En l'absence de blanca

MUNOZ MOLINA, ANTONIO

livre en l'absence de blanca
EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 15/01/04
LES NOTES :

à partir de
13,20 €

SYNOPSIS :

Mario, fonctionnaire dans une petite ville de province, partage sa vie entre son travail et sa passion pour sa femme, Blanca. C'est un jeune homme simple, attaché aux valeurs traditionnelles du travail et du foyer, et si Blanca le fascine à ce point c'est qu'elle représente le côté exquis de la vie, l'insouciance bourgeoise, la fantaisie. Mais, peu à peu, Mario sent une menace inquiétante peser sur son couple. Blanca, qu'il a sauvée de la déchéance où s'enfoncent parfois
les jeunes filles en quête de sensations fortes, s'évade, échafaude des projets qu'il ne comprend pas, lui échappe, et entre ces deux êtres que tout oppose l'incompréhension et la souffrance s'installent. L'amour peut-il survivre à sa propre disparition ? La réponse désespérée d'Antonio Munoz Molina dans ce court roman circulaire est une véritable leçon de stratégie littéraire et de maîtrise absolue du style, un bref et magnifique hommage à Flaubert.
2 personnes en parlent

Mario est fonctionnaire à Jaén, une petite bourgade de province très tranquille du sud de l’Espagne. Il mène une vie en apparence paisible, partagé entre son travail qu’il quitte à quinze heures précises chaque jour de la semaine et sa femme, Blanca, qu’il rejoint dix minutes plus tard dans leur petit appartement.En apparence donc, parce que la vie aux côtés de Blanca n’a rien de tranquille pour Mario, constamment inquiet de voir s’évaporer cette femme insaisissable au passé chaotique…Blanca d’ailleurs semble l’exact contraire de Mario. Alors que lui est un homme simple, qui se contente de son quotidien insipide, qui ne souhaite que de rester enfermé avec l’objet de son amour, Blanca, elle, rêve d’une vie grandiose, de côtoyer les artistes, de s’étourdir d’expositions et de concerts à la capitale. Avant Mario, c’était son quotidien : muse d’un peintre maudit, la jeune femme dilapidait sa vie en soirées mondaines saupoudrées de coke pour oublier qu’elle gâchait sa vie aux côtés d’un artiste minable dans un taudis… Marion la sauve de tout ça. Mais est-elle capable de l’aimer en retour ? Rien n’est moins sûr…C’est le style de Molina qui fait toute la richesse de court roman aux accents flaubertiens. Ce pauvre Mario regarde filer sa vie et s’échapper son amour sans réagir. Il se sait menacé, il sent rôder une ombre qui veut lui voler sa femme, il a conscience que Blanca, que cette femme qui le fascine tant, ne peut supporter cette vie insipide, engoncée dans ce conformisme provincial. Mario savait qu’il devait la reconquérir chaque jour, ne pas considérer comme acquis cet amour né six ans auparavant… rien n’y fera. La jeune femme s’échappera sans laisser de traces et sans que Mario n’en comprenne vraiment la raison. Et c’est en cela que réside la force de l’auteur. Donner toutes les clés au lecteur sans qu’il n’y paraisse, faire monter ce sentiment que l’histoire d’amour de Mario est vouée à la catastrophe dès le départ malgré tous ses efforts, insister sur la cruauté et la perversion de cette femme qui brille par son absence et qui semble manipuler notre pauvre homme de bout en bout sans qu’il ne se rende compte de rien… Bref, vous l’aurez compris… une excellente lecture !

Naurile
05/05/14
 

Magnifique roman, "En l'absence de Blanca" raconte l'histoire d'un amour absolu d'un homme pour une femme. Histoire banale, sauf qu'elle est servie de la très belle plume d'Antonio Munoz Molina. Ses mots transcendent la relation entre Mario et Blanca, deux êtres que tout opposait, deux êtres qui allaient s'aimer mais à compte à rebours.Mario est un employé modèle, fonctionnaire ponctuel, fils de paysans, il vit un appartement cossu dans la petite ville de Jaen. Blanca appartient à la classe supérieure, bourgeoise et cultivée. Leur rencontre, improbable, survient un soir de sortie dans un bar: la jeune femme est désoeuvrée, encore écorchée par une violente relation qu'elle termine avec un type, genre artiste maudit. Mais tout ça, le narrateur nous l'apprend progressivement car son histoire commence avec "la femme qui n'est pas Blanca" mais porte son chemisier de soie verte, ses jeans ajustés et ses chaussures à talons plats. Cette femme qui n'est pas Blanca a les mêmes gestes qu'elle : les poses, la façon de fumer sa cigarette, les chastes baisers qu'elle donne, les regards... Qui est cette imposteuse ?Et qui est Blanca, d'abord ? On devine l'importance de cette femme, l'importance dans la vie de l'homme qui parle au lecteur. Une femme qu'il a rencontrée, aimée peu à peu, épousée pendant sept ans, puis perdue. Un amour dévastateur, omniscient et désespéré. Mario raconte son amour. Comment le refus d'aller à une exposition sur Frida Khalo a bouleversé son épouse, laquelle a oublié cette escapade en parlant d'un travail qu'on lui proposait... et d'abord soulagé de la crise passée, l'homme se rendra compte trop tard de ce que cela cachait. Et donc à reculons, Mario remonte sa relation jusqu'à la rencontre, le passé de la jeune femme meurtrie par une aventure malsaine. Il remonte le cours du chapitre de sa vie auprès de Blanca, car celle-ci est partie. On le sait, on le devine. On découvre pourquoi peu à peu."Quelle présomption d'avoir tenu l'amour de Blanca pour assuré, quel aveuglement insensé d'avoir pu croire que le danger n'existait plus, que leur vie commune allait se perpétuer, toujours sereine, comme se perpétue votre travail lorsque vous avez réussi un concours. L'accusation indirecte de Blanca était peut-être justifiée: lui, Mario, s'était transformé en un fonctionaire mental, avait pensé que se marier était comme décrocher un poste de titulaire, comme cet emploi de dessinateur qui'il occupait au Conseil général où il accumulait peu à peu expérience, routine et triennats.""En l'absence de Blanca" parle d'un amour fini, parle d'une histoire entre deux personnes, opposées. Et ces oppositions sillonnent le récit et mènent à la conclusion fatale: deux personnes différentes ne font pas forcément bon ménage...Magnifique roman. Magnifique surtout par l'écriture très stylisée de l'auteur, une plume élégante et poétique. Un vrai régal.

Clarabel
23/02/09
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.20 cm
  • Poids : 0.18 kg
  • Langage original : ESPAGNOL
  • Traducteur : PHILIPPE BATAILLON