Comment j'ai vide la maison de mes parents

FLEM, LYDIA

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 21/02/04
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

L'héritage n'est pas un cadeau. Comment recevoir des choses que l'on ne vous pas données ? comment vider la maison de ses parents sans liquider leur passé, le nôtre ? les premiers jours, je me persuadai que j'allais " ranger " et non pas " vider " la maison de mes parents. il m'arriva plusieurs fois de prononcer un verbe pour l'autre. combien sommes-nous
à vivre sans en parler à personne ce deuil qui nous ébranle ? comment oser raconter ce désordre des sentiments, ce méli-mélo de rage, d'oppression, de peine infinie, d'irréalité, de révolte, de remords et d'étrange liberté qui nous envahit ? a qui avouer sans honte ou culpabilité ce tourbillon de passions ? a tout âge on devient orphelin.
3 personnes en parlent

Avec beaucoup de sensibilité et une grande précision, Lydia Flem aborde un sujet grave, celui du deuil des parents : tous, un jour (du moins dans la logique plus ou moins naturelle des choses) nous perdrons nos parents, et la séparation se marquera notamment par une autre forme de présence, qui pourrait se révéler encombrante : l’héritage qu’ils nous légueront.Lydia Flem est non seulement écrivain mais elle est aussi psychanalyste. Cela se ressent, notamment par ses références à Freud, dans la réflexion approfondie qu’elle mène sur la mort des parents quand on est un adulte déjà accompli, sur l’ambivalence des sentiments qui peuvent survenir : « Comment oser raconter à quiconque ce désordre des sentiments, ce méli-mélo de rage, d’oppression, de peine infinie, d’irréalité, de révolte, de remords et d’étrange liberté qui nous envahit ? » (p. 9) Car dans notre société, peu d’espace, peu de temps sont accordés aux endeuillés pour traverser la perte et retrouver un nouvel équilibre des relations.Une des premières réalités les plus visibles de ce travail de deuil est l’héritage, c’est-à-dire se retrouver tout à coup propriétaire légal de biens que les parents ne nous ont pas nécessairement transmis, donnés clairement de leur vivant. Que faire ds objets, des papiers, des souvenirs personnels, de cette maison à vider ? Vider, un verbe cruel que Lydia Flem égrène avec une grande lucidité.Face à cette tâche, elle est d’abord et avant tout une fille, une fille unique qui prend d’abord le temps de raviver les derniers jours, les derniers instants de ses deux parents, et surtout de sa mère partie en dernier, et dont elle a respecté les dernières volontés. Un respect qui apaise un peu sa douleur et l’aide à trouver grâce aux yeux de cette mère jamais satisfaite des efforts de sa fille pour se faire aimer telle qu’elle était. Vient ensuite le temps, long, terriblement long, souvent teinté d’amertume, d’incrédulité, où il lui faut ranger, trier, vider la maison, pièce par pièce. Une maison où ses parents ont accumulé et gardé les papiers, les objets, les souvenirs de toute une vie, sans jamais rien jeter. Une tâche gigantesque, presque insurmontable et pourtant libératrice pour une fille qui n’avait jamais vraiment trouvé sa place dans la lignée familiale marquée par la Shoah et les nombreux membres déportés et gazés à Auschwitz. Une histoire que ses parents n’avaient jamais racontée clairement à Lydia, comme pour se protéger et pouvoir recommencer une nouvelle vie malgré l’horreur.Ainsi, au fur et à mesure des découvertes, des choix cornéliens, « garder, offrir, vendre ou jeter », Lydia Flem peut à la fois se détacher et se réapproprier l’héritage de ses parents. En témoignent les listes, les longues listes d’objets trouvés dans la maison, le passage très émouvant sur les vêtements cousus et portés par sa mère, les dons qu’elle réussit à faire à des amis pour que les choses puissent vivre une nouvelle vie. Et ainsi à travers ce lent travail minutieux, l’héritière passe du chagrin à la joie, de la mort à la renaissance. On sent que les souvenirs ne sont pas achevés, il n’y a pas de point final à ce premier volet d’une trilogie autobiographique. Anne

Anne7500
11/04/15
 

Lydia Flem part du constat suivant : nous sommes tous des orphelins en puissance. En faisant référence à sa propre expérience, elle nous invite à réfléchir sur la difficulté de faire l’inventaire de ce qui nous échoit à la mort de nos parents. Ce qui m’a le plus marqué, c’est la distinction faite par l’auteur entre ce qui nous est légué, et ce que l’on reçoit en tant qu’héritier légal, sans que nos parents n’aient pour autant fait la démarche de nous donner ces biens. Comment alors prendre possession de ce qui a pu nous être refusé de leur vivant ? Comment s’approprier des biens que l’on ne nous a pas donné et que, peut-être, on ne mérite pas ? Se pose aussi la question du tri des affaires : que jeter, que donner et surtout comment traiter les papiers personnels ? On se donne le sentiment de violer une intimité, et par la même de mettre à nu les petits secrets de nos géniteurs, voire des secrets de famille. Le traitement de ce sujet s'est avéré beaucoup moins glauque que je ne pensais (l’approche de l’auteur permet de faire la part des choses entre le questionnement « clinique » et l’émotionnel). Le regard de Flem, en tant que psychanalyste, est instructif et son langage jamais hermétique ou trop conceptuel.

mycupoftea
06/09/12
 

Par sa profession de psychanalyste, Lydia Flem offre un récit très étudié de sa propre expérience de deuil et du douloureux devoir d'héritage qu'il comporte : vider la maison de ses parents. Son livre est un véritable exutoire : avec des mots et une plume l'auteur va déballer son chagrin, sa douleur, sa colère et son ras-le-bol. Hériter de ses parents n'est pas chose aisée, vider la maison encore moins. "Vider, quel mot sinistre, il résonne mal, évoque immédiatement l'idée de piller une tombe, de dérober des secrets au royaume des morts, donne la sensation de ressembler à des rapaces, des détrousseurs de cadavres." L'auteur préfère ranger, trier les papiers, ouvrir des cartons, donner, vendre, jeter. Ce texte donne toute l'ampleur de l'instant difficile qu'est "l'après-deuil". Ou comment faire la part des choses entre préserver, maintenir le souvenir, faire évoluer les objets et leur donner une seconde vie. Combien est difficile de fouiller les affaires de ses parents, de lire leurs lettres, de découvrir des secrets, de violer leur intimité. Lydia Flem ressent tous ces paradoxes et se défoule sur le papier. Elle en veut à ses parents de n'avoir pas su décider de leur vivant que faire de leur patrimoine. Et d'un autre côté elle est submergée par l'émotion et par la nostalgie renfermées dans chaque petit papier quelconque. Entre toutes ces lignes de dépouillage, surgit la quête de la petite fille à comprendre le passé de ses parents, d'une famille revenue de déportation ou ayant péri dans les chambres à gaz. Des parents qui ont voulu oublier tout ça, ne pas en parler mais penser à l'avenir. Ils n'ont pas compris l'enfant qui s'est sentie "rempart" contre le souvenir alors qu'elle souhaitait savoir. "Comment j'ai vidé la maison de mes parents" est un petit livre pour tous les orphelins que nous serons ou avons été. Il nous renvoit immanquablement à cet épisode difficile qu'est la perte de nos parents. Vider leur maison recèle des moments de tendresse, de nostalgie, de surprise et de tristesse. Lydia Flem nous assène quelques analyses psychologiques sur la question mais au-delà nous offre un texte simple, beau, bien écrit, sensible et touchant. Je pensais verser de chaudes larmes à sa lecture et finalement l'auteur semble avoir détourné tout larmoiement en racontant ses parents. Un passé de rescapés, des robes élégantes et uniques, une boîte remplie de serviettes en papier... "tout cet univers qu'il me fallait disperser, cet univers frémissant de nostalgie plus vaste qu'un océan à vider à la cuillère". Le récit de Lydia Flem nous aspire et nous marque. Une telle gravité avec des mots honnêtes et simples. Miraculeusement juste.

Clarabel
23/02/09
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.15 kg

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