Eichmann a jerusalem

ARENDT, HANNAH

livre eichmann a jerusalem
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 13/06/91
LES NOTES :

à partir de
11,10 €

SYNOPSIS :

Quatrième de couverture Voici un texte qui, par la controverse qu'il suscita dès sa parution chez les historiens, eut le mérite essentiel de contraindre ceux-ci à entreprendre des recherches nouvelles sur le génocide des Juifs par les nazis. En effet, le reportage d'Hannah Arendt, envoyée spéciale du New Yorker au procès de Jérusalem, philosophe américaine d'origine juive allemande, auteur d'un ouvrage célèbre sur les origines du totalitarisme, fit scandale à New York et à Londres, en Allemagne comme en Israël. Dans son procès du procès, l'auteur - qui ne fait siens ni tous les motifs de l'accusation ni tous les attendus du jugement - est entraîné d'abord à faire apparaître un nouvel Eichmann, d'autant plus inquiétant qu'il est

plus " banal " ; puis à reconsidérer tout l'historique des conditions dans lesquelles furent exterminés des millions de Juifs. Et à mettre en cause les coopérations, voire les " complicités ", que le lieutenant-colonel S.S. a trouvées dans toutes les couches de la population allemande, dans la plupart des pays occupés, et surtout jusqu'au sein des communautés juives et auprès des dirigeants de leurs organisations. La personnalité de l'auteur, élève du philosophe allemand Karl Jaspers, la controverse qu'elle a partout suscitée et qu'analyse Michelle-Irène Brudny-de Launay dans sa présentation, contribuent à faire de ce livre brillant un témoignage que l'on ne peut ignorer sur une des énigmes majeures du monde contemporain.

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Banalité du mal En 1961, Hannah Arendt assure la couverture du procès Eichmann à Jérusalem pour le New Yorker. D’une livraison initiale d’un unique article, la philosophe allemande en écrira cinq, publiés en février et mars 1963, que reprend le présent ouvrage. Les articles, puis le livre, firent polémique, pour deux raisons essentiellement : la première est sa conception de la « banalité du mal », incarnée par Eichmann ; la seconde est le rôle trouble et ambigu qu’elle attribue aux chefs des ghettos juifs. Le premier point est celui qui continue de nourrir, en la renouvelant en profondeur, la pensée philosophique. En effet, Eichmann, en tant que SS Obersturmbannfürer et responsable de la logistique de la « solution finale », ne devait qu’incarner le mal absolu : on ne pouvait le voir que comme le mal fait homme. Or, Arendt découvre dans le box des accusés un être malingre, sans charisme, se présentant lui-même comme un exécutant, un fonctionnaire. D’où la thèse de la banalité du mal : celui-ci, selon Arendt, est aussi l’œuvre d’individus insignifiants, de quidam, de lambda. Ce que défend Arendt, et ce qui n’a pas été compris à l’époque, sur le vif de l’émotion suscitée par le procès d’un des plus éminents acteurs de l’horreur nazie, c’est que le mal se loge dans le refus de la pensée : le mal est là dès lors qu’il n’y a pas de pensée, donc de conscience, donc une impunité de responsabilité. De ce fait, le mal peut être partout et en tout homme. Quoiqu’il en soit de la réception des articles de la philosophe allemande (à l’origine de sa rupture intellectuelle et amicale avec Hans Jonas), sa pensée a permis de réfléchir le mal sous un jour nouveau : celui de sa banalité et de son universalité. On pourra compléter très utilement la lecture d’Eichmann à Jérusalem par deux films récents : Hannah Arendt, de M. von Trotta (2012), qui retrace ces quelques mois de la vie d’Arendt. Et, pour l’autre versant de la polémique, le film de Claude Lanzmann sorti en novembre 2013, Le Dernier des injustes, qui revient sur le rôle de Benjamin Murmelstein durant la guerre : Murmelstein, après avoir côtoyé Eichmann par ses fonctions de rabbin, devint le dernier président du conseil juif du camp de concentration de Theresienstadt (et le seul rabbin a avoir survécu). Scholem, et Arendt ne pensera pas autre chose, déclarera, une fois la sentence de mort contre Eichmann prononcée, que c’est Murmelstein qu’il aurait fallu pendre. Lanzmann, contre Scholem et Arendt, essaie non pas tant de réhabiliter la mémoire de Murmelstein que d’essayer d’expliquer son action. Ce film, comme le livre de Arendt, laisse ainsi ouverte une réflexion essentielle sur le mal et la responsabilité.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Banalité du mal En 1961, Hannah Arendt assure la couverture du procès Eichmann à Jérusalem pour le New Yorker. D’une livraison initiale d’un unique article, la philosophe allemande en écrira cinq, publiés en février et mars 1963, que reprend le présent ouvrage. Les articles, puis le livre, firent polémique, pour deux raisons essentiellement : la première est sa conception de la « banalité du mal », incarnée par Eichmann ; la seconde est le rôle trouble et ambigu qu’elle attribue aux chefs des ghettos juifs. Le premier point est celui qui continue de nourrir, en la renouvelant en profondeur, la pensée philosophique. En effet, Eichmann, en tant que SS Obersturmbannfürer et responsable de la logistique de la « solution finale », ne devait qu’incarner le mal absolu : on ne pouvait le voir que comme le mal fait homme. Or, Arendt découvre dans le box des accusés un être malingre, sans charisme, se présentant lui-même comme un exécutant, un fonctionnaire. D’où la thèse de la banalité du mal : celui-ci, selon Arendt, est aussi l’œuvre d’individus insignifiants, de quidam, de lambda. Ce que défend Arendt, et ce qui n’a pas été compris à l’époque, sur le vif de l’émotion suscitée par le procès d’un des plus éminents acteurs de l’horreur nazie, c’est que le mal se loge dans le refus de la pensée : le mal est là dès lors qu’il n’y a pas de pensée, donc de conscience, donc une impunité de responsabilité. De ce fait, le mal peut être partout et en tout homme.Quoiqu’il en soit de la réception des articles de la philosophe allemande (à l’origine de sa rupture intellectuelle et amicale avec Hans Jonas), sa pensée a permis de réfléchir le mal sous un jour nouveau : celui de sa banalité et de son universalité.On pourra compléter très utilement la lecture d’Eichmann à Jérusalem par deux films récents : Hannah Arendt, de M. von Trotta (2012), qui retrace ces quelques mois de la vie d’Arendt. Et, pour l’autre versant de la polémique, le film de Claude Lanzmann sorti en novembre 2013, Le Dernier des injustes, qui revient sur le rôle de Benjamin Murmelstein durant la guerre : Murmelstein, après avoir côtoyé Eichmann par ses fonctions de rabbin, devint le dernier président du conseil juif du camp de concentration de Theresienstadt (et le seul rabbin a avoir survécu). Scholem, et Arendt ne pensera pas autre chose, déclarera, une fois la sentence de mort contre Eichmann prononcée, que c’est Murmelstein qu’il aurait fallu pendre. Lanzmann, contre Scholem et Arendt, essaie non pas tant de réhabiliter la mémoire de Murmelstein que d’essayer d’expliquer son action. Ce film, comme le livre de Arendt, laisse ainsi ouverte une réflexion essentielle sur le mal et la responsabilité.

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.26 kg