Delicieuses pourritures

OATES, JOYCE CAROL

EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 06/10/05
LES NOTES :

à partir de
4,00 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Délicieuses pourritures « Des larmes me piquaient les yeux. Pas les larmes provoquées par le coup de téléphone de ma mère, la veille, mais les larmes de bonheur de mon rêve. Car la voix de mon professeur Andre Harrow était la voix même de mon rêve, sans aucun doute possible. Tu seras aimée, Gillian. Je prendrai soin de toi. » Un campus féminin, dans la Nouvelle-Angleterre des années 1970. Gillian Bauer, vingt ans, brillante étudiante de troisième année, tombe amoureuse
de son charismatique professeur de littérature, Andre Harrow. Celui-ci a décidé de faire écrire et partager en classe à ses élèves leur journal intime. Et gloire à celle qui offrira son intimité en pâture ! Anorexie, pyromanie, comportements suicidaires... un drame se noue. En son centre, l'épouse du professeur, énigmatique sculptrice qui collectionne la laideur. Un récit haletant, un roman dense et pervers par l'un des plus grands auteurs américains de ce siècle.
16 personnes en parlent

Une université pour filles de la Nouvelle-Angleterre en 1975, une fille éperdument amoureuse de son prof de Littérature, tentatives de suicide, disparitions inexpliquées, une épouse étrange aux affreux totems... Ce roman est angoissant, les chapitres sont courts (une particularité pour l'auteure qui publie souvent des pavés), difficile de s'endormir sans avoir fini le livre.Une belle surprise mais tout de même pas au niveau de "Les chutes".

un flyer
18/11/14

Gillian , 44ans , éprouve un choc en visitant le Louvre et plus particulièrement en posant son regard sur une statue lui rappelant instantanément sa troisième année passée à Poudlard , heuuu , Heath Cottage , école de filles de la Nouvelle-Angleterre .Elle a désormais 20 ans , se revoit entourée de ses amies qui , comme elles , sont alors sous le charme d'André Harrow - signifiant flèche en français , clin d'oeil ironique d'une rare finesse a Cupidon j'imagine... - professeur de littérature DSKophile et élément déclencheur de ce roman . Excusez la tenue , je sors de la douche...Bon , j'ai pas été emballé plus que ça pour tout dire . Il n'est pas rare , dans la littérature , que de jeunes adultes voient leur amour immodéré , pour tel ou tel professeur , contrarié . Prof qui , comme de bien entendu , repoussera gentiment mais fermement leurs avances , question de déontologie aidant . De plus , André est marié à Dorcas , sculptrice se complaisant dans la réalisation d'oeuvres à caractere sexuel toutes plus laides les unes que les autres...Nom d'une pipe ! Ici , tous les codes sont inversés . André , au contraire , attisera volontairement tous ces sentiments naissants , encouragera ses courtisanes à dévoiler leurs pensées les plus intimes , allant même , aidé en cela par sa douce moitié , jusqu'à instaurer un système de favorites ayant alors le triste mais si envié privilège de séjourner quelques jours dans la maison familiale...André et Dorcas font alors figure de modèles que l'on se doit de cotoyer a tout prix et le prix est élevé !S'en suivront immanquablement des jalousies entre filles , des amitiés malmenées , le but ultime étant de devenir la favorite attitrée . Wuaouh , trop bo le prauf , ce sera trop de la balle si je pouva lui tapé dans l'yeux...soupir...Le point intéréssant de ce bouquin , c'est son complet anti-conformisme ! 20ans , le bel age pour s'ouvrir à l'amour...et non pas à la noirceur des âmes et des corps en succombant à un grave André graveleux au possible , Dorcas n'étant pas en reste , son travail étant l'exact reflet de son ame...Connaissez-vous Saint-Claude ?Récit , de plus , émaillé régulièrement d'alertes incendie - de jeunes pyromanes en herbe ayant surement pris au pied de la lettre Allumez le Feu d'un jauni Johnny chaud comme la braise, wok'n'woll ! - incendies mysterieux légitimant une conclusion des plus logique...Amateurs de belles histoires Harlequin champion de l'amourgloireetbeauté au romantisme exacerbé , passez votre chemin...Tout comme ces jeunes nymphes , j'ai moi-même été en fleur..comment ?...à Honfleur ?...au temps pour moi...Un livre malsain sur l'éveil des sentiments amoureux , le coté poétique en moins...Jeu pervers du chat et de la souris à l'issue surprenante..

TurnThePage
05/11/13
 

D'ordinaire, les romans de Joyce Carol Oates sont assez consistants, en taille et en contenu. Ici, en 126 pages, c'est plié et c'est du lourd !On sait dès le début qu'il s'est passé quelque chose d'oppressant, puisque la narratrice, Gillian Bauer, visite une expo à Paris où elle découvre une sculpture de Dorcas Harrow, la feme du prof dont elle est tombée amoureuse au cours de ses études. Et la voilà reportée vingt-six ans en arrière : "Une nuit au coeur de l'hiver. Par un froid glacial. Dans les monts Berkshire au sud-ouest du Massachussets." (p. 9) Dans sa résidence d'étudiantes, Heath Cottage, l'angoisse est diffuse, la confiance ne règne plus vraiment entre les copines. Toutes fascinées par le professeur de littérature, Andre Harrow, toutes avides de recueillir sa confiance et ses attentions à lui, d'être digne des privilèges qu'il accorde, dit-on, à certaines élues.Tout comme le prof exige de protéger le secret de ces "privilèges", le non-dit règne en maître dans ce roman. Dans ce flash-back, JC Oates distille les choses au compte-goutte, on sait, on croit comprendre qu'il se passe de drôles de choses chez Andre et Dorcas Harrow, mais rien n'est clair, on a du mal à respirer dans cette ambiance glauque.Mais il n'y a pas que le non-dit : il y a aussi l'expression, l'extériorisation imposée par le prof qui fait lire à ses étudiantes leur journal intime. Déballage, escalade dans ce qu'on livre aux autres, catalogue de misères, de douleurs extirpées, exposées de manière obscène. Comme les totems de Dorcas, sculptures féminines obscènes, elles aussi. Un parallèle assez subtil entre l'emprise manipulatrice du couple et les oeuvres d'art contemporain, souvent marquées de noirceur.Un roman où le malaise et l'ambivalence des sentiments ("Délicieuses pourritures"...) règnent en maître, distillé de manière sourde et implacable sous la plume (magistrale) de Joyce Carol Oates. Anne

Anne7500
30/10/13
 

L'amour de l'art.Ça commence en janvier 1976 , mais c'est 25 ans plus tard que Gillian raconte comment sa relation avec son professeur de littérature Andre Harrow a transformée sa vie. Elle est au Louvre devant une statue qui lui rappelle étrangement celles que Dorcas, la femme d'Andre sculptait."Ceci n'es pas une confession.Comme vous le verrez, je n'ai rien à confesser", nous dit-elle.Plongée sur un campus américain dans ces années où la drogue et la libération sexuelle a fait des émules. Andre et sa femme française "consomment" les petites étudiantes qui, comme Gilian la narratrice, sont éperdues d'amour et d'admiration pour une personne ayant un ascendant sur elles.Chaque personnage a ses tors, et aucun n'est finalement rendu sympathique par Miss Oates (même le perroquet Xipe Totec qui est jaloux de Gilian au point de s'arracher les plumes du jabot jusqu'au sang est antipathique !). Et c'est tant mieux car on n'a pas envie de s'identifier à ces personnages. Toutes ces jeunes filles qui font partie du groupe de poésie de Mr Harrow développent un côté malsain dans leurs travaux d'écriture : l'anorexie, la sexualité déviante, les liens familiaux qui dysfonctionnent, tout y passe.J'ai eu l'impression pendant tout le roman d'en avoir vu une adaptation cinématographique tellement les descriptions étaient imagées (en effet, j'ai un peu cherché sur le net et je ne pense pas que cette adaptation existe).Petit bijou de suspens, roman court à souhait avec un rythme haletant, même si la fin n'est pas vraiment une surprise (d'où un petit bémol pour moi), c'est très bien. Le titre est tiré d'un poème de D.H.Lawrence, "Nèfles et sorbes", dont les vers sont retranscrits dans ce roman Sophie

lamamandelena
22/08/13
 

Offert par Marly qui avait vu dans ma wish que j’étais tentée par un autre des romans de cet auteur. C’est donc un premier contact avec Joyce Carol Oates et j’en ressors assez dubitative…Gillian est étudiante dans une université du Massachusetts. Elle est amoureuse de son professeur de littérature. De mystérieux incendies sévissent sur le campus. Certaines des amies de Gillian arrêtent leur études en cours d’année sans donner de véritables raisons… Tout cela se mêle pour donner une fin plutôt dérangeante.J’ai eu du mal à rentrer dans ce livre, peut-être parce qu’habituellement je suis plus accès sur les lectures de l’imaginaire ou parce que l’auteure parle de périodes très différentes sur de très courts chapitres et que j’ai eu un peu de mal à m’y retrouver.Le livre est court, donc l’auteure va directement à l’essentiel, et c’est ce que j’ai aimé. On n’est pas étouffés sous des descriptions dithyrambiques. L’auteure dresse un portrait au vitriol de la société bien pensante américaine des années1970. Cette partie de la société qu’on connait peu, car peu affiché dans les médias. Les américains sont assez puritains et ce roman en montre une autre facette. Celle qu’ils n’avouent pas, leur côté caché. Celui présent dans toute société, moderne ou non.Gillian, le personnage principal, est très fragile. Elle est à l’âge où l’on recherche la reconnaissance des « adultes établis » et cherche encore à établir son identité. Paradoxalement à cause de cette envie de s’affirmer, elle va se retrouver dépendante dans la relation qu’elle entretient avec son professeur de littérature et la femme de ce dernier.Peu à peu, tous les éléments qui n’ont l’air au départ d’avoir aucun lien, dont certains sont à peine évoqué pour être de suite oublié par le lecteur trouvent leur sens, et Gillian réussira à s’affranchir. Et là, je me pose la question : à quel prix ? En même temps, je pense que j’aurais fait pareil…Ça vous intrigue ? Lisez le livre ;) Muti

mutinelle
17/04/13

Voici un roman que ma sœur m’avait acheté. Je l’avais vu sur un blog et croisé plusieurs fois sur les tables des librairies. Je m’attendais à quelque chose d’autre. Et je suis déçue. Dans ce livre, Gillian nous raconte son histoire alors qu’elle vit loin de sa mère dans un campus américain. Bien sur, un de ses professeurs est charmant et elle en tombe amoureuse. Au début, elle suit la femme de ce professeur et se rend compte que ce qu'elle fait est honteux mais rien ne l’arrête et ainsi de suite. Des incendies se déclenchent fréquemment, les filles de cette université doivent écrire un journal intime et le lire en classe. Finalement, je m’attendais à ce que ce soit beaucoup mieux, plus Gossip Girl. Les journaux intimes ne sont presque pas lus ou alors les événements ne sont pas sensationnels, à part raconter son enfance. Je m’attendais à plus de potins, de commérages, de « bagarres ». Les personnages sont nombreux mais pas difficiles à repérer. Le problème est surtout qu’ils ne sont pas attachants. Je n’ai rien ressenti pour Gillian tout au long du livre, ou même pour Sybil et Marisa. La fin est surprenante certes mais elle ne m’a pas emballé non plus. Bref, une année 2013, qui commence par un flop. Un livre sympathique mais qui ne déplace pas des montagnes. Trop d’attente pour ce petit livre de 120 pages. Vite ! Une lecture qui me plait !

searchxme
21/01/13
 

Mi années 70, dans une université féminine de Nouvelle Angleterre, l'esprit de contestation de la bonne société est présent. Gillian une étudiante veut se distinguer des autres aux yeux de Andre Harrow son professeur de littérature. Mais l'attention de celui-ci est retenue par celles qui produiront les écrits les plus osés. Avec sa femme énigmatique Dorcas, sculptrice et collectionneuse de totems, il forme un couple exerçant une fascination sur les jeunes filles. Mais la fascination et la volonté de plaire créent de nombreux incidents : tentatives de suicides, incendies criminels non élucidés.   C'est plus que l'histoire d'amour d'une étudiante pour un professeur, c'est une fascination malsaine. Mais la volonté de plaire est bien mal récompensée, c'est la morale de l'histoire. J'ai bien aimé la découverte de la vérité par Gillian, elle a du mal à croire que des êtres qui lui paraissaient cultivés puissent s'abaisser à de telles choses. Mais d'une certaine façon cela explique ce qui a pu arriver aux autres étudiantes. Pourtant Gillian arrive à se défaire de ce qu'elle a pu vivre.

Chiwi
31/12/12
 

L'histoire est assez inconsistante. Je suis restée à distance, peu concernée par ces jeunes filles influençables. Alors même que leurs comportements sont crédibles dans l'absolu, ces personnages de papier n'ont pas réussi à me convaincre. La narratrice a l'air d'une idiote finie, ce qui a considérablement contribué à mon manque d'enthousiasme. Pourtant le "twist" m'a prise de court (il faut dire qu'à ce moment-là, j'en avais presque fini et que je lisais sans plus chercher à m'impliquer, n'espérant plus quoi que ce soit du livre).Je crois que la prochaine fois que je lirai Oates, ce sera pour relire Les chutes et que nous en resterons là elle et moi...A noter, de nombreuses coquilles dans cette édition, ce qui est fort regrettable.

mycupoftea
14/11/12
 

Oxymore emprunté au poète D.H Laurence qui met de suite dans l'ambiance, Délicieuses pourritures contient le journal intime d'une jeune étudiante Gillian Bauer in amore de son professeur de littérature Andre Harraow, aussi charismatique que sulfureux. Conscient de son attrait auprès d'élèves douées mais néanmoins fragiles, il constitue une sorte de « cercle des poètes(ses) disparu(e)s » versus trash yéyé (normal pour les années 1970, me suggèrerait Benjamin Biolay). Pour compléter ce petit tableau littéraire, débarque la femme d'André, Dorcas, une sculptrice de la laideur à ses heures, complètement fêlée tout le temps. Bref, que du beau monde ! Un livre très noir, parfaitement construit, glauquissime à souhait, où l'arrivée fortuite d'incendies rythme la narration en même temps que les déviances de notre club des 5 (ou 6, voire plus). Joyce Carol Oates maîtrise son sujet : celui de bobos en mal de repères, pourfendant l'art vivant aux concepts nauséabonds, abordant sans concession les thèmes sympathiques et légers comme l'anorexie, la dépression, le suicide, la manipulation, la pornographie. Une vraie lecture de vacances !

Cave
08/09/12
 

Voici un petit roman qui me tentait depuis un moment, et comme j'ai peu de temps pour lire depuis que je travaille, ça tombait bien. J'ai lu beaucoup d'avis de personnes ayant trouvé ce livre malsain, et bien je dois être dans une période d'insensibilité puisque encore une fois, je suis restée de marbre face à ce bouquin.En commençant ce livre, je m'attendais à tout sauf à ça. Je pensais lire le journal de Gillian, et bien non. Le résumé est carrément trompeur, surtout que l'histoire du journal intime ne tient que sur quelques pages du roman.J'ai beaucoup aimé le style de l'auteur. Des phrases courtes qui vont à l'essentiel. L'histoire est racontée en toute objectivité, sans tout nous révéler. Beaucoup de questions restent en sans réponse ce qui donne un petit côté mystérieux à l'histoire. J'ai trouvé cependant que le premier et le dernier chapitre étaient inutiles. Ces passages se déroulant après les études de Gillian m'ont ennuyée et n'apportent rien à l'histoire selon moi.J'ai été assez déroutée par l'histoire en elle même. Je m'attendais à trouver le personnage d'Andre Harrow charismatique, je voulais comprendre pourquoi toutes ses étudiantes étaient folle de lui. Parce qu'après tout, ce professeur n'a apparemment pas un physique très flatteur, l'auteur ne cesse de nous le répéter. Qu'est ce qui le rend si attirant? On ne le sait pas et du coup je n'ai pu m'identifier ou tout au moins comprendre les différentes étudiantes, y compris Gillian. Je suis étonnée aussi qu'aucune étudiante ne se soit opposée au professeur ainsi qu'à sa femme. De plus, j'ai trouvé assez étrange que l'état physique et mental des filles ne se dégrade pas à cause de leur relation avec le couple de professeurs, mais du fait qu'elles soient mises de côté par ceux ci. Bref, c'est un roman que j'ai mis plus de temps à lire que prévu, et même si j'ai plutôt apprécié la lecture de celui ci, il ne m'a pas particulièrement marquée.

LucyGray
19/07/12
 

Gillian Brauer, une jeune fille brillante et passionnée, est amoureuse d'Andre Harrow, son professeur de littérature. Cet homme charismatique et brutal, aux méthodes peu orthodoxes, pousse ses étudiantes à "chercher la jugulaire", en dévoilant leur intimité pendant son cours au travers de leur journal. Les pages ainsi offertes témoignent de... Une Comète

Unecomete
12/06/12
 

Résumé du livreL'intrigue se déroule dans un huis clos. Nous sommes dans un campus féminin dans la Nouvelle Angleterre des années 70. Les protagonistes sont des étudiantes, Pénélope, Dominique, Sybil, Marisa et Gillian, la narratrice. Elles évoluent dans cet univers poisseux totalement en admiration devant leur professeur de littérature André Harrow et sa femme Dorcas qui est peintre. Progressivement cette admiration devient adoration poussant les filles à des actes qui dépassent l'entendement jusqu'à cette fameuse nuit du 20 janvier 1976...Quelques mots sur l'auteurJoyce Carol Oates est née en 1938. Elle a été professeur de littérature à l'université de Princeton. Elle est en même temps une nouvelliste et romancière prolifique. En effet, elle a écrit plus de trente romans parmi lesquels je retiens surtout "Blonde" que j'ai beaucoup aimé. Il y a aussi "Les chutes" et un superbe opus "Petite soeur, mon amour". Elle est considérée avec Roth, Don deLillo, Toni Morrison et quelques autres comme les plus grands romanciers américains. On le comprend...Critique"Délicieuses pourritures" est un petit roman dérangeant qui révèle une fois de plus le grand talent de Joyce Carol Oates. Le titre original est "beasts", les monstres, les bêtes fauves (avec toujours dans ce terme une connotation morale et sexuelle). Dans la version traduite, "Délicieuses pourritures" est une expression qui se trouve dans un des poèmes de D.H.Lawrence, "Nèfles et sorbes", dont voici l'extrait "Je vous aimes, pourries, / Délicieuses pourritures./ Merveilleuses sont les sensations infernales,/ Orphique, délicat / Dionysos d'en bas./" Le lecteur est alors en droit de se demander à qui sont en réalité destinés ces deux termes oxymoriques. L'intrigue se passe en huis clos. Il y a un couple de professeurs, le mari André Harrow et sa femme, Dorcas qui se plaît à sculpter des totems féminins entre beauté et laideur. Et puis, gravitent autour d'eux comme des insectes attirés par le feu, des étudiantes fraîches, naïves et totalement inconscientes de ce qui va se tramer. Nous sommes dans les années 70 où se concentrent toutes les révolutions sociales et de moeurs. Période trouble, période faste, période dangereuse car si on suit la logique de l'auteur, elle engendre aussi des monstres tels que André ou Dorcas. Ceux ci symbolisent la dégénérescence d'un monde qui n'offre que l'apparence ou le superficiel (les interprétations littéraires d'André le montrent). Le couple s'appuyant sur leurs positions et prestiges manipulent à leur guise les étudiantes jusqu'à les amener subtilement à déshabiller leur corps et leur âme, jusqu'à les annihiler de toute volonté. Elles se soumettent avec délectation aux désirs de leurs bourreaux qui se font une joie (au sens dionysiaque du terme) de les avilir. Comme des vampires, ils sucent leur flux vital jusqu'à ce qu'elles disparaissent, jusqu'à ce qu'elles s'effacent, jusqu'à ce qu'elles anéantissent leur identité. Nous progressons dans ce labyrinthe avec pour seule accompagnatrice, Gillian. Sa narration l'amène plus près de la vérité sur elle même et sur le couple. C'est une narration sans concession: Gillian ne s'épargne pas et de se fait, rend le récit atrocement cruel. Joyce Carol Oates a encore une fois réussi de nous éblouir avec ce petit roman par son art de dépeindre les affres de l'âme humaine. En parlant de "Petite soeur, mon amour" un critique dit: "Joyce Carol Oates use jusqu'au vertige de cette éminente pénétration psychologique qui est sa force, son talent singulier". Je vous le conseille."Délicieuses pourritures" est un roman très intéressant. Victoire

tran
28/04/12
 

Voilà un livre qui me pose de très grosse difficulté à commenter. Ma première réaction en le refermant fut de me dire que non vraiment, je n'avais pas véritablement apprécié.Mais plus j'y pense plus je me dis qu'au moment de ma lecture je suis passé à côté, distraite par la perversion qui émane des personnages allant jusqu'à l'écriture même. Au delà de ce style déroutant mais parfait sans aucunes fausses notes ; pour moi, la seule et principale force que j'arrive à attribuer à ce livre réside dans les portraits des différents personnages, tous plus pervers, « pourris » les uns que les autres. Cependant cette ode à ce qu'il peut y avoir de plus noir et d'inavouables dans la nature humaine n'a cessé de me déranger ; je ne doute pas que ça soit le but inavoué mais il n'est jamais très agréable de se retrouver face à ce genre de situation. Cela donne un petit côté désagréable à la lecture dommage...C'est certes un livre à livre, mais qui se destine plus aux lecteurs déjà conquis par Joyce Carol Oates que pour une première découverte…

Lacazavent
21/10/11
 

On se retrouve propulsé dans les années 70 dans une école secondaire américaine strictement féminine.Pour résumer, ce roman est glauque. Il m’est au final assez difficile de mettre des mots sur cette lecture. Le narrateur nous plonge directement dans l’histoire du fait d’un récit à la première personne et on cherche à comprendre, ce qui l’a tant marqué, ce qu’elle veut « confesser » sans le faire.J’ai par ailleurs bien aimé la structure du texte, le miroir entre les 2 premiers et 2 derniers chapitres qui m’ont fait relire le début arrivée à la fin du livre. Le livre se lit rapidement et est assez court (125 pages environ).Le sujet met mal à l’aise, on y voit l’influence des professeurs sur des adolescentes en construction, et leur effet néfaste, la jalousie féminine porté à son paroxysme avec la présence de l’Homme à séduire. La relation avec les professeurs est ambiguë à souhait, même si certains événements sont anticipables.L’impression de « no limite » du couple Dorcas/Andre et leur relation fait partie de cette ambiance dérangeante qui existe dans le livre. Il est difficile d’en dire beaucoup plus sans dévoiler l’intrigue principale dont on devine rapidement la trame mais pas tous les aboutissants.Au total : Un livre dérangeant qui m’a fait découvrir Mme Oates, dont je lirais prochainement d’autres livres.

Alphie
23/09/11
 

J'ai dévoré ce roman mais il m'a laissé une empreinte très forte de malaise. Quelle atmosphère malsaine, que de drames qui se trament dans les couloirs et les salles de cette école, que de mal être... On comprend parfaitement que des jeunes filles veuillent briller aux yeux de leur professeur pour s'attirer ses grâces, son admiration, voire son amour, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'être scandalisée par l'attitude de cet homme qui manipule de façon si désinvolte, prend et jette, utilise et au final saccage ces filles. On comprend d'ailleurs bien mal ce qu'elles lui trouvent, à cet homme, qui parait sous la plume de Oates bien laid et surtout fort désagréable, pédant même. Son mystère très certainement, son aura intellectuelle également, et probablement aussi le coté sombre du personnage, qui telles la lumière pour les lucioles, les attirent alors qu'elles savent, sentent qu'elles s'y brûleront les ailes... "Andre Harrow était verbeux, tyrannique. Il était gentil, et condescendant. Il ne cessait de nous interrompre tout en nous exhortant à "dire ce que nous pensions, si nous ne voulions pas que quelqu'un le fasse à nore place". Automutilation et autodestruction, humiliation, dégradation de l'être... On en a la nausée et pourtant on dévore ces quelques 100 pages sans pouvoir s'arrêter, subjugés par la maitrise de l'auteur, par son écriture, et par la noirceur des personnages, de ce prof indigne et de sa femme, complice, peut-être encore plus malsaine que lui. Nous sommes dans la perversité pure et la force de l'auteur est de plutôt suggérer que de décrire précisément, et de nous laisser imaginer. Et en nous résonnent les phrases que ce professeur serine à ses élèves, pour qu'elles expriment dans leur journal, qui sera lu devant la classe, leurs pensées les plus profondes, leurs souvenirs, leurs angoisses.Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
16/08/11
 

Au début, c’était un peu dur de suivre les retours dans le passé puis de revenir au présent. Mais une fois habituée, on comprend tout. Le récit s’ouvre dans les années 2000, Gillian est à Paris, et nous intrigue rapidement en disant que rien n’est de sa faute. Puis Joyce Carol Oates nous emmène dans la Nouvelle-Angleterre, dans la prestigieuse université féminine où étudie Gillian. Dès le début, j’ai ressentie l’atmosphère pesante. J’ai rarement ressenti cela lors de mes lectures. Je me sentais moi-même oppressée. Pourtant, je ne pense pas que cela soit négatif, puisque c’était l’atmosphère du récit. On sent tout de suite que quelque chose d’étrange se passe. C’est assez difficile d’expliquer pourquoi sans trop en dire, mais en tout cas, les étudiantes semblent changer lorsqu’elles côtoient un certain professeur de littérature. L’héroïne va apprendre pourquoi. Et le lecteur aussi, par la même occasion. Je me doutais un peu de ce qui se passait, mais la révélation dépassait l’entendement. Avec Gillian, je me rendais compte de ce qui arrivait, et c’était véritablement choquant. J’étais terrifiée par ce que disait l’héroïne. Il y a des livres comme ça, on ne sait pas dire si on a aimé ou pas. Ils nous laissent une impression étrange, on y repense souvent après l’avoir fini. On se pose des questions, on ne sait pas. Je me suis demandé si j’avais aimé. Je n’ai pas trouvé de réponses. Pourtant à aucun moment je n’ai souhaité en finir. Je pense que le bilan est plutôt positif. Quoi qu’il en soit, j’ai très envie de lire un autre livre de Joyce Carol Oates, envie d’en découvrir plus.

EmmaBovary
26/04/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.07 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : CLAUDE SEBAN

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