ils sont aussi dans ma tête. c'est la voix de mon esprit, qui ne se tait jamais, et ce sont mes pensées: vives, miroitantes comme des écailles de maquereau. Elles surgissent par éclairs dans mon cerveau pendant que je marche, ou que je lis. Que je plante des jacinthes,agenouillée dans l'herbe de la pelouse. Que je ferme les fenêtres de cette chambre quand je sens venir la pluie."Moïra remonte le cours du temps, petit à petit les pièces du puzzle s'emboîtent et l'on comprend pourquoi la narratrice ,toute sa vie s'est "tenue à la frontière" de l'amour, de l'amitié, de la vie.Une voix mesurée, calme et dense qui se fraie un chemin en nous. Un style imagé, dont on pourrait quasiment extraire des haïkus, charnel et placé sous le signe de l'eau. Une vraie et belle découverte. Un livre magique. cathulu

cathulu
21/07/12
 

Encore un très bon roman balayé par les embruns,au coeur du Pays de Galle.Moïra, une écorchée vive de vingt-huit ans, se rend chaque jour au chevet de sa soeur Amy, plongée dans le coma depuis cinq ans. Au fil des jours, elle remonte le temps et confie aux lecteurs sa propre histoire. Elle nous éclaire sur la relation difficile qu'elle entretient avec sa cadette. Pour quelles raisons se montre-t-elle si hostile envers Amy? Quels ont été ses choix de vie? Susan Fletcher met en scène un personnage ambigü, une pseudo-héroïne. Moïra est une jeune femme mièvre, étudiant sans cesse, recluse dans le monde des études et mal à l'aise en société.Face à sa soeur endormie, elle livre sa vie, s'interroge sur ses décisions. Pétrie de culpabilité, elle explique son sentiment de jalousie lorsqu'à la naissance d'Amy, elle fut placée en internat.Une forme de sagesse se dessine au fil de la narration. Moïra confesse sa vie de femme mariée. Les secrets jaillissent et le thème de la méprise apportent une vivacité au coeur du roman. On assiste à l'éclosion d'une personnalité dans l'analyse fine des sentiments. Les descriptions de la nature et de la mer apportent un souffle sensoriel à cette confidence émouvante."Les rêves, Amy. Les rêves que j’ai faits, au cours de ces quelques semaines. Til n’avait pas tort. On n’échappe pas aux rêves, on ne peut pas les laisser sur les draps de son lit quand n se réveille. On peut essayer. Mais ils vous suivent à pas feutrés. Ils respirent, et vous le sentez. Et cela fait peur, ma petite chérie. Ils ne contiennent ni baume ni douceur. Les rêves, si inoffensifs qu’ils paraissent, donnent un sentiment de malaise, quand on se les remémore. On se retourne pour les voir. On en sent les abîmes."Un très bon roman publié chez Plon en Février 2008, réédité chez J'ai lu.

Mirontaine
28/06/12
 

C’est l’histoire d’une petite anglaise, Moïra, intelligente, centre du monde, de son monde, qui vit au bord de la mer, dans la nature omniprésente. Elle s’y sent en sécurité, elle fait corps avec elle, vit à travers elle, n’existe que par elle : « On m’aimait, je connaissais ma place dans le monde, je savais qui j’étais ». Elle a l’amour de ses parents, sa vie est un rêve parfumé par l’odeur des gâteaux et des feux de bois dans la cheminée. « Elle est un bébé de la mer » : quand on nait sur la côte, on en fait partie. On vit au rythme des marées et des vents.Puis un jour, tout bascule, apparaît une petite sœur. Tout bascule, tout explose. Plus rien ne sera jamais pareil, les arbres et l’herbe n’ont plus la même couleur, le vent la même odeur, les vagues la même musique. Elle a le cœur plein de rage, déteste ses parents qui ont trahi son amour exclusif.... laurence

laurence
30/07/11
 

Moïra approche la trentaine et débute le récit en se confiant à sa sœur, d'une dizaine d'années plus jeune. Tout semblerait normal voire banal excepté le fait que son interlocutrice, Amy (sa sœur) ne répond pas, et pour cause, puisqu'elle se trouve plongée dans le coma depuis quatre ans, à la suite d'une chute.Moïra se livre et dévoile des pans de sa vie à ce corps inerte qui ne réagit pas. Elle confie ses années de jeunesse, le sentiment de trahison éprouvé lors de la naissance d'Amy, sa solitude, ses abandons.Ce livre est un flash-back sur l'errance d'une jeune femme qui a du mal à trouver sa place, sur les difficiles relations qui s'instaurent entre sœur et sœur.En toile de fond l'environnement est puissamment poétique, il suggère de multiples émotions : c'est au bord de la mer que tout se trame, c'est au creux des vagues que filent les mots.Un passage : Est-ce que tu entends, seulement? Ce que je te dis? On nous dit que oui. Tu dors, mais ce n'est pas le sommeil que je connais. Tu fais très peu de mouvements, jamais tu ne t'étires. Ton sommeil est à moitié vrai, il atteint jusqu'à l'âme, et peut-être est-il froid, comme sous des voûtes ou dans une pièce humide, ou alors c'est un vaste paysage désert dans lequel tu es seule. Ou bien tu es sous la glace, et tu frappes.Ou alors tu es enterrée. Et c'est comme ça que j'en suis venue à te voir au cours de ces quatre années : enfermée, muette. Ensevelie au plus profond de la terre. (p. 15)Mon avis : Que je me sens petite et maladroite face à une telle œuvre ! J'ai été secouée par ce livre qui a une force considérable. Que l'auteur est jeune ! Comment est-il possible qu'elle cerne si bien les difficultés d'être, de paraître et de transmettre? Ce livre est une grosse claque car lorsqu'on plonge dans le récit on sent tour à tour l'écume de la mer, le plancher qui craque, le vent qui fouette notre visage.L'auteur alterne entre le "je" et le "elle" dans son récit, pour montrer toute la difficulté d'être soi entièrement, comme si certains épisodes mériteraient de la distance et du discernement.C'est beau, c'est frais... je suis sous le charme ! "Aux âme bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années" (Rabelais)

Melopee
04/06/11
 

S'il y a bien un roman à lire en ce moment, c'est Avis de Tempête. On découvre Moïra, l'héroïne principale du livre. Jeune femme taciturne (on comprend pourquoi) , elle se confie au chevet de sa cadette tant détestée et laisse peu à peu ses sentiments remonter à la surface. Tout est magnifique dans ce livre: les anecdotes légères et inoubliables, la description des paysages et des émotions de l'héroïne, les ambiances, le style et l'écriture très fluides de l'auteur, et puis l'histoire somme toute universelle qui rallie un grand nombre de lecteurs. Bref un livre magique, qu'on a envie de lire et de partager.

Cave
12/03/11
 

Moïra raconte sa vie à Amy sa jeune soeur dans le coma depuis quelques années. On ne sais pas très bien quel âge a sa soeur, les informations arriveront petit à petit. Les deux soeurs ont de nombreuses années d'écart et Moïra a pris l'arrivée d'Amy comme une trahison de la part de ses parents, d'ailleurs elle leur en veut pendant de très nombreuses années mais maintenant Moïra se reproche le comportement qu'elle a eu envers sa soeur. Elle lui raconte donc sa vie pour exorciser tout cela. J'ai un avis mitigé sur ce livre. J'ai bien aimé toute la partie de la jeunesse et de l'adolescence de Moïra, c'est une fille brillante mais qui ne connaît pas grand chose de la vie notamment à l'adolescence. Elle part en pension après l'école primaire loin de chez elle. Elle s'éloigne progressivement de sa famille, ses parents voudraient pourtant garder le contact avec elle.J'ai beaucoup moins aimé la partie après le mariage de Moïra, je l'ai trouvé moins intéressante et cela traînait un peu en longueur, c'est cette partie qui fait que mon avis sur le livre est plutôt moyen.Je vais certainement lire La fille de l'Irlandais du même auteur car il est dans ma PAL et j'avais déja lu et aimé Un bûcher sous la neige. Sandrine(SD49)

SD49
12/03/11
 

Soeurs C'est une longue confession de la grande soeur Moïra à la petite soeur Amy. Celle-ci est dans le coma depuis des années, après un accident très mystérieux. La grande au chevet de la petite va lui raconter sa vie, ses bonheurs d'enfant élevée au contact de la nature, l'amour de ses parents qu'elle n'a pas supporté de partager. D'où son éloignement du nid familial et ses difficultés relationnelles avec cette petite soeur non désirée. Au fil de la lecture Moïra se dévoile entre culpabilité, sensibilité exarcerbée, solitude, amour aussi pour les membres de sa famille et pour son mari Ray. Elle devient femme sous nos yeux intéressés et trouvera la force de continuer son chemin. Très belle lecture avec une héroïne inoubliable.

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.10 cm
  • Poids : 0.22 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : MARIE-CLAIRE PASQUIER

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