EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 21/06/79
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SYNOPSIS :

L'éducation sentimentale d'un jeune homme, calyste du guénic, " magnifique rejeton de la plus vieille race bretonne " (l'action commence à guérande), et le douloureux vieillissement d'une femme de lettres, félicité des touches, qui, après avoir hésité devant un dernier amour, achèvera dans un couvent l' "ardente aridité " de sa vie. Georges sand a inspiré le personnage de
félicité. marie d'agoult et liszt ceux de la marquise de rochefide, " béatrix ", et de son amant, le musicien conti, qu'elle a autrefois volé à félicité. entre ces quatre êtres se joue un drame subtil et dangereux dans lequel pierre gascar voit " l'expression la plus achevée du romantisme balzacien " et qui résume les problèmes de la condition féminine au xixe siècle.
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Béatrix est l'histoire de Calyste du Guénic, jeune noble Guérandais. Béatrix, personnage important et éponyme n'apparait paradoxalement qu'à la moitié du livre.Autant vous prévenir tout de suite, la partie introductive, vous savez, celle où Balzac se sent obligé de nous décrire chaque pièce de la maison, chaque âge du personnage et les variantes climatiques de la région dure ici une bonne centaine de pages. Il ne faut pas se décourager, la suite en vaut la chandelle mais ne soupirez pas devant ces descriptions, elles sont (presque toutes) utiles. Et puis le pays guérandais est superbe (j'y passais mes vacances), ne nous plaignons pas. Par contre, la Bretagne passe un peu pour un pays sous développé... ou primitif. Ce n'est pas négatif ici, c'est plus l'idée de pureté, de rudesse et d'absence de coquetterie, bref, pas ce Paris décadent !Le cœur de l'histoire : Calyste est beau comme un ange, épris de sa voisine, Mlle Félicité des Touches. Celle ci est une Georges Sand, un peu homme, savante, amoureuse. Il parait (dixit les notes) que Balzac s'est inspiré de Sand et de Liszt. Elle présente à Calyste Béatrix de Rochefide (la perfide). Aussi blonde que Félicité est brune, plus jeune, plus fragile, plus parisienne, plus femme somme toute, elle séduit l'ardent breton. Voilà le début d'une histoire à épisodes où le héros est un niais amoureux qui fait son éducation sentimentale. Béatrix est un personnage assez peu présent dans ce roman, elle n'apparait qu'à deux moments pour détruire l'existence de ceux qu'elle croise. Une bombe !Et la troisième partie, que je ne dévoilerai pas, est incroyable de subtilité parisienne et de manipulations aristocratiques ! J'adore !

Praline
16/02/12
 

"Je ne suis ni si grande ni si petite, je suis femme et très femme."Roman en trois parties très distinctes, Beatrix m'a fait beaucoup souffrir. J'ai adoré les descriptions, qui sont toutes, sans exception, merveilleuses. J'ai détesté les manigances et l'intrigue finale. Tout commence dans une belle et provinciale Bretagne, une jolie et heureuse famille, un jeune fils unique, Calyste. Il s'éprend de Camille Maupin, pseudonyme masculin utilisé par Félicité des Touches pour signer ses oeuvres, puis de son amie Béatrix, marquise de Rochefide. Les deux lui rendent cet amour, se bouffent le nez, l'une entre en religion et l'autre repart avec son amant. Calyste, désespéré, manque de mourir. In extremis, il épouse Sabine, jeune fille parfaite qui l'aime de tout son coeur. Ils ont un enfant. Il revoit Béatrix. La mère de Sabine, pour la sauver (car elle est bien décidée à en mourir, elle aussi) monte un stratagème invraisemblable pour faire revenir Béatrix à son mari, ça fonctionne, Calyste est ulcéré, Sabine est heureuse. In-ter-mi-na-ble, pénible, incompréhensible par moments (les chatteries et considérations sur les façons de se jouer des hommes et de l'amour me sont passées à des lieux).Mais.Guérande, la famille de Calyste, les parties de mouche, et ces pages incroyables décrivant George Sand sous le personnage de Camille/Félicité :"La Bretagne offre un singulier problème à résoudre dans la prédominance de la chevelure brune, des yeux bruns et du teint bruni chez une contrée voisine de l'Angleterre où les conditions atmosphériques sont si peu différentes. Ce problème tient-il à la grande question des races, à des influences physiques inobservées ? Les savants rechercheront peut-être un jour la cause de cette singularité qui cesse dans la province voisine, en Normandie. Jusqu'à la solution, ce fait bizarre est sous nos yeux : les blondes sont assez rares parmi les Bretonnes qui presque toutes ont les yeux vifs des Méridionnaux; mais, au lieu d'offrir la taille élevée et les lignes serpentines de l'Italie ou de l'Espagne, elles sont généralement petites, ramassées, bien prises, fermes, hormis les exceptions de la classe élevée, qui se croise par ses alliances aristocratiques.Mlle des Touches, en vraie Bretonne de race, est d'une taille ordinaire; elle n'a pas cinq pieds, mais on les lui donne.Cette erreur provient du caractère de sa figure, qui la grandit. Elle a ce teint olivâtre au jour et blanc aux lumières, qui distingue les belles Italiennes : vous diriez de l'ivoire animé. Le jour glisse sur cette peau comme sur un corps poli, il y brille; une émotion violente est nécessaire pour que de faibles rougeurs s'y infusent au milieu des joues, mais elles disparaissent aussitôt. Cette particularité prête à son visage une impassibilité de sauvage. Ce visage, plus rond qu'ovale, ressemble à celui de quelque belle Isis des bas-reliefs éginétiques. Vous diriez la pureté des têtes de sphinx, polies par le feu des déserts, caressées par la flamme du soleil égyptien. Ainsi, la couleur du teint est en harmonie avec la correction de cette tête. Les cheveux noirs et abondants descendent en nattes le long du col comme la coiffe à double bandelette rayée des statues de Memphis, et continuent admirablement la sévérité générale de la forme. Le front est plein, large, renflé aux tempes, illuminé par des méplats où s'arrête la lumière, coupé, comme celui de la Diane chasseresse : un front puissant et volontaire, silencieux et calme. L'arc des sourcils tracé vigoureusement s'étend sur deux yeux dont la flamme scintille par moments comme celle d'une étoile fixe. Le blanc de l'oeil n'est ni bleuâtre ni semé de fils rouges, ni d'un blanc pur; il a la consistance de la corne, mais il est d'un ton chaud. La prunelle est bordée d'un cercle orange. C'est du bronze entouré d'or, mais de l'or vivant, du bronze animé. Cette prunelle a de la profondeur. Elle n'est pas doublée, comme dans certains yeux, par une espèce de tain qui renvoie la lumière et les fait ressembler aux yeux des tigres ou des chats; elle n'a pas cette inflexibilité terrible qui cause un frisson aux gens sensibles; mais cette profondeur a son infini, de même que l'éclat des yeux à miroir a son absolu. Le regard de l'observateur peut se perdre dans cette âme qui se concentre et se retire avec autant de rapidité qu'elle jaillit de ces yeux veloutés. Dans un moment de passion, l'oeil de Camille Maupin est sublime : l'or de son regard allume le blanc jaune, et tout flambe; mais au repos, il est terne, la torpeur de la méditation lui prête souvent l'apparence de la niaiserie; quand la lumière de l'âme y manque, les lignes du visage s'attristent également. Les cils sont courts, mais fournis et noirs comme des queues d'hermine. Les paupières sont brunes semées de fibrilles rouges qui leur donnent à la fois de la grâce et de la force, deux qualités difficiles à réunir chez la femme. Le tour des yeux n'a pas la moindre flétrissure ni la moindre ride. Là encore, vous retrouverez le granit de la statue égyptienne adouci par le temps.Seulement, la saillie des pommettes, quoique douce, est plus accusée que chez les autres femmes, et complète l'ensemble de force exprimé par la figure. Le nez, mince et droit, est coupé de narines obliques assez passionnément dilatées pour laisser voir le rose lumineux de leur délicate doublure. Ce nez continue bien le front auquel il s'unit par une ligne délicieuse, il est parfaitement blanc à sa naissance comme au bout, et ce bout est doué d'une sorte de mobilité qui fait merveille dans les moments où Camille s'indigne, se courrouce, se révolte. Là surtout, comme l'a remarqué Talma, se peint la colère ou l'ironie des grandes âmes. L'immobilité des narines accuse une sorte de sécheresse. Jamais le nez d'un avare n'a vacillé, il est contracté comme la bouche; tout est clos dans son visage comme chez lui. La bouche arquée à ses coins est d'un rouge vif, le sang y abonde, il y fournit ce minimum vivant et penseur qui donne tant de séduction à cette bouche et peut rassurer l'amant que la gravité majestueuse du visage effraierait. La lèvre supérieure est mince, le sillon qui l'unit au nez y descend assez bas comme dans un arc, ce qui donne un accent particulier à son dédain.Camille a peu de choses à faire pour exprimer sa colère.Cette jolie lèvre est bordée par la forte marge rouge de la lèvre inférieure, admirable de bonté, pleine d'amour, et que Phidias semble avoir posée comme le bord d'une grenade ouverte, dont elle a la couleur. Le menton se relève fermement; il est un peu gras, mais il exprime la résolution et termine bien ce profil royal sinon divin. Il est nécessaire de dire que le dessous du nez est légèrement estompé par un duvet plein de grâce. La nature aurait fait une faute si elle n'avait jeté là cette suave fumée.L'oreille a des enroulement délicats, signe de bien des délicatesses cachées. Le buste est large. Le corsage est mince et suffisamment orné. Les hanches ont peu de saillie, mais elles sont gracieuses. La chute des reins est magnifique, et rappelle plus le Bachus que la Vénus Callipyge. Là, se voit la nuance qui sépare de leur sexe presque toutes les femmes célèbres, elles ont là comme une vague similitude avec l'homme, elles n'ont ni la souplesse, ni l'abandon des femmes que la nature a destinées à la maternité; leur démarche ne se brise pas par un mouvement doux. Cette observation est comme bilatérale, elle a sa contrepartie chez les hommes dont les hanches sont presque semblables à celles des femmes quand ils sont fins, astucieux, faux et lâches.Au lieu de se creuser à la nuque, le col de Camille forme un contour renflé qui lie les épaules à la tête sans sinuosité, le caractère le plus évident de la force. Ce col présente par moments des plis d'une magnificence athlétique. L'attache des bras, d'un superbe contour, semble appartenir à une femme colossale. Les bras sont vigoureusement modelés, terminés par un poignet d'une délicatesse anglaise, par des mains mignonnes et pleines de fossettes, grasses, enjolivées d'ongles roses taillés en amande et côtelés sur les bords, et d'un blanc qui annonce que le corps si rebondi, si ferme, si bien pris est d'un tout autre ton que le visage. L'attitude ferme et froide de cette tête est corrigée par la mobilité des lèvres, par leur changeante expression, par le mouvement artiste des narines.Mais malgré ces promesses irritantes et assez cachées aux profanes, le calme de cette physionomie a je ne sais quoi de provocant. Cette figure, plus mélancolique, plus sérieuse que grâcieuse, est frappée par la tristesse d'une méditation constante.Aussi Mlle des Touches écoute-elle plus qu'elle ne parle.Elle effraie par son silence et par ce regard profond d'une profonde fixité. Personne, parmi les gens vraiment instruits, n'a pu la voir sans penser à la vraie Cléopâtre, à cette petite brune qui faillit changer la face du monde; mais chez Camille, l'animal est si complet, si bien ramassé, d'une nature si léonine, qu'un homme quelque peu Turc regrette l'assemblage d'un si grand esprit dans un pareil corps, et le voudrait tout femme.Chacun tremble de rencontrer les corruptions étranges d'une âme diabolique. La froideur de l'analyse, le positif de l'idée n'éclairent-ils pas les passions chez elle ? Cette fille ne juge-t-elle pas au lieu de sentir ? ou, phénomène encore plus terrible, ne sent-elle pas et ne juge-t-elle pas à la fois ? pouvant tout par son cerveau, doit-elle s'arrêter là où s'arrêtent les autres femmes ? Cette force intellectuelle laisse-t-elle le coeur faible ? A-t-elle de la grâce ? Descend-elle aux riens touchants par lesquels les femmes occupent, amusent, intéressent un homme aimé ? Ne brise-t-elle pas un sentiment quand il ne répond pas à l'infini qu'elle embrasse et contemple ? Qui peut combler les deux précipices de ses yeux ? On a peur de trouver en elle je ne sais quoi de vierge, d'indompté. La femme forte ne doit être qu'un symbole, elle effraie à voir en réalité.Camille Maupin est un peu, mais vivante, cette Isil de Schiller, cachée au fond du temple, et aux pieds de laquelle les prêtres trouvaient expirant les hardis lutteurs qui l'avaient consultée. Les aventures tenues pour vraies par le monde et que Camille ne désavoue point, confirment les questions suggérées par son aspect. Mais peut-être aime-t-elle cette calomnie ? La nature de sa beauté n'a pas été sans influence sur sa renommée : elle l'a servie, de même que sa fortune et sa position l'ont maintenue au milieu du monde.""Elle offrait ce mélange de lueurs fausses et de soieries brillantes et de gaze floue et de cheveux crêpés, de vivacité, de calme et de mouvement, qu'on a nommé le je-ne-sais-quoi. Tout le monde sait en quoi consiste le je-ne-sais-quoi., c'est beaucoup d'esprit, de goût et de tempérament."

SagnesSy
13/12/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.27 kg

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