Chaos calme

VERONESI-S

livre chaos calme
EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 02/04/08
LES NOTES :

à partir de
22,30 €

SYNOPSIS :

Pietro Palladini est immobile, Dans l'oeil du cyclone. Il ne sort plus de sa voiture, garée au bas de l'école de sa fille à Milan. Ce quadragénaire séduisant que la vie avait épargné vient de perdre sa femme, Lara. Il attend de souffrir, mais ce n'est pas si facile de ressentir la perte. Les amis et les anonymes viennent lui parler, l'étreindre, partager ce temps suspendu, ce " chaos calme " où il se réfugie désormais. Une jolie fille qui promène son chien, les collègues de travail à la veille d'une fusion
financière sans précédent, un frère fumeur d'opium, une belle-soeur qui se dénude en pleine crise de nerfs, une milliardaire érotisée, tous perdent à un moment leur calme, leur dignité, leurs masques. Tous renoncent à la comédie sociale. Sur cette situation digne d'un Beckett loufoque. Sandre Veronesi construit un roman polyphonique, livre de la maturité, émouvant, ample, magistralement tissé : le mélange de l'intime dans ce qu'il a de plus vibrant et du réel dans ce qu'il a de plus dérangeant.
19 personnes en parlent

Entre deux eaux, entre deux mondes, peut-être déjà entre deux âges, tout dans ce roman est entre deux, entre la voiture et l'école, entre un père et sa fille, entre un homme et une femme, entre deux frères, entre temps qui passe et temps qui s'arrête, entre sourire et souffrance, entre passé et futur. Mais la vie n'est elle pas ainsi, toujours suspendue entre deux pôles qui s'attirent et se repoussent ? Il suffit parfois de s'arrêter, de faire simplement ce que l'on dit et l'angle de vue change, le point de fuite se brise. La voiture, le cocon protecteur... et le sourire de l'enfant qui détient la clé. Faire ce que l'on dit, c'est bien, mais un jour, il faut se libérer des mots comme des silences.Ce livre est le livre du chaos, du chaos calme, de la douleur attendue qui ne vient pas. Entre sa voiture et l'école de sa fille, un homme crée un unviers familier dans lequel s'instaure un nouveau quotidien. La distance prise délie les langues et invite aux confidences les plus inattendues.Consultez le commentaire complet sur http://www.mondalire.com/carnets

un flyer
19/12/08

Un livre passionnant, tant par le sujet que par l'écriture, mais difficile à résumer et à commenter. J'ai beaucoup aimé l'histoire de cet homme qui ne souffre pas de la mort de sa femme (ne veut pas souffrir ?) et qui, par son attitude, recueille les angoisses, les souvenirs, les détresses de tous ceux qui croisent sa route. Le malheur attire le malheur et il devient sans le vouloir le réceptacle des peines des autres, il écoute beaucoup, commente peu, conseille parfois, mais jamais ne juge. Le deuil qui le frappe semble attirer autour de lui les confidences, on vient lui apporter, comme en offrande, ces moments de chaos calme que chacun peut vivre dans sa propre vie, on vient se décharger sur ses épaules de ses propres malheurs, et il écoute, tel un confesseur des temps modernes. Malgré quelques longueurs vers la fin, on se prend à suivre les vies de chacun des protagonistes de cette histoire assez abracadabrante, on a envie de savoir comment Pietro va réussir à se sortir de cette situation d'immobilisme, quel sera le déclic qui le fera avancer à nouveau, vivre sa vie au lieu de partager celles de ces interlocuteurs. Très intéressant et prenant ! Liliba

liliba
31/05/10
 

Quand la douleur est trop forte...Frappé au plexus, anesthésié par la mort brutale de sa femme, Pietro ne ressent rien, ni chagrin, ni révolte. D'homme d'affaires hyper-occupé il va devenir un "réfugié" dans sa voiture, devant l'école de sa fille. Il observe, reçoit de nombreuses visites, des confidences mais rien ne semble pouvoir le ramener à la vie. Un sujet fort autour de la mort : pas tant le deuil que le fait de devoir continuer à vivre. Comment reprendre pied ? Chaos calme fait partie de ces livres qu'on ne peut oublier (je l'ai lu à sa sortie en 2008). Iana

Iana
04/07/12
 

Le titre est le parfait reflet des sentiments décrits dans ce roman : le calme apparent d'un homme qui vient de perdre sa femme, le chaos qu'il met dans sa vie et celle de sa fille alors qu'il semble accepter son destin. Ce récit ponctué d'humour se penche avec finesse sur les émotions souvent contradictoires du personnage principal, entre culpabilité et fatalité, folie et sérénité. Même dans l'excès, l'histoire semble juste.

Pietro Paladini, un journaliste d'une chaîne de télévision découvre sa femme morte (malaise) après sa fille et tout le reste de la famille, et surtout après avoir sauvé de la noyade une autre femme. Choqué émotionnellement et complètement dans le déni, Pietro décide de rester toutes ses journées devant l'école de sa fille, pour l'aider et l'accompagner le deuil. Aussi incongru que cela puisse paraître, le nouveau lieu de son quotidien (banc, voiture) va devenir le théâtre de confidences entre collègues et de sa belle-sœur , de conspirations professionnelles (l'entreprise subit une grosse restructuration) mais aussi un endroit de rencontres privilégiées (formidable relation entre un jeune trisomique et la voiture de Pietro, la jeune fille et son chien) qui vont lui permettre de se retrouver et de redécouvrir son humanité.Chaos calme... un livre essentiel et inoubliable.

Cave
14/05/11
 

Le plus important a été dit dans les 9 autres critiques présentes sur Libfly. J'ai effectivement lu cette histoire avec un intérêt variable en fonction des chapitres qui effectivement ont quelques longueurs ou quelques détours "cul-de-sac" ; ainsi je serais particulièrement reconnaissant envers la personne qui pourrait avancer un semblant de début de moindre explication des longues digressions sur la C3 accrochée sur le parking...Quant au style, il faut juste s'habituer aux phrases interminables qui reflètent le cheminement des idées de Pietro.A lire, mais sans grande passion PhiL / Délire de Lire - Ciney

DelireDeLire
21/12/10
 

J'en avais lu des commentaires dithyrambiques sur cet ouvrage, et je me suis plongée dedans avec enthousiasme. De fait, les premières pages m'ont passionnée, puis ça commence à partir dans tous les sens, entre ses amis, sa famille, ses collègues de boulot, les passants... Je m'accroche, il parait que le film, sorti en décembre dernier, est excellent et j'imagine très bien Nanni Moretti à la place de ce gars planté devant l'école de sa fille. Mais rien à faire, ses réflexions existentialistes interminables, les histoires de fusion de sa boite et les complots d'entreprise qui vont avec prennent vraiment trop de place dans le récit et je termine le livre en sautant des pages. Dommage !! Reste malgré tout une grande envie de découvrir le film.

anyuka
06/09/10
 

En mal de deuil Le héros du roman de Sandro Veronesi est un homme en apparence comblé. Il a une excellente position professionnelle, une femme qui l'aime, Lara, et une fille de dix ans, Claudia. Mais un jour, au moment même où son mari sauve la vie d'une inconnue en passe de se noyer, Lara succombe à une crise cardiaque… Hébété mais incapable de ressentir la moindre trace d'authentique chagrin, le voilà qui décide de tout larguer pour passer ses journées dans sa voiture, garée devant l'école de sa fille. Il n'est pas absent, mais comme anesthésié, hors de lui-même. Le calme extérieur comme ultime réponse au chaos intérieur. Tout ensemble grave et émouvant, Chaos calme sera le roman de son réapprentissage, de son retour parmi les vivants. En observant le monde de l'endroit où il s'est enraciné, il découvre peu à peu la face cachée des choses, devenant malgré lui confident ou psychologue car tous - famille, amis, collègues- viennent le voir et se délestent pour un temps de leurs propres fardeaux. Metteur en scène génial de ce théâtre d'opérations unique, Sandro Veronesi offre une oeuvre insolite servie par une écriture brillante à travers laquelle se révèle toute la complexité de la machine humaine.Après un immense succès en Italie Chaos calme a obtenu le prix Fémina 2008 du roman étranger. « Caos calmo », le film adapté du roman par Antonello Grimaldi avec Nanni Moretti dans le rôle principal est sorti sur les écrans italiens la même année.

Comme il existe le "déni de grossesse", il existe aussi le "déni de souffrance" (?) ou "déni de réalisme" (?) Si c'est ainsi qu'on peut expliquer l'attitude de Pietro vis à vis du décès de son épouse tandis qu'il sauvait une autre femme. En tout cas, le mode de vie qu'il adopte en fait un pôle d'attraction pour une série de personnage faisant partie de son quotidien qui viennent s'épancher auprès de lui.Il faudra que sa fille, restée peut-être plus lucide que lui face à la mort de sa mère et à la vie qui en découle pour son père, rappelle celui-ci à la réalité des choses de la vie.Pour cette tranche de vie, j'ai apprécié le livre, même si je ne le relirai probablement pas.J'apprécierais de connaître comment liliba et Mondalire ont compris les dernières pages du livre, car j'avoue qu'elles me laissent perplexe vis à vis du "message" que l'auteur a voulu faire passer. Emile Faucheux

Emile29
02/06/10
 

Pietro Paladini a quarante-trois ans, il est directeur d'une chaîne de télévision en Italie, il baigne donc dans l'opulence... Lara, sa compagne, décède brutalement chez eux pendant qu'il sauve une femme de la noyade. Il lui reste Claudia, leur fille de dix ans. Pas de douleur, apparemment : le deuil prend la forme d'un "chaos calme", une espèce d'hébétude qui ne le fait pas souffrir mais bouleverse sa vie sociale. A la stupéfaction de tous, il passe désormais ses journées devant l'école de sa fille, alors que leur société est en péril, en passe de fusionner avec d'autres entreprises. Peu d'action, de longs cheminements intérieurs, une tendresse nouvelle avec son enfant, des conversations avec quelques proches qui l'amèneront à s'interroger sur le deuil, sur le couple qu'il formait avec Lara... Un roman lent, long, dans lequel je n'ai pas réussi à entrer (ou alors sporadiquement), faute d'empathie avec le narrateur, dont l'univers est sans doute trop éloigné du mien... Trop rares : quelques moments de douceur (le "jeu" avec l'enfant trisomique, la découverte de l'univers de sa fille)... et le tragi-comique des discussions avec Marta. Lasse des interminables monologues de Piquet sur les problèmes de Francesca, entre autres anecdotes qui ne m'intéressent pas, j'ai abandonné le roman page 356. Canel

Canel
31/01/16
 

En mal de deuil Le héros du roman de Sandro Veronesi est un homme en apparence comblé. Il a une excellente position professionnelle, une femme qui l'aime, Lara, et une fille de dix ans, Claudia. Mais un jour, au moment même où son mari sauve la vie d'une inconnue en passe de se noyer, Lara succombe à une crise cardiaque… Hébété mais incapable de ressentir la moindre trace d'authentique chagrin, le voilà qui décide de tout larguer pour passer ses journées dans sa voiture, garée devant l'école de sa fille. Il n'est pas absent, mais comme anesthésié, hors de lui-même. Le calme extérieur comme ultime réponse au chaos intérieur. Tout ensemble grave et émouvant, Chaos calme sera le roman de son réapprentissage, de son retour parmi les vivants. En observant le monde de l'endroit où il s'est enraciné, il découvre peu à peu la face cachée des choses, devenant malgré lui confident ou psychologue car tous - famille, amis, collègues- viennent le voir et se délestent pour un temps de leurs propres fardeaux. Metteur en scène génial de ce théâtre d'opérations unique, Sandro Veronesi offre une oeuvre insolite servie par une écriture brillante à travers laquelle se révèle toute la complexité de la machine humaine.Après un immense succès en Italie Chaos calme a obtenu le prix Fémina 2008 du roman étranger. « Caos calmo », le film adapté du roman par Antonello Grimaldi avec Nanni Moretti dans le rôle principal est sorti sur les écrans italiens la même année.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Pietro Paladini vient de vivre un drame. Sa femme est décédée de manière brutale alors qu’il était lui-même en train de tenter de sauver une inconnue de la noyade. Alors que la rentrée des classes arrive, il fait une promesse à sa fille : rester toute la journée à l’attendre devant son école. Et c’est ainsi que Pietro, ce quadragénaire à qui jusque-là tout réussissait, va voir défiler les jours puis les saisons, immobile ou presque dans sa voiture, garée devant une école primaire de Milan. Et alors qu’il attend de souffrir, de ressentir ce sentiment de perte et de vide qui devrait l’envahir, ce sont ses amis, ses collègues, sa famille qui lui rendent visite et apportent avec eux leurs problèmes en pensant d’abord venir le réconforter. Dans cet espace clos, hors du temps et du monde, toutes ces personnes que Pietro connaissaient plus ou moins avant le drame vont lui révéler les aspects les plus importants de leur vie.Voilà un excellent roman. Très déroutant. J’avoue que j’en avais retardé la lecture parce qu’affronter plus de 500 pages d’une écriture miniature avec pour sujet un veuf qui ne sort pas de sa voiture, ça ne m’attirait pas spécialement. Et au final, j’ai été très agréablement surprise et je n’ai pas vu le temps passer en lisant ce livre. L’intrigue, aussi simpliste peut-elle paraître, est en réalité très travaillée. La valse des personnages qui défilent aux côtés de Pietro est menée sur un rythme savamment orchestré par l’auteur. On suit ainsi les déboires des collègues de bureau du personnage principal, en proie à une fusion de leur entreprise avec un grand groupe et donc à un drastique plan de licenciement, ceux de sa belle-soeur, une fois de plus enceinte et une fois de plus seule pour affronter sa grossesse, ceux de son frère, grand styliste opiomane ainsi que tous les petits soucis des personnes qu’il croise quotidiennement devant l’école. Pendant ce temps qu’il passe à écouter les souffrances des autres tel un curé ou un psy, Pietro ne se rend pas compte de sa propre douleur, ne s’aperçoit pas qu’il est en train de faire son deuil, à sa façon, là devant cette école, à attendre un signe de la main de sa petite fille. Et tout ce temps passé hors du monde, dans un état de calme chaos comme il le dit, ne sera pas perdu. Puisqu’au fond, il va permettre à Pietro de se trouver enfin vraiment et au lecteur de comprendre que le deuil et sa façon de le mettre en oeuvre est propre à chacun. http://leslecturesdenaurile.wordpress.com

Naurile
11/11/15
 

Avant de me procurer cet ouvrage, j'ai consulté diverses critiques, tous n'étaient pas unanimes sur la qualité de l'oeuvre mais le thème me plaisait et je m'en suis félicitée !Trois avant son mariage, Pietro et son frère sauvent chacun une femme sans aucune reconnaissance de leur part ou des témoins. Pendant ce temps, la femme de Pietro décède d'une crise cardiaque devant leur fille de 10 ans. L'histoire ne détaille ni l'arrivée des frères à la maison, ni leur réaction, ni les funérailles qui ont lieu le jour de leur mariage.Le récit reprend le jour de la rentrée des classes, Pietro promet à sa fille de l'attendre toute la journée devant son école. Cette promesse, comme un jeu ou une blague, se concrétise et perdure les semaines suivantes. Le père organise son travaille, enfin les quelques papiers qu'ils doit signer, par l'intermédiaire de fax, de son téléphone ou de sa secrétaire... Sa fille tout comme lui vivent comme si le drame n'avait jamais eu lieu, la mère n'est guère présente dans le récit, sa fille n'en parle jamais et son mari y fait allusion pour se remémorer certains souvenirs... Personne de leur entourage ne comprend leur réaction et le fait savoir à Pietro. Belle-soeur, frère, patron, associés, collègues, toute une série de personnages plus atypiques les uns que les autres défile dans la voiture de Pietro ou sur le banc dans le square devant l'école de sa fille.Cette galerie de personnages permet à l'auteur de proposer un panel de psychologies différentes. Un fait commun à tous, personne ne se soucie vraiment de la peine ou de la non-peine de cet homme, il devient un exutoire pour tous, un déversoir pour toutes les frustrations...Une question se pose : si l'on ne réagit pas à un évènement comme les autres s'y attendent, est-on forcément insensible, inhumain, ou un extraterrestre ?C'est Claudia, sa fille, qui lui ouvrira les yeux.

toutatys
20/05/13
 

Ce roman aurait pu être un coup de cœur mais certaines scènes inutiles m’ont posé problème. Veronesi a de très belles images pour évoquer les mouvements de l’âme mais aussi décrire nos vies. Il sait rendre intéressant nos instants quotidiens les plus banals et des passages entiers m’ont laissé méditative, comme si je venais de trouver un écho, voire une solution, à mes propres questionnements. C’est un livre qui vaut vraiment le détour en dépit de certaines longueurs. Il est plein d’humanité en montrant cette tombée des masques de façon élégante, sans juger. Il rassemble les hommes autour de leurs faiblesses. L’approche est originale et vraiment intéressante. Elle fait penser aux philosophies orientales autour du lâcher-prise, cette façon de traverser la vie et ses épreuves de façon quasi-insensible. Dommage que certains passages soient médiocres. Il n’en reste pas moins que ce livre est à tenter.

mycupoftea
08/09/12
 

Alors c'est Pietro qui sauve la vie d'une femme. Il vient de finir de surfer avec son frère unique, ils remontent vers leur maison de vacances et ils voient deux femmes au loin en train de se noyer. Ils se précipitent sans réfléchir, vu qu'il y a une barrière de vagues impressionnantes et que la prudence voudrait que seul un bateau se lance. Chacun atteint sa noyée et Pietro a bien du mal avec la sienne : il croit sérieusement qu'il va mourir, là, que c'était une erreur d'essayer. Et puis au beau milieu de cette situation inique, les vagues, la fatigue dans tout son corps après sa séance de surf, le panique de la noyée, l'envie de baisser les bras, définitivement, il se met à bander terriblement. Et c'est dans un élan de fougue sexuelle qu'il bombarde le dos de la femme et qu'ils avancent ainsi vers le bord, par ruades apocalyptiques.Mais quand il rentre finalement à la maison, après avoir vu sa performance totalement ignorée, son épouse vient de mourir d'une brutale rupture d'anévrisme sous les yeux de leur fille, Claudia, dix ans.L'école reprend, et Pietro décide, ou plutôt laisse arriver le fait suivant : tous les matins, il déposera Claudia à l'école et l'attendra devant.Il se dit que la douleur, la peine, le choc, vont bien finir par leur tomber sur le coin du nez, et que ça ne sert à rien en attendant de reprendre une vie normale. Au moins, quand ils vont réagir, il sera là, juste devant l'école.Et le monde vient à lui, dans un mouvement perpétuel, une marée qui monte et descend et nous présente un estran tour à tout loufoque, poignant, mystique ou autres, mais en tous les cas, toujours bruissant.Quelle vilaine expression en 4° de couv : "livre de la maturité" je pensais que depuis Ruquier et ses chroniqueurs plus personne ne se risquait à employer ce poncif terriblement réducteur. Quand en plus on découvre comme moi Veronesi on serait bien en peine de situer ce roman dans le reste de l'oeuvre, qui tient en deux autres romans, d'après la jaquette.Et plus que de maturité (Sandro Veronesi est né en 1959) je parlerais moi d'inventivité, de fraicheur, de construction à la fois bavarde et concentrée, d'énormément d'humanité et d'un humour toujours sous-jacent qui "sauve" bien des moments tendus.J'ai eu peur, un moment, au début, je l'avoue, de retomber sur une plume de la famille des écrivains déconneurs dont le sujet est leur balourdise, présentée à la sauce regardez comme je suis bon en autodérision bien que je sois un vrai looser. Mais pas du tout ! Rien à voir, et Dieu merci.C'est un roman qui m'a offert de longues heures d'évasion totale, qui m'a émue, fait sourire, émoustillée, m'a amenée à réfléchir au sens de toutes ces mascarades que l'on s'inflige souvent tout seul. Qui m'a très bien expliqué, qui plus est, la différence entre un romain et un milanais quant aux techniques pour manger les spaghettis, et dont la définition du con me convient au petit poil :"- ...- Allô ?- Tu es vraiment con, tu le sais ?- Allez, excuse-moi. Je ne voulais pas dire ça.- Et tu es encore plus con quand tu t'excuses.- Je suis sérieux.- Justement. Ceux qui s'aperçoivent de leur connerie dans la seconde qui suit, sont les plus cons.- Vu. La prochaine fois, je laisserai passer deux ou trois jours.- Et les plus cons de tous sont ceux qui, après s'être excusés, font de l'humour."A méditer... ;) Sylvie Sagnes

SagnesSy
04/07/12
 

Ce roman parfois loufoque nous entraîne en terre inconnue. Je m'attendais à de la tristesse, il n'y en pas. Du désespoir, si , mais qui n'attriste pas, qui agace, dérange parfois. Certains passages m'ont gênée mais c'était le but je pense (la scène de sexe entre le narrateur et la femme qu'il a sauvé) puisqu'on comprend que les deux protagonistes de la scène ont besoin de ça pour se sentir vivants. La scène qui m'a vraiment mise mal à l'aise est celle où il compare le regard de sa fille posé sur lui à celui qu'elle posera sur l'homme qui la déflorera. Je me suis demandé si un papa pourrait avoir cette pensée. Mais il ne faut pas oublier non plus que ce livre est drôle, plein de rebondissements et que la relation fraternelle y est magnifiquement dépeinte. Et cette attente de souffrir qui ne vient pas , cette peur que Claudia ne craque brutalement, loin de son papa...

cocalight
26/06/12
 

Un roman passionnant sur un homme qui a perdu sa compagne au moment même où il sauvait une autre femme. Il s'étonne de ne pas souffrir, il s'étonne que sa fille ne semble pas souffrir. Malgré tout il reste pendant des mois planté devant l'école de sa fille. Au travers des proches qui viennent le rencontrer (frère, secrétaire, belle-sœur, collègues,patron,...) on comprend peu à peu qui il est/était et sa relation au monde.Il devient sans l'avoir désiré celui à qui on vient faire le récit de sa souffrance.Quelques longueurs mais on se régale de cette idée originale et des portraits...jusqu'à la fin !

un flyer
08/05/12

Ouhh que c'était bien et bien du début à la fin :) Un livre très agréable à lire, à la fois grave et drôle, qui nous permet de partager un bout de vie de Pietro Paladini et pas des moindres puisque ce bout de vie commence juste avant la mort de sa femme. Au passage, j'ai trouvé les premières pages du roman terriblement convaincantes : j'y étais.. Et c'est ensuite que l'on apprend à le connaître au travers de son regard qui balaye aussi bien sa vie, ses émotions que le monde et les gens qui l'entourent. Et pour "répondre" à la critique de Clarac : il ne s'agit pas d'un roman sur "le deuil" mais d'un roman sur "la VIE" avec effectivement et pêle-mêle : le deuil, l'amour, l'humour, les relations enfants/parents, frères/soeurs, la légèreté, le rêve, la paranoïa, le sexe etc... Très beau roman que je conseille vivement :)

milkaa75
23/04/10
 

Au départ, j’ai été très emballée : cet homme qui perd sa femme et qui décide de passer ses journées à attendre sa fille devant son école. Après la mort de sa femme, il se raccroche à sa fille, à son équilibre précaire et fragile car ni lui, ni elle n’ont craqué. Il semble comme anesthésié. Pas de pleurs, de cris, de cette révolte quand on perd un être cher et aimé. Du matin au soir, il est dans sa voiture ou se rend au square à côté. Surtout, rester là pour sa fille pour montrer qu’il tient sa promesse. Situation incongrue qui s’éternise au fil des jours. Il ne va plus travailler d’ailleurs son entreprise subit une restructuration importante. Tour à tour, ses collègues, son patron, sa belle-sœur, son frère viennent le voir, chacun lui racontant ses peines et ses malheurs. Lui qui se sentait protégé des autres se retrouve confident de chacun d’entre eux. Sa belle-sœur lui fait sous-entendre que sa femme n’était pas heureuse. Il va se poser des questions et chercher à savoir le vrai du faux. Il va découvrir que sa femme recevait des emails d’un homme dont il n’a jamais entendu parler. Et là, je m’attendais à ce qu’il découvre que sa femme n’était qu’heureuse en apparence, ou qu’il ait ce déclic et qu’il crie, hurle tout son chagrin. Eh bien non !Petit à petit, le prénom de sa femme vient moins souvent dans ses pensées et la fusion de son entreprise prend de plus d’ampleur dans le livre. Du coups, j’ai trouvé que le livre s’essouflait … Mais il n’empêche que je l’ai lu entièrement car je voulais savoir s’il allait effectivement commencer à faire son deuil. J’avoue avoir été un peu déçue par la chute et surtout, je ne comprends pas pourquoi l’auteur a ajouté cette histoire de mails. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
14/03/10
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.52 kg
  • Langage original : ITALIEN
  • Traducteur : DOMINIQUE VITTOZ

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