Comment peut-on etre francais?

DJAVANN, CHAHDORTT

EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 09/01/06
LES NOTES :

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5,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Une petite fille évoque son départ d'Iran, sa nombreuse famille : 64 frères et soeurs et son arrivée en France. Entre attachement au pays neuf et sentiment de l'exil, elle dit, la difficulté à s'intégrer
et la nostalgie du monde perdu de la Perse de l'enfance. Une sorte de conte philosophique qui répond aux«Lettres persanes»de Montesquieu avec un regard distancié mais affectueux sur la France.
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Roxane Khân débarque à Paris à 25 ans, dans les années 90. Elle a tellement rêvé de cette ville, qu’elle passe les premiers temps à déambuler, à la flairer dans tous les sens, comme ivre de la liberté offerte aux femmes par rapport à son pays d’origine. Car Roxane est iranienne. Née en 1975 dans les montagnes d’Azerbaïdjan, elle a passé une enfance perturbante dans le non-dit.« Dans ma famille, on ne faisait pas de différence entre les chats, les chiens, les poules, les chevaux, les moutons, et les enfants. »Elle ne sait pas combien de frères et sœurs elle a exactement, qui est sa mère, pourquoi elle devrait se plier aux lois des Mollah qui rendent la vie impossible.A 5 ans, on la dit anormale. Elle ne comprend pas et en devient bègue et muette, en alternance.Se construire une nouvelle vie passe obligatoirement par l’apprentissage rapide du français, c’est difficile, compliqué, incroyablement fatiguant. Surtout quand on doit en plus trouver du boulot pour subvenir à ses besoins, et qu’on se sent terriblement seule, et coupable. Elle est écrasée de culpabilité, de ne pas y arriver mieux, de surtout ne pas réussir à se défaire du passé.« Je pensais que je serais délivrée de l’éducation dogmatique. Hélas ! Je n’étais libérée que de la menace des dogmes, sans pouvoir réparer les dommages qu’ils avaient causés en moi au long des années. »Elle découvre les Lettres persanes, de Montesquieu. Roxane, c’est elle, trois siècles plus tard. Elle décide de lui écrire : « Il faut être à la hauteur du hasard ».En dix-huit lettres, sur plus d’un an, elle se raconte, explique son pays, la politique, les mentalités kafkaïennes…La plume de Chahdortt Djavann évite tout pathos. Le récit coule, l’horreur est peu à peu exposée avec distance, sans jugement ni tentative d’apitoiement.La construction suit l’apprentissage du français, les débuts sont minimalistes, phrase, verbe, complément, et le style s’enrichit jusqu’à s’imprégner de l’intellectualisme des auteurs qu’elle lit. C’est subtil, et remarquable. L’état d’esprit de Roxane suit la même progression, d’abord pleine de fraîcheur et d’enthousiasme, elle se laisse gagner peu à peu par la vraie désespérance, la solitude extrême. Etrangère à elle-même d’abord, elle se divise et se regarde : elle n’aime pas ce qu’elle voit. Elle n’a jamais tranché depuis sa tendre enfance entre le réel et l’imaginaire, et ses lettres à Montesquieu débordent d’amour. Qu’en faire ?Truffées de références littéraires et politiques, ses lettres nous permettent de beaucoup nous attacher à elle.La révélation finale est inattendue, et donne un vrai choc de lecture. Sylvie Sagnes

SagnesSy
10/01/13
 

L'auteure livre ici un témoignage poignant d'une jeune femme iranienne exilée en France : entre chocs des cultures, difficulté d'intégration et solitude. Un roman autobiographique original car construit en partie sur une correspondance très personnelle, nouée avec Montesquieu, en hommage à ses "lettres persanes". Petit bémol: alors que la narratrice apprend avec beaucoup de difficultés la langue française et découvre toute sa complexité, les lettres sont écrites dans un français très académique. Troublant.

floaimelesmots
18/10/11
 

Format

  • Hauteur : 21.00 cm
  • Largeur : 13.80 cm
  • Poids : 0.33 kg