Festins secrets

JOURDE, PIERRE

livre festins secrets
EDITEUR : POCKET
DATE DE PARUTION : 24/09/07
LES NOTES :

à partir de
7,40 €

SYNOPSIS :

Logres. Petite ville grise, inquiétante, étrangement familière. Gilles Saurat, professeur débutant, vient y prendre son premier poste. Le voilà livré au monstre de 1'Education nationale, qui dispense à une génération de jeunes gens indolents un enseignement perverti par des méthodes pédagogiques
aberrantes. Sur place, Gilles trouve à se loger chez une veuve complaisante qui l'introduit dans une bourgeoisie locale oisive s'adonnant à d'étranges cérémonies érotiques. C'est alors que la banale histoire d'un enseignant d'aujourd'hui devient un véritable voyage en enfer...
3 personnes en parlent

Rarement une ambiance lourde, sombre, inquiétante, morbide, noire, à la limite de l'étouffement, n' aura été aussi bien "rendue" dans un roman, ni sur une telle longueur, que dans ce "Festins secrets" de Pierre Jourde, qui montre ici l'extraordinaire puissance de son écriture. Dans ces 510 pages, on chercherait en vain un nom commun, un adjectif, un verbe qui évoqueraient la joie, la lumière, le bien, le positif, la vie... C'est une rude expérience de lecture, qui peut peser sur le lecteur comme un plat indigeste sur un estomac, mais qui, malgré les digressions, les descriptions minutieuses, captive par sa profondeur et son ambition. Le roman est ambivalent : d'un côté, le lecteur est plongé dans une atmosphère onirique, qui lui fait douter de la réalité du séjour de Saurat (est-il seulement parvenu à Logres, ou n'est-il pas toujours en train de dormir et de cauchemarder dans le train ?), de l'autre, il est de plain-pied dans le quotidien d'un collège français, auprès d'un prof sidéré par l'inadéquation entre sa formation en Institut de formation des Maîtres et le "terrain". "Festins secrets" est une charge violente (le mot est faible...) contre le système éducatif. La virulence de la critique s'étend à la société française elle-même, dans des pages (p.320 à 340, en particulier) qui auraient pu susciter la polémique, dans le contexte des débats sur la "crise des banlieues" de novembre 2005... Roman "prémonitoire" donc, engagé, et cependant "classique" dans sa forme, qui ne laisse pas indifférent. Jourde ne divertit pas son lecteur, il l'hypnotise et le secoue tour à tour ! Ce roman a reçu le Prix Renaudot des Lycéens 2005. Comité romans adultes, bibliothèque municipale de Brest

Un excellent roman sur les maux de la société contemporaine, dans une atmosphère à la fois ultra réaliste et fantastique, sombre et étouffante : tout commence dans le train qui conduit le narrateur vers son premier poste de professeur, sa destination, Logres, une petite ville de province

sovane
15/06/11
 

Le premier grand roman de Pierre Jourde. Un vrai festin littéraire, en effet.Publié en 2005, "Festins secrets" fut sans doute le roman de la révélation pour Pierre Jourde (c'est en tout cas par là que je l'ai découvert à l'époque), pour cet écrivain jusqu'alors surtout connu pour ses talents de critique authentique, et malgré - déjà - l'écho et la polémique suscités par sa troisième fiction, "Pays perdu", en 2003.À la relecture, plus encore qu'en première approche, il est saisissant de constater à quel point l'exigence et le talent littéraire ici à l'œuvre permettent à l'auteur de sublimer son propos "de base"...Oui, le regard du narrateur, professeur de collège encore tout gorgé de passion de l'enseignement et de la littérature, muté dans cette sombre ville de province, très vite confronté à la double horreur sociale - élèves perdus et abrutis, bourgeoisie perfectionnant l'art de l'hypocrisie jusqu'à des sommets inégalés -, dresse un constat noir, virulent, voire provocateur, de la déliquescence d'une société et de la fermentation inexorable de ses pires miasmes.Mais utilisant toutes les ressources d'une panoplie technique et narrative de très haute volée, ce narrateur particulièrement peu fiable, et l'irruption contre toute incrédulité d'éléments quasiment fantastiques, dressent avant tout le chemin d'une exploration du Mal contemporain, thème de prédilection pour un auteur par ailleurs professeur et critique pointu, fin connaisseur du XIXème siècle tardif et de l'écriture de la décadence, comme le soutiennent bien entendu son "Empailler le toréador" ou plus encore son "Littérature monstre".La puissance de ce roman demeure, huit ans après, au delà de l'intense plaisir qu'en procure la lecture foisonnante, de dénicher le Mal à sa racine, qui n'est pas, contre toute attente politiquement correcte, d'ordre moral (ou presque marginalement), mais avant tout dans le triple manque d'exigence, d'ambition et d'honnêteté intellectuelle, engendrant de fait l'horreur économique, et donc l'horreur morale... On est en réalité infiniment loin des procès en "réaction" trop souvent intentés à l'auteur par une critique complaisante se voulant politisée mais se contentant une fois de plus d'accompagner la chute en sauvegardant ses petits privilèges personnels...Cette exploration se poursuivra, pour notre plus grand bonheur, dans les romans ultérieurs de l'auteur, pour culminer, à date, avec le monument que constitue "Le maréchal absolu" (2012)."Festins secrets" est une lecture nécessaire.

Charybde2
18/05/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.25 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition