Harraga

SANSAL, BOUALEM

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/02/07
LES NOTES :

à partir de
7,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Une maison que le temps ronge comme à regret. Des fantômes et de vieux souvenirs que l'on voit apparaître et disparaître. Une ville erratique qui se déglingue par ennui, par laisser-aller, par peur de la vie. Un quartier, Rampe Valée, qui semble ne plus avoir de raison d'être. Et partout dans les rues houleuses d'Alger des islamistes, des gouvernants prêts à tout, et des làches qui les soutiennent au péril de leur âme. Des hommes surtout, les femmes n'ayant pas le droit d'avoir de sentiment ni
de se promener. Des jeunes, absents jusqu'à l'insolence, qui rêvent, dos aux murs, de la Terre promise. C'est l'univers excessif et affreusement banal dans lequel vit Lamia, avec pour quotidien solitude et folie douce. Mais voilà qu'une jeune écervelée, arrivée d'un autre monde, vient frapper à sa porte. Elle dit s'appeler Chérifa, s'installe, sème la pagaille et bon gré mal gré va lui donner à penser, à se rebeller, à aimer, à croire en cette vie que Lamia avait fini par oublier et haïr.
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Lamia est infirmière à Alger. Femme seule dans un pays en proie aux furies des intégristes, elle rumine son passé : la mort de ses parents, celle de sa sœur, et le départ de Sofiane, son frère. Ce dernier a décidé de quitter la vie algérienne pour tenter sa chance en Europe : il est devenu harraga, brûleur de routes, un parmi tant d’autres qui attend certainement à la frontière de pouvoir traverser le détroit de Gibraltar. Mais la vie de Lamia est bouleversée par l’arrivée de Chérifa, jeune fille très vive, enceinte, envoyée à Alger par Sofiane. Lamia renaît, avec cette arrivée inattendue dans sa triste vie.Harraga n’est pas un roman facile. Il traite d’un sujet sensible, la fuite des jeunes algériens vers les contrées jugées plus clémentes de l’Europe. C’est aussi la description d’un pays au bord de la rupture, l’Algérie prise entre les restes de l’occupation française et la montée des islamistes, prise dans les rivalités entre les différentes contrées (Alger vs Oran), où les femmes sont abandonnées à leur sort et où rien ne semble pouvoir les aider.Lamia, pour (sur)vivre, s’appuie sur sa maison, cette maison qui a vu passer tant d’hommes d’origine différentes, qui est à elle seule une métaphore de deux siècles d’histoire de l’Algérie : le turc, l’acheteur revendeur qui réussit à rouler dans la farine ses clients,… Cette maison, seule point de repère de Lamia, est bousculée par Chérifa, jeune adolescente pleine de vie, qui la met sens dessus dessous. Et comme la maison, Lamia subit les bourrasques de cette furie.On ne sait pas vraiment qui est Chérifa. Elle va, elle vient, elle exaspère Lamia en même temps qu’elle lui est indispensable. Chérifa n’hésite à rendre visite à Barbe Bleu, le voisin d’en face qui est un grand mystère pour Lamia.Surtout, Boualem Sansal signe un roman politique. Roman, car les dimensions de la fiction et l’intérêt pour les héros existent : on se demande ce que vont devenir Lamia et Chérifa, si Sofiane pointera à nouveau le bout de son nez. Mais politique car l’auteur n’hésite à défendre sa thèse, à décrire le calvaire que vivent les africains, rien que pour atteindre la côte Nord du Maroc. Pour cela, il décrit sur de nombreuses pages un reportage que Lamia voit à la télé sur les multiples dangers et les risques que prennent les candidats à la clandestinité, souvent clandestin bien avant leur arrivée en Europe. Car un malien en Algérie n’est pas forcément le bienvenu, loin de là. Et Lamia est happée par ce reportage, cherchant désespérément des yeux la silhouette de son frère dans la foule.Harraga est un beau roman, qui se laisse apprécier à petites bouchées, car cette histoire est rude, difficile à entendre.

Yohan59
27/01/13
 

"Harraga" signifie "brûleur de routes", celui qui part de son pays pour un ailleurs plus mirifique. L'harraga devient un exilé de son plein gré, qui quitte ainsi sa famille, sa ville ou son village. Les "harragas" sont prêts à tous les riques pour atteindre l'eldorado et fuir l'Algérie qui saigne, souffre et n'offre plus rien. Surtout plus de rêves. L'héroïne de ce roman en sait quelque chose, d'abord son frère Sofiane a tout quitté pour l'ouest et "brûler la route". Lui aussi est un harraga mais il ne donne aucune nouvelle, et est-ce un message la visite de Chérifa, une jeune fille de seize ans, enceinte jusqu'aux dents ? Sofiane l'envoie chez sa soeur pour qu'elle y soit protégé. Mais Lamia, elle, a trente-cinq ans, elle est docteur en pédiatrie, elle vit seule dans sa grande maison hantée par les fantômes du passé, et d'elle on peut facilement dire que c'est une vieille fille méchante, grincheuse et vilaine. Jalouse aussi de la pétulance de Chérifa qui déboule chez elle, chamboule ses habitudes et lui renvoie à la face sa cruelle solitude et le vide de son existence. Entre elles deux, la cohabitation est difficile, Lamia mène la vie dure mais finalement elle s'attache à la jeune fille. Sauf qu'un jour, celle-ci aussi part et ne donne plus de nouvelles !Et il s'en passe encore dans ce foisonnant roman, mais je me garde d'en dire davantage! C'est exaltant, passionnant, ça raconte du vrai, du beau, du touchant et ça met en décor une Algérie réaliste, tenaillée par l'islam nouveau, ses rigueurs et ses inepties. J'ai du mal à croire qu'un homme puisse être l'auteur de pareil roman ! Boualem Sansal s'est mis dans la peau d'une femme "aigrie, intolérante, méchante, querelleuse, intempestive mais romantique" - Lamia est tout ça et à la fois elle reste attendrissante, touchante et attachante. Elle dit les choses vraies, elle est cynique et franche, drôle aussi. C'est un beau portrait de femme. Et puis, son amour pour sa maison fait aussi partie d'elle. Ses fantômes, son voisinage, sa solitude cultivée avec minutie et jalousie... C'est une femme complètement seule, abandonnée par ses parents, ses frères, sans nouvelles du seul survivant de la fatrie. Normal qu'elle s'accroche à la Chérifa comme à une bouée ! Il y a dans le roman un instinct de survie qui concerne les clandestins, mais aussi les femmes d'Algérie. "Harraga" rend une très honorable peinture à tout ce petit monde. De la poésie aussi teinte l'écriture de Boualem Sansal... Pour une première approche de l'univers de cet auteur, je suis éblouie, complètement séduite!

Clarabel
23/02/09

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.70 cm
  • Poids : 0.16 kg

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