De l'assassinat considere comme un des beaux-arts

DE QUINCEY, THOMAS

livre de l'assassinat considere comme un des beaux-arts
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 02/05/02
LES NOTES :

à partir de
7,90 €

SYNOPSIS :

« L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées,
marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.
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Voici une trilogie inspirée par la vogue du "roman noir" mais aussi le texte de Swift "Modeste proposition pour empêcher les enfants des pauvres gens d'Irlande d'être un fardeau pour leur parent et leur pays et pour les rendre utiles au public": à l'époque De Quincey rédige une conférence, traitée sur le mode parodique et destinée à la "Société des Connaisseurs en Meurtre", à laquelle il ajoutera un mémoire et un post-scriptum fleuve. L'auteur se propose ici d'analyser l'assassinat en faisant abstraction totale de la question morale et en ne se préoccupant que de sa dimension esthétique. C'est donc un panorama très complet qu'il nous présente, il commence avec le premier meurtre de l'histoire de l'humanité, celui de Caïn, puis la première organisation criminelle, celle des ces fanatiques musulmans dont le chef était traditionnellement désigné comme le "Vieux de la montagne". Qu'il s'agisse de meurtre politique ou partisan - considéré comme une branche non noble de cet art -, de l'assassinat de philosophe réel, supposé ou inventé, le meurtre parfait est question de panache, de mystère et de bon goût. Invoquant Aristote et sa Catharsis Thomas de Quincey démontre qu'en matière de meurtre trois choses sont véritablement importantes : la personne à éliminer, le lieu et l'heure.

sovane
24/04/14
 

De l'assassinat considéré comme un des Beaux-Arts est un ouvrage difficilement identifiable. Il compile trois textes produits sur différentes périodes. La préface de Pierre Leyris, que j'ai d'ailleurs trouvé très intéressante, contextualise bien l'ouvrage et en permet une bonne appréhension. Car il faut le dire, livré sans explications, ce traité qu'on a pu qualifier d'essai noir, perd beaucoup de son essence. Thomas De Quincey, que l'on connait pour son existence matérielle difficile, a produit nombre de textes pour subvenir à ses besoins. Répondant à la demande des éditeurs, il écrit sans cesse, jonglant entre les sujets et les styles littéraires. Ici, il livre des essais, là, il signe des articles. Il n'hésite pas à partager ses Confessions d'un fumeur d'opium et s'essaie même au roman noir et au roman gothique (voir Klosterheim ou Justice sanglante). Rien de plus naturel donc, qu'il ait pu traiter un sujet tel que celui du meurtre considéré comme l'un des Beaux-Arts. Ainsi, la première partie de l'ouvrage retranscrit-elle une conférence (1827) que l'auteur aurait tenu devant un public d'amateurs de "crimes esthétiques". Publié 12 ans après la conférence, le Mémoire supplémentaire (1839) propose de nouveaux exemples de meurtres censés plaire à la Société des connaisseurs en meurtres. Enfin, le Post-Scriptum (1954) vient enrichir le traité par une description minutieuse du crime particulièrement "grandiose" commis par Williams sur la famille Marr et William.Si l'idée de traiter l'assassinat comme un objet esthétique peut sembler macabre, je l'ai trouvé séduisante. Ce n'est pas tant le voyeurisme qui m'a poussé à la lecture de cet ouvrage mais bien l'envie de voir comment De Quincey avait pu traiter le sujet. Ainsi que se plait à déclarer l'auteur, l'objectif de ces textes était de divertir. Mais que peut-on trouver de diverstissant dans le simple répertoriage de crimes si le rapport à l'esthétique (l'objet même de ces textes) n'est pas étudié ? L'auteur, sans manquer d'humour dit-on, présente des cas de meurtres notables dont il a oublié, me semble t-il, qu'il devait les analyser sous l'angle artistique. Et ceci, sans compter qu'il fait de nombreuses digressions et que les multiples notes de bas de page nuisent à la fluidité du récit. Même le Post-Scriptum qui m'a paru approcher le plus du sujet de départ, n'est pas convaincant : l'exposé de De Quincey n'aborde que trop superficiellement le rapport entre assassinat et Beaux-Arts. Evidemment que l'auteur se moque des bourgeois avides de combler leur ennui et cela semble plutôt de bonne guerre, mais je m'attendais à quelque chose de plus acerbe, de plus construit, de mieux argumenté. En fait, ce traité ne m'a ni distrait, ni appris, et je trouve cela bien regrettable... Alcapone13

Alcapone
02/02/13
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 12.50 cm
  • Poids : 0.19 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : PIERRE LEYRIS