livre disgrace
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 04/10/02
LES NOTES :

à partir de
7,40 €

SYNOPSIS :

David Lurie, 52 ans, deux fois divorcé, enseigne à l'université du Cap. Une jeune étudiante, parmi ses nombreuses conquêtes, finit par l'accuser de harcèlement sexuel. Contraint à la démission, David
se réfugie auprès de sa fille, Lucy, qui vit dans une ferme isolée. Mais les temps ont changé et sa retraite vire au drame. La bourgeoisie sud-africaine doit payer pour les crimes de l'apartheid.
6 personnes en parlent

A-t-on encore sa place dans un pays en pleine mutation, où racisme, pauvreté et violence sont banalisés? Disgrâce, prix nobel de littérature 2003, est à la fois la remise en question d'un homme déchu et la difficulté d'un père à communiquer avec sa fille.Un récit percutant, sublimé par la simplicité de l'écriture.

Mokona
15/11/10
 

David Lurie, personnage central du roman, est un professeur qui s'ennuie, il ne passionne pas ses étudiants. C'est un spécialiste de Byron, sur lequel il souhaite écrire un livre. il dit lui même de lui : "l'enseignement n'a jamais été ma vocation. En tout cas, je n'ai jamais aspiré à enseigner aux autres comment mener leur vie, L'enseignement c'est un gagne-pain".Deux fois divorcé, il a une vie sexuelle un peu tristounette...une prostituée, toujours la même une fois par semaine qui lui apporte "Un bonheur modéré".... Jusqu'au jour où il approche une de ses étudiantes un peu paumée elle aussi, qu'il va inviter et séduire : "La beauté d'une femme ne lui appartient pas en propre. Cela fait partie de ce qu'elle apporte au monde, comme un don. Elle a le devoir de la partager" ... Comme il le lui avait demandé elle fera son devoir et partagera sa beauté... mais son père portera plainte.Obligé de quitter l'université,et ne l'acceptant pas, voire ne comprenant pas : "Je suis plongé dans un état de disgrâce dont il sera difficile de me relever.....je vis cette disgrâce de jour en jour, en essayant de l'accepter comme l'état de mon existence.....un état de disgrâce qui n'a pas de terme", et ne sachant où aller, il va voir sa fille, Lucy, qui produit des fleurs et des légumes et garde des chiens dans une petite exploitation agricole, aidée par une famille d'ouvriers noirs.La cohabitation avec sa fille devient difficile à la suite d'une agression violente dont ils sont tous deux victimes. Pour l'un comme pour l'autre cette agression vire au cauchemar, séquelles physiques pour l'un séquelles morales pour l'autre. La communication superficielle entre père et fille devient dorénavant difficile, l'une voulant affirmer son indépendance et son autonomie, et l'autre lui prodiguant des conseils, de père qu'elle ne souhaite pas entendre. Elle a fait sa vie depuis longtemps sans lui. Si elle l'héberge c'est parce que c'est son père. Leurs conceptions de la vie sont diamétralement opposées, et ils n'ont finalement que peu de points communs, de centres d'intérêt communs. Un homme pas très attachant, persuadé d'avoir toujours raison, peu conscient du mal qu'il peut faire, peu à l'écoute des autres et ne s'interrogeant jamais sur sa personnalité, décevant jusqu'à la dernière ligneIl y a aussi Petrus et sa famille qui lorgnent sur la propriété de Lucy, ils sont noirs, ils n'étaient pas présents le jour de l'agression, les rapports entre David et Pétrus ne sont pas simples non plus;Un livre sur les relations père-fille, mais aussi sur l'Afrique du Sud confrontée à la violence, au racisme sournois, mais aussi sur la culpabilité...Le premier livre, que je lis, de cet auteur prix Nobel de littérature. Je ne regrette pas ce choix. Je vais poursuivre cette découverte

JPV11
27/11/14
 

David Lurie, professeur à l'université du Cap en Afrique du Sud, deux fois divorçé, a une aventure avec une de ses élèves, cela se sait et il passe devant une commission disciplinaire suite à laquelle il décide de démissionner et de tout quitter pour aller se réfugier chez sa fille Lucy, qui elle vit dans une exploitation agricole à la campagne.David s'adapte et participe à la vie de la ferme jusqu'à une violente agression dont lui et sa fille sont victimes. L'auteur met en lumière avec une grande froideur les dérives de la société sud-africaine.Un roman sombre sur l'impuissance de l'individu à changer les choses et à se changer.C'est aussi l'histoire d'un homme dont les convictions sont fortement ébranlées et qui traverse une crise morale en tant que père et homme.

alexka
31/01/14
 

Je n'ai pas été tout à fait conquise par ce livre qui met mal à l'aise, qui bouscule un peu trop. En outre, si j'ai été à la fois fascinée par la capacité de Coetzee à dépeindre la complexité de l'Afrique du Sud contemporaine, j'ai néanmoins été complètement déboussolée par ces rapports de force malsains. J'ai surtout été choquée par la résignation qui semble être le sentiment pré-dominant dans ce tableau. Résignation à un monde dur, de lutte et en même temps, un monde qui veut préserver les apparences, sans parler de Pétrus qui m'a paru particulièrement détestable, jouant sur le sentiment de culpabilité des Blancs. En même temps, j'ai eu le sentiment que je n'étais peut-être pas bien placée pour porter un jugement sur les comportements des Sud-Africains dont l'histoire est complexe et difficile à juger de l'extérieur. En fait, je me suis souvent sentie exclue du livre, comme si je n'avais pas toutes les clefs pour en saisir toute la portée. Cela n'enlève rien à la force de cette oeuvre.

mycupoftea
04/09/12
 

David Lurie croit être un homme heureux. Enseignant à l'université du Cap, il ne soulève certes pas les foules d’étudiants en communication avec ses analyses de textes littéraires, mais il y a trouvé un certain équilibre, à la fois narcissique et professionnel. Côté cœur, ses deux mariages précédents ont eu raison de sa croyance en la vie à deux. A cinquante-deux ans, il se sent en pleine forme sexuelle, sensation pour lui de ne pas se sentir aux portes de la vieillesse. Tant que les deux individus sont consentants, David n'est pas très regardant sur l'âge de sa partenaire :« Il est surpris de voir qu'il lui suffit d'une heure et demi par semaine en compagnie d'une femme pour être heureux, lui qui croyait qu'il lui fallait une épouse, un foyer, le mariage. Ses besoins s’avèrent assez modestes, tout compte fait, modestes et éphémères comme les besoins d'un papillon. »Lorsque sa call girl habituelle l'abandonne, il ne se sent pas l'âme de trouver une nouvelle conquête. Certes, la population étudiante est source de convoitise, mais David sait aussi qu'une liaison avec une étudiante est à la fois source de ragots et de complications, mais c'est tellement excitant se dit-il en fin de compte quand Mélanie « tombe entre les mailles du filet » :« Il y a une semaine c'était un joli minois dans la classe. Maintenant, c'est une présence dans sa vie, une présence qui respire. »Obnubilé par la jeunesse de sa partenaire, David met de côté sa lucidité sans pour autant oublier ce que chante le chœur à la fin d'Oedipe : « ne dis jamais qu'un homme est heureux avant sa mort »... Trop tard, la liaison se sait, Mélanie se fait à la fois distante et rebelle, la descente aux enfers commence pour le professeur, descente qui se termine par une radiation pure et simple de l'université.Ayant refusé d’utiliser son droit à se défendre, il vit cette situation comme une disgrâce, comme il l'explique au père de la jeune fille :« Je suis puni pour ce qui s'est passé entre votre fille et moi. Je suis plongé en un état de disgrâce dont il me sera difficile de me relever (…) Je vis cette disgrâce de jour en jour, en essayant de l'accepter comme l'état de mon existence .»Alors David s'éloigne, part rejoindre sa fille Lucy devenue une solide paysanne, une boevrou, qui vit de ses ventes de fleurs et du gardiennage de chiens. Il décide de mettre le temps qui lui est donné à concevoir un opéra centré sur la relation tumultueuse entre Lord Byron et la Contessa Guiccioli. Mais la vie à la ferme est loin de toutes les idées reçues qu'il s'était faites à ce sujet. Non seulement, sa fille est aidée par Petrus, un étrange noir taciturne qui semble lorgner sur les biens de la jeune femme, et en plus, Lucy exprime des considérations sur la vie aux antipodes de celles de son père. David doit s'adapter jusqu'au jour où, ils sont agressés chez eux par trois jeunes vagabonds. Alors que David réclame justice, Lucy se terre, et tente de faire comprendre que sur ses terres, les désirs de justice et de vengeance ne sont pas la bienvenue si on veut garder sa place :« Elle préfère se tenir à l'abri des regards et elle sait bien pourquoi. C'est à cause de l'opprobre. A cause de la honte. Ils ont ben réussi les visiteurs du mercredi : voilà ce qu'ils ont fait à cette jeune femme moderne, pleine de confiance en elle. Comme une tâche qui s'étale, l'histoire gagne toute la région. Et ce n'est pas l'histoire qu'elle a à raconter mais la leur : l'histoire leur appartient. Comme ils l'ont bien remise à sa place, comme ils lui ont bien montré ce qu'on fait des femmes. »Face à cette attitude qu'il ne comprend pas, David met de la distance, trouve une occupation au refuge des animaux, en ville, et remet en cause tout ce que, en son fort intérieur, il considérait comme universel et inaliénable. Ainsi, peu à peu, émerge un nouvel homme, plus dur, plus « grignoté », lentement « rongé » par les obligations de sa nouvelle vie :« Il sent monter en lui et le submerger l'apathie, l'indifférence, mai aussi l'apesanteur, comme s'il avait été grignoté peu à peu de l'intérieur et qu'il ne restait de son cœur que la coquille usée, lentement rongée. »Le citadin de jadis, professeur sûr de lui, est désormais un homme aux certitudes chancelantes et un père perdu face à l'attitude de sa fille...Disgrâce est un roman captivant, entier, complexe. En filigrane, l'auteur met en évidence toutes les contradictions et les idées reçues encore nombreuses malgré la fin de l'apartheid. Le personnage de Petrus et tout ce qu'il incarne, symbolise toute la complexité du sujet. David change maintes fois d'opinions à son égard, son animosité envers lui grandit quand il sent que la protection de Lucy passe par son silence. Où commence le racisme? Quand débute la véritable justice si, sous-jacent, on reste à l’éternelle question de couleur de peau ? Même sans apartheid, Coetzee écrit un récit où les notions de vengeance, de droit inaliénable, de supériorité naturelle restent de mise, rendant difficile à appliquer les notions d'égalité et de justice .

vivicroqueusedelivres
16/02/12
 

**-** En Afrique du Sud, un universitaire, aux nombreuses conquêtes féminines, rencontre une jeune étudiante qui par la suite porte plainte. Il est dans l’obligation de quitter la fac.Il se réfugie chez sa fille dans une ferme. La jeune femme a une vie marginale et a pour employé un noir.C’est un roman à la fois sur les rapports père/fille et sur l’Apartheid. L’Afrique du Sud est un pays violent. Le roman de Coetze le retranscrit parfaitement.Annick C.

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.16 kg
  • Langage original : ANGLAIS (AFRIQUE DU SUD)
  • Traducteur : CATHERINE LAUGA DU PLESSIS