Effroyables jardins

QUINT, MICHEL

livre effroyables jardins
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 12/02/04
LES NOTES :

à partir de
5,40 €

SYNOPSIS :

«Certains témoins mentionnent qu'aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d'audience. [...] L'ancien secrétaire général de la Préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n'est moins sûr. Par la suite l'homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidories. À chaque fois,
il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. Un huissier se souvient de l'avoir entendu dire après que le verdict fut tombé : - Sans vérité, comment peut-il y avoir de l'espoir ?» L'auteur dédie ce court texte lumineux, émouvant et métaphorique à la mémoire de son grand-père, ancien combattant à Verdun et de son père, ancien résistant.
13 personnes en parlent

C'est l'histoire d'un garçon qui a honte de son père, un instituteur qui, à ses heures perdus, fait le clown amateur.«Aussi loin que je puisse retourner, aux époques où je passais encore debout sous les tables, avant même de savoir qu'ils étaient destinés à faire rire, les clowns m'ont déclenché le chagrin. Des désirs de larmes et de déchirants désespoirs, de cuisantes douleurs, et des hontes de paria.Plus que tout, j'ai détesté les augustes. Plus que l'huile de foie de morue, les bises aux vieilles parentes moustachues et le calcul mental, plus que n'importe quelle torture d'enfance.»Jusqu'à ce dimanche après-midi où l'oncle Gaston, dans son patois du Nord, va révéler à l'adolescent sarcastique le sens de l'étrange vocation de son père. Une histoire de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale dont ils sont, le père et l'oncle, les protagonistes. Une de ses nombreuses petites histoires qui alimentent la Grande Histoire. Une histoire faite de gens simples, pas de héros. L'histoire de la rencontre entre un groupe de quatre otages français condamnés à mort et leur gardien allemand qui, pour tenir l'horreur à distance, a fait le clown.Et le jeune garçon qui s'exaspérait de la médiocrité des adultes découvre la grandeur des hommes ordinaires et le pourquoi du costume de clown que son père revêt en un acte de mémoire, un acte de déférence.Un style économique mais étincelant, une langue familière et expressive : Michel Quint livre ici, avec tendresse et pudeur, un récit tragicomique court et lumineux où l'essentiel se lit entre les lignes et où humour et dérision évitent le sentimentalisme. Son récit est une merveille de concision et d'intelligence, soixante pages à peine pour un condensé d'humanité.

Kara
13/01/09
 

5 étoiles sans hésiter, c'est très très beau comme histoire, et l'écriture est pleine d'expressions du Nord-Pas-de-calais de la France, dont je suis originaire. Comme faire sa maguette pour une jeune fille, les histoires de Cafougnette.... C'est une histoire où chacune peut retrouver des sentiments déjà éprouvés, comme la "honte" de sa famille, une forme de mépris très bête et très adolescente, et un jour on comprend le pourquoi du comment et on se sent MINABLE de toute cette attitude.... Sylvie Sagnes

SagnesSy
26/07/12
 

Un récit très court qui dit en très peu de pages ce que c'est que l'amitié, la résistance et enfin le rire, ce rempart contre la souffrance et le mal.En plus, c'est écrit en chti ! Et cela insuffle un peu de joie dans l'atmosphère en peine...

Petit bijou de simplicité et d'économies de moyen,ce court roman (ou cette longue nouvelle ?) raconte, en quelques dizaines de pages un histoire complexe, ou le non-dit prend le pas sur le discours. On y lit le regard méprisant d'un enfant sur un père qui se ridiculise en faisant le clown (au sens propre), suivi du terrible récit d'une prise d'otage, pendant la guerre, à l'époque où ce père était résistant... Ce livre dit à peine les choses, le cœur du texte est le récit brut d'un cousin à la parole difficile, laissant au lecteur le soin d'interpréter des faits bruts, de s'interroger sur l'histoire de son père, et sur ses sentiments propres. Magnifique !

Mariei
09/08/12
 

Voici un tout petit roman absolument magnifique, autant par sa poésie que la façon dont il aborde le souvenir de la guerre. Lucien se raconte. Adolescent, il avait les clowns en horreur et un mal fou à accepter que son père, pourtant instituteur respecté, se grime, se déguise, s’affuble du nez rouge et régulièrement aille faire le clown auprès des gens en difficulté, pour les faire rire, leur changer les idées, mais aussi pour gagner quelques sous de plus. Pour lui, tout cela n’était que ridicule et il avait honte de ce père, le méprisait même. Jusqu’au jour où son oncle Gaston décida de lui dévoiler le secret du père, de lui raconter ce qui avait amené cet homme plutôt sérieux et taciturne à se travestir ainsi les dimanches pour entrer dans la peau d’un clown. A l’époque, la France était encore occupée. Adolescents, André, le père, et Gaston rêvaient d’actes de résistance héroïques, tout en participant à quelques attentats plutôt mineurs. Un jour cependant, la chance tourna et ils firent exploser par erreur un poste de commande d'aiguillage ferroviaire, dans lequel le gardien était présent. Le vieux cheminot fut très grièvement blessé et ils furent capturés et placés par le commandement allemand dans une fosse dont ils ne pouvaient sortir, dans le froid, sous la pluie, sans rien à manger ni à boire, juste à attendre le moment où ils seraient fusillés. C’est Bernd, le soldat allemand en charge de leur surveillance, qui avec humour et humanité, discrètement cependant pour ne pas se faire prendre, les aida. Il leur donna à manger, et surtout arriva à leur changer les idées et même à les faire rire en faisant le clown… On comprend ainsi que le père, en devenant clown de temps à autre, tente de se prouver son courage, devenir humain, au service des autres. C’est un hommage à celui qui les a sauvés à l’époque, peut-être aussi une façon de racheter sa culpabilité pour avoir blessé le garde barrière. Le roman se passe dans le Nord, terre natale de Michel Quint qui réussit à la perfection à peindre cette région, ses habitants, de même que la langue. Le climat est rude, les hommes aussi. Pas des rigolos, mais des hommes d’honneur. Le roman est dédié au père et au grand-père de l’auteur, qui fut résistant. Un petit livre magnifique, très émouvant, très poétique malgré le sujet. Et un beau récit des petites choses de la guerre, ces petits actes héroïques individuels, qui auraient pu coûter la vie de ceux qui les vécurent, ne sont inscrits dans aucun livre d'histoire et ne sont pas passés à la postérité, mais touchent cependant au plus profond du coeur. Car malgré l'horreur, malgré la rage, la haine et la violence, malgré la mort et la déchéance, parfois, un homme ou plusieurs étaient capables de faire jaillir la lumière, l'espérance, la foi en un monde meilleur, en des hommes redevenus humains. Une belle leçon d'humanité. Liliba

liliba
29/02/12
 

Un adolescent a honte de son père instituteur, qui toutes les semaines et gratuitement, revêt un costume de clown pour animer la galerie. Son oncle Gaston lui raconte alors l'origine de cette bien étrange habitude....Raconter l'histoire de l'oncle Gaston et de son frère ne servirait à rien. Il faut retenir simplement que son récit est une belle leçon de vie où faire le clown, même du côté allemand, est aussi une forme de résistance contre la rigueur et la violence. Le rire devient une arme contre ceux qui donnent les ordres et exterminent. Le clown devient le symbole de l'humanité perdue dans une guerre où la destruction et la mort sont le lot quotidien. Grâce aux facéties du soldat allemand, les deux résistants ont oublié un temps leur position de condamné et ont retrouvé leur dignité. Ainsi, en hommage à ce soldat, le frère de Gaston perpétue la tradition en se grimant en clown. Ce texte est aussi une belle leçon de tolérance, car il rejette une opinion manichéenne de la guerre, à savoir que les allemands étaient tous "des anges exterminateurs". Il existait aussi des soldats qui souffraient et rejetaient ce qui se passait dans leur camp.Le soldat Bernd, en faisant le clown, témoignait de cette incompréhension. C'est un beau texte à étudier au lycée afin d'en comprendre toutes les subtilités et les richesses. vivi

vivicroqueusedelivres
14/02/12
 

Il y a quelques semaines, je redécouvrais avec plaisir et émotion le film Effroyable jardins de Jean Becker adapté du roman court et éponyme de Michel Quint. Et j’avais envie de relire ce que je considère comme un petit chef d’œuvre de Michel Quint.Un texte bouleversant, le narrateur a toujours eu honte de son père qui bien qu’étant un professeur aimé et respecté par ses élèves était aussi un clown du dimanche qui amusé la gallérie, mais très peu son fils, honteux de voir son père se ridiculiser.Un jour le narrateur part avec sa famille et son oncle Gaston à la projection du film « Le Pont » de Bernhard Wicki. À la sortie de la séance, Gaston raconte la véritable histoire qu’il à vécu avec le père de se garçon. Récit qui changera à tout jamais le regard que peut porter ce jeune garçon sur le clown grotesque qu’est son père.Ce court roman est à lire et relire, il traite du regard d’un fils sur son père, mais aussi de la triste époque de la Seconde Guerre mondiale. http://bouquinovore.blogspot.fr/

Bouquinovore
28/06/15
 

Déjà maintes et maintes commenter et de toutes apparences apprécier, je ne peut qu'abonder dans ce sens.Une histoire simple et délicate, poignante, un peu rapide mais on pardonne plus facilement au petit chef d'oeuvre !

Lacazavent
16/08/14
 

Michel Quint a été découvert du grand public avec ce livre, court et percutant et pourtant il avait déjà écrit de bons romans policiers dont un au moins avait été primé. Personnellement j'ai lu presque tous ses livres et je préfère les courts plus percutants. Michel a un style repérable: dès le premier chapitre d'En dépit des étoiles, je l'avais reconnu. Il sera au Bateau-livre (Lille) le 26 avec Valentine Goby pour Kinderzimmer, sauf contr'ordre de dernière minute dont il est familier berthe

afbf
14/09/13
 

Je ne suis pas très enthousiaste.Je n'aurais pas dû lire la référence au procès.Du coup ça a détourné mon attention.Je ne suis pas rentré dans l'écriture.L'histoire est émouvante mais toutes les parties ne sont pas du même niveau d'écriture. Dommage ! http://ramettes.canalblog

ramettes
14/09/13
 

Lucien est somme toute un adolescent comme les autres. Du haut de ses certitudes, il méprise sa famille et surtout son père qui lui fait honte. Au lieu de se contenter d'être un instituteur respecté et aimé de ses élèves, ce père aime à se déguiser en clown et à se produire dans les petites fêtes de quartier ou les anniversaires. Il pousse même le vice jusqu'à embarquer sa petite famille dans ses virées et Lucien assiste, honteux et déconfit, à ses numéros d'artiste de cirque pas très doué. Mais un jour sa vision des choses va changer, le jour où son oncle Gaston lui confie un souvenir de guerre....Non, la résistance, ce n'était pas que de Gaulle et Jean Moulin. Non, la résistance, c'était aussi monsieur et madame tout le monde, refusant l'occupation allemande et se découvrant de la fougue et de la bravoure au moment de passer à l'acte.Mais ça à la limite, on le savait déjà....Alors ce qui bouleverse dans ce court roman ( cette nouvelle ? ) de Michel QUINT, c'est de nous faire découvrir que sous l'uniforme allemand, il y avait aussi des hommes avec un coeur, des convictions, le sens de la justice.Ode à l'amitié, au courage, au sacrifice, à la famille, Effroyables jardins est surtout un hymne à l'Humanité avec un grand H.Tout en pudeur et en retenue, plein de tendresse, concis mais profond, ce livre est à mettre entre toutes les mains.

un flyer
03/09/12

Je n'avais encore jamais lu "Effroyables jardins". Et bien je suis tombée sous le charme de cette histoire de famille qui décrit une part des énormités de la guerre et les traces qu'elles ont laissé sur ceux qui l'ont vécue.Et la lecture par André Dussollier m'a captivée tout au long de l'histoire. Que-dis-je ! Le texte n'est pas lu, il est joué. Un petit plaisir. Médiathèques du Mélantois

Ce court récit est souvent étudié en classe de troisième : il aborde avec sensibilité et pudeur la relation parfois difficile entre père et fils, et évoque la résistance, une période centrale du programme d'Histoire. Là encore on peut espérer que la lecture soit une façon de donner corps aux notions vues en classe. Et l'on a vu bien souvent des parents s'emparer de cet ouvrage pour le dévorer, bien plus vite que leur adolescent !

cc59
22/10/09

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.06 kg

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