En attendant le vote des betes sauvages

KOUROUMA, AHMADOU

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 26/08/98
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

En attendant le vote des bêtes sauvages, le président koyaga est un maître chasseur . Et un dictateur de la pire espèce. au cours d'une cérémonie purificatoire en six veillées, un griot des chasseurs et son répondeur lui racontent sa propre vie, toute sa vie, sans omettre les parts d'ombre et de sang. koyaga est né dans la tribu des hommes nus. il a fait la guerre d'indochine. puis il a pris la tête de la république du golfe en usant de la sorcellerie et de l'assassinat. accompagné de son âme damnée méclédio, qui a vu en lui son homme de destin, il a parcouru l'afrique de la guerre froide, prenant des leçons auprès de ses collègues en despotisme. On n'aura guère de peine à reconnaître
au passaage houphouët-boigny. sékou touré, bokassa, mobutu. pour ne parler que des non-vivants. de retour chez lui, grâce aux pouvoirs merveilleux que lui confèrent la météorite de sa maman et le coran de son marabout, il triomphe de tous ses ennemis, déjoue tous les complots. jusqu'au jour de la dernière conjuration oú s'étant fait passer pour mort, il perd la trace de la maman et du marabout. Avec un humour ravageur et une singulière puissance d'évocation, le récit mêle hommes et bêtes sauvages dans une lutte féroce, allie le conte à la chronique historique et renverse nombre d'idées reçues sur les relations étroites qu'entretiennent la magie et la politique mondiale.
4 personnes en parlent

En six veillées d'une pseudo cérémonie purificatoire, deux aèdes vont raconter la vie de leur bien aimé dictateur de la République du Golfe, le paléos président Koyaga, homme cruel prêt à tout pour conserver le pouvoir. C'est le roman de la transgression qui "se comporte comme une petite braise jetée dans la grande savane au gros de la saison sèche. On voit où la flamme prend mais on ne sait où elle s'arrêtera"..Koyaga a été formé par un autre tyran, le dictateur au totem caïman qui lui révèle les quatre "méchantes bêtes" qu'un bon despote doit éviter: séparer la caisse de l'Etat de sa caisse personnelle, instituer une distinction entre vérité et mensonge, prendre les hommes et les femmes tels qu'ils sont et leur faire confiance, opter pour le mauvais choix. A partir de là, tout est permis. Le peuple n'existe plus et souffre des aberrations de leur chef d'Etat: "les choses sont bipolaires et limpides: tout se traite, se combine, se joue entre deux partenaires, le pouvoir autoritaire et le peuple résigné". Les qualificatifs ne sont pas assez nombreux pour décrire Koyaga. Il canalise à lui tout seul tous les défauts humains possibles. En plus, dans un pays ou l'animisme tient encore une place importante, il semble immortel car il est protégé par sa mère géomancienne et son marabout Bokano, mentaliste (eh oui ça ne s'invente pas!) et aussi corrompu que son client. Ainsi, comme "les mauvaises herbes ne meurent jamais", le lecteur plonge dans le monde délirant d'un homme fou corrompu par l'argent, les mânes et le pouvoir. Cette lecture est d'autant plus dérangeante qu'elle décrit et dénonce un véritable système que les grandes démocraties ont longtemps tolérées voire protégées. Parfois, la lecture semble fastidieuse tant l'auteur veut ne rien oublier de l'effarante vérité. En optant pour le parti pris du dictateur via la veillée purificatoire, en enchaînant les proverbes locaux,l'humour et les situations analogues dans les pays voisins, ce livre devient le témoignage de la dictature vécue de l'intérieur, le "tout ce qui ne faut surtout pas faire" et qui malheureusement fut l'apanage des Etats Africains pendant de nombreuses années. Lecture parfois difficile donc, mais hautement informative et toujours d'actualité! vivi

vivicroqueusedelivres
14/02/12
 

11 ans que je possède ce livre non lu : la honte !!!! d'autant plus qu'il est tout simplement formidable, hyper réaliste et visionnaire sur les insurrections actuelles maghrébines.En attendant le vote des bêtes sauvages est une formidable satire de nombreux dictateurs africains, s'octroyant à tort les talents les plus extraordinaires (plus grand chasseur, plus grand mythomane ! )pour paraîtredes messis aux yeux de leur peuple, lui souffrant de famine, de tortures abjectes (en cas de rébellion) pour financer des fêtes somptueuses à chaque résurrection ou attentat manqué de ces messieurs. Ce livre nous en présente un: Koyaga (pas mal dans son genre), affublé d'une maman magicienne et d'un vaudou : un grand classique !Nous assistons à six veillées purificatoires qui nous permettent de comprendre l'ascension du bonhomme , de ses grands "amis", de ses mensonges et de ses fausses vérités.Livre dense, très riche et d'un lyrisme africain remarquable....un livre Inter 1999 largement mérité !

Cave
07/09/11
 

Au cours de 6 veillées organisées pour les 30 ans de présidence de Koyaga des conteurs louent les qualités du dictateur Koyaga, depuis son accession au pouvoirSix veillées qui permettent aussi bien de faire le portrait de Koyaga, de connaitre son histoire, de faire le portrait d'autres dictateurs africains, qui ont tous aidé Koyaga ou dont il s'est inspiré, des dictateurs jamais nommés, des pays imaginaires mais tous reconnaissables...Bokassa, Hassan II, Selou Touré, Idi Amin Dada...;Un portrait de l'Afrique, de la colonisation, de ces hommes partis comme soldats dans les guerres de colonisation que mena la France, et qui revenus avec des grades de sous officiers se proclament empereurs à la suite de coups d'état. Un regard sans complaisance sur cette Afrique dirigée par des dictateurs soutenus par l'Occident parce qu'ils étaient un rempart contre la menace communiste, et ceci malgré les crimes contre leurs peuples, les tortures contre les opposants. Qu'importe que ces dictateurs ne fassent pas de différence entre Caisses de l'État et caisse personnelle, ils vivent dans les palaces financés au détriment du développement de leur pays et de leur peuple : "L'Afrique est de loin le continent le plus riche en pauvreté et en dictatures"...jusqu'au jour où..... Marabout et griots coups d'états, les servent, Des proverbes africains savoureux émaillent les propos des conteurs.Un livre dérangeant parfois : - "Pour que l'argent du pays n'aille pas aux Libanais, aux hindous, aux Ouest-Africains et Hassouas, l'Empereur avait été obligé de tout entreprendre et de s'attribuer tous les monopoles. Le monopole de la photographie des cérémonies de l'Empire, celui de la gestion des hôtels de passe et des bars des quartiers chauds, celui de la production de la pâte d'arachide, ceux du ravitaillement de l'armée en viande, riz, manioc, de l'administration en papier hygiénique, de la fourniture des tenues des écoliers, des parachutistes et des marins, etc. L'Empereur faisait tout pour tout le pays et, au lieu de l'aider, les habitants allaient marauder des ses champs"-"Ingérence humanitaire, c’est le droit qu’on donne à des Etats d’envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte." JPV

JPV11
06/08/15
 

Ce roman est une dénonciations des systèmes totalitaires en Afrique. Il montre aussi les réalités géopolitiques complexes telles que le soutien ou la complicité des démocraties (à commencer par la France et les Etats Unis) qui ferment les yeux sur les exactions en Afrique à cause de la prédominance d'un dictateur et de son clan dans la société (l'affaire Bokassa et ses diamants). Le lecteur fera connaissance avec Koyaga et son mentor qui sont les fondateurs d'un royaume de corruption et de carnage. Selon les critiques et selon les entretiens que l'auteur a bien voulu accordés aux journalistes, ces deux figures représentent Mobutu et Charles Taylor mais on peut aussi voir la figure d'Amin Dada. Ahmadou Kourouma dénonce avec virulence ces figures de l'histoire africaine car elles confisquent aux peuples les libertés tant attendues et rendues possible par l'Indépendance. Dans "En attendant le vote des bêtes sauvages", l'écrivain ivoirien montre du doigt une autre réalité de l'Afrique: son rapport avec l'Histoire. Le roman attaque la dimension irrationnelle des dictateurs dans leurs prises de décisions. En effet, le clan s'appuie sur le totem et sur la conjuration des forces des marabouts afin d'étendre le pouvoir et assoir la puissance et la force. Ces deux derniers aspects sont considérés comme magique. Koyaga justifie sa légitimation par une filiation magique et géomancienne. Ahmadou Kourouma plaide donc pour une modernisation de l'Afrique qui doit pour cela séparer le pouvoir temporel à l'irrationnel. L'un s'inscrira dans l'Histoire et la marche du peuple vers la liberté de conscience et d'expression. L'autre approfondira la culture et les croyances donnant ainsi à l'Afrique une identité culturelle, cultuelle et civilisationnelle. De ce fait, ce roman est central dans l'oeuvre de Ahmadou Kourouma. On peut l'inscrire dans la trilogie historique comprenant "Le soleil des indépendances" et "Monnè, outrages et défis". Victoire

tran
28/06/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.38 kg