Dans la foret profonde

BROWNE, ANTHONY

livre dans la foret profonde
EDITEUR : ECOLE DES LOISIRS
DATE DE PARUTION : 12/06/06
LES NOTES :

à partir de
5,00 €

SYNOPSIS :

Un petit garçon se réveille en sursaut, il fait nuit, les éclairs zèbrent la fenêtre ... Le lendemain matin, le funeste présage semble s'être réalisé. La maman et son petit garçon déjeunent autour d'une table dans une ambiance funèbre, même le cadre de la photo de famille est fissuré. Une place reste vide, celle du père. On ne sait pas quand il rentrera. Angoissé, l'enfant fabrique des étiquettes « reviens-papa » et les colle partout dans la maison. Le lendemain, sa mère lui demande de porter un gâteau
à sa Mamie, souffrante. Au lieu de prendre la route qui contourne la forêt, l'enfant coupe à travers bois voulant « être à la maison quand papa rentrerait ». En cours de route, il fait d'étranges rencontres : Boucle d'Or, Hansel et Gretel, Chaperon Rouge,... Quand il arrive chez sa grand-mère, son père est là, les bras ouverts. Ils se retrouvent devant la porte de la maison, la maman est là, souriante. Et si cette " forêt profonde " que l'enfant traverse n'était autre que son propre imaginaire ?
3 personnes en parlent

Le jeune héros de cette histoire traverse une forêt interdite pour se rendre chez sa grand-mère alors même qu’il est inquiet de la disparition de son père dans la nuit, disparition à propos de laquelle sa mère ne lui apporte aucune réponse. Ce trajet est un voyage initiatique. Sur la route qui serpente, l’enfant rencontre les personnages des contes classiques : sur la trame du Petit Chaperon Rouge, il croise Boucle d’Or, Hansel et Gretel…Ces rencontres sont significatives, elles sont autant de points de focalisation de l’angoisse du garçon. Par les récits traditionnels et ses symboliques, l’enfant exprime ses inquiétudes, les extériorise à sa façon, tentant de les surmonter en leur donnant une forme, une image. Ce sera celles des dangers et des peurs que les contes mettent en scène pour répondre à une réalité angoissante : se perdre, être seul, abandonné dans un environnement inconnu perçu comme hostile et terrifiant, la perte d’un parent et l’incompréhension d’une situation qui le dépasse parce que cloisonnée au monde des adultes, le sentiment d’être rejeté, de plus être aimé, sont autant de thèmes récurrents de la psychologie enfantine et donc de la littérature pour la jeunesse.Cette mise en abyme allégorique des souffrances et de la solitude de l’enfant renvoie directement à l’analyse de B.Bettelheim, son approche psychanalytique des contes, leur fonction cathartique, leur message.L’illustration joue pleinement son rôle : l’album développe deux points de vue par la couleur. D’un côté le réalisme coloré, d’un autre la forêt et les personnages au crayon en dégradé de tons gris cauchemar, un monde différent, étrange, menaçant à l’image des branches des arbres sur la couverture qui semblent des épines. L’atmosphère est sombre, l’angoisse et le malaise sont palpables.La profondeur des sentiments mis en scène, le caractère fortement émotionnel de cette histoire peuvent paraître comme une difficulté de lecture, d’autant qu’elle dépasse la peur traditionnelle du loup qui donne tant de frissons de plaisir aux plus jeunes. La peur ici n’est pas liée à la dévoration, elle est bien plus affective.Elle sera évidemment compensée par un épilogue rassurant et chaleureux, libérant les tensions du récit : arrivé à la maison de sa grand-mère, l’enfant y découvre son père venu prendre soin de la mamie malade. Sur les six dernières pages la couleur est revenue. Elles présentent les portraits des trois adultes apaisants et consolants – les trois personnes les plus importantes pour l’enfant – aux sourires épanouis les bras grands ouverts pour accueillir le petit héros parvenu au terme de son voyage. Anthony Brown traduit parfaitement visuellement le réconfort de l’enfant à la vue des adultes espérés, et ce pas seulement par les expressions affectueuses et les visages confiants qu’ils affichent, mais aussi par l’usage du gros plan ( le parent essentiel et suffisant aux yeux de l’enfant ) et par la perspective qu’il choisit : celle de ce jeune garçon, un regard vers le haut. Comme souvent dans ses livres, l’auteur-illustrateur nous rappelle ainsi la fragilité des enfants, leur immense besoin d’amour, d’attention, d’explications.Au delà de cet aspect terriblement sérieux, l’album convie ses lecteurs à une promenade au pays du merveilleux. Les illustrations relèvent du jeu de piste à partager, révélant de multiples détails en référence aux contes qui peuplent cette forêt – une citrouille, un rouet au pied d’un arbre, les profils de trois ours qui se devinent sur un tronc, une massue d’ogre pendant d’une branche, un drôle d’arbre feuillu entortillé qui pousse droit vers le ciel, des oiseaux qui picorent des miettes de pain non loin d’une hache…- et invitent à la relecture.

Marilire
31/07/13
 

Très belle réalisation du célèbre auteur anglais, qui joue graphiquement sur les couleurs et le noir et blanc, le "réel" et le "merveilleux". L'histoire raconte un enfant qui croit avoir perdu son père et que sa mère envoie porter un gâteau à la grand-mère. En traversant la forêt, les vieux fantômes des contes de fée surgissent, ce qui confère à l'album une ambiance inquiétante que la fin contrebalance magistralement. A recommander pour tous les enfants. Un classique sur l'angoisse de séparation!

CMart
21/11/12
 

Dans cet album, Anthony Browne emprunte beaucoup au registre du conte : Hansel et Gratel, le petit Chaperon rouge, etc. Il aborde le thème de l'abandon et se veut très rassurant malgré des passages plutôt difficile.

Cyan
29/06/11
 

Format

  • Hauteur : 14.90 cm
  • Largeur : 18.90 cm
  • Poids : 0.08 kg

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