Embuscade a fort bragg

WOLFE, TOM

livre embuscade a fort bragg
EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 12/09/99
LES NOTES :

à partir de
15,50 €

SYNOPSIS :

Un producteur de télévision ambitieux, Irv Durtscher, et la célèbre présentatrice de son grand magazine d'actualités « Day and Night », Mary Cary Brokenborough, se rendent à Fayetteville, en Caroline du Nord, pour y tendre un guet-apens - sujet de leur prochaine émission... Leur cible ? Trois Rangers - plutôt « fachos » - de l'US Army, qu'ils savent impliqués dans le meurtre d'un soldat gay nommé Randy Valentine. L'équipe de « Day and Night » commence par truffer de caméras et de micros le DMZ, un club de strip-tease où se retrouvent habituellement les trois soldats, et les surprend en train de parler du meurtre. Puis Irv Durtscher
- le cerveau de l'opération - aidé par Lola Thong, une strip-teaseuse eurasienne, parvient à attirer les trois suspects sur le parking du club, jusque dans un mobile home où sont cachés d'autres caméras... ainsi que certains membres de l'équipe TV, à l'affût de l'instant idéal pour l'embuscade. L'histoire en soi ne peut suffire à rendre compte de l'aspect littérairement - et littéralement - ébouriffant de ce court roman, tout à la fois truculent et ciselé au vitriol. À travers l'intrigue et des dialogues percutants, c'est le monde dans lequel nous vivons qui se trouve férocement démonté et mis en pièces par Tom Wolfe.
4 personnes en parlent

Dans ce petit livre, écrit par Tom Wolf (à qui l'on doit notamment Le Bûcher des Vanités, ou Moi, Charlotte Simmons), on suit la production d'une émission de télé nationale américaine, Day & Night.En Caroline du Nord, dans une base d'entraînement des Rangers, un jeune soldat homosexuel a été battu à mort. L'équipe de télévision mène sa propre enquête et découvre que les responsables sont trois autres jeunes Ranger. Ils décident de leur tendre un piège (d'où l'embuscade). Après avoir filmé une discussion où ils avouent le meurtre, ils vont essayer de les confronter à leur propos.Ici se rencontrent deux débas : le premier sur les droits des homosexuels à combattre aux côtés des hétéros dans l'armée, l'intolérence des "bouseux" rednecks envers eux, la violence engendrée par des propos homophobes, etc.Ensuite, il y a les dérives de la télé-réalité, qui n'hésite pas une seule seconde à déformer la réalité pour emmener le public dans leur sens.Quand les culs-terreux rencontrent les hautes sphères télévisuelles, qu'est-ce que cela donne ? Bah pas grand chose. Les trois militaires ne vont pas plus que ça s'énerver, malgré l'effort que fait la présentatrice pour les pousser à bout. Comme quoi, qui est le pire dans tout ça ?La narration est menée du point de vue du producteur de l'émission Irv Durtscher, qui, malgré son métier et la vérité qu'il participe à déformer, reconnaît ala supériorité d'un petit groupe de soldats sur l'intelligence maligne de la télé.Les dialogues sont doubles : ceux prononcés par les télécrates, plutôt simples à comprendre, rarement orduriers, et ceux des 3 militaires, ayant besoin de doublage pour être compris, truffés d'insultes et de contractions à la limite de l'humanité.Ces dialogues ne sont pourtant pas gênant dans la lecture des quelques 150 pages qui composent cet instant audiovisuel, ce témoignage de la barbarie humaine (allez savoir laquelle des deux, d'ailleurs).Un livre agréable à lire, mais qui ressemble plus à un épisode de chronique sur la production audiovisuelle plutôt qu'un vrai roman, ou même une nouvelle.

Emmab666
29/01/16
 

Livre simple mais percutant. Ce n'est pas le monde de l'armée qui est présenté mais celui de la télévision et de ses émissions à grande audience. L'histoire est à conserver ... et notre regard de spectateur doit se faire plus inquisiteur. Tout ce qui nous est présenté n'est pas toujours la réalité.

Fred25
02/04/12
 

Plus un essai ou une nouvelle qu'un véritable roman, Embuscade à Fort Bragg a été initialement publié dans la revue Rolling Stones .Tom Wolfe y aborde le thème de la télé-réalité ,version trash. Au départ, un producteur, un gros mollasson du nom de Irv Dutscher en mal de reconnaissance et la présentatrice vedette de l'émission, Mary Cary Brokenborough, une bombasse endimanchée et sexy, une vraie star de la télé-réalitéIrv Durtscher a trouvé le sujet du siècle, le jackpot: à l'aide de micros et caméras cachés, et d'une danseuse topless aux charmes certains, il tend une embuscade à 3 soldats rangers qu'il soupçonne d'avoir assassiné un soldat de leur compagnie homosexuel.Son but, leur faire avouer leur homophobie.Ce qu'ils vont, mais pas comme prévu. Mais au final, à coup de montages , de coupures,c'est bien le scénario initial que les téléspectateurs verront devant leur petite lucarneJ'ai bien aimé ce petit livre, assez dérangeant. Le style est caustique , alerte.Au départ j'ai eu un peu de mal pour la lecture des dialogues des 3 rangers texans à l'" accent roumain"-"tout 'l'monde J'veux dir', j'savais exact'ment aske c'était. Et quand j’ai marché jusk’aux chiottes sur la pointe des pieds et qu’j’ai r’gardé par-d’ssus la porte et qu’j’ai vu qu’c’était un mec d’ma bordayl d’compagnie à g’noux, puta d’merde, en train d’tailler une queue à un aut’ par un trou dans la clois on, j’veudir’ j’ai vu une aspèce d’fente, et là j’ai défoncé la puta de porte .Pété al'petit verrou, d'un coup de pied" ,mais ils sont cohérents avec l'écriture imagée de Tom Wolfe Les personnages du producteur et de la présentatrice sont plutôt stéréotypés,tant dans leur description que leurs rapports mais là aussi, on est en cohérence avec le sujet. Idem pour le 3 rangers, qui sont décrits comme des "skinheads" musclés, rasés , vulgaires , abrutis et homophobesL'ensemble est donc volontairement bourré de clichés, mais n'est pas ce que nous montre la télé-réalité?Le livre revient, à travers le discours d'un des 3 rangers,et sans la citer réellement, sur la Bataille de Mogadiscio en Somalie en octobre 1993, entre un détachement américain et les milices de différents clans somaliens, lors d'une tentative d'arrestation d'un chef de guerre somalien, le général Mohamed Farrah Aidid.Cette bataille sera traumatisante pour l'opinion publique américaine, notamment suite à la diffusion d'images télévisées de cadavres de soldats américains trainés par des voitures dans les rues de la ville. Elle deviendra célèbre avec la publication du livre Black Hawk Down: A Story of Modern War de Mark Bowden en 1999 et surtout son adaptation en film par Ridley Scott en 2001, diffusé en France sous le titre La Chute du faucon noir. (source Wikipédia)J'ai trouvé ce passage particulièrement fort et émouvant. Le ranger ne cherche pas à nier ni à justifier, mais explique ce qu'il a vécu en SomalieDiscours que le producteur, coupera au montage, car trop sincère et trop émotionnel n'allant pas dans le sens de son scénario, et pouvant entraîner chez les téléspectateurs l'effet inverse que celui prévu, c'est à dire de la sympathie.En résumé, avis bien positif pour ce petit livre .Note : 15/20

lagrandestef
30/08/10
 

Jusqu’où aller pour obtenir des aveux ?La dénonciation de faits graves justifie-t-elle le voyeurisme ?Les faits de guerre héroïques d’un soldat atténuent t-ils la gravité de ses actes ?Ce sont quelques unes des questions auxquelles Embuscade à Fort Bragg de Tom Wolfe nous amène à réfléchir.Ce livre nous plonge dans les coulisses de Day & Nigth, une émission de télévision à succès produite par Irv Durtscher prêt à tout pour « faire le scoop » et nourrir sa vanité.A Fort bragg, une grande base d’entrainement militaire en Caroline du Nord, un soldat homosexuel a été battu à mort dans les toilettes d’un bar topless. Ce crime est pour l’instant impuni. Irv et son équipe souhaite obtenir les aveux des trois militaires coupables et les diffuser en direct à la télévision, audience garantie ! Ce qui pourrait passer pour un idéal de justice est juste le moyen pour faire du fric, encore plus de fric. Quoi de mieux que du sordide, du trash, du bouseux pour faire exploser la cote d’une émission de trash TV !Tous les moyens sont bons (même illégaux) pour piéger les 3 rednecks, caméras cachés, micro-espions, strip-teaseuse aguicheuse pour les entrainer dans le camping-car devenu studio d’enregistrement, les mettre face à leurs aveux et apothéose finale : l’animatrice vedette des États-Unis pour les faire avouer !Tout ne va pas se passer comme prévu car malgré leur inculture, leur racisme, leur homophobie, leur phrasé douteux, l’un deux va tenter de renverse la vapeur. Et si l’émission accusait un héros, un marine trop jeune pour la guerre et déjà confronté à l’horreur, une victime ?Comble du cynisme, le montage, les coupes, les plans séquence arrangent tout, Irv ne leur laissera aucune chance de s’exprimer. Même un coupable a le droit de s’exprimer mais le spectateur est un idiot et il ne faudrait pas qu’il se laisse attendrir. Ne lui laissons pas le choix de juger par lui-même, gavons le d’image, de son, de mots et rendons le message unique !Le livre est court, vif, percutant et amène à réfléchir sur notre positionnement face aux médias. Sommes nous si facilement manipulable ? Les dialogues des 3 militaires sont écrit dans leur propre « patois » auquel, à ma grande surprise, on s'habitue très vite !Ce livre est acide, dur et effrayant ! Triste société du spectacle…..Extrait :- OK, fit Ziggefoos, c’t’exac’tment aske j’voulais t’dire. Et’dans une unité militaire, c’est êt’un homme et c’que l’unité arrête pas d’te dire c’est : Voilà l’test pour un homme. Un homme court pas, s’cavale pas. Un homme r’sque sa puta d’vie… pour son unité ! Ouais chuis d’accord qui la r’sque pour son pays, pour l’drapeau et les gens au pays et tout, mais si qu’tu causes avec n’importe quel mec qu’a été au feu, le vrai feu sur l’terrain, et qu’il est honnête, y va t’dire c’que j’te dis : tu r’sques ta puta d’vie pour l’unité, et l’unité a l’enfonce tout’l’temps l’même clou : sois un homme. Elle te dit pas : sois un homme bien, et sûr qu’a te dit pas sois une femme bien, puta d’bordayl. J’veux dire, tu commences à mettre des femmes au combat, et j’peux t’dire kekchose aussi sûr qu’le soleil y s’lève tous les matins : tu peux oublier qu’t’as des vraies unités combattantes. Paske l’unité a qu’une chose à t’dire : Sois un homme. Même chose pour les homosayckschuels. ‘Xact’ment le même chose. T’essayes d’mette des homosayckschuels dans une unité de combat ? Tu peux l’oublier. L’unité peut plus : sois un homme – avec tout l’respect qu’j’dois -, paske l’genre d’mec qui faut qu’t’aies, y va pas rester transquille aque ça, et que tu peux attend’ deux mille ans et essayer d’l’éclairer sur ça, et y va quand même pas s’t’nir tranquille. Maint’nant vous pouvez ap’ler ça des préjugés, si vous voulez, et p’têt qu’c’en est, mais aske ça change pas les faits d’la vie du tout. Vous, les gens d’la télay, vous f’riez mieux d’dire à l’Amérique qu’a f’rait mieux d’veiller sur ses Jimmy Lowes et ses Florys, paske quand ça va chier, a va en avoir b’soin, et la meeerde a finit toujours par pleuvoir un jour au l’aut’ et aske vous allez avoir b’soin d’kékun pour faire vos guerres, et ces kékuns s’ront et ont t’jours été vos Jimmy Lowes et vos Florys.Bien avant qu’il puisse commencer à analyser ce qu’il venait d’entendre, une alerte rouge s’était déclenchée dans le tête d’Irv. Ce môme, ce Ziggefoos, était une résurgence de Tobacco Road, un natif archaïque, un vrai primitif du grand Sud, un redneck de Floride – un skinhead -, mais quelque part il s’était débrouillé pour devenir… un jeune combattant américain sincère et éloquent sorti du cœur rural de l’Amérique, qui avait risqué sa vie au service de son pays et avait été grièvement blessé au « puta d’feu » dans les rue de Mogadiscio, en Somalie…Irv n’avait jamais entendu aucun Américian des années quatre-vingt-dix manger si complètement sa propre langue, mais sons sens pratique lui disait que ça passerait très bien à l’écran… Pour beaucoup trop de gens, il serait absolument convaincant… Il ne clignait pas nerveusement des yeux comme Jimmy Lowe et Flory. Il n’était ni hystérique, ni défensif, ni évasif. Il regardait Mary Cary droit dans les prunelles et il parlait sincèrement, du fond du cœur, à supposer qu’un skinhead comme lui en ai un… Non, il s’en sortait beaucoup trop bien. Il y avait forcément quelque chose à faire au montage… Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie. Montesquieuhttp://mespetitesidees.mabulle.com

Delph83
15/06/10
 

Format

  • Hauteur : 21.60 cm
  • Largeur : 13.60 cm
  • Poids : 0.20 kg
  • Langage original : ANGLAIS