Et puis encore... que sais-je ?

AMADOU, JEAN

EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 18/03/2004
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SYNOPSIS :

Jean Amadou moque - gentiment parfois, avec efficacité toujours - les absurdités, les cocasseries et les travers de la vie des Français.0300Quand certains associent le scepticisme à lŽâge et à la triste raison, Jean Amadou, lui, le tire vers une incorrigible ? et irrésistible ? ironie, se plaisant à donner son avis quand on ne le lui demande pas, et à nous empêcher de penser en rond sans jamais nous donner de leçons. «Alors que lŽhistorien élabore une vaste fresque, le chroniqueur, lui, esquisse un croquis furtif, instantané dŽun fait qui a attiré son attention. Le moraliste, le pamphlétaire ou lŽexpert ont une tâche facile. Autrement difficile est lŽambition de celui qui veut faire sourire, tâcheron acharné à dérider ses contemporains en commentant des événements qui, au mieux, leur sont indifférents, et au pire les ennuient. On hésite pour la définir entre la fatuité et lŽinconscience, lŽune et lŽautre nŽétant dŽailleurs pas incompatibles.»Après «De quoi jŽme mêle!» (prix Rabelais en 1998), «Vous nŽêtes pas obligés de me croire!» (prix Antoine-Blondin en 1999), «Je mŽen souviendrai de ce siècle!», «Journal dŽun bouffon», «Et puis encore... que sais-je?» vient clore une série de recueils de chroniques dont le succès nŽa cessé de se confirmer...0400Dans un article paru dans «Le Figaro», le philosophe Alain Finkielkraut déplore que le sentiment national nŽait plus aujourdŽhui dŽautre exutoire que le chauvinisme sportif. Il est vrai que lŽesprit du sport, tel que lŽavait défini naguère Pierre de Coubertin, sŽest dégradé. Il fut un temps où lŽon applaudissait lŽadversaire quand son action était brillante. Il est logique que lŽon encourage les siens, mais jŽai toujours un peu honte lorsque tout un stade siffle un Anglais ou un Écossais qui, au rugby, tente une pénalité. Il serait plus logique de siffler le joueur français qui a commis la faute. Je mŽamuse toujours de ces «Marseillaise» lancées à plein gosier au milieu des pelouses avant le match, car après tout lŽéquipe que nous accueillons nŽa nullement
lŽintention dŽégorger nos fils et nos compagnes, ils viennent seulement pour nous marquer des buts ou des essais et le seul sang qui risque de couler est celui de lŽarcade ouverte de Desailly ou de Pelous et, comme la règle veut que tout joueur qui saigne soit immédiatement prié dŽaller se faire soigner sur la touche, le sang versé nŽa guère le loisir dŽabreuver les sillons. Le nationalisme est un sentiment qui mŽest, sans jeu de mots, quelque peu étranger. JŽadore la France, je la connais dans ses moindres recoins, quelques lustres de galas et de tournées et vingt-deux Tours de France ont fait quŽil nŽy a pas de ville où je nŽai posé mes valises et de village que je nŽai traversé, mais je me sens aussi bien chez moi à Florence ou à Bruxelles quŽà Limoges, parce que la notion de frontière me dépasse. QuŽon puisse sŽétriper pour une ligne imaginaire que les diplomates déplacent au gré de la fortune des militaires mŽa toujours semblé étrange et, dussé-je choquer certains dŽentre vous, il me serait parfaitement indifférent dŽêtre un citoyen des États-Unis dŽEurope gouverné par un président belge avec un ministre des Finances polonais. Comme cette éventualité est encore illusoire, il faut bien faire avec ce sentiment national qui sŽexacerbe sur les stades. PuisquŽil doit se déchaîner, autant, cher Alain Finkielkraut, que cela soit dans les stades que sur les plaines de Champagne ou les forêts de lŽArgonne. Je préfère voir les cohortes des supporters peinturlurés de bleu blanc rouge converger vers le Stade de France que vers la statue de Strasbourg, place de la Concorde. Un match de football ou de rugby, même si les passions sŽy déchaînent, a un avantage indiscutable sur les affrontements militaires: le combat ne dure que quatre-vingts ou quatre-vingt-dix minutes selon la forme du ballon, on interrompt le combat pour évacuer les blessés et, à la fin de la partie, vainqueurs et vaincus se serrent la main, passent sous la douche et rentrent chez eux. Le pire risque pour les supporters est dŽattraper une extinction de voix, cŽest fo
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  • Auteur : AMADOU, JEAN
  • Éditeur : ROBERT LAFFONT
  • ISBN : 9782221100783
  • Date de parution : 18/03/2004
  • Nombre de pages : 255

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