Grace et denuement

FERNEY, ALICE

EDITEUR : FLAMMARION
DATE DE PARUTION : 14/06/06
LES NOTES :

à partir de
4,70 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

En banlieue parisienne, une bibliothécaire entreprend d'initier à la lecture des enfants de Gitans. Elle finira par entrevoir le destin d'une mère qui, comme elle, a perdu
ses parents dans les camps, et élève seule ses cinq enfants. Texte intégral suivi d'une étude sur l'altérité et sur l'accession au savoir et à la culture.
14 personnes en parlent

Aux abords d’une ville, une famille de Gitans occupe un terrain vague « ils étaient des Gitans français qui n’avaient pas quitté le sol de ce pays depuis quatre cent ans. Mais ils ne possédaient pas les papiers qui d’ordinaire disent que l’on existe : un carnet de voyage signalait leur vie nomade ». Une famille où la matriarche Angéline est respectée par ces cinq fils et ses quatre belles filles. Ils vivent dans des caravanes sans eau potable. Les enfants ne vont pas à l’école et ne savent ni lire ni écrire. Ester, une bibliothécaire, va venir à leur rencontre. Il faudra des mois pour qu’elle, la gadjé, ait la permission de lire des histoires aux enfants. Chaque mercredi, elle viendra avec ses livres. Peu à peu, elle va apprendre à mieux les connaître, à les comprendre mais sans jamais les juger. Il existe des lectures qui vous transportent, qui vous éclairent et qui vous touchent par l’écriture. Incontestablement, « Grâce et dénuement » en fait partie…C’est d’abord une très belle rencontre où les livres permettent de créer des ponts entre deux mondes opposés. On découvre la vie des gitans. Eux qui suscitent la peur, la méfiance partout où ils s’installent. Ils ont leur fierté, ils vivent avec ce qu’ils ont mais sans jamais demander la pitié. A côté de cela, ils ont en eux une richesse incroyable : leurs origines, leur famille soudée et l’amour. Tout y est dit avec les mots justes sans larmoiement mais avec beaucoup de respect.Quand Esther vient leur lire des histoires, on ressent toute la joie et l’émerveillement des enfants. Des moments de bonheur qui deviennent indispensables et privilégiés pour eux et pour elle. L’écriture d’Alice Ferney est très belle, de cette grâce qui émeut. Dès les premières lignes, le style épué m’a plongé dans un état où seule la lecture de ce livre comptait. Enfermée dans ma bulle, j’ai fait une merveille rencontre moi aussi…Un gros coup de cœur, une belle leçon de vie...un livre à lire pour toutes ces raisons. Et, je pense qu’il est impossible d’être insensible à l’écriture d’Alice Ferney. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
27/07/10
 

Parfois, on passe devant leur campement, et inconsciemment, on serre un peu plus notre sac contre notre flanc, on accélère la cadence de la marche, on resserre notre étreinte sur la main de nos enfants... En voiture, on remonte les vitres ou on actionne le bouton de fermeture automatique des portes. On se sent un peu mal à l'aise, on a un peu peur, parfois même on est dégoûté, ou bien scandalisé. Et dans le même temps, il est difficile de ne pas ressentir ce léger sentiment de culpabilité, ce petit pincement au fond du coeur, cette interrogation : mais comment font-ils pour vivre ainsi ?Eux, ce sont les gitans. Ces baraquements que l'on voit en périphérie de nos villes, dans des endroits souvent sordides, délabrés. Parqués sur des terrains vagues, ou sur des terrains aménagés par la commune dans le meilleur des cas, mais parqués tout de même dans leurs caravanes. Parfois, ce sont des véhicules rutilants, de véritables camions roulants dans lequel on imagine tout le confort possible, mais le plus souvent, ce sont de vieilles carcasses rouillées et sales, entourées de détritus, de déchets au milieu desquels sèche le linge, jouent les enfants...C'est dans ce type de campement qu'Esther s'invite. Elle réussit, à force de ténacité et surtout de discrétion, à gagner la confiance du clan, et surtout celle de la vieille Angeline, la mère, celle qui impose sa loi à ses fils et ses belles-filles. Esther arrive avec des livres et ne demande rien d'autre que d'avoir le droit d'en faire la lecture aux enfants.Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
31/05/10
 

C'est un très beau livre, une véritable déclaration d'amour au pouvoir des mots et de la littérature. Les mots sont simples, l'écriture est fluide, l'histoire quasi irréelle se déroule avec lenteur. C'est par ailleurs presque trop lent, il m'a manqué de la vivacité, une forme de gaîté. J'ai également regretté que seule Esther est le droit à la parole, j'aurai aimé entendre d'autre point de vue.

Lacazavent
15/12/11
 

Une vie de bohême Une famille de gitans s'est sédentarisée sur un terrain vague. Esther, bibliothécaire, veut lire des livres à ces enfants qui n'en n'ont pas et qui ne sont pas scolarisés. Les gitans l'accueillent avec méfiance, mais comme les enfants prennent plaisir à écouter les histoires, Esther vient tous les mercredis faire la lecture dans ce camp. Alice Ferney raconte avec tendresse, douceur, respect et humanité, la vie de cette famille de gitans, leur misère et leur isolement extrême.

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

Un magnifique livre qui nous fait vibrer!Qu'est ce qu'on avait d’autre dans la vie que de se caresser pour le plaisir, se disputer pour le soulagement et s'endormir pour l'oubli?

marielit
25/09/15
 

Il y a réellement des livres qu'il faut lire au bon moment. Il y a sept ans au moins, j'avais emprunté ce livre à la médiathèque de la ville où j'habitais alors, mais n'avais pas dépassé les trois premiers chapitres. Ils ne m'intéressaient pas, les gens qu'Alice Ferney racontait. Son style me déroutait. J'avais lâché prise. Mais c'était sans compter sur mon nouveau boulot qui m'amène à m'intéresser au monde des gens du voyage. C'est donc avec un regard autre que je me suis plongée dans ce roman que j'ai englouti en deux jours.Côté style, pas de changement, Alice Ferney m'a toujours un peu décontenancée. Le texte est scindé en quatre parties, elles-mêmes divisées en chapitres. Très peu de paragraphes viennent apporter une respiration à cette histoire, et les dialogues sont intégrés à la narration sans distinction. L'ensemble donne la sensation par moment d'un récit qu'il faut faire avant que le temps ne se soit échappé... Mais paradoxalement, l'ensemble donne également un air de langueur à l'histoire... Le temps s'écoule, sans distinction, minutes après minutes.Côté intrigue, Alice Ferney a réussi à intégrer dans son histoire tout un attirail de questionnements réels relatifs à une population mal connue, appelée sans distinction "gitans, manouche ou voleurs de poules". Et pourtant, ce récit lève le voile sur des pratiques et une philosophie de vie très différentes de celles de "notre" société. On y découvre des enfants qui prennent des roustes sans pour autant en sembler maltraités, des parents qui ne savent pas lire et préfèrent ne pas déclarer un enfant à l'état civil (au moins, personne ne leur dira que le prénom choisi n'est pas réglementaire), des femmes qui récupèrent des bidons pour laver leurs enfants dans l'eau de la lessive et de la vaisselle une fois tous les quinze jours... On y retrouve également une société qui n'a que faire de cette frange de la population en marge, population qui, en réponse, refuse de rentrer dans les codes, ne peut s'y conformer, refuse d'y adhérer de peur de perdre son Histoire, sa culture et ses racines... Un peuple pris entre l'envie de donner à ses enfants un destin meilleur que celui de ses parents et le refus du mépris hostile qui émane de nos préjugés.Grâce et dénuement est un livre magnifique, qui pourrait peut-être faire évoluer les mentalités et le regard sur ces gens qui sont avant tout des hommes et des femmes, pétris de désirs, d'amours, d'envies. Qui existent à travers la maternité et la conjugalité. Qui conservent une vision très forte de la solidarité familiale. Un peuple qui peut nous enrichir, si l'on prend la toute petite peine de fermer les yeux comme Esther sur certaines de ses pratiques qui se heurtent aux règles juridiques de la société dans laquelle il tente de trouver sa place. Miss Alfie

MissAlfie
21/01/15
 

Voici un livre magnifique, un roman bouleversant. Tout est dans le titre : la vie de ces gitans, plus tellement nomades n'est que ça, ou pas complètement : grâce, la grâce de ceux qui savent qui ils sont mais qui n'existent pas aux yeux du monde, qui sont si différents qu'ils nous font peurs, et dénuement, la misère la plus totale, parce que l'insertion dans cette société est impossible. Ils le disent eux-mêmes : "on n'a pas les mots, on n'a pas les habits...". Esther la bibliothécaire, qui les apprivoise, les aime sans jamais les juger, c'est un peu nous au fil du roman. On aimerait rencontrer ces personnages tellement vivants, et on ne verra plus ces gitans comme avant. Un vraie rencontre, avec une écriture soignée, expressive... laurence

laurence
10/02/14
 

Esther vient lire les mercredis des contes, des histoires aux enfants d'un camp de gitans qu'elle suit de ville en ville. Peu à peu, ils s'apprivoisent, s'attachent, s'expliquent, et la vie passe, jamais douce, toujours injuste... C'est envoûtant ces vies qui se déroulent presque à notre insu. L'écriture d'Alice Ferney est tout à fait surprenante, objective et presque en retrait, la seule façon finalement de nous présenter cette grande misère autant intellectuelle que matérielle sans pathos, sans en rajouter. Tout est digne dans cette histoire, on apprend beaucoup de choses sur plusieurs sujets, et au final, sûrement sur nous-mêmes aussi. Beaucoup de passages percutants, par exemple : "... Elle n'avait pas eu le temps de se préoccuper des autres. Oui, pensa-t-elle, la vieillesse peut servir à cela, donner sa bienveillance, parce qu'on a le temps qu'il faut, parce qu'on n'attend plus avec impatience et colère des choses, qui, ne venant pas, nous rendent hargneux envers ceux qui les ont." Esther est un personnage finalement très peu explicité, on ne la voit que dans ses visites au camp ou choses qui s'y rattachent, c'est dommage. J'aurais aimé en savoir plus sur sa vie à elle, comprendre ses motivations et pourquoi elle ne s'implique pas plus en dehors des livres. Surtout comment elle parvient à le faire. Sylvie Sagnes

SagnesSy
09/01/13
 

J'ai eu beaucoup de mal à m'attacher à ces personnages. Ils sont au final, très attachants ces illettrés qui disent ne pas avoir besoin d'aide. Cependant, j'ai été déçue, Un roman peut-être un peu trop court, un apprentissage de la lecture par la libraire que je n'ai pas vu. Elle fait seulement la lecture et je m'attendais à beaucoup plus (même si elle fait beaucoup pour qu'Anita aille à l'école...). C'est un beau roman parsemé d'un peu d'espoir sur la fin. Je ne pense pas que son souvenir sera infaillible.

searchxme
06/11/11
 

Un jour elle est arrivée, s'est assise sur le bord du trottoir et a sorti quelques livres. Elle a demandé aux enfants qui se sont approchés s'ils voulaient écouter des histoires.Voilà comment ça a commencé, entre elle, la gadjé et eux, les Gitans.Petit à petit ils se sont apprivoisés.Elle ne les a pas jugés, eux non plus ; juste de la méfiance.Le titre du roman "grâce et dénuement" résume en deux mots ces Gitans avec lesquels on fait un bout de chemin ; une rencontre entre deux expulsions...Une belle figure en la personne d'Angéline, la matriarche ; un beau récit sur ces gens que l'on a vite fait de rejeter!

Zhayah
17/10/10
 

C’est une famille de Gitans installée illégalement dans un jardin potager à l’est de la ville, regroupée autour d’Angéline, la matriarche. Le dénuement est leur lot quotidien. Grand-parent, parents, enfants, tous sont analphabètes. Un beau jour, une femme arrive dans le campement : Esther, bibliothécaire gadjé, se propose de lire des livres aux enfants. Les mots du mercredi parviennent peu à peu à soulager les maux…J’ai découvert ce livre lors d’un club de lecteurs et ce fut pour moi un véritable coup de cœur. Les personnages, hauts en couleur, sont très attachants. L’auteur nous les présente dans toutes leurs dimensions humaines, notamment leurs fragilités. C’est ainsi que nous faisons la connaissance d’Angéline la matriarche qui a perdu tout attrait physique, mais dont la personnalité reste attirante : elle montre un amour maternel sans borne pour ses fils et une certaine jalousie pour ses belles-filles. L’auteur décrit Simon, le fils aliéné ou encore Angelo, le Gitan amoureux d’une gadjé.Les dialogues sont nombreux mais ils ne sont pas présentés selon la mise en page habituelle : ici, les échanges sont inscrits à la suite, au fil du texte, sans retour à la ligne ni tiret pour figurer chaque tirade. Cette présentation est assez spéciale mais ne complique pas la lecture, chacun des protagonistes étant bien marqué, comme dans l’extrait suivant :J’ai rien et je veux rien, je demande plus. Ses joues luisaient tellement qu’on aurait pu les croire mouillées. On a toujours envie de quelque chose, dit Esther émue. Angéline secoua la tête : Non. Esther dit : Vous n’avez envie de rien ? L’autre secouait toujours la tête et cela ne ressemblait qu’à la vérité : ce qui se perdait dans la misère c’était aussi le désir et l’élan vers l’avenir. (p. 216)En somme, le dénuement amène à un repli sur soi et oblitère la dimension du projet, la capacité à se projeter dans l’avenir, à s’inscrire comme un sujet désirant. Mais cela n’empêche pas l’espoir, notamment celui de la vie :Milena, Misia, Nadia. Les trois belles-sœurs étaient enceintes. […]Elles sont trois fruits du printemps, une réponse au sort contraire, à la folie, aux amours malheureuses, à la mort, une audace et une grâce.p. 280-282.L’espoir vient aussi d’Esther qui apporte les mots et le savoir et parvient même à faire scolariser une enfant. Cela n’est d’ailleurs pas sans poser problème à l’enfant mais aussi aux parents et aux autres enfants. Alice Ferney explore, outre les conditions de vie ou de survie des Gitans, la dimension de l’analphabétisme, de la scolarisation, de la médiation d’une gadjé qui ouvre les enfants à l’univers des mots, du savoir, du plaisir de lire. Les ouvrages qu’Esther lit aux enfants sont issus du patrimoine littéraire, tels ces contes de Hans Christian Andersen (La Petite Sirène, La Princesse et le petit pois, …) ou les fables de Jean de La Fontaine (Le Loup et l’Agneau, Le Savetier et le Financier) ou « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint Exupéry.D’un bout à l’autre, j’ai été captivée par ce roman qui sait camper une atmosphère, amener des changements plus ou moins importants chez les personnages, qui prend le temps de conter la vie quotidienne du camp. Il évolue selon un rythme lent, expose des tensions dramatiques, mais l’espoir reste toujours présent. Les sentiments des protagonistes sont exposés sans mièvrerie, la vie des Gitans est décrite sans larmoiement, avec une volonté de réalisme.Je conseille vivement ce livre qu’on parcourt d’une traite sans se lasser. Un message d’une lucidité terrifiante sur les conditions de vie des Gitans mais qui sait maintenir une flamme d’espérance. Seraphita

Seraphita
05/10/10
 

Découverte de la lecture et émerveillement devant les livres, scolarisation et socialisation des gitanes, les aspects abordés sont multiples. Pour moi, cette oeuvre aurait mérité d'être étoffée un peu, elle laisse parfois des vides agaçants et multiplie les considérations morales. L'ensemble est touchant, intéressant mais l'auteur ne semble pas aller au fond des choses.

Praline
23/09/10
 

Une vie de bohême Une famille de gitans s'est sédentarisée sur un terrain vague. Esther, bibliothécaire, veut lire des livres à ces enfants qui n'en n'ont pas et qui ne sont pas scolarisés. Les gitans l'accueillent avec méfiance, mais comme les enfants prennent plaisir à écouter les histoires, Esther vient tous les mercredis faire la lecture dans ce camp. Alice Ferney raconte avec tendresse, douceur, respect et humanité, la vie de cette famille de gitans, leur misère et leur isolement extrême.

C'est l'histoire d'une famille de gitans, d'Angeline et sa tribu, ses 5 fils, ses 4 belles-filles et ses petits-enfants. Angeline n'a pas encore 60 ans mais c'est une femme très marquée physiquement, il faut dire que leur vie est vraiment dure. Ce sont les femmes qui font tout le travail au campement alors que les hommes bricolent à droite à gauche (vol, récupération). On découvre peu à peu la vie de la tribu, ils vivent au milieu des rats et des tessons de bouteilles, ils vivent dans l'instant présent et dans une grande misère matérielle mais ensemble. Esther une femme de quarante ans débarque un jour dans la tribu pour faire la lecture aux enfants. Ce sont des moments magiques pour eux comme pour elle. Après la lecture Esther prend le temps de discuter avec les femmes de la tribu, et peu à peu les hommes s'intéressent aussi à sa présence. C'est très bien écrit, j'ai vraiment eu l'impression de vivre dans ce campement au mileu d'eux. Une tribu attachante avec des personnages forts. Le sujet de la scolarisation est abordé, c'est vraiment un probème compliqué pour ces tribus dont les parents ne savent pas lire et dont les enfants se sentent rejetés quand ils vont à l'école. J'ai beaucoup aimé ce livre et je vous le conseille vivement. Sandrine(SD49)

SD49
14/09/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 12.50 cm
  • Poids : 0.21 kg

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