EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 25/04/74
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En 1810, sur l'Ile de France (île Maurice), la bataille fait rage entre les Français qui la possèdent encore et les Anglais qui la convoitent. Commencé sur mer, le conflit se poursuit sur terre où, suite à un débarquement massif, les Anglais finiront par l'emporter. Pierre Munier, le plus riche propriétaire terrien de l'île mais mulâtre, se voit refuser par Monsieur de Malmédy, un autre notable mais blanc, l'autorisation de se battre avec son fils aîné aux côtés des colons blancs. Pierre prend alors la tête d'une armée de miliciens noirs et, suite à une escarmouche audacieuse, réussit à s'emparer d'un drapeau ennemi qu'il confie un moment à Georges, son plus jeune fils. Henri, le fils de Malmédy veut lui disputer son trophée. L'enfant refusant en se débattant comme un beau diable, il le blesse d'un coup d'épée. Son grand frère intervient en frappant Henry. Finalement, c'est Malmédy lui-même qui oblige Munier à céder. A l'issue de cette altercation, Pierre Munier décide d'envoyer ses fils étudier en métropole. Quatorze années plus tard, Georges rentre au pays. C'est un beau garçon grand, costaud, riche, courageux et surtout très déterminé à venger l'humiliation subie par sa famille. Y parviendra-t-il ?Ce roman assez peu connu du grand Alexandre Dumas fut peut-être celui qui tenait le plus à coeur à son auteur. De même que Flaubert disait : « Madame Bovary, c'est moi ! », le lecteur peut aisément imaginer que Dumas, étant « quarteron », a mis énormément de lui-même dans le personnage épique et chevaleresque du mulâtre Georges qui doit subir rejet et avanies à cause de la couleur de sa peau. Il s'est contenté de transposer une histoire très voisine de celle de Toussaint Louverture des Antilles aux Mascareignes en gardant la même problématique, celle de l'abolition de l'esclavage et de l'émancipation des noirs. A l'appui de sa thèse, les noirs sont en général bons et généreux et les blancs mesquins, fourbes et lâches avec des exceptions qui nuancent heureusement le propos. Mais « Georges » n'est pas qu'un livre militant, c'est aussi un grand roman historique plein de bruit et de fureur, de batailles terrestres et navales, de cataclysmes (une belle description de cyclone tropical), de rebondissements et d'histoires d'amour et d'amitié. Et toujours, la qualité extraordinaire d'une prose rythmée qui s'empare du lecteur et ne le lâche plus, tellement tout est bien amené, bien documenté et bien raconté. A redécouvrir.

CCRIDER
10/08/13
 

Voici un roman qui se distingue par sa construction et son propos polémique . Le narrateur , par des piques constantes, met à mal les deux partis : les riches propriétaires créoles et les esclaves. Entre les deux, les mulâtres, metiss libres et propriétaires eux aussi, ne sont ni blancs, ni noirs. C'est cette situation instable qui est développée dans le roman d'Alexandre Dumas. Les préjugés raciaux ponctuent le récit, animant chez le lecteur une polémique que le héros, Georges, ne prend pas en charge. Sa détermination n'a qu'un but, amener les blancs à considérer les mulâtres comme leurs pairs.Bien que le roman ne se revendique pas abolitionnistes, les actes de Georges tendent à souligner la nécessité de redonner aux esclaves leur liberté. On entend tout de même les prémices du discours de Sarda Garriga prônant le travail pour la patrie.Rapidement, la raison du coeur l'emporte et notre héros s'affaiblit dans sa lutte , d'une part en découvrant que malgré sa volonté il n'est pas aisé de générer une émulation chez les esclaves, dont seule une poignée est consciente de la chance d'avoir un tel homme à leurs côtés, d'autre part en tombant amoureux de Sara, nièce de son ennemi Malmédie.On appréciera les scènes où l'on découvre un peu mieux la culture des esclaves, l'importance des contes, de la danse pour sortir d'un quotidien d'asservissement, la révolte qui gronde mais ne prend pas, le marronage. On aimerait un héros plus sûr de lui, qui ne faiblit pas. Mais la réalité l'emporte et le lecteur la respectera pour ce qu'elle est : un témoignage historique.On peut regretter que le narrateur ne prenne pas davantage parti, annonce des préjugés raciaux comme si cela coulait de source. Sans doute aurait-on aimé un Dumas plus affirmé et non tiède ! mais il faut le lire comme une chronique de la société coloniale de l'époque.L'écriture est celle de Dumas, précise, détaillée, abondante. Les descriptions jalonnent le récit et proposent une ambiance en même temps qu'elles donnent à voir la vie au XIX°S sur l'ile. Les Anglais vont peu à peu s'accaparer l'ile qui deviendra Maurice. Certaines scènes ne sont pas sans évoquer un roman qui viendra plus tard, Le Comte de Monte Christo, par la vengeance, la scène de bal. Mais Edmond Dantès est bien plus fort que Georges, qui souffre de sa différence de couleur. Notre héros apprend aussi le poids de la fatalité tout en se révélant un héros romantique comme on les aime, une sorte de Lorenzaccio qui affronte avec courage les préjugés. Comme le précise L F Hoffmann dans la préface : " les mulâtres partageaient le plus souvent les préjugés de ces blancs qui les méprisaient et ne rêvaient que de faire oublier la part du sang maudit qui coulait dans leurs veines"Quoiqu'il en soit c'est un roman à découvrir car peu connu mais il mérite autant d'attention que les grands classiques d'Alexandre Dumas. nath choco

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.70 cm
  • Poids : 0.25 kg

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