De grandes esperances

DICKENS, CHARLES

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 01/04/98
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Elevé, à la mort de ses parents, par le redoutable dragon domestique que le Ciel lui a donné pour soeur, Pip ( Philip Pirrip ) semble promis à l'existence obscure d'un jeune villageois sans fortune. C'est compter sans la bienveillance des divinités tutélaires qui veillent sur son enfance. Car Pip a le privilège de vivre au milieu de créatures singulières dont l'existence seule accrédite la croyance au miracle : il y a tout d'abord le sourire débonnaire, l'amitié protectrice et complice de son beau-frère, le forgeron Joe Gargery, puis la rencontre terrifiante mais bientôt miraculeuse d'Abel Magwitch, forçat au grand coeur, émule de Jean Valjean, qui saura lui rendre au centuple son modeste bienfait.
Mais il y a surtout la pittoresque Miss Havisham et son éblouissante protégée, Estella. Estella au nom prédestiné, dont la froide et fascinante beauté exalte et désespère tout à la fois le jeune Pip : « J'ai regardé les étoiles et j'ai pensé que ce serait affreux pour un homme en train de mourir de soif de tourner son visage vers elles et de ne trouver ni secours ni pitié dans cette multitude scintillante. »    Car les « grandes espérances » qui portent le jeune Pip ne sont pas les aspirations prosaïques de l'Angleterre victorienne, sa recherche du confort ou de la respectabilité, mais bien les puissances du rêve qui nous font chercher le bonheur au-delà de la Sagesse.
3 personnes en parlent

Cela n'aurait pas de sens pour moi de faire un billet qui tenterait de donner envie de lire "De grandes espérances", en en retraçant grossièrement l'histoire, parce que je crois que lire Dickens est une affaire toute personnelle. Je ne suis pas capable d'exprimer le coup de foudre absolu que j'ai ressenti en passant de longues heures dans "La maison d'âpre-vent", mais il y a là quelque chose qui touche au plus intime, et qui aura pris son temps pour s'épanouir parce que je peux vous assurer que l'idée de lire Dickens m'aurait fait grimacer il y a encore quelques temps.J'admire évidemment la virtuosité (c'est admirable comme tous les personnages s'imbriquent et se rejoignent au final), mais bien au-delà je vis et ressens complètement chaque péripétie, je vibre, je m'exalte, et il me semble que c'est là tout ce que j'ai toujours voulu lire, que la prose de Dickens contient absolument tout ce que j'aime.Dans ces grandes espérances, je me suis heurtée au problème de ne pas du tout goûter le narrateur; plus j'avançais et plus Pip m'agaçait. Il n'est pas mauvais pourtant, il apprend de ses erreurs et nous démontre brillamment les dangers de ce qui brille pour un esprit non préparé. Mais je ne l'aime pas, et n'ai jamais éprouvé à son endroit une quelconque émotion. Joe, au contraire, m'a séduite d'entrée de jeu (ce n'est pas un hasard si j'aimais aussi Jean Valjean !); c'est un plouc, avec cette dignité inébranlable et sublime dans le ridicule. Les scènes où ses rapports avec Pip sont altérés par le sentiment confus qu'il ressent de la honte (ingrat ! crétin !) que ce dernier éprouve sont d'une finesse incroyable. Il apporte également avec lui beaucoup d'humour :"Ceci est fort généreux de ta part, Pip, dit-il, et c'est avec reconnaissance que je reçois ton cadeau, bien que je ne l'aie pas plus cherché ici qu'ailleurs. Et maintenant, mon vieux, continua Joe en me faisant passer du chaud au froid instantannément, car il me semblait que cette expression familière s'adressait à Miss Havisham; et maintenant, mon vieux, puissions que nous fassions notre devoir ! Puissions que nous le fassions toi et moi, l'un envers et l'un sur l'autre, et envers ceux qui nous ont offert ce généreux présent... pour être... une satisfaction pour le coeur de ceux... qui... jamais..."Ici Joe sentit qu'il s'embourbait manifestement dans des difficultés inextricables, mais il reprit triomphalement par ces mots :"Et moi même plus que tout autre !"Les dernières pages sont très émouvantes, pas le survol rapide de toutes les années suivantes et la scène finale (dont je me serai bien passée) mais celles encore où Joe assure face à l'adversité. Mes yeux ont piqué, autant à l'idée que j'allais bientôt devoir laisser mes chers personnages de papier que devant l'émotion de ces pages.Mais Dickens dit lui-même :"Dieu sait que nous ne devrions jamais avoir honte de nos larmes, car ce sont pluies versées sur l'aveuglante poussière de la terre, qui recouvre nos coeurs endurcis." Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Ce que j'ai vraiment aimé dans ce livre c'est l'humour de Dickens. Il a une plume particulièrement ironique qui m'a totalement séduite. Au-delà de ça, il y a bien sûr l'art de camper des personnages inoubliables et dont on comprend comment ils sont entrés dans l'imaginaire collectif, même pour celui qui n'a pas lu Dickens. C'est un roman délicieux mais aussi bourré de références et d'archétypes qui ne font que renforcer l'adhésion du lecteur.

mycupoftea
05/12/12
 

"Le nom de famille de mon père étant Pirrip, et mon nom de baptême Philip, ma langue enfantine ne put jamais former de ces deux mots rien de plus long et de plus explicite que Pip. C'est ainsi que je m'appelai moi-même Pip, et que tout le monde m'appela Pip.""De Grandes Espérances" peut être à juste titre envisagé à part dans l'ensemble de l'oeuvre de Dickens. Il se distingue aussi bien des longs romans, par son format et sa relative concision, que des autres livres parus en magazine hebdomadaire, dont il évite la sécheresse excessive. Dans les années 1950, un jury d'homme de lettres français l'a élu meilleur roman étranger du XIXème siècle devant "Guerre et Paix" et "Crime et Châtiment", et aujourd'hui encore on le cite fréquemment comme le meilleur livre de son auteur. Fait significatif : même les critiques peu favorables à Dickens lui concédent des qualités particulières, un peu comme ceux qui, n'aimant ni "L'Education sentimentale", "Ni Salammbô", ni "Bouvard et Pécuchet", reconnaissent les mérites de "Madame Bovary". En somme, le "classicisme", la maîtrise formelle des "Grandes Espérances", s'ils ne déchaînent pas toujours l'enthousiasme, forcent au moins le respect."Ce passage est extrait de la passionnante biographie de Jean-Pierre Ohl, "Charles Dickens" qui vient de paraître dans la collection Folio-biographies (déjà chroniqué par votre serviteur sur MyBoox).Charles Dickens finit d'écrire "Les Grandes Espérances" en 1861. C'est l'un des derniers romans de l'auteur. Il meurt en 1870. L'œuvre est publiée pour la première fois sous forme de feuilleton de décembre 1860 à août 1861, dans le magazine créé et dirigé par Dickens "All the Year Round", et paraît ensuite en trois volumes chez l'éditeur londonien Chapman and Hall, en 1861.Non, Dickens n'est pas un auteur réservé aux enfants ! Dickens c'est Kafka, Dostoïevski ou Beckett avant l'heure. C'est une "substance fluide et composée" (Chesterton), un romancier de génie, un "transmutant" du réel.C'est l'histoire du petit Pip, élevé "à la main" par sa soeur. Une sorte de biographie fictionnelle de cet enfant qui va grandir avec nous. Ce roman fourmille de personnages hauts en couleur comme souvent chez Dickens : Abel Magwitch le forçat, l'étrange Miss Havisham et sa fille Estella. Dickens sera malheureux en amour (malgré 11 enfants !) tout comme son héros Pip qui dit à propos d'Estella : "Je n'ai jamais connu une seule heure de bonheur en sa compagnie, et pourtant, je ne cessais d'espérer le bonheur de vivre avec elle jusqu'à sa mort." Le gentil et le méchant, le sage et le fou, le riche et le pauvre, la belle et le laid. Les archétypes à la Dickens sont là. L'héritage mystérieux d'une immense fortune (l'expression " grandes espérances " désigne une promesse d'héritage) va bouleverser sa vie...jusqu'aux plus belles espérances...jusqu'aux plus cruelles désillusions...Des manoirs lugubres, une campagne anglaise magique, un Londres sombre : "Londres. Le Grand Four. Le Coin des fièvres. Babylone. La Grande Verrue. La lanterne magique...remplie de plus de merveilles et de plus de crimes que toutes les cités de la terre." Si vous voulez visiter le Londres industriel et miséreux de cette fin du 19ème siècle, n'allez pas vous perdre dans un savant, démonstratif et ennuyeux livre d'Histoire, suivez le guide romanesque, suivez Dickens.Des dialogues hilarants et cinglants...La misère et l'hypocrisie. Aventures et trahisons. Des larmes et des rires... Ah ! L'humour féroce de Dickens : inimitable !Tout Dickens : magnifique !Dickens, c'est la vie...dure et tendre, triste et joyeuse ! A lire absolument !John Irving écrit : "D'ailleurs c'est le propre des grands romanciers, qu'il s'agisse de Dickens, de Hardy, de Tolstoï ou de Hawthorne et Melville. On parle toujours de leur style, mais en fait, ils exploitent tous les styles, n'en refusent aucun. Pour eux, l'originalité de l'expression est un phénomène de mode qui passera. Les questions plus vastes et plus importantes, celles qui les préoccupent, leurs obsessions, resteront au contraire: l'histoire, les personnages, le rire, les larmes." http://lesangnoir.wordpress.com/

alaiseblaise
16/09/12
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.34 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : JEAN-PIERRE NAUGRETTE