Exit le fantome

ROTH, PHILIP

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 01/10/09
LES NOTES :

à partir de
7,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Après onze ans de réclusion volontaire dans la campagne du Massachusetts, Zuckerman remet les pieds à New York, pour une intervention bénigne mais qui le renvoie à sa déchéance physique. Dans la ville accablée par la réélection inattendue de George W. Bush, trois rencontres vont bouleverser ses plans : Amy Bellette, vieillie et presque mourante, elle qui, dans l'éclat de sa jeunesse, fut la muse de E. I. Lonoff, son mentor ; Richard Kliman, jeune arriviste
insupportable qui le harcèle parce qu'il veut révéler les secrets de Lonoff ; et puis, surtout, un jeune couple d'écrivains avec qui il envisage un échange de maisons. Et voilà Zuckerman, qui se croyait immunisé, en proie à un dernier coup de foudre. Pour Jamie, la très charmante jeune femme du couple. Va-t-il passer à l'acte ? Ou se servir de ce dernier amour pour écrire encore - traduire dans une fiction les fantasmes qu'il lui inspire ?
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Exit ghost fait référence à une didascalie de Shakespeare dans Hamlet. Le fantôme qui doit quitter la scène, c’est sans doute Nathan Zuckermann, le double de l’écrivain, bien diminué par la vieillesse.Âgé de 71 ans, opéré d’un cancer de la prostate, qui l’a rendu impuissant –à son grand désespoir – et incontinent, Nathan Zuckermann s’est retiré pendant onze ans dans un coin perdu des Berkshires, "ayant pris la décision de vivre loin de tout", cultivant la solitude, se consacrant à la lecture et à l’écriture. Il revient à New-York pour une intervention bénigne, censée retarder un peu sa déchéance physique. On est en 2004, juste après la réélection de Bush. Il retrouve la compagne d'un ami écrivain,E.I. Lonoff, une femme déboussolée et tourmentée. Il fait aussi la connaissance d’un jeune couple d’écrivains, avec qui il envisage un échange de maisons, et devient fou de désir pour la superbe Jamie, si attirante dans l’éclat de ses trente ans…Est-ce le temps du renouveau? Celui d'un nouveau départ? Tout semble possible...Mais le monde a changé.Nous les gens qui lisons et écrivons, nous sommes finis, nous sommes des fantômes qui assistons à la fin de l’ère littéraire.Évoquant "l’avidité frénétique de la pulsion biographique" incarnée par le personnage de Richard Kliman, Nathan s'indigne contre cette " deuxième mort " qu’est une biographie:"licence d’exploitation d’une vie qui est fixée à jamais dans l’esprit des gens…châtiment d’une inquisition menée par le biographe".Une certaine distance s'impose face à la politique du pays:"ayant vécu captivé par l’Amérique pendant près de trois quarts de siècle, j‘avais décidé de ne plus me laisser prendre tous les quatre ans par des émotions d’enfant – des émotions d’enfant et une douleur d’adulte".Un beau rendez-vous avec le temps, un peu d'humour acide, une belle réflexion sur la littérature et les mystères de l'écrivain: un bel opus assez mélancolique mais néanmoins très captivant. Je découvre Philip Roth suite à son passage sur le plateau de La Grande librairie, je ne suis pas très littérature américaine mais j'ai bien apprécié sa vision de l'Amérique actuelle.

Mirontaine
12/04/12
 

Tels sont les quatre adjectifs qui résument à mon sens ce dernier roman de Philip Roth. Au delà du retour du personnage "alter ego" Nathan Zuckerman, ce livre propose une réflexion sur la fin de la vie, la postérité littéraire et la renonciation au sexe. Vivant comme un anachorète en dehors de la vie, Nathan retourne à New-York pour peut-être guérir son incontinence et surtout entrevoir la possibilité d'un retour à un semblant de vie.Il y fait la connaissance de trois personnages qui le mettront face à son âge et à une réflexion sur ce qu'on laisse en littérature. Roman mélancolique car Nahan reste un homme qui refuse son âge et tombe éperdument amoureux d'une femme de trente ans... Roman moqueur car l'auteur propose quelques scènes cocasses où notre narrateur se demande vraiment si la sénilité ne l'atteint pas, par le biais de pertes de mémoire. Roman réel car d'un seul coup, Nathan retrouve l'actualité avec la réélection de Bush, et son incontinence gouverne désormais sa vie. Enfin, roman méditatif, car Nathan entreprend une véritable réflexion sur la postérité littéraire et clame haut et fort qu'il ne veut pas qu'on écrive de biographies sur lui une fois qu'il sera disparu. Ainsi, C'est PH. Roth qui demande que son œuvre reste celle qu'il aura laissé et refuse qu'un quidam entreprenne "un long et douloureux fantasme" sur sa vie réelle ou imaginée qui pourrait nuire. Certains lecteurs verront dans ce livre un testament littéraire, d'autres un appel déchirant à la vie. Pour ma part, j'y vois un amour inconditionnel de la vie avec un rejet de la vieillesse. Beau et humain tout simplement. vivi

vivicroqueusedelivres
23/02/12
 

Nathan Zuckerman, le personnage principal de ce livre, est l'alter ego régulier de Philip Roth. On le retrouve dans nombre de ses romans, tantôt personnage central, tantôt second rôle. Dans tous les cas, il semble révéler les réflexions, les certitudes et les doutes de son créateur. Réflexions sur l'écriture, sur les relations complexes entre l'art et la vie, sur la place de l'écrivain dans la société, sur l'actualité, la politique et l'avenir de la société américaine...Nous retrouvons donc Nathan Zuckerman à 71 ans, toujours épatant d'intelligence, de lucidité et d'humour ironique, et désormais écrivain reconnu. Le voilà de retour à New York après onze ans d'exil volontaire dans les Berkshires (campagne du Massachusetts). Onze années vécues en solitaire et exclusivement consacrées à l'écriture et à la lecture. Onze années "hors la vie", coupé de tout et de tous. Si ce jour d'automne 2004 Nathan Zuckerman est de retour à New York, c'est poussé par la nécessité. Il revient pour subir une intervention susceptible d'améliorer son problème d'incontinence, à défaut de pouvoir régler l'autre conséquence pénible de son cancer de la prostate : l'impuissance. De retour au monde dont il s'était volontairement soustrait, le voilà obligé de se confronter à ce qu'il avait fui : les autres, et avec eux les rapports de force et le retour des affres du désir.Dans la ville encore secouée par l'onde de choc des attentas du 11 septembre 2001 et accablée par la réélection inattendue de George W. Bush, trois rencontres vont occuper Nathan Zuckerman. Il y a d'abord Amy Bellette, ancienne compagne de son mentor, l'écrivain disparu E.I. Lonoff, aujourd'hui décatie et atteinte d'une tumeur au cerveau. Puis Richard Kliman, jeune arriviste insupportable qui a entrepris d'écrire une biographie de Lonoff alourdie d'un sordide secret, au grand dam de Zuckerman, pour qui l'entreprise reviendrait à laisser la vie du grand homme prendre le pas sur la postérité de son œuvre. Enfin, un jeune couple d'écrivains avec qui il envisage un échange de maisons. Et voilà Zuckerman, qui s'en croyait immunisé, en proie au désir fou pour Jamie, la très charmante jeune femme du couple. Et afin d'exorciser cette impossible liaison, il rédige, au grès de ses fantasmes, des dialogues de théâtre où Elle et Lui se donnent la réplique. Mise en abîme de l'écrivain qui ré-enchante son existence par la fiction.Pour Philip Roth, Nathan Zuckerman est habituellement le dépositaire des séismes individuels provoqués par l'Histoire américaine. Ainsi ce roman aborde les conséquences psychologiques des attentats de 2001 et de la réélection de Bush fils. Cependant, dans Exit le fantôme, son principal sujet n'est pas là, mais est son héros lui-même et sa condition d'homme sur le déclin, en déroute tant physique qu'intellectuelle. Il aborde de façon tour à tour digne, mélancolique, rageuse ou moqueuse le problème du vieillissement et du cortège de maladies, de petites misères, de renoncements et d'humiliations qui l'accompagnent.Dans ce roman, Philip Roth interroge aussi la fiction et la postérité littéraire en une charge contre le réductionnisme biographique. Par la révolte de Zuckerman devant l'opportunisme de Richard Kliman, Philip Roth dénonce le sort des artistes donnés en pâture contre leur gré à des biographes plus enclins à se faire un nom qu'à comprendre l'œuvre, à chercher un scandale vendeur qu'à respecter l'intimité de l'homme. Ainsi écrit-il : «Dès que l'on entre dans les simplifications idéologiques et dans le réductionnisme biographique du journalisme, l'essence de l'œuvre d'art disparaît».Exit le fantôme est donc un roman très riche et profond, dont la multiplicité des interprétations possibles n'ôte rien à l'élégante simplicité et à la discrète sophistication.

Kara
18/03/10
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.37 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : MARIE-CLAIRE PASQUIER

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