Corpus christine

MONNEHAY-M

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 23/08/06
LES NOTES :

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10,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

" Collez-moi le canon d'un magnum sur la tempe, je tremblerais moins. Enfermez-moi dans la chambre froide d'une morgue et laissez-moi vous dire que c'est du gâteau. Ce que je vis devait peser dans les cent vingt kilos et transpirait à grosses gouttes une eau malodorante. Ce que je vis était énorme. C'était ma femme. " Un homme vit en position horizontale, séquestré et affamé dans son propre appartement par sa femme. Il décrit son martyre, la longue horreur des jours passés à tenter d'attraper une bouchée de pain en rampant sur le ventre, à se suspendre à la
poignée d'un placard pour se saisir d'un légume. Elle, obèse, l'affame à rythme contrôlé, distillant l'agonie, lui supprimant toute possibilité d'attenter à ses jours. Puis un jour, elle disparaît totalement et la haine qu'il ressentait, qui l'alimentait se mue en une docilité d'animal domestique à attendre sa pitance du Mac Do qu'elle lui apporte de temps à autre. Quand elle revient et change de stratégie pour réveiller en lui une cruauté assoupie, lui, le squelettique reprend goût à la vie par le seul sentiment qu'il lui reste, le désir de meurtre.
4 personnes en parlent

Une femme obèse séquestre et affame son mari. Celui-ci qui ne peut se déplacer qu’en rampant, profite de ses absences pour se nourrir des restes tant bien que mal. Cet homme est le narrateur, il raconte sa condition d’homme séquestré, d’homme amoureux et moribond. Car sa tortionnaire, il l’a aimée, et l’aime peut-être encore. À coups de flash-back il nous raconte sa vie commune avec celle qu’il considère comme la femme idéale. On découvre ses doutes, ses soupçons, on se demande longtemps à quel accident il doit le fait de devoir ramper, pourquoi sa femme le traite de cette façon et ce qui les a poussés l’un et l’autre dans cette invraisemblable et terrible situation. Le style est incisif, plein d’humour, plutôt viril et percutant. On est scié quand on comprend comment le narrateur est devenu invalide. On est encore plus scié quand on lit le dénouement, pas spectaculaire, aussi simple qu’inattendu, mais qui nous fait réfléchir sur soi et sur pas mal de choses. Le paradoxe amour-haine porté à son paroxysme, illustré d’une manière habile, tout en finesse. Troublant, jouissif, une merveille, un auteur que je ne manquerai pas de suivre, la chose est dite !

un flyer
12/02/09

Corpus Christine est le journal d'un homme anonyme qu'une imposture amoureuse à mis à terre. Dans le sens littéral car il vit en rampant comme un animal. Non, il ne vit pas, , il essaie de survivre plutôt car voilà trois ans que sa femme le séquestre dans leur appartement. Privé de l'usage de ses jambes, il ne peut pas se sauver et personne n'entend ses appels au secours. Il est affamé, battu, torturé mentalement et meurt à petit feu .Mais curieusement , loin d'être brisé psychologiquement, il évoque les choses les plus horribles avec détachement, voire avec amusement. Il va même jusqu'à provoquer le lecteur en le prenant à parti, l'invectivant et même en l'insultant un peu. Ce qui suscite l'interrogation: comment s'est-il retrouvé dans cette situation invraisemblable ? C'est ce que nous fait découvrir Max Monnehay dans cette histoire qui peu paraître épouvantable mais qui finalement ne l'est pas tant que ça. Corpus Christine est un concentré d'humour noir qui fait rire autant qu'il dégoûte mais qui nous rappelle que tout dans nos vies dépend de la façon dont nous répondent ceux que nous aimons. Holly

un flyer
23/08/15

C'est une femme, dans les yeux de laquelle il y eut, au tout début, " 2000 ans de compassion pour l'homme, une éternité d'amour pour [lui]" ; et, quelques années plus tard : " 2000 ans de haine pour l'homme, une éternité de dégoût pour [lui] ". C'est lui qui le dit : au début "si son regard s'était prolongé, je serais mort d'amour sur un trottoir" ; maintenant, "si son regard s'était prolongé, je serais mort par noyade dans un bidet".Ce livre, c'est un peu le Misery de Stephen King, empreint d'un peu de la verve de Palahniuk, écrit par une jeune femme qui se met dans la peau d'un homme humilié, séquestré dans sa propre maison, aux mains d'une femme, sa femme, qui semble enfler, année après année, du mal qu'elle aime à lui infliger. Et le pire, c'est qu'il ne sait pas pourquoi. Il ne sait pas ce qui l'a conduite à le laisser croupir dans cette pièce, les pieds cassés, obligé de ramper dans sa propre crasse, de chier dans une boîte et la vider quand l'occasion se présente. Et encore, je reste polie. La raison au bord du suicide, la folie au garde-à-vous, il lui est difficile de faire taire ses amis imaginaires avec qui il dispute quelques parties d'échecs. Ses seuls repères temporels sont les hurlements à heure fixe d'un voisin sur ses gosses, et la sonnerie de l'école, pas loin. Assez ironique, quand on sait qu'il a la phobie des petits êtres, de ceux qui font moins d'un mètre cinquante. Si si ! Comble de cette infâmie, les voisins de l'immeuble sont tous sourds, à le faire hurler de rire.Pour survivre, il développe des compétences hors du commun et un humour à toute épreuve. Ainsi, lui qui peut se contenter de restes de moutarde et de trois miettes de poulet pendant trois jours, ne savoure même pas la douleur de sa femme gastro-entérinée : " Quel gâchis ! Avec les vitamines, minéraux, oligo-éléments, glucides, lipides, protides qu'elle vient d'envoyer dans le gros intestin de l'immeuble, on aurait pu remettre sur pied la population d'un petit Etat d'Afrique Noire. On aurait pu me remettre sur pied." Il devient imbattable en anatomie : " Supporterez-vous la vue de ce qu'en définitive vous êtes ? Un labyrinthe de tissus suintants, de cavités vibrantes, d'artères palpitantes. Elles respirents vos chairs rouges tout contre le blanc de votre squelette." Obsédé également par le regard, son regard, le regard de celle qu'il a eu, celle qu'il n'a plus : " Vous ne pouvez pas savoir ce que c'est. C'est bleu, c'est dur, c'est froid comme le marbre d'une pierre tombale et terrifiant comme ce qu'il peut y avoir dessous." Un bleu qui était au début enivrant, liquéfiant. C'est sa chair à elle maintenant qui se liquéfie.Une écriture râpeuse comme la peau contre ses os, contre la moquette de sa "prison". Froide comme les poignées des meubles auxquelles il tente de s'accrocher pour grapiller quelques vieux restes de nourriture, comme le sol sur lequel il s'effondre, après chaque tentative d'alimentation. Une écriture millimétrée comme le peu d'espace qui sépare sa raison de la folie. "On n'est jamais soi-même que lorsqu'on est foutu. On n'est jamais soi-même que lorsqu'on est déjà mort." "Ce qui importe, c'est que j'allais connaître un génocide, intérieur. Tout un tas de petits décès, d'un seul coup, la mort instantanée de centaines de certitudes, massacrées en une seconde, disparues à jamais, sacrifiées sur l'autel de l'inimaginable."On sent le travail d'écriture, mais la technicité est propre. Pour son premier roman, Max Monnehay s'en sort vraiment bien. Chaque mot est à sa place, chaque phrase fait mouche, la mécanique est en marche. J'attends le suivant avec impatience.

absolu
08/03/09
 

Un homme s’est épris d’un corps en mouvement, aux formes plutôt sympathiques, une femme nommée Christine. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… » Si la première partie du cliché est exacte, c’est la seconde (ou son absence) qui a provoqué « Corpus Christine » : l’histoire d’un homme aux reins brisés, séquestré par sa tendre moitié dans leur appartement, affamé, torturé. Délitement d’un homme que la vie a du mal à quitter, morceau par morceau, car dans un coin de sa tête reste une once de désir : une haine (amour ?) tenace à l’encontre de Christine dont le corps enfle démesurément, une envie de la détruire (posséder ?)… qui le maintiennent en vie.« Corpus Christine » est une œuvre iconoclaste, dérangeante par sa noirceur et son intrigue sordide, qui pourrait avoir sa place dans la colonne des « faits divers ». Ce qui frappe d’emblée, c’est le style incisif, au couteau, propre à couper le souffle du lecteur, une écriture doublée d’un cynisme débordant.Le temps s’embrouille dans l’esprit du narrateur, coincé dans un abandon radical. Du fond de son trou, il tente de reconstituer la chronologie des événements qui a pu le conduire à cette impasse. Au fur et à mesure, par contamination, le temps du lecteur commence aussi à s’emmêler, d’autant qu’il est, à certains moments, directement interpellé par l’auteur, au sens propre.Puis les lignes se brouillent, le réel devient confus, la fiction s’impose… ou réciproquement ?« Vous êtes dans mon monde et vous avez manqué Christine. Sombres crétins. Vous avez manqué le meilleur » (p. 227) Seraphita

Seraphita
02/12/12
 

Format

  • Poids : 0.27 kg

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