Dead girls

LEE, NANCY

livre dead girls
EDITEUR : BUCHET CHASTEL
DATE DE PARUTION : 12/01/06
LES NOTES :

à partir de
20,30 €

SYNOPSIS :

Dead Girls est un premier recueil de huit nouvelles inquiétantes et perturbantes écrites dans un style vif et cinglant, où transpire une violence contenue, autour de femmes sur la brèche. Ces nouvelles dérangeantes décrivent à la fois ces femmes qui vivent dans les rues dangereuses du East Side downtown de Vancouver ou sont en passe de s'y retrouver, les personnages qui les croisent et les familles qu'elles ont délaissées. La première nouvelle de ce recueil, Associated Press, est peut-être l'une des meilleures : écrite à la seconde personne du singulier, elle s'adresse à une femme narratrice sans nom obsédée par ce garçon-lâ, photographe travaillant sur les violations des droits de l'homme pour l'Associated Press mais rarement là justement ; en son absence, elle accepte les avances de ce garçon-ci qui l'initie aux jeux sadomasochistes dont elle fait une pénitence pour son obsession du photographe absent. La seconde nouvelle, Sally, en morceaux, est divisée en autant de descriptions qu'il y a de parties dans le corps de Sally. Cette histoire met en scène l'évolution de la relation entre un père et sa fille, au fur et à mesure que cette dernière découvre sa sexualité. Plus elle grandit, plus elle s'éloigne physiquement de son père et plus cette déperdition d'intimité physique a des conséquences émotionnelles négatives pour lui comme pour elle. A l'Est est une autre remarquable nouvelle centrée sur deux amies, Annie et Jemma, toutes deux ancrées dans la conscience de leurs échecs ; Annie est une fois de plus larguée par son mec, Jemma a perdu la garde de ses enfants au profit de son mari. Un soir, elles partent en virée dans le minivan de Jemma, équipé d'une puissante chaîne hi-fi et de deux écrans DVD ; « dans cet utérus, dans cette bulle en cuir », elles mangent des macdo en
écoutant du rap, elles fument des pétards en regardant The Shawshank Redemption (1994, film de Frank Darabont avec Tim Robbins, sur les changements de la vie d'un homme inculpé et incarcéré pour le meurtre de sa femme). Annie et Jemma finiront la nuit menottées par la police, le visage dans la boue pour avoir rageusement attaqué une prison d'hommes à coups de pierres. Soeurs est, quant à elle, une nouvelle qui se déroule dans une ville blafarde non loin d'un lac. Grace, une adolescente blasée séchant ses cours de maths et traînant son ennui devant le 7 à 11 local est draguée par Kevin, un trentenaire en voiture et en lunettes de soleil réverbérantes. Grace est ravie d'être enfin l'objet de tant d'attentions mais quand il l'invite à une fête, sa mère insiste pour qu'elle soit accompagnée par Nita, sa soeur aînée ; Nita qui finit par se perdre dans les bas-fonds de Vancouver et par disparaître comme tant d'autres femmes de la ville. « On ne devrait pas construire un 7 à 11 si près d'un lycée » murmure Kevin d'une voix suave. Et dans la nouvelle éponyme, Dead Girls, Nancy Lee étudie sans pudeur les conséquences de la disparition de Claire sur ses parents dont la vie se brise peu à peu au rythme de sa dérive au sein d'un monde de macs et de drogue. Et parce que les héroïnes des histoires sombres de Nancy Lee sont des femmes qui souvent disparaissent, on ne peut s'empêcher de penser à ces 62 cas de femmes réellement disparues depuis 1997 à Vancouver ; mais Dead Girls demeure bien une oeuvre de fictions tissées de tristesse, de violence et de regrets, un premier recueil impressionnant de nouvelles puissantes et émouvantes autour de portraits de femmes dont les vies brisées et les détresses ne parviennent pas à nous faire oublier leurs désirs de bains chauds, d'amour et d'enfants.
2 personnes en parlent

A la lisière des nouvelles composant le recueil Dead girls rôde un tueur en série de prostituées. Il ne sera jamais le héros mais apparaîtra en "guest star" ou en filigrane et finalement sera le plus dangereux quand il n'apparaîtra pas du tout...Nous ne sommes pourtant pas ici dans une atmosphère policière, les "héroïnes" de ces textes sont en effet bien trop empêtrées dans leur vie pour véritablement prêter attention à ce fait divers décrit de manière particulièrement atroce par les media. Des crimes en série noyés dans la masse d'informations qui dégouline des postes de télévision.Adèle, Grace, Jess et les autres prennent tour à tour la parole pour nous confier leur histoire. Certaines sont jeunes, voire très jeunes mais toutes ont basculé , on ne sait pourquoi, du mauvais côté, elles ont fait un mauvais choix, rencontré le mauvais garçon ou n'ont pas vraiment de réponse"Tu n'arrives pas à mettre le doigt sur l'événement qui l'a fait basculer de l'enfance à l'âge adulte.(...)Tu cherches une réponse qui te soulage de ta culpabilité, une preuve que tu as été , sinon innocente, du moins trompée." Ainsi s'exprime la mère d'une jeune fille apparemment sans histoire.Deux nouvelles sur les huit qui composent le recueil Dead girls utilisent ce pronom "tu" , procédé qui a le don d'habitude ,de m'horripiler . Sans doute un écho du "tututut" cher à Jacques Salomé . Mais bizarrement ici l'usage qu'en fait Nancy Lee ne m'a pas dérangée, au contraire. J'y ai vu une manière à la fois de tenir à distance le lecteur tout en l'impliquant. Difficile en effet de définir le style de ces textes poignants montrant la détresse d'êtres qui souvent ne croient pas avoir droit à une certaine forme sinon de bonheur du moins de réconfort. Ainsi les histoires drôles mentionnées dans chacun des textes ne seront-elles jamais racontées, leur caractère loufoque restant de pure forme,de simples formules vidées de sens que l'on connaît déjà et qui agissent comme des mots de passe. Les informations les plus dérangeantes ne sont jamais livrées de manière explicite, au lecteur de décrypter ce qui est livré à demi-mots et sans pathos. De la grisaille sublimée par un style vraiment original! Une expérience à tenter. cathulu

cathulu
31/12/12
 

Dead Girl est un recueil de nouvelles relativement homogène dans lequel Nancy Lee prête voix uniquement à des femmes dont les vies ne sont que des amoncellements de débris. C'est triste, parfois tragique, lourd et pesant, ces histoires ont souvent sinon tout le temps une atmosphère de désespoir profond. Elles se rejoignent formant un univers fait exclusivement de gris. J'ai apprécié la distance qui s'installe avec le lecteur au fil des nouvelles, l'on ne se situe jamais dans le pathos. Au final ce n'est pas si désagréable que cela pourrait paraître de suivre de loin des vies si sombre. C'est cependant une très belle découverte, celle des mots de Nancy Lee et de leur pouvoir évocateur.À éviter si on souhaite lire quelque chose d'amusant

Lacazavent
03/08/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.29 kg

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