EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 04/05/11
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Ebook

SYNOPSIS :

Prague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d'assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ». Heydrich, le bras droit d'Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH ». Himmlers Hirn heiβt
Heydrich - le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich. Dans ce livre, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourtant, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L'auteur doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, cependant, mener l'histoire à son terme.
Laurent Binet ne se contente pas de nous raconter avec brio la carrière incroyable et effroyable de Heydrich. Il se questionne sur son rôle d’écrivain et sur le risque de « falsifier » l’Histoire. Un récit passionnant entremêlé des doutes de l’auteur
Alain ,
Librairie
(Lille)
28 personnes en parlent

Passionnant à tous points de vue.Le style surprend de prime abord mais ne laisse pas indifférent; on se prend vite au jeu. On partage les tiraillements de l'auteur quant à la bonne manière d'approcher le sujet mais sans se résoudre à tourner le dos à un récit qui, a priori, ne présente pas d'intérêt particulier.Toute la magie de l'auteur réside dans cette faculté qu'il a de nous immerger peu à peu dans le drame; à partir d'un certain moment, on ne le suit plus, on le devance, on veut savoir !!!J'ai lu beaucoup de bons ouvrages autour de la seconde guerre mondiale, celui-là fait partie des meilleurs. Je me suis fait plaisir à la fois sur le plan littéraire et historique.Un bon cru. Vraiment.

FFran
06/01/12
 

Ce livre, je le connaissais. Le titre m'avait déjà interpellée, j'avais vu mon père le lire et savais qu'il était dans sa bibliothèque. Mais j'avoue que je ne m'y étais jamais intéressée, je n'avais jamais eu la curiosité de creuser. C'est mon prof d'Histoire/Géographie qui nous en a récemment parlé, en bien évidemment, puisqu'il a fini par me convaincre. C'était l'occasion ou jamais d'en apprendre plus sur la Seconde Guerre Mondiale, sujet qui m'intéresse franchement. Alors je l'ai lu. Et je suis perplexe. A vrai dire, je suis à l'heure actuelle incapable de vous dire si j'ai adoré ou si j'ai détesté.Je ne sais même pas par quel bout prendre ma chronique, j'ai l'impression d'avoir à vous chroniquer un OVNI. En même temps, je ne crois pas que ce ne soit qu'une métaphore... Bref. Ici, on ne peut pas parler de personnages. Toutes les personnes citées ont réellement existé, ont eu ces caractères. Heydrich est mis en avant dans le résumé, mais il n'y a bien entendu pas que lui : Nous découvrons de nombreux autres acteurs de l'Histoire, et en particulier de l'Opération Anthropoïde, dont deux hommes marquants : Gabcik et Kubis. (Vous m'excuserez, il manque les accents.) Ma curiosité a été ainsi assouvie : Evidemment, cet assassinat a été un début d'enfer, (Je pense notamment au village de Lidice), mais aussi un début de libération à mon sens, c'est donc pour cela que mieux découvrir ces deux jeunes et ceux qui les ont aidés de près ou de loin m'a semblé fondamental. Je ne peux de toute évidence ni vous analyser ni vous décortiquer les personnalités de chacune de ces personnes : Etant chroniqueuse et non psy, juger des gens "réels" serait un peu grotesque. Mais je peux en revanche vous dire qu'on en apprend beaucoup sur eux, et qu'on est parfois surpris...Clairement, le style de l'auteur est vraiment étrange, et déstabilisant. Celui-ci est en effet omniprésent dans le texte, nous confiant ses réflexions, ses pensées, ses gestes les plus futiles. On a l'impression de lire son livre en même temps qu'il l'écrit, c'est vraiment spécial. Il faut s'accrocher, avouons-le. Certes, certains trouveront cette "incrustation" égocentrique ; pour ma part, je l'ai trouvée pertinente : Elle permet en effet de ne pas tomber dans la récitation pure et simple, d'apporter plus de fluidité et de souplesse à cet ouvrage béton. Et il est toujours intéressant d'avoir un autre point de vue, ou un humour un brin caustique... Bien entendu, ça reste froid et distant, mais n'est-ce-pas le reflet de cette barbarie gratuite qu'était la Solution finale ?... (Et encore là, je vous fais un bel euphémisme...)Mais alors, avec un tel résumé et une écriture si atypique, comment peut-on définir ce "roman" ? Excellente question, car ce bouquin est tout simplement indescriptible. Inutile de le préciser (Mais je le fais quand même, notez-le.) que ce livre est une mine d'or en matière d'informations historiques. Il y a tellement de choses à dire ; on comprend assez vite pourquoi l'auteur semble, au début, se perdre à chaque chapitre. Je pense pouvoir dire que le contenu est irréprochable, on ressent -voire même on vit- les nombreuses recherches de l'auteur, on apprend tellement ! Pour être tout à fait honnête, j'avais un peu l'impression d'un bourrage de crâne intensif durant plus de 400 pages. Mais je ne dis pas que c'est pénible, loin de là ! Au contraire, ceci est vraiment enrichissant. Toutefois, il faut signaler que c'est vraiment surprenant. L'Histoire, j'adore ça, les romans historiques, j'en ai lu une palanquée, en jeunesse comme en adulte. Mais jamais je ne me suis trouvée face à tant d'authenticité, et c'est franchement effrayant, il faut le dire. On a au départ du mal à réaliser que le moindre détail de ce livre est vrai, jusqu'à la couleur de la voiture d'Heydrich. Oui, ceci m'a marquée, parce que sincèrement, en temps normal, on s'en fiche totalement de savoir si elle est noire ou verte. Mais là, non, il y a une nécessité de perfection historique frappante, et qui fonctionne très bien. Je n'ose même pas imaginer les années qu'il a fallu à Laurent Binet pour chercher ces moindres détails, et je salue l'énorme travail qui a été fait ici. Sauf que jusque là, tout ceci est bien beau, mais l'auteur n'a pas inventé grand chose. Rien, à vrai dire, puisqu'il met un point d'honneur à ne fournir (presque) que des informations vérifiées et assurées. Alors, comme ça, il s'est contenté d'amasser des éléments pendant des années et de nous les rebalancer à la figure ? Que nenni mes chers petits. Que nenni. Il va plus loin, et parvient étonnamment à implanter une seconde intrigue dans son bouquin. Tout le monde sait comment l'opération Anthropoïde a fini. Néanmoins, il y a une interrogation qui hante les pages de ce livre : Laurent Binet parviendra-t-il à mener son projet à bien sans recourir à la fiction ? S'ensuit alors, implicitement, une excellente réflexion sur la place du romanesque dans l'Histoire. C'est fin, c'est discret, mais c'est là. Et j'ai vraiment adoré cet aspect de l'ouvrage, qui met en avant cette didactique de façon presque, on peut le dire, perverse. Cette éviction de l'imaginaire devient obsessive pour l'auteur, et finit par l'être aussi pour le lecteur. Je ne m'attendais pas à cela, mais c'est rondement mené. Ceci n'est évidemment pas capital, cependant, ça m'a marquée, c'est pour cela que j'ai tenu à le faire remarquer. La bataille est double, dans ce récit. L'une contre la Solution finale, l'autre contre la fiction.La chute est bien entendu sans surprise, si vous connaissez un minimum votre cours d'Histoire. En fait, si vous ne savez pas comment tout ceci se termine, vous n'avez plus qu'à lire HHhH ! Passons. Même si cette issue est réelle, si "l'aventure" s'est concrètement achevée ainsi, j'avais l'impression de lire un policier. Sérieusement, c'est tellement dingue et héroïque comme fin ! On aurait tout à fait pu la croire née de l'imagination de l'auteur (Quoique, après avoir lu son ouvrage, pas si sûr...) tant elle est riche et chevaleresque, c'est assez stupéfiant. A mon grand soulagement, on finit par savoir ce qui est advenu de toutes les personnes nommées dans cet ouvrage, aucun brouillard ne reste planer sur des événements qu'on préférerait oublier. Une fois de plus, la réalité est de mise. C'est loin d'être gai, mais au moins, c'est archi-complet. Et étant friande d'anecdotes, de broutilles, ça n'a pu que me plaire. On sent vraiment que Laurent Binet ne veut plus lâcher son ouvrage, que mettre le point final est pour lui une épreuve, qu'il a encore plein de choses à nous dire, ça en devient touchant. Dans chaque mot, sa passion est palpable, et communicative.Le titre est très intrigant, symbolique, surprenant, et surtout imprononçable. Si ce dernier point m'a passablement agacée, (Les gens comprennent hache hache hache hache et vous prennent pour une demeurée), le reste est parfait. La couverture est très spéciale et réfléchie, à l'image du texte, mais séduisante, symbolique, tout comme le titre en fait. L'alliance des deux rend ce bouquin encore plus particulier, et donne envie de s'y intéresser, par curiosité. On ne va pas se leurrer : Il faut avoir vraiment envie et être un peu barré pour se plonger dans un roman comme celui-ci. La combinaison gagnante, c'était alors un visuel qui donne envie. Le contrat est donc rempli.En rédigeant ma chronique, j'ai compris que j'avais sincèrement apprécié ma lecture, qui change de l'ordinaire, mais dans le bon sens. Ce n'est pas quelque chose à dévorer pour se détendre, mais plus pour s'instruire. Ecrire 400 pages exclusivement sur Heydrich est risqué. Se prendre la tête avec la fiction est risqué. Couplez les deux, et c'est gagné. A lire pour combler vos lacunes en Histoire, ou simplement pour vous cultiver encore plus ! N'ayez pas peur de ce drôle de bouquin, vraiment : Il ne vous veut que du bien. Ayez confiance...

MaMalleauxLivres
23/01/16
 

Un livre dont tout lecteur, un peu passionné par l'histoire du XXème siècle connait la fin...L'élimination de Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, par deux parachutistes venus de Londres..Un livre toutefois passionnant J'avais écrit "l'assassinat", que j'ai remplacé par "l'élimination"...l'assassinat est un crime réprimé par la loi de tout pays civilisé, ...l'élimination est une délivranceLivre d'histoire ou roman? Laurent Binet dont ce fut le premier livre s'est appuyé sans aucun doute, il le dit lui-même et le résultat le prouve, sur une documentation importante pour retracer le parcours de Heidrich au sein de l'organigramme nazi, sa jeunesse, ses crimes et sa violence par tueurs interposés, la traque de ses tueurs, les exactions nazies qui suivirent....Il a romancé ce travail en prêtant à ses personnages des conversations, des sentiments, des rencontres...Et alors? certains y trouvent à redire...Les faits historiques, la grande Histoire ne sont pas mis en doute par certains aspects romancés du livre...Il a su et c'est important, nous faire partager l'ambiance, l'atmosphère de ces années, la peur que de tels monstres inspiraient, le courage de ces hommes et femmes qui s'engageaient dans une mission en sachant qu'ils seraient torturés, qu'il y perdraient la vie s'ils étaient capturés, la préparation en Angleterre de l'opération "Anthropoïde", la formation des hommes qui devaient tuer Heydrich...On découvre, même si on le savait déjà, le **** qu'était Heydrich, père aimant de ses enfants, de son épouse devant elle, mais la trompant sans vergogne, ce monstre planificateur de la Solution finale, ce parfait aryen blond....peut-être un peu juif par certains de ses ancêtres, ayant droit de vie et de mort sur les tchèques...un droit dont il ne s'est pas privé...cet homme "cerveau de Himmler" dont on disait chez les SS, selon Binet : "HHhH" : Himmlers Hirn heiβt Heydrich – le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich... Vrai ou faux?Laurent Binet invente ces conversations, ces situations, ces rencontres...elles nous semblent réalistes et historiques..Le sont-elles? Lui-même attire notre attention et s'en défend : "Cette scène n'est pas forcément très utile, et en plus je l'ai pratiquement inventée, je ne crois pas que je vais la garder" (P. 288)...et il la garde!Les principaux héros ou les monstres, personnages principaux du livre ont existé...Alors pourquoi ne pas leur prêter vie?A t-il inventé d'autres scènes ayant un caractère beaucoup plus historique, notamment le fait qu'Hitler envisageait de déplacer Heydrich à Paris pour mater comme il l'avait fait avec les tchèques tout esprit de résistance en France?.....prétexte de la rencontre entre Heydrich, Bousquet, secrétaire général à la Police, et Darquier de Pellepoix...J'aurais aimé le savoirMalgré tout un bon rappel historique...et un bon roman couronné par le Goncourt du premier romanBinet nous prévient très tôt : "J'ai dit que je ne voulais pas faire un manuel,d'histoire. Cette histoire-là j'en fais une affaire personnelle. C'est pourquoi mes visions se mélangent quelque fois aux faits avérés. Voilà, c'est comme ça" (P. 146)Et pour l'amateur d'histoire que je suis, ce fut un bon moment de plaisir malgré des interrogations qui subsistent JPV

JPV11
18/01/16
 

H ou h pour l'histoire. Le roman historique de Laurent Binet nous narre la vie, l'ascension et surtout la mort, à travers l'opération militaire "Anthropoïde"destinée à tuer Reinhardt Heydrich qui repond au grade d'Obergruppenfuhrer, l'homme le plus dangereux du IIIe reich. Ce livre a obtenu le Goncourt du 1er roman, mais c'est avant tout une analyse historique fine, passionnante, patinée d'une touche personnelle, ponctuée de réferences bibliographiques et cinématographiques.C'est avec richesse et pertinence que l'auteur campe la personnalité du général des armées SS ainsi que l'intervention sous contrôle de Londres. C'est un premier roman très prometteur d'une grande richesse littéraire qui traite un thème délicat avec authenticité d'une plume alerte.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

La Seconde guerre mondiale et plus particulièrement le nazisme sont une tragédie de l'Histoire humaine qui n'a pas fini de fasciner historiens et romanciers, qui nous gavent d'ouvrages, de films et autres depuis des décennies pour chercher à comprendre les engrenages et les mécanismes d'un tel parti totalitaire. Je pensais m'être lassé de la lecture de ces ouvrages, mais HHhH m'a détrompé. Sous ce titre énigmatique se cache un "slogan" nazi qui signifie en français "le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich". Dans ce roman (et encore cette définition est probablement inexacte), Laurent Binet décrit de manière générale l'ascension du nazisme et le début de la Seconde Guerre mondiale, plus particulièrement à travers le prisme de Heydrich. Contrairement à beaucoup d'ouvrages français qui se concentrent sur l'Occupation dans l'Héxagone ou, à la rigueur, sur la Shoah en Pologne, l'auteur se focalise ici sur la Tchécoslovaquie, qui a beaucoup souffert pendant la Guerre. Le lien entre Heydrich et la Tchécoslovaquie : Heydrich périra de ses blessures lors d'un attentat à Prague mené par deux vaillants parachutistes tchèque et slovaque. Mais HHhH ne se contente pas de décrire les tenants et les aboutissants de cet attentat qui, contrairement à ceux fomentés contre Hitler, fonctionnera ; Binet livre une réflexion fascinante sur l'irrépressible manie des historiens à vouloir narrativiser l'Histoire avec un grand H pour en faire une histoire avec un petit h ; ajouter des commentaires pour boucher les trous ou transformer un personnage historique pour qu'il soit plus charismatique... HHhH est un ouvrage fascinant, mêlant Histoire, fiction, recherche historique dans un style très agréable à lire (malgré des passages assez insoutenables, d'autant plus qu'ils sont véridiques). Un chef d'oeuvre à mettre entre toutes les mains !

Shirayukihime
19/06/15
 

En s’intéressant à l’attentat contre Heydrich, en 1942, à Pragues, Laurent Binet écrit (premier roman) un texte très personnel, dans la manière d’Emmanuel Carrère, qui se lit étonnamment plaisamment. J’en suis surprise car je ne pensais pas le sujet, ni l’époque, aptes à capter ainsi mon attention, et théoriquement le traitement réalisé aurait dû m’agacer (exposer en permanence les affres de l’écrivain en train d’écrire); pourtant, c’est sans réticence aucune que j’ai tourné les pages, au contraire même, ça a fonctionné parfaitement, j’ai entendu, compris et partagé – à ma place de lectrice – la fascination et le mélange de réticences de l’auteur pour cet évènement, son contexte, ses racines et ses dramatiques retombées. Je trouve que le plus fort est là, d’avoir mis en lumière les personnages annexes, toutes les nombreuses personnes qui, par de très petites choses parfois, ont pris part à l’attentat et l’ont payé de leur vie. Avec la mise en page très aérée, les digressions innombrables et les excès (des qualificatifs parfois carrément haineux, souvent très dépréciatifs), le récit semble limpide, et quelques scènes marquent fortement l’esprit du lecteur. Par exemple, l’extermination de Lidice, basée sur un simple mot doux mal interprété, ou la renversante « prise » de la crypte (final impressionnant). J’ai beaucoup aimé parce que j’ai eu l’impression que l’auteur avait à coeur avant toute chose de partager, de rendre hommage, et qu’il nous livrait un travail totalement sincère et sans afféterie aucune. Prix Goncourt du premier roman 2010. http://cuneipage.wordpress.com

SagnesSy
30/01/15
 

En 1942, en pleine seconde guerre mondiale, Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis, fait régner la terreur depuis des mois à Prague tout en planifiant la solution finale. « L’homme le plus dangereux du IIIè Reich » ne recule devant rien pour satisfaire son Hitler et Himmler dont il est le bras droit et n’hésite pas à faire fusiller tous les Juifs et les opposants au régime que compte la capitale Tchèque.Depuis Londres, la résistance s’organise et entend bien frapper fort en montant l’opération « Anthropoïde ». Deux parachutistes tchécoslovaques seront chargés d’assassiner celui que l’on surnomme aussi « le bourreau de Prague » ou « la bête blonde ».Tous les personnages du livres ont existé et tous les faits sont réels. Pourtant, il ne s’agit pas d’un documentaire historique mais d’un roman. Oui, mais comment raconter l’histoire de cet attentat sans déformer le réel ? Comment raconter, maintenir le lecteur en haleine sans romancer et sans trahir l’Histoire ? C’est la question que se pose Laurent Binet tout au long de son roman. Le lecteur lit donc deux livres en un : le roman sur l’attentat, et le journal de bord de l’écrivain qui s’interroge sur la manière dont il doit s’y prendre pour raconter un pan de l’Histoire qui lui tient à cœur sans le déformer et pour être le plus précis possible sans être barbant.Le pari était risqué de livrer ses réflexions d’auteur au sein même de l’intrigue mais je dois avouer que c’est plutôt réussi. On comprend les doutes de Binet, on se demande quelle solution il va adopter, on compatit – et pour être auteur moi-même d’autant plus ! – au mini drame personnel lorsque son éditeur décide de changer son titre initial Opération « Anthropoïde » pour HHhH (Himmlers Hirn heiβt Heydrich : le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich). On se demande même à un moment si Binet réussira à raconter l’attentat. Pour ne pas être fan de roman historique, je me suis vraiment laissée séduire par celui-ci grâce à cette double lecture qui m’a, en outre, permis d’enrichir mes connaissances sur cette période si sombre de l’Histoire.

Naurile
06/03/14
 

Ce livre n'est pas un "vrai" roman. Il vous raconte l'histoire d'une opération militaire en Tchécoslovaquie dans les années 40. Bien entendu, un peu d'histoire pour remettre cette opération dans son contexte est nécessaire. On peut apprendre pas mal de chose si vous n'êtes pas un spécialiste de la seconde guerre mondiale.Ce livre est original. L'auteur vous explique des fois ses choix. De plus, son style permet une lecture facile et rapide. Je ne me suis pas ennuyé et j'ai apprécié cette originalité.

rpfab
10/12/13
 

Et bien, voilà un roman qui donne matière à réflexion !Avant de nous intéresser au sujet en lui-même, je crois qu’il est judicieux de toucher quelques mots à propos de la narration.Dès le début, Laurent Binet avertit son lecteur (et, en quelque sorte lui-même) qu’il ne s’agit pas d’un livre d’Histoire, certains faits ne collant strictement à la réalité historique. Pour autant, il ne s’agit aucunement d’une fiction, mais de faits historiques avérés.Au fil de cette lecture, les pensées de l’auteur vont venir se mêler à l’histoire, tantôt pour apporter une information, tantôt pour exprimer ses doutes quant à la façon dont il relate un évènement, ou encore pour justifier sa démarche dans l’écriture de cet ouvrage. Une démarche qui traduit l’implication de Laurent Binet dans ce récit, mais qui met également en exergue la difficulté de se remettre en question soi-même face à une Histoire loin d’être mirobolante. S’il est vrai que ses réflexions reviennent régulièrement dans ce roman, pour autant elles ne viennent pas gâcher le récit. Au contraire, elles viennent appuyer des faits, donner de la valeur à cette page d’histoire. Au-delà de ce livre, c’est bien sa passion pour l’Histoire, pour la Tchécoslovaquie que Laurent Binet veut nous faire partager. Et puis il y a l’histoire. Celle qui fait partie de l’Histoire : L’opération Anthropoïde. Son but est d’éliminer celui qui fut surnommé Le boucher de Prague : Reinhard Heydrich. Mais avant d’en arriver à cette opération, c’est le parcours de cet homme que l’auteur nous propose de suivre.Heydrich qui eut un rôle si important dans le IIIème reich, et pourtant je n’ai pas souvenir d’en avoir entendu parler lors de mes cours d’histoire au lycée. En effet, lorsqu’on évoque cette période on parle d’Hitler, Himmler, Göring et Goebbels, Heydrich n’est que très rarement évoqué. Et pourtant, quand on sait que même les hauts dignitaires nazis le craignaient, quand on sait que suite à son « succès » pour maintenir l’ordre à Prague, il était préssenti pour faire de même à Paris… on peut réaliser l’importance et le rôle qu’il a eu. Ce n’est pas grâce à ce roman que j’ai découvert son existance, bien sûr, ni grâce à ce roman que j’ai pris connaissance de l’opération anthropoïde, mais c’est bien grâce à lui que j’ai mesuré l’importance l’homme et de cet attentat.En découvrant son parcours, je n’ai pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le Rudolf Lang décrit dans le roman de Robert Merle, La mort est mon métier. L’un comme l’autre sont prêts à obéir sans condition, l’un comme l’autre sont persuadés du bienfondé de leurs actions. Des hommes faisant parti d’un engrenage, celui du 3ème Reich dirigé par un Hitler implacable. Et puis découvrir que Heydrich s’avère être aussi impitoyable, voir même plus que le Führer lui-même… prendre conscience une fois de plus que si Hitler est l’instigateur du Nazisme, c’est bien parce que d’autres hommes ont suivi qu’il a pu exister. Comme le rappelle d’ailleurs ce roman, Hitler n’était pas présent lors de la conférence de Wansee où l’organisation administrative de « la solution finale à la question juive » a été mise en place. Enfin, arrive la question de l’attentat contre Heydrich en lui-même. Nous suivons la mise en place et l’avancée de la Résistance Tchèque jusqu’à cette fameuse opération Anthropoïde. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur relate les faits. D’une part grâce à ses propres réflexions quant à l’écriture de ce livre. D’autre part, car ce récit, bien que mettant en avant un acte héroïque de la part de résistants, ne verse pas dans le super-héros. Au contraire, il fait bien sentir que Gabcik et Kubis sont des êtres humains avant d’être des résistants. HHhH s’est donc avéré une lecture non pas divertissante, car le sujet ne s’y prête pas, mais en tous les cas très instructive. Et c’est bien sûr sans hésiter que je vous conseille ce livre.

Nelcie
10/12/13
 

Je ne pense pas que si il ne faisait pas parti du Baby-challenge Historique de Livraddict, je me serais arrêtée devant ce livre : ni la couverture, ni le titre ne sont vraiment engageant... Et puis, il faut dire aussi que je ne suis généralement pas fan des bouquins primés aux écritures souvent un peu "prétentieuses".Mais la surprise est vraiment très bonne, même si ça avait assez mal commencé avec les premiers chapitres. L'emploi de la première personne à notre époque pour un roman historique est assez déstabilisant : je ne savais pas vraiment si je devais penser que l'auteur était assez prétentieux pour se donner un rôle dans un fait historique ou si il c'était vraiment impliqué dans l'écriture de ce roman...Au fur et à mesure de ma lecture, j'ai compris que c'était la dernière option la bonne. C'est assez étrange de lire quelqu'un nous raconter ses recherches avec, de temps en temps, des éléments plus personnels de sa vie. Du coup, l'histoire devient à deux voix (l'une dans notre présent et l'autre pendant la seconde guerre mondiale) et on a l'étrange impression que le livre a été écrit au fur et à mesure des recherches de l'auteur (ce dont personnellement je doute !).Honnêtement, je ne connaissais pas du tout cette part de l'histoire. Bien sûr, ce n'était pas la première fois que j'entendais parler d'Heydrich, mais le reste m'était totalement inconnu. J'ai eu beau lire des tas de choses sur cette seconde guerre mondiale, j'en ai appris énormément d'autres à travers HHhH.Le format du livre m'a également bien plu alors que ce n'était pas vraiment gagné au départ : j'avais un peu peur du format concret de l'histoire, surtout que je suis habituée à lire des livres plus romancés que documentés, ce qui n'est pas le cas ici. Mais tout s'est bien passé (ouf !) et j'ai vraiment passé un super moment avec ce bouquin.L'écriture de Laurent Binet m'a beaucoup plu : elle est assez simple, sans fioriture et plutôt imagée. Ce n'est pas qu'il est dans la vulgarisation de l'histoire, mais qu'il sait trouver le ton et les mots pour nous intéresser et nous faire comprendre ces évènements historiques.Finalement, j'aime bien le titre de l'histoire, très énigmatique jusqu'à temps qu'on lise la quatrième de couverture. Ce qui me plait bien aussi dans ce HHhH, c'est qu'on peut aussi y lire Hitler - Heydrich - Himmler ce qui colle aussi pas trop mal à l'histoire ;)Un livre que je vous conseille chaudement !

MademoiselleLuna
28/11/13
 

Rien compris au dernier Binet moi Aucune image , aucun running gag ! Quid de ces héros des temps modernes que furent Robert et Raymonde , cédant désormais la place à cet obscur Heydrich qui , lui , ne me titilla jamais l'ombre d'un zygomatique ! C'est fort de ce constat amer - Michel - que je refermais ce bouquin , frustré et désappointé , quand la vérité dans toute sa simplicité m'apparut enfin ! Allez mettre ça sur le compte du gars enfin touché par la grâce - nan , pas dit la graisse – voire sur celui de mon exceptionnelle perspicacité toute Holmésienne ! Quoi qu'il en soit , et si tout bonnement je ne faillis pas en faisant bêtement preuve d'homonymite aigüe ? Là , ça changeait forcément la donne !Pas fou-fou des bouquins historiques à la base , j'y ai ici trouvé largement mon comptant ! Un complot visant à supprimer l'éminence grise d'Hitler , une écriture originale ou l'auteur nous fait régulièrement part de ses doutes quand à la véracité des faits énoncés , de ses angoisses de la page blanche et c'est un lecteur heureux d'avoir découvert le premier écrit de ce tout jeune prof de français auréolé fort justement du Prix Goncourt du premier roman . Même si les prix , hein , bon..." Le bourreau de Prague " , "la bête blonde " , " l'homme le plus dangereux du IIIe Reich " , voici quelques uns des plus doux sobriquets accolés à ce joyeux drille , planificateur de la solution finale , qu'était Heydrich ! Juste retour des choses que l'opération « Anthropoïde « visant à éradiquer cette bête sans nom , alors 3e dans le monstrueux organigramme du Reich et possiblement appelée à devenir calife à la place du calife ! Historiquement passionnant , humainement terrifiant . Binet , tout en s'interrogeant continuellement et en invitant implicitement le lecteur à en faire de même , parvient à trouver le juste équilibre entre histoire avec un grand H et l'interaction que cette dernière provoque avec son quotidien . Au-delà de ça , l'écriture interactive ne fait pas dans le cours magistral , dans le rébarbatif factuel mais vous entraine dans les nauséabonds méandres de l'Histoire tout en tentant , en plus de vous instruire , de vous faire réfléchir ! Objectif osé s'il en est mais pleinement atteint ! Avant d'en arriver au dernier tiers addictif du bouquin majoritairement consacré à la tentative d'assassinat proprement dite , Binet pose les jalons de l'histoire dans l'Histoire , en en présentant les tenants et les aboutissants , des prémices d'un Nazisme encore balbutiant jusqu'à son funeste destin apocalyptique ! HHhH ,Hemballant Hexaltant hinstructif Hentousiasmant !Un grand merci à Robert B. pour les quatre derniers adjectifs qui ne me seraient pas venus à l'esprit , là , tout de suite , dans l'immédiat instantané et imminent...

TurnThePage
03/11/13
 

Roman décrivant l'opération "Anthropoïde" consistant a l'assassinat en 1942 a Pragues de Reinhard Heydrich, chef de la gestapo, par deux parachutistes tchèques.Peut on réellement parler de roman pour ce type de livre ? Car justement le but de l'auteur est de nous livrer un livre le plus proche possible de la réalité historique donc tout sauf un roman. Au fur et a mesure qu'il nous raconte cet histoire il se met en scène pour nous faire partager ses désirs, ses envies, ses doutes et ses atermoiements sur l'écriture de ce livre. On découvre un Binet qui, au début , sait ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas, un Binet assez rigide. Pour lui, pas question d'extrapoler, ne serait ce qu'un peu. Et c'est un Binet qui juge les auteurs ou les cinéastes qui se sont attaqués a cette période et peu (on peut même dire aucun) ne trouve grâce a ses yeux que ce soit Robert Merle pour "la mort est son métier", Littell pour " les bienveillantes". Il faut du culot (ou autre chose ?) pour se permettre cela quand on écrit son premier roman.Mais au fil du roman on verra un Binet qui découvre les difficultés de respecter son postulat de départ.Le risque dans ce genre de livre où l'auteur intervient dans son récit pour nous parler de lui et de ses problèmes d'écriture c'est de lasser le lecteur et de couper le rythme du livre. Mais c'est là que le miracle intervient : non seulement ce n'est pas le cas mais je dirai même que ses coupures permettent de nous offrir des moments de pause et de légèreté dans un livre qui traite d'un sujet qui ne s'y prête pas.L'histoire en elle même est rendu extrêmement passionnante grâce a une construction très habile. Un roman de plus de 400 pages qui se lit comme un thriller et d'une traite . C'est aussi un hommage a ces deux parachutistes et a ceux qui les ont aidés et qui ont payés de leur vie pour réussir (difficilement) a se débarrasser du "bourreau de Pragues".Ma note 9/10 pour ce livre très original et d'une rare intelligence.A noter que ce roman a reçu le "prix Goncourt du premier roman" 2010. http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
25/10/13
 

HHhH :" Himmlers Hirn heißt Heydrich" (Le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich).Reinhard Heydrich, bras droit d’Himmler, est le numéro trois du Troisième Reich. De la Nuit des Longs Couteaux (l’élimination des SA) à l’organisation de la solution finale, il a joué un rôle majeur dans la terreur nazie.Le livre de Laurent Binet raconte l'histoire de l'Opération Anthropoid, fomentée depuis Londres par le président tchécoslovaque en exil suite à l’annexion de son pays par l’Allemagne. Deux parachutistes (un tchèque et un slovaque), Jozef Gabčík et Jan Kubiš ont pour mission d’assassiner Reinhard Heydrich, alors qu'il est Protecteur de la Bohême-Moravie où il fait régner la terreur. L’attentat a lieu à Prague le 27 mai 1942.Ce récit passionnant est très intéressant sur le plan historique. On voit l’ascension et la chute de l’homme réputé le plus dangereux du IIIè Reich. La relation de l’attentat est un modèle de suspense. Rien ne se déroule comme prévu, la cible sera-t-elle atteinte, les auteurs s’en sortiront-ils ?Mais je trouve dérangeante cette mode des auteurs de se mettre en scène dans leur livre (comme Emmanuel Carrère dans son Limonov). Ici Laurent Binet s’interroge tout au long du livre sur la forme à donner à son livre. Doit-il céder à la fiction lorsqu’il manque de documentation ou doit-il s’en tenir à la restitution brute de la vérité historique. Il en profite pour régler ses comptes avec l’histoire romancée notamment Jonathan Littell avec Les Bienveillantes..

Ludeca
04/12/12
 

Ce roman est vraiment construit d'une manière originale.L'ouvrage retrace les grand moments de la carrière de Reynard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets d'Adolf Hitler et cerveau à la base de la mise en place de la Solution Finale. Très documentés, certains passages font froid dans le dos et montrent à quel point cette période de l'Histoire est effroyable.A travers ses recherches, ses rencontres et ses voyages, Laurent Binet nous fait part de ses interrogations face à l'écriture : quelle est la frontière entre vérité et mise en scène? Quels détails sont importants pour l'histoire/l'Histoire? La mémoire des témoins est -elle réellement sans faille? Qu'écrit-il réellement : un roman ou un récit historique?Au fur et à mesure de la lecture, nous avançons dans l'Histoire et entrons dans la mise en place d'un fait majeur dans la chute du III ème Reich, l'assassinat du bourreau de Prague : Heydrich.Pour cela, nous suivons l'avancée, la résistance et la mise en place de l'attentat grâce à deux hommes, un Slovaque Jozek Gabcik et un Tchèque, Jan Kubis, symbole de la contre force qui tint tête aux Allemands.Cet ouvrage est une mine d'informations sur cette période de l'histoire qui se déroule à Prague et cela m'a vraiment passionnée! J'ai appris beaucoup de choses car le récit est vraiment très détaillé et très renseigné. Agathe

Agathe10000
17/04/12
 

HHhH n’est pas un roman. En tout cas, pas un roman au sens où on l’entend communément. Laurent Binet relate des faits réels: la montée du nazisme avant la seconde guerre mondiale, le rôle de Heydrich dans la mis en place de la solution finale… Pourtant, il a obtenu le prix Goncourt du premier roman en 2010. Décidément, le Goncourt est un prix dont l’attribution échappe à mon entendement (Alexis Jenni obtient le “Goncourt tout court” avec un premier roman, et un livre qui navigue entre l’essai et l’autobiographie celui du Premier Roman. Bref… c’était une parenthèse).L’originalité de ce récit réside dans le procédé narratif: chapitres très courts (de quelques lignes à deux pages), alternant entre la narration d’évènements historiques et le processus d’écriture du livre. On y parle donc de Heydrich, Hitler, Himmler, les SS… et de Laurent Binet.Et en trame de fond, une vérité pleine d’humilité: 80 ans après, comment relater une histoire, constituante de la Grande Histoire, sans faire passer pour des vérités des hypothèses, des supputations, des libertés prises par l’auteur? Ce que Laurent Binet analyse et expose au lecteur, c’est la difficulté de la rédaction d’une biographie posthume. Binet n’a pas interviewé Heydrich. Les pensées qu’il lui prête émergent après analyse de documents historiques. Les dialogues n’ont pas été enregistrés pour la postérité, il faut les imaginer… avec les erreurs d’interprétation que cela comporte.En parallèle de ses réflexions, Laurent Binet déroule les années qui ont précédé l’élimination de centaines de milliers de personnes dans les camps de la mort. Le sujet du roman est fascinant, douloureux: une fois de plus, on a la preuve que la cruauté est une composante de la nature humaine. Il est bon de rappeler également que l’être humain n’a pas changé en cinquante ans et qu’il continue à commettre des atrocités. HélèneLittérature et Chocolathttp://litteratureetchocolat.wordpress.com/

Litteratureetchocolat
17/04/12
 

Sujet inépuisable s’il en est que la 2ème Guerre Mondiale. Voici un pan de l’histoire de l’ancienne Tchécoslovaquie, soumise au joug du 3ème Reich naissant mais déjà puissant. C’est avec originalité pourtant que l’auteur traite du sujet : le lecteur suit les étapes de sa recherche documentaire qui reste pourtant en arrière-plan de l’histoire des personnages. S’il devait exister un nouveau genre, on pourrait qualifier cette œuvre de « roman-doc ».

H ou h pour l'histoire. Le roman historique de Laurent Binet nous narre la vie, l'ascension et surtout la mort, à travers l'opération militaire "Anthropoïde"destinée à tuer Reinhardt Heydrich qui repond au grade d'Obergruppenfuhrer, l'homme le plus dangereux du IIIe reich. Ce livre a obtenu le Goncourt du 1er roman, mais c'est avant tout une analyse historique fine, passionnante, patinée d'une touche personnelle, ponctuée de réferences bibliographiques et cinématographiques.C'est avec richesse et pertinence que l'auteur campe la personnalité du général des armées SS ainsi que l'intervention sous contrôle de Londres. C'est un premier roman très prometteur d'une grande richesse littéraire qui traite un thème délicat avec authenticité d'une plume alerte.

Ce bouquin est donc à la fois un ouvrage historique passionnant, un véritable cours d'histoire, de politique et de stratégie militaire, mais aussi le journal de bord d'un écrivain qui se met au défit de rester le plus objectif possible, le plus proche de la réalité, le plus scientifique, rappelant que l'Histoire, avant d'être fiction, est une science qui tente de comprendre le monde. HHhH est un véritable coup de coeur que je vous invite à découvrir si la seconde guerre mondiale vous intéresse, d'autant qu'il vient de sortir en poche aux éditions du Livre de Poche ! Alors, qu'attendez-vous ?! Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
18/07/11
 

Hhhh rentre dans la liste des romans que je vais conseiller. Il a fait un instant vaciller l’une de mes opinions les plus arrêtées en me montrant que l’on peut parler à la fois de Seconde Guerre Mondiale, de son père et de la Solution Finale, le tout à la première personne du singulier, sans être chiant. Pas mal, non ?

Readingintherain
13/07/11
 

Attiré par ce livre dont je n'avais entendu que du bien, j'avoue avoir été déçu une fois sa lecture terminée.La quatrième de couverture alléchante laissait présager un roman de fiction basé sur des faits historiques dramatiquement réels.Au fil des pages, l'ouvrage m'a semblé être tantôt un roman, tantôt un essai sur le nazisme en Tchécoslovaquie. C'est cette dualité qui m'a gênée le plus. L'écriture et le style employé sont en revanche de très bonne qualité. Au final, j'ai eu l'impression de lire deux livres en un. JB

julienbondue
24/05/11
 

Une chose est sûre: Laurent Binet, astucieusement, sait nous raconter une histoire."Au début, ça m'avait semblé un histoire simple à raconter. Deux hommes doivent en tuer un troisième."Cette histoire c'est celle de 2 parachutistes résistants tchèques qui vont, en 1942, commettre un attentat à Prague contre Heydrich, planificateur de la solution finale et bras droit de Hitler. Tous les personnages de ce livre ont existé. Mais est-ce vraiment un roman comme annoncé sur la couverture ? "HHhH" signifiait chez les SS : "Le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich." ("Himmlers Hirn heiβt Heydrich" en allemand). Après le très, très, très (trop ?) discuté, "Jan Karski" de Yannick Haenel (prix Interallié et prix FNAC 2010) qui raconte l'histoire de Jan Karski, résistant polonais chargé par la résistance du ghetto de Varsovie d'alerter les pays alliés des massacres des juifs, voici donc "HHhH". Deux jeunes auteurs. Deux histoires "vraies"... romancées. Deux procédés romanesques très différents pour raconter l'histoire de l'Histoire.J'apprécie beaucoup le style limpide, de Yannick Haenel et je me range du côté de ceux qui ont défendu son "entreprise romanesque" de prise de l'histoire à son compte... à notre compte. Laurent Binet est très (plus?) malin. Il raconte son histoire, "en direct live". Avec ses bafouillages, ses bégaiements, ses mensonges, ses ratures. Il nous raconte son histoire comme on la lit. Il écrit au fur et à mesure qu'on lit. Je vais citer quelques extraits significatifs de "la technique Laurent Binet". "Les fantômes, il faut s'en occuper, et cela demande beaucoup de soin mais cela, je le savais. En revanche, j'ignorais, et j'aurais dû m'en douter pourtant, qu'un fantôme n'aspire qu'à une seule chose : revivre." Et Laurent Binet sait très bien faire revivre les fantômes de l'Histoire. Le jeune auteur fait référence à Flaubert qui à propos de son Salammbô écrivait : "C'est l'Histoire, je le sais bien, mais si un roman est aussi embêtant qu'un bouquin scientifique..." Et Laurent Binet n'est surtout pas embêtant. "Je dis qu'inventer un personnage pour comprendre des faits d'histoire, c'est comme maquiller les preuves." Et puis, avec modestie et humilité face à "ses" héros de la résistance, "C'est un combat perdu d'avance. Je ne peux pas raconter cette histoire telle qu'elle devrait être." Un autre exemple. La dernière scène qui relate la tragique fin des résistants tchèques, en réalité, dure 8 heures. "Il est midi, il a fallu près de huit heures aux huit cents SS pour venir à bout de sept hommes." L'auteur mettra 18 jours pour écrire cet assaut fatal. (les étapes de l'écriture sont datées du jour : du 1er au 18 juin 2008)Et on y croit. On écoute jusqu'au bout. Malgré le suspens inexistant. Son "truc stylistique" marche. Alors on marche avec lui dans la divine Prague, au côté de héros magnifiques et d'ignobles nazis. Ce livre a aussi le mérite, comme celui de Yannick Haenel, de nous rafraîchir la mémoire, si besoin, sur cette barbarie humaine qu'était le nazisme. Où se trouve la vérité ? Le mensonge ? Le suspens se situe peut-être là. Caché derrière ces deux questions. En tout cas, Laurent Binet sait raconter les histoires. C'est déjà beaucoup... pour un livre...

alaiseblaise
22/05/11
 

Aimant l’histoire, et particulièrement ce qui touche à cette période, de plus, intéressée par des faits plus confidentiels, j’ai profité d’une lecture commune pour lire ce livre qui, au moment de sa parution ne m’avait pas plus attiré que cela…Cet ouvrage est qualifié de roman.....à mes yeux ce n'est ni un roman ni un essai historique; et c'est aussi les deux à la fois !! Cela me gêne. Que ce soit l’un ou l’autre ne me posait, à priori aucun problème. Mélanger les deux genres, en revanche me laisse sur une grosse faim dans la mesure où je ne sais pas où me situer.L'idée de départ est intéressante: parler d'un fait historique un peu confidentiel (en tout cas pour moi), d'une réalité dont on perle peu: la résistance autre que française au nazisme....Mais, l'auteur est trop présent dans son récit, il ne prend pas assez de reculJe n'ai pas les connaissances assez étoffés pour juger du bien fondé ou pas de ses interventions, et de ses prises de position, mais le principe me gêne....Je n’ai pas beaucoup apprécié certaines affirmations péremptoires, blessantes, à l’égard de personnalités politiques du moment, ou d’écrivains.L’auteur a des liens personnels avec la Tchécoslovaquie ; je lui reconnais d’avoir abondamment documenté son ouvrage, un peu trop par moment…Le livre a l’avantage de se lire rapidement, d’être composé de chapitres courts, voir très courts ; ce qui compense un peu la lourdeur de son implication personnelle. Je ne garderai pas un souvenir impérissable de ce livre, plus en raison de la forme, que le fond avec cependant quelques réserves émises concernant la partialité de l’auteur.

mimipinson
13/05/11
 

Alors ça, je ne savais pas que 2 hurluberlus tchèques avaient réussi à tuer un général allemand en pleine rue. Du coup, j'ai appris pleins de choses sur les armées des ombres des pays occupés en 40, et comment tout était affaire de chance, ou de malchance.Mais des découvertes, j'en ai sans doute moins faites que l'auteur lui-même qui se documente sur son sujet, sujet qui l'envahit peu à peu et dont il nous fait partager cette invasion jusque dans sa vie privée.Car il est question dans ce livre, que je ne peux appeler "roman" du travail de documentation et de préparation de son texte par un auteur.Auteur qui prend de la distance avec son sujet, et qui fait parfois preuve d'humour : "le sport, c'est quand même une belle s....loperie fasciste." p.277Une narration intéressante à plus d'un titre, donc, un livre qui ne fait la part belle à personne - l'auteur s'en empêche - et un écrivain à suivre, si tant est que cette histoire n'aura pas raison de sa propre raison.L'image que je retiendrai (attention spoiler) : La dernière, celle des insurgés se suicidant dans la cave remplie d'eau pour ne pas tomber aux mains des allemands. Alex-Mot-à-Mots

AlexMotaMots
17/03/11
 

1942. Prague, sous protectorat allemand, agonise. Alors qu'on dit que la Résistance tchécoslovaque est morte, un Tchèque et un Slovaque organisent une tentative d'assassinat incroyable contre le redoutable nazi Reinhard Heydrich. Un nouvel espoir pour un pays brisé. Laurent Binet raconte avec un style et une justesse impeccable ce récit surprenant et peu connu. Un épisode plongé dans son contexte par un auteur passionné et très bien documenté. Une façon tout à fait novatrice d'aborder le genre du roman historique. De la part d'une historienne, bravo à Laurent Binet.

Etudiante
10/11/10
 

Une fois n’est pas coutume, j’approuve totalement le choix de l’académie Goncourt ! “HHhH” est pour moi un grand coup de cœur, j’ai été totalement séduit par ce roman. Mais l’appellation “roman” est cependant à nuancer et c’est peut-être justement cette nuance qui donne au livre toute sa saveur. En effet, Laurent Binet s’est énormément documenté sur Heydrich et surtout sur l’attentat dont il a été la victime (tant sur sa préparation que sur ses conséquences). Il nous propose donc ici un livre qui a des allures de documentaire historique mais qui parfois penche aussi du côté de la fiction. L’auteur reconnaît ainsi manquer à certains moments de certitudes sur la façon dont s’est déroulée l’Histoire et laisse son imaginaire combler les vides. Tout au long du livre, au fur et à mesure que l’attentat se prépare, Laurent Binet partage donc avec nous ses hésitations ce qui apporte d’une part de la crédibilité à ses propos (on sait ce qui est avéré et ce qui est supposé) mais aussi une certaine originalité.Au-delà de ces considérations sur la part du fictif et du réel, il faut bien reconnaître que le thème du livre est passionnant et qu’il n’y a que l’Histoire pour écrire pareil scénario, tout est là pour en faire une histoire prenante : les héros, les méchants et même des traitres. Pourtant, la triste et effroyable réalité est présente tout au long du livre où plusieurs actes barbares des nazis sont relatés. Non, ce n’est pas de la fiction, cette histoire a bien eu lieu. C’est peut-être aussi pour cela que je me suis attaché à Gabcik et Kubis et que j’ai lu avec une pointe d’anxiété le moment où l’attentat a lieu et où Laurent Binet décrit autant qu’il le peut chaque seconde de ce court instant qui semble pourtant interminable.Il m’a semblé que Laurent Binet a réussi à trouver dans ce livre un juste équilibre, malgré sa passion pour cet évènement il arrive a relater de façon assez neutre ce

Artsouilleurs
23/09/10
 

A force d'hésiter entre essai historique et roman type work in progress, Laurent Binet gâche une fin superbe ! Tout ça (les 2/3) pour ça ? Fallait élaguer sérieusement et tenter l'hybridation comme le magnifique "jan Karski" de Yannick Heanel...Bon point pour avoir fait ressurgir cet épisode de la WW2, j'ai effectivement passé du temps à me documenter sur le" boucher blond" l'immonde Heydrich. ganeshmira

ganeshmira
28/07/10
 

Un très bon livre qui alterne les pensées de l'auteur qui a vécu à Prague et adore la ville (tout comme moi!) et l'histoire d'Heydrich qui pendant la 2ième guerre mondial règne sur le protectorat de la Tchécoslovaquie. C'est très documenté et vraiment intéressant. A lire sans attendre. Cat

cfons
27/07/10
 

HHhH (Himmlers Hirn heisst Heydrich c’est-à-dire le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich) Les romanciers français auraient-ils une passion pour la seconde guerre mondiale ? Si je m’en tiens au nombre de romans qui paraissent sur le sujet, je serais tentée de dire oui. Pourquoi ? Plus compliqué… Peut-être faut-il chercher une réponse dans l’actualité de ces jours-ci : les partis d’extrême-droite et néo-nazis dans plusieurs pays d’Europe (Hongrie, Pays-Bas…) n’ont jamais été aussi florissants et utilisent finalement les mêmes bouc-émissaires qu’en 1942 : les roms, les juifs et les étrangers… Alors HHhH, Un roman de plus sur le nazisme et ses dirigeants ?Effectivement une partie du roman relate comment 2 parachutistes tchécoslovaques sont envoyés en mission à Prague en 1942 pour assassiner Heydrich « l’homme le plus dangereux du IIIème Reich ». Mais c’est bien plus que cela. C’est un hymne d’amour à la ville de Prague. C’est une autobiographie. C’est un jeu sur le temps et l’espace. C’est une réflexion sur le roman historique... LB nous promène dans un univers intérieur franchement jubilatoire et

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  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.24 kg