Chagrin d'ecole

PENNAC, DANIEL

livre chagrin d'ecole
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/03/09
LES NOTES :

à partir de
8,20 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Chagrin d'école, dans la lignée de Comme un roman, aborde la question de l'école du point de vue de l'élève, et en l'occurrence du mauvais élève. Daniel Pennac, ancien
cancre lui-même, étudie cette figure du folklore populaire en lui donnant ses lettres de noblesse, en lui restituant aussi son poids d'angoisse et de douleur.
5 personnes en parlent

Cancre ! Le mot est lâché, avec son parfum vieillot mais recouvrant une réalité bien actuelle. Combien sont-ils, en pourcentage, à se vivre, se sentir, cancres ? Cancre, celui qui marche de travers (ou pas du tout!), qui se cache dans un petit coin pour se faire oublier et qui vit l'école la peur au ventre. Combien, dans chaque classe de 25 élèves ? Un ? Deux ? Plus ? Cancres, honnis des parents d'élèves (ils font baisser le niveau de leurs chéris), moqués des copains de classe, cause des agacements/découragements de leurs enseignants. Au mieux, on les ignore, on pire on les accuse de tous les maux de la classe, agitation sourde ou assumée, impossibilité de boucler les programmes, mauvaise évaluation du prof par ses supérieurs.Voilà ce que vivait Daniel Pennac dans les années 50, humiliation, peur, sentiment d'absolue nullité, désintérêt total pour le fait d'apprendre.Notre ancien cancre devenu prof (comme quoi..) ne donne pas de « recettes » de pédagogie, simplement il rend hommage à ces enseignants (du privé, bon, dommage) qui lui donné confiance en lui et l'ont aidé à passer le bac (certes plusieurs fois) puis l'ont aiguillé vers le métier d'enseignant par des chemins de traverse, ni CAPES ni Agrèg et on saute dans le grand bain ! Ce qui a fonctionné pour lui est-il transférable sur TOUS les cancres ? Certainement pas. Son credo en faveur de la « cause des élèves » (titre d'un autre témoignage d'enseignant) est émouvant, assez convaincant, mais pas suffisamment pour qu'un ministre de l’Éducation nationale s'en empare et puisse l'inclure dans les formations pédagogiques.On aime bien la créativité de ce prof, aujourd'hui retraité je suppose, sa façon de chambouler la sacro-sainte dictée, les énoncés de maths abscons, les fastidieuses « récitations » et son idée de rendre l'élève acteur (expression rebattue dans le système éducatif sans qu'on en voie les conséquences miraculeuses) ; Bien sûr, on ne peut qu'être d'accord avec lui quand il prononce le gros gros mot qui va tant aider : l'amour ! L'amour de qui, de quoi ? Des élèves ? Du métier ? Ce serait faire injure aux enseignants en exercice que de penser qu'ils manquent d'amour. En général, on n'entre pas dans cette profession pour les congés et la garantie de l'emploi, ou alors il faut s'attendre à de sérieuses désillusions. On est prof parce qu'on aime transmettre ce qu'on sait et ce qu'on aime. « Passeur » est un mot galvaudé mais il y a de cela dans le métier.J'aime bien l'enthousiasme intact de Pennac, son respect des jeunes et l'intérêt qu'il porte à chacun d'eux. Peut-on pour autant s'attendre à ce que chaque enseignant puisse fonctionner de la sorte ? Et comment Pennac a-t-il contribué à l'amélioration de l'enseignement ? A-t-il enseigné des techniques pédagogiques ? Je crains qu'il n'y ait quelque chose de peu réaliste et de ponctuel dans son fonctionnement, en tout cas de peu généralisable à un enseignement de masse tel qu'il se pratique dans l'enseignement public. Alors ? Faut-il, et encore avec quelles garanties d'y trouver tant de qualité ? se tourner tous et toutes vers l'enseignement privé ? L’ancien prof et ex- proviseur que je suis se permettent d'en douter... Hebelin

hebelin
30/09/13
 

Après avoir vraiment aimé Comme un roman, j’ai retrouvé le même plaisir avec Chagrin d’école. Pennac avoue son ancienne place de cancre à l’école. Il est difficile de se dire qu’un auteur comme lui n’était pas le premier de la classe. Il nous amène à comprendre qu’être cancre, cela ne dure pas toute une vie.Je me suis vraiment reconnue dans ses propos. Il n’est jamais évident de dire que je n’étais pas bonne à l’école. Avouer que je n’aimais pas lire avant 14 ans pour devenir une lectrice compulsive une fois les études terminées. Pas facile d’admettre que lors d’une lecture certains mots ou noms m’agressent, que je saute des lignes, que je suis dans l’impossibilité de lire à haute voix, que certains participes passés me donnent du fil à retordre… Oui, on a beau avoir un bac +… tout ne se résume pas là. Le Bled et le Bescherelle sont des amis qui me suivent depuis ma plus tendre enfance ! (« Merci à la méthode globale ! » Non, Métaphore, tu avais promis de ne pas relancer le débat !)Revenons à ce livre !L’art de transmettre à des élèves, dont certains ne comprennent pas ou encore ne s’intéressent pas n’est pas une sinécure. Pennac, nous montre un chemin, son chemin en ayant conscience que ce n’est pas LE chemin mais juste une manière d’être et de faire propre à lui. Par la même occasion, il critique notre société, celle où ces jeunes tentent de s’épanouir et trouver leur place. Il ne part pas dans l’éternelle litanie que « c’était mieux avant ». Bien sûr, il est possible que vous y voyiez quelques clichés mais cela reste plaisant à lire. J’ai vraiment apprécié son regard sur l’école, les élèves et les professeurs. Sa modestie quand il avoue de pas avoir toujours bien fait, et surtout son humour !Pennac aime ce métier, aime les élèves et l’école et nous le fait partager.

Metaphore
08/06/13
 

Pennac nous livre ici des souvenirs d'école (en tant qu'élève, mais aussi en tant que professeur (ça, je l'ai compris plus tard)). Dès les premières pages du livre, je savoure l'écriture de Pennac et ses anecdotes de lui en enfant-cancre. J'adore son humour, son auto-dérision et sa manière de retranscrire son enfance. Mais assez vite, Pennac revient sur ses années d'enseignant. Et là, malgré des anecdotes savoureuses, le roman prend un virage beaucoup plus sérieux. J'ai trouvé dommage que l'auteur ne s'appesantisse pas sur ses années d'écoliers (l'histoire de la poubelle de Djibouti aurait gagné à être plus développée), car se sont bien celles-là qui m'avaient passionnée dès les premières lignes. La question qu'il est logique de se poser est alors la suivante : Par quel miracle ce cancre est-il devenu écrivain ? Pennac y répond sans plus de détails. L'écrivain s'attarde davantage sur l'avenir de "ses" cancres (actuels élèves) et sur les réactions de ses collègues professeurs à propos tel ou tel sujet. Je vous avoue avoir refermé ce livre avec une pointe de déception... Car l'auteur n'a pas emprunté le chemin que j'aurais voulu qu'il suive. J'aurais souhaité en connaître plus sur sa famille, ses camarades de l'époque, les méthodes de travail employées... Bref, sur sa jeunesse d'écolier. Je pense que grâce à tous ces ingrédients, ce livre aurait pû être un coup de coeur... J'ai, malgré cela passé un moment agréable à la lecture de "Chagrin d'école", que je pourrai, sans mal conseiller.

beroune
25/12/12
 

J'ai galopé tout au long des 200 premières pages de "Chagrin d'école" de Daniel Pennac. Ah, il sait y faire le bougre ! Il nous émeut, nous fait rire dans un premier temps pour mieux nous émouvoir et parvenir à nous faire comprendre ce que c'est que d'être un cancre. Cancre, il l'a été et c'est sans doute pourquoi il les comprend aussi bien, sans pour autant jouer les matamores ou les modèles. Cancre, il le reste même maintenant aux yeux de sa mère centenaire qui trouve encore le moyen de demander"-Tu crois qu'il s'en sortira un jour?". Pennac qui se croyait plus bête que le chien au point de lui glisser à l'oreille : "Demain, c'est toi qui iras au bahut, lèche-cul". Mais dans le deuxième partie du livre, le rythme ralentit et l'humeur de l'auteur s'assombrit quand il évoque les difficultés actuelles de ceux que l'on n'appelle même plus cancres. Pas de remède miracle, bien évidemment, mais une réflexion et un témoignage pleins d'humanités et finalement d'espoir. A dévorer sans modération. cathulu

cathulu
06/08/12
 

Le futur du présent sans espoirIl était un cancre, un vrai, celui qui ne comprend vraiment pas et qui subit des heures de sidération devant sa copie blanche. Il est pourtant devenu professeur, et écrivain. Sur le ton de la conversation, il raconte tout ça, en tire quelques enseignements et surtout, surtout, dédramatise.Il est vraiment sympa l'univers de Pennac pour ça : que ça fait du bien de ne pas toujours tout prendre au dramatique, ce qui n'a jamais empêché le sérieux. "Il faut savoir jouer avec le savoir. Le jeu est la respiration de l'effort, l'autre battement du coeur, il ne nuit pas au sérieux de l'apprentissage, il en est le contrepoint".C'est exactement ça, ce sont trois cent quatre pages qui disent du calme, la panique suffoque et n'apporte rien, ça va aller." -Sami, quel est le premier verbe conjugué de la phrase ?- Vraiment, m'sieur, c'est vraiment.- Qu'est-ce qui te fait dire que vraiment est un verbe ?- Ca se termine en ent !- Et à l'infinitif, ça donne quoi ?- ... ?- Allez, vas-y ! Qu'est-ce que ça donne ? Un verbe du premier groupe ? Le verbe vraimer ? Je vraime; tu vraimes, il vraime ?- ...La réponse absurde se distingue de la fausse en ce qu'elle ne procède d'aucune tentative de raisonnement. Souvent automatique, elle se limite à un acte réflexe. L'élève ne fait pas une erreur, il répond n'importe quoi à partir d'un indice quelconque (ici, la terminaison ent). Ce n'est pas à la question posée qu'il répond, mais au fait qu'on la lui pose. On attende de lui une réponse ? Il la donne. Juste, fausse, absurde, peu importe. "Mais oui, il a tout compris, Pennac, il sait de quoi il parle, et il n'oublie jamais de laisser de temps en temps la parole à son pire détracteur, lui-même, qui lui dit d'arrêter cinq minutes de se la jouer homme parfait, ou vieux con, c'est selon.Alors non seulement on dévore son Chagrin d'école, mais on aurait vraiment très envie d'en parler de vive voix avec lui, de continuer cette discussion qui contient tous les fondamentaux de notre société.... Sylvie Sagnes

SagnesSy
20/07/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.16 kg