Belle du seigneur

COHEN, ALBERT

livre belle du seigneur
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 13/10/86
LES NOTES :

à partir de
55,00 €

SYNOPSIS :

« Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà,
oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs ils se verraient. » Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'oeuvre de la littérature amoureuse de notre époque.
10 personnes en parlent

LE livre qui m'a le plus marquée de toute ma vie de lectrice. Je l'ai littéralement dévoré, incapable de le lâcher pendant 2 jours. Et pourtant, ce n'est pas facile de lire tout en se brossant les dents ! ;-)

cbarbaz
16/07/10
 

On s'est un peu moqué de moi quand j'ai commencé à lire "Belle du Seigneur" car c'est tout de même un livre de 845 pages qui se confond facilement avec un dictionnaire. Il ne faut PAS se laisser décourager par le format !Belle du Seigneur est facile à lire, drôle, beau, passionnant. Mieux vaut prendre le temps de lire un excellent livre de 845 pages que lire quatres merdes de 100 pages !Cohen a une façon étonnante, unique, déconcertante d'écrire. Les pensées des personnages sont des mots jetés en vrac sans soucis de ponctuation (je pense notamment aux monologues d'Ariane qui peuvent durer 8 pages). Certains passages sont vraiment excellents, je pense au moment où Ariane joue du Chopin à poil au milieu de la nuit, au monologue sur Mozart d'Adrien devant son miroir, et bien sûr à la série des "Dix manèges", qui est cruelle car véridique (enfin de ce que je sais, je n'ai que 18 ans).Je trouve les personnages bien travaillés, Solal est un personnage passionnant, Ariane est drôle, son beau père est adorable. Personnellement, je pense que "Belle du Seigneur" est un livre qui mérite qu'on lui consacre deux ou trois semaines. Petit bémol : les "Ô!" répétés de Cohen ont fini par m'agacer vers la 600e page :)

KoalaMutant
15/03/12
 

Merveilleux roman d'amour, de passion. Mais sans la complaisance, l'hypocrisie habituelle de l'amour. Non, Solal ne le permet pas. Il ne veut pas être aimé pour sa beauté et sa prestance, il voudrait être aimé édenté et sans force. Une écriture magnifique, tout au long de ces monologues intérieurs, qui nous permettent de venir au plus près des pensées intimes des personnages. Ah, les monologues de Mariette, la bonne dévouée, la voix du peuple, des "ordinaires". Ah, les monologues d'Ariane dans son bain ! De vraies délices...

Pitchoubinou
29/11/09
 

Un début de lecture bien difficile. Je l'avoue, pendant les 300 premières pages je me suis demandé mais où va-t-il nous emmener? Que veut l'auteur? Le début plante le décors certes, mais avec plus que moult détails. Les personnages sont décris avec soin, leur caractère, petites manies. Mais je me suis franchement demandé ce que venais faire là les oncles de Solal? Mais heureusement au fil des "paquets de page" l'objectif se dévoile même si fréquemment les interrogations persistes jusqu'aux pages pages 800. (...)

Mariejuliet
27/11/13
 

Genève dans les années 1930. Un homme séduisant se déguise en vieillard juif et s’introduit chez Ariane Deume pour la séduire. Cet événement marque le début d’une relation hors du commun entre une femme mariée et le supérieur de son mari. Du mépris à la passion, nous suivrons la belle Ariane et son Seigneur Solal dans leur amour à travers l’Europe de l’avant-guerre.Autour du couple d’amants gravitent d’autres personnages, tous aussi intéressants les uns que les autres. Nous avons la famille Deume, qu’Albert Cohen ne se prive pas de ridiculiser. Adrien, le mari d’Ariane, fonctionnaire au Palais des Nations, est l’exemple parfait de l’homme intéressé par rien d’autre que son ascension sociale. Pour lui, tout est basé sur les relations, l’importance des fréquentations et, surtout, sur l’apparence. Les scènes qui le concernent sont très comiques, toujours dans l’exagération et même les événements les plus sérieux basculent systématiquement dans le ridicule. Le fait qu’il vive dans la même maison que ses parents ajoute à cette impression et, par ce choix, l’auteur a en même temps l’opportunité de nous faire faire connaissance avec d’autres personnages – tout aussi divertissant : M. et Mme Deume.Du côté de Solal, nous rencontrons les Valeureux, ses cousins, qui visitent Genève à plusieurs reprises. Les passages les concernant m’ont beaucoup plu car ils sont tout à fait inattendus. Débarquant tout droit de leur Céphalonie natale, ils sont complètement décalés par rapport aux diplomates et représentants de la ville. Ils ont une manière de parler et d’agir très différente de tous les autres personnages et mettent en place différents stratagèmes pour s’attirer les bonnes grâces de Solal – et bien sûr son argent.Les variations de langage dont je viens de parler sont sans aucun doute l’intérêt principal de ce roman. Chaque personnage à sa propre manière de parler, son vocabulaire, ses expressions. On reconnaît immédiatement si c’est Ariane qui parle, Solal, les Valeureux, la famille Deume ou Mariette, leur domestique. Nous avons principalement affaire aux amants, qui s’enferment à plusieurs reprises dans des monologues intérieurs. Sur le modèle d’Ulysse de James Joyce, ces derniers ne sont la plupart du temps pas ponctués. Nous suivons ainsi le fil des pensées des personnages, ce qui nous donne de nombreuses informations sur leur caractère et leur personnalité. De plus, ce procédé nous permet de passer d’un point de vue à l’autre et nous aide ainsi à regarder les faits de plusieurs points de vue différents.Certains de ces monologues sont toutefois relativement longs et difficiles à comprendre. Ajoutés à quelques longueurs dans le déroulement de l’intrigue et à la complexité de l’écriture – qui teinte toutefois magnifiquement de poésie cette œuvre – ils dissuaderont probablement plusieurs lecteurs.Ces quelques difficultés dépassées, on aura alors tout le loisir apprécier une critique de la bourgeoisie et de son monde impitoyable, du snobisme et de la Société des Nations ainsi que, bien évidemment, l’analyse du thème principal du roman : la passion. On assistera à la séduction, qui se transformera en passion avant d’entamer sa décadence. Tout au long de ce chemin, on découvrira ainsi plusieurs facettes des personnages.L’histoire est centrée sur les deux amants bien sûr, mais nous visitons en même temps Genève et, dans une Europe où l’antisémitisme prend de l’importance, nous découvrons la vie d’avant la première Guerre Mondiale.Ce chef-d’œuvre de la littérature francophone du XXe siècle est à lire absolument pour quiconque apprécie les histoires d’amour - l'amour, étudié sous tous ses aspects - et les belles plumes, et qui n’a pas peur du grand nombre de page et de la complexité de certains chapitres.

Laraemilie
05/07/13
 

Je ne me souviens pas d'avoir entendu parler en 1967, lors de sa sortie de"Belle du Seigneur" . Je viens de découvrir cet livre, ce pavé de 1000 pages.Un roman d'amour, sans les mièvreries habituelles de ce genre de roman. Une jeune femme issue d'une famille protestant, et d'une éducation rigoriste, un mari, fonctionnaire aspirant à devenir "haut fonctionnaire", paresseux au travail, uniquement préoccupé par son avancement et délaissant son épouse est envoyé en mission par l'un de ses chefs, dans le but de séduire sa jeune épouse. S'en suivent plus de 2 ans d'amour. Amour véritable, je n'en suis pas certain. Des pages cruelles sur le bonheur, la fièvre, la sensualité, la passion mais aussi sur une forme d'horreur de l'amour physique, sur le pessimisme. N'y cherchez surtout pas des scènes érotiques!L'auteur nous décrit avec cynisme, sensualité, voire de façon presque rabelaisienne, mais aussi ce dégoût des corps, cet "amour physique", cet amour de bourgeois qui passent du "vous" au "tu" en permanence, ce faux amour au cours duquel les 2 personnages auxquels je n'ai pu m'attacher, ne partagent rien, aucun projet d'avenir, aucun projet de vie, aucun projet d'enfant, même pas leur chambre, et surtout pas des toilettes communes. Ils ne se retrouvent dans la chambre de l'un ou de l'autre, que pour un amour physique, des discutions sur des thèmes futiles.Albet Cohen a voulu, dans ce livre, je pense, tourner en dérision cette recherche de l'amour physique, sans véritable recherche d'un partage de vie, et également se moquer de ces grands bourgeois, uniquement préoccupés du meilleur restaurant, de la soirée de concert, sans besoins matériels.Il faut aussi lire ce livre pour l'inventivité littéraire dont fait preuve en permanence Albert Cohen . Certaines scènes, comme celle de la séduction, ou les scènes finales de jalousie, méritent toute votre attention. J'ai admiré la maîtrise littéraire d'Albert Cohen pour rapporter sur une trentaine de pages  parfois sans aucune ponctuation, et sans lasser le lecteur, les états d'âmes, les réflexions d'un personnage, qui passe du coq à l'ane, d'une idée à l'autre, une idée en entraînant une autre.Lors de sa sortie un critique litteraire écrivait au sujet de Belle du Seigneur " les gros livres effrayent, les grands livres rassurent. L'ouvrage d'Albert Cohen, appartient, sans contestation possible, à la seconde catégorie "Assurément une expérience de lecture à tenter. Mais une expérience pas facile, qui peut décourager. Mais il faut persister. JPV

JPV11
01/05/13
 

Voilà un roman culte, un livre à inscrire à sa liste d'envies, un livre fou qui séduit follement ou rebute totalement. Ne pas s'arrêter au pavé, mais plonger dans cet amour passionnel. On trouvera quelques longueurs, qu'importe, elles valent bien ce petit sacrifice.

Lisons
23/11/12
 

Mon résumé : Ariane Deume mène une vie plutôt tranquille, emmurée entre son mari qu'elle n'aime pas mais qui est aux petits soins pour elle, une belle-mère quelque peu acariâtre, et un beau-père soumis mais affectueux.Adrien Deume est fonctionnaire à la Société des Nations située à Genève et n'a qu'une ambition : parvenir à côtoyer les "huiles" de la Haute Société Genevoise, Parisienne... ou d'ailleurs. Alors, quand le Grand Sous-Secrétaire Général, Solal Solal, l'invite à dîner dans ses appartements puis à partir en mission diplomatique en Afrique, il est aux anges... loin de se douter que le beau Solal souhaite uniquement se rapprocher de sa femme, la jeune et belle Ariane.Celle-ci tombera d'ailleurs assez facilement dans ses filets... et là commence une des plus belles histoires d'Amour que la littérature du XXe siècle ait eu à nous offrir, avec ce que cela peut compter de contradictions !Mon avis : Attention ! Chef d'Oeuvre ! Nous sommes face à 1100 pages d'une écriture tour à tour mystérieuse et magique, d'un style des plus aboutis, chaque mot semble avoir été choisi avec soin. La construction du roman n'est pas laissée au hasard, les pages défilent sans que l'on s'en aperçoive. Vous me direz : "qu'est-ce qui ressemble le plus à une histoire d'Amour qu'une autre histoire d'Amour ?" Que nenni !! M. Cohen a su maintenir un climat de suspense malgré la banalité du thème et finalement le peu d'action dans le déroulé du roman. Nous sommes en effet dans de la littérature romantique, mais traité par un homme, avec toute a rudesse, sa virilité, ses désirs, en bref, sa testostérone, et ça change tout. La lecture de ce roman n'est pourtant pas un long fleuve tranquille : on LE déteste, on LA déteste, on s'ennuie, on s'interroge mais quel plaisir de les voir évoluer... ensemble ! Un classique à ne pas louper !!

anna44
01/12/11
 

Ca y est, j'ai fini ce pavé de 1100 pages. Ce qui est assez étonnant, c'est que je l'ai lu en 4 fois 300 pages (comment ça, ça ne fait pas 1100 pages!) environ et que ces quatre parties formaient quatre étapes distinctes du roman.Si je trouve qu'Albert Cohen signe ici une oeuvre réussie, avec des pages absolument géniales, je ne peut m'empêcher de penser qu'il aurait pu faire plus court au lieu de parfois perdre le lecteur dans des pages qui finalement ne font que se répéter. Et il a un vrai don pour croquer les personnages secondaires qui font aussi le charme de ce roman.

cocalight
19/07/11
 

Ce livre est un hymne à l'amour, celui qui est fantasmé, celui qui ne peut perdurer.Ariane est une jeune femme mariée mais prostrée dans une vie banale qu'elle n'a pas choisie. Solal est le supérieur hiérarchique de son mari, c'est un jeune homme envié de tous tant pour son ascension professionnelle que pour son physique irréprochable. Quand ces deux-là se rencontrent, la magie opère sur le champ, la relation se noue fusionnelle, toute autre société est bannie. Les jours passent, la passion rend ces deux êtres éperdus, voués à la perfection sentimentale toujours renouvelée. La description des rapports humains et la complexité des sentiments sont admirablement décrites dans cette histoire idyllique.Monsieur Cohen, vous avez tout compris à l'amour et cette crainte qui se manifeste rapidement de moins aimer vous semble familière. Que de passages sublimement menés comme celui cité ci-après !Ce fut une véritable jouissance d'assister à cette mise en scène de l'amour sublimé, à ces mascarades où deux cœurs brisés de trop aimer laissent place à un dénouement bouleversant les préjugés.L'amour doit-il faner ?Passage préféré: "Tu l'aimes et tu veux qu'elle t'aime, et tu ne peux tout de même pas aimer un chien parce qu'il vaut mieux qu'elle ! Eh bien alors séduis, fais ton odieux travail de technique et perds ton âme. Force-toi à l'habileté, à la méchanceté. [...] Tu n'es pas encore enraciné et des méchancetés trop marquées la repousseraient. Il leur reste un peu de bon sens au début. Par conséquent, du tact et de la mesure. Se borner àlui faire sentir que tu es capable d'être cruel. [...] Elle sera indignée, mais son tréfonds aimera. Lamentable de devoir déplaire pour lui plaire. Ou encore un masque subitement impassible, des airs absents, une surdité soudaine. Ne pas répondre par distraction feinte à une question qu'elle te pose la désarçonne mais ne lui déplaît pas.C'est une gifle immatérielle, une ébauche de cruauté, un petit plain-pied sexuel, une indifférence de mâle. De plus, ton inattention augmentera son désir de captiver ton attention, de t'intéresser, de te plaire, la remplira d'un sentiment confus de respect. Elle se dira, non, pas se dira, mais vaguement sentira, que tu es habitué à ne pasécouter toutes ces femmes qui t'assaillent, et tu seras intéressant. [...] Qui est cruel est sexuellement doué, capable de faire souffrir, mais aussi de donner certaines joies, pense le tréfonds. Un seigneur quelque peu infernal les attire, un sourire dangereux les trouble. [...] Donc, pendant le processus de séduction, prudence et y aller doucement. Par contre, dès qu'elle sera ferrée, tu pourras y aller. Après le premier acte, curieusement dénommé d'amour, il sera même bon, à condition qu'il ait été réussi et approuvé avec enthousiasme par la balbutiante pauvrette, il sera même bon que tu lui annonces qu'elle souffrira avec toi. Encore transpirante, et contre toi collante, elle te répondra alors que peu lui importe, que la souffrance avec toi ce sera encore du bonheur. [...]Lorsqu'elle est entrée en pleine passion, donc cruautés ouvertes. Mais dose-les. Sois cruel avec maîtrise. Le sel est excellent mais pas trop n'en faut. Par conséquent, alternances de duretés et de douceurs, sans oublier les obligatoires ébats. [...]Ne renonce jamais aux cruautés qui vivifient la passion, et lui redonnent du lustre. Elle te les reprochera mais elle t'aimera. Si par malheur tu commettais la gaffe de ne plus être méchant, elle ne t'en ferait pas grief, mais elle commencerait à t'aimer moins. Primo, parce que tu perdrais de ton charme. Secundo, parce qu'elle s'embêterait avec toi, tout comme avec un mari. Tandis qu'avec un cher méchant on ne bâille jamais, on le surveille pour voir s'il y a une accalmie, on se fait belle pour trouver grâce, on le regarde avec des yeux implorants, on espère que demain il sera gentil."(pp. 328-330 de la collection Folio Gallimard) "Aux âme bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années" (Rabelais)

Melopee
04/06/11
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.40 cm
  • Poids : 0.46 kg

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