Clara et la penombre

SOMOZA, JOSE CARLOS

livre clara et la penombre
EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 01/03/06
LES NOTES :

à partir de
8,50 €

SYNOPSIS :

Somoza Clara et la pénombre 2006. L'Art est devenu folie et porte le nom d'Hyperdramatisme. Le marché le plus vendeur est à présent celui des toiles humaines et le monde est en admiration devant les peintures vivantes du célèbre Bruno Van Tysch. Mais lorsque l'un de ses tableaux les
plus connus est détruit par un fou sanguinaire, est-ce une adolescente qui a été assassinée ou une oeuvre anéantie oe Clara Reyes, toile professionnelle, rêve, quant à elle, de devenir un chef-d'oeuvre. Elle devrait se souvenir du prix d'une vie face au marché de l'art...
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« Clara et la pénombre » … Clara, Claire, clarté en opposition au mot pénombre … Le ton est donné, la couleur aussi car c’est de cela qu’il s’agit …Ce roman va passer de l’ombre à la lumière, de la noirceur a une certaine tendresse, de l’horreur a la douceur, de l’attirance au rejet …L’auteur cherche à choquer, à nous pousser dans nos retranchements par l’intermédiaire de ce qu’il évoque : des êtres humains devenus œuvres d’art, assimilés à des objets au service de l’artiste … Futur, fiction, anticipation ? On croit que cela n’arrivera jamais …Qui aurait pensé, il y a une trentaine d’années, que des hommes et des femmes accepteraient d’être « enfermés », « exposés », filmés comme on le voit dans certaines émissions de télévision ?Jusqu’où ira l’homme ?Est-ce qu’on se souvient mieux d’un artiste décédé au sommet de son art, qui n’aura pas connu le déclin ?Et pour une oeuvre vivante ? Comment entrer dans la postérité ?« Sa vie toute entière était un art. » « Une œuvre d’art n’avait rien qui lui appartienne… »Jusqu’où Clara est-elle prête à aller pour devenir le tableau vivant d’un grand maître ?« Complètement. Ce qu’il dirait, ce qu’il voudrait. Sans limites. »Abandonnée aux mains et aux caprices de l’artiste, elle « s’oublie » au profit de l’art. Quelles satisfactions en tirent-elles ? Tout ceci est finement analysé par l’auteur.« En fait, cela te réconforte qu’on te traite comme un être humain de temps en temps. »Divisé en quatre parties, appelées « pas » (ce n’est pas anodin, on avance et on se demande où tout cela va s’arrêter…), ce livre nous soulève l’âme, il est terrifiant, angoissant, et malgré tout terriblement attirant … José Carlos Somoza réussit à nous captiver avec un sujet difficile. Il sait manier le verbe, pour que ses phrases soient percutantes, sculptant les personnages, les faisant vivre petit à petit alors que paradoxalement, certains, comme Clara, deviennent « objets » …Le personnage de Clara, ses pensées, son approche de l'art m'ont fascinée ...L’écriture, d’une grande puissance, est une des principales forces de ce livre …

Cassiopea
25/02/12
 

Je ne dis pas, l'idée de départ est intéressante : peindre des corps qui sont exposés dans des galeries ; l'artiste comme maître du vivant.Et puis une intrigue policière n'est pas pour me déplaire.Pourtant, les descriptions rédhibitoires des oeuvres d'art humaines m'ont lassées : leurs préparations, leurs épilations, leurs couleurs et leurs douches pour enlever les couleurs, leurs positions.... Au bout d'un moment, ça lasse. C'est comme pour un tableau : la description, c'est bien, mais voir le tableau, c'est mieux. Car dans une description, il ne passe aucune émotion. Or l'art, c'est de l'émotion.Bon, finalement, je me suis apperçue à la fin que ce qui intéresse le peintre célèbre, ce sont les émotions que le sujet est capable d'exprimer. Et pour cela, il s'approche de la pratique psychanalytique. Mais il est vrai que le peintre est tourné essentiellement sur lui-même. Exit le spectateur.Et puis l'auteur axe son propos sur le rapport entre art et argent. Les oeuvres ne pouvant être achetées définitivement, elles sont louées à des prix excessifs.Bref, si le propos de l'auteur est alléchant, sa façon de le traiter m'a déçu.L'image que je retiendrai :Celle de Clara attendant de prendre l'avion dans la zone de frêt. Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
01/09/13
 

Ce roman est sans conteste un énorme coup de cœur ! J’ai été éblouie du début à la fin par la virtuosité de Somoza. Non seulement il a créé un univers imaginaire et, malheureusement, crédible, mais en plus il en a pensé le moindre détail avec intelligence. Ce livre nous propose la découverte d’un monde aussi fascinant que repoussant avec une intrigue pour nous tenir en haleine mais surtout il nous invite à une réflexion philosophique sur l’humanité et son devenir. Ainsi, il combine de façon ingénieuse un roman à l’intrigue attractive et très prenante et de nombreux thèmes, qui sont autant de pistes de réflexion. Somoza a poussé à son comble l’idée de chosification de l’être humain, puisqu’il envisage que l’homme puisse avoir le statut de tableau mais aussi d’objet artisanal : table, lampe, cendrier, etc. Dans ce monde qui fait froid dans le dos, la mort d’une toile reste la mort d’une œuvre d’art et non celle d’une adolescente, ayant pour « profession » toile. La morale telle que nous nous la représentons est obsolète ; ceux qui pensent encore ainsi sont rares et passent pour des rétrogrades. J’ai été subjuguée par la capacité de l’auteur à évoquer le parcours d’une toile dans ses moindres détails : sélection, tension, apprêtage, peinture, exposition, vente, entretien, etc. A noter que peindre une toile ne consiste pas uniquement à couvrir un corps de peinture mais bien de s’approprier une personne corps et âme ; peindre, c’est aussi manipuler psychologiquement la toile afin qu’elle reflète ce que souhaite le peintre. Le lecteur est maintenu dans un état de dépendance tout le long de l’intrigue grâce à une maîtrise sans faille des divers ingrédients. Ajoutons que le style est très agréable à lire. Rares sont les livres qui ont eu tant d’emprise sur moi. Un roman d’une grande richesse qui est l’illustration parfaite de la phrase de Rilke placée en exergue : « Le beau n’est que le commencement du terrible ». Un livre qui fait froid dans le dos…

mycupoftea
09/09/12
 

Dans une atmosphère de plus en plus sombre, de polar, on assiste à un débat entre la valeur de l'art et la valeur humaine. Cet effacement des toiles, cette façon de les torturer par des poses acrobatiques effraient et fascine par leur souplesse, les homme-objets 'les décorations' trop mauvais pour être peints, sont relégués à n'être que de l'artisanat humain.Ce qui est aussi passionnant, c'est que la psychologie compte énormément et que les toiles sont tendues par des moyens que l'on peut assimiler à du harcèlement. Bref, un roman plus obscur que clair, où L'Artiste (le criminel) frappe les toiles les plus chères du monde et échappe à toute identification. Une atmosphère malsaine mais fascinante et une imagination extraordinaire donnent un roman au style précis, que l'on ne peut lâcher.Superbe !

Praline
04/04/12
 

J’ai trouvé ce livre tout à fait passionnant. L’auteur nous plonge dans un monde artistique qui a sombré dans la folie, mais de façon très troublante, il nous fait entrevoir et - jusqu’à un certain point - partager cette folie. La réflexion sur l’art qui s’écrit en filigrane tout au long du roman n’est pas totalement déconnectée de la réalité : j’ai été pleinement gagnée par la fascination qu’engendrent les tableaux de van Tysch. De la même façon, ce rêve que les toiles (c’est ainsi qu’on appelle les individus qui font le métier de tableaux) ont d’accéder à l’éternité a un côté profondément humain, ou du moins compréhensible pour n’importe quel artiste. Placez ces ingrédients dans le cadre d’un thriller haletant et angoissant, et vous aurez une vague idée de la portée envoûtante de ce roman. Une fois qu’on a goûté à l’atmosphère, on ne veut plus le lâcher et on se fait balader comme il se doit jusqu’à la fin. C’est très réussi et d’autant plus fascinant que la réflexion sur la frontière entre l’art et l’humain pose des questions auxquelles le livre s’abstient bien de répondre. J’avais aimé La dame n°13 du même auteur, et ça me donne très envie de continuer à le découvrir. Du grand art !

Artsouilleurs
06/08/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.31 kg