Il faut qu'on parle de kevin

SHRIVER, LIONEL

EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 16/04/08
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Aux Etats-Unis, de nos jours. A la veille de ses 16 ans, Kevin Khatchadourian exécute neuf personnes dans son collège.

A travers des lettres au père dont elle est séparée, sa mère retrace l'itinéraire meurtrier de son fils.

Un roman coup de poing qui obsède longtemps après la lecture. Le face-à-face entre un ado sociopathe qui a perpétré une tuerie dans son lycée, et sa mère, la seule à avoir compris la vraie nature de son fils. Lionel Shriver s’est imposée avec ce livre comme une des plus grandes auteurs anglophones actuelles.
Yvain ,
Librairie
(C.cial Okabé)
15 personnes en parlent

Un livre dérangeant qui a fait débat au sein du comité. Coup de cœur pour certains, coup de poing pour d'autres, une histoire qui remue et touche au plus sensible et au plus intime de chacun (le rôle de parent). Un roman qui marque tous ses lecteurs.

Un livre surement perturbant et inquiétant, mais écrit d'une façon magistrale, il nous plonge dans l'univers cauchemardesque de la mère d'un petit "monstre", dans sa réflexion sur la nature de l'amour maternel, qui n'est pas forcement donné, mais parfois plutôt à conquérir.

Valeria82
04/03/12
 

Voilà LE livre qui m'a le plus marquée ces dernières années. Une femme écrit à son mari. "Il faut qu'on parle de Kévin", leur fils.Cette mère décrit son impuissance face au drame inéluctable qui va bouleverser sa vie et sa famille. Ces lettres retracent son long parcours qui vire au cauchemar.Un dénouement qui m'a laissée abasourdie et glacée.

Correspondance à sens unique entre une femme et son mari relatant les 18 premières années de leur fils, auteur d'un massacre collectif. Il faut qu'on parle de Kevin est un roman qui bouscule parce qu'il nous parle de choses aussi fondamentales que l'éducation d'un enfant, les limites à poser,l'amour filial et parental, les premiers instants si déterminants. Tout est dit: bonne écriture rythmée, récit haletant, anecdotes parfois brèves mais si violentes . Lionel Shriver a ce don unique de glisser dans une phrase une information fondamentale et parfois brutale, puis de la noyer dans le récit. Une grosse claque littéraire et assurément un vrai coup de cœur !

Cave
12/03/11
 

Parmi les craintes des parents angoissés/pessimistes, il y a celle d'avoir engendré un monstre, un tueur... Près de deux ans après le carnage commis par son fils de seize ans, Eva, sa mère, éprouve le besoin de s'épancher auprès du père de son enfant - dont elle est désormais séparée - sur le passé, sa vie de couple et de mère, via de longues lettres qui restent sans réponse.J'ai beaucoup aimé le ton de ce récit, d'autant plus que je craignais du sensationnalisme aussi sanguinolant que larmoyant, style polar/best-seller de plage. Rien de tel, au contraire. Des analyses froides, lucides, d'une femme digne, admirable, qui garde la tête haute et voit en son propre sentiment de culpabilité un soulagement, une façon comme une autre de pouvoir continuer à vivre. le style n'est pas des plus simples, la syntaxe est recherchée, le ton elliptique et l'humour grinçant, cynique, notamment lors des joutes verbales mère-fils. On avance crescendo dans l'horreur, à mesure que l'enfant grandit et que les cas de meurtres en masse perpétrés par des mineurs se multiplient aux Etats-Unis.Un seul élément m'a gênée, et hélas il a quand même son importance : l'ado-tueur est dès sa naissance un monstre de froideur, d'indifférence, capable de nuire de façon perverse et calculée dès quatre ans (voire avant), une véritable incarnation du diable qui pourrit rapidement les relations du couple parental. Ré-écriture de l'histoire par cette mère (fictive) effondrée ? Un moyen pour l'auteur de rassurer le lecteur que son propre enfant ne tombera jamais si bas ? Ce côté caricatural et réducteur est la seule fausse note, il me semble en effet que tout peut arriver à tout le monde... J'espère que Lionel Shriver ne prétend pas faire de ce cas une généralité...Question à approfondir avec le film Bowling for Columbine de Michael Moore (2004). Canel

Canel
31/01/16
 

La maternité selon Shriver Dans ce roman, Lionel Shriver brise un tabou en se penchant sur cet amour maternel qu’on tient habituellement pour inné à travers le désarroi d’une mère confrontée à un enfant qu’elle pressent foncièrement malfaisant dès sa naissance. Mais peut-on haïr la chair de sa chair ?La narratrice, Eva, écrit à son mari dont elle est séparée pour lui faire part de ses états d’âme et de ses réflexions depuis que leur fils de 16 ans a tué dix de ses condisciples au collège. Le choix de la correspondance à sens unique donne une dimension excessivement intime à ses propos et accentue l’horreur de ses révélations. Eva avoue qu'elle ne voulait pas d'enfants, décrit le vide émotionnel qu'elle a ressenti à la naissance de son fils, les faux câlins qu'elle s'est forcée à prodiguer, alors que son mari se pâmait d'adoration pour le bébé. Si les médecins avaient trouvé à Kevin une tare ou un syndrome, peut-être aurait-elle éprouvé un soupçon de compassion... Le temps passant, c’est pourtant le père qui semble le moins en phase avec son enfant : aveuglé par le modèle stéréotypé de la famille américaine parfaite, il ne veut – ne peut ? – à aucun moment admettre que son fils puisse sortir du cadre bourgeois prédéfini. Jusqu’au bout, il prend la défense de Kevin, trouve des excuses à ses actes les plus violents, lorsqu'il ne se voile pas purement et simplement la face. Mais c’est bien la question de l’absence d’amour maternel qui est au cœur du livre : peut-elle conduire un adolescent à commettre l’indicible ? Le monstre est-il bien celui qu'on croit ? Lionel Shriver, qui refuse toute sensiblerie, ne nous dit pas lequel, de la mère ou du fils, plaindre ou craindre. Le personnage d’Eva bouleversera certains par sa franchise, en révulsera d'autres par sa froideur. Alors même qu’elle développe une perception très extrême d’une maternité aux conséquences implacables, Shriver parvient à faire de ce roman terrible, aussi glaçant que passionnant, une totale réussite.

beraud@archimed.fr
03/11/15
 

J'avais emprunté ce livre à la bibliothèque sans réellement savoir de quoi il pouvait bien parler (ou l'art d'avoir une confiance aveugle dans les jugements littéraires des lecteurs de Livraddict...) et je ne suis pas du tout déçue de cette lecture, au contraire !J'ai vraiment été happée par cette lecture qui est aussi dérangeante que terrifiante et j'ai vraiment passé un très bon moment avec (c'est vraiment spécial d'écrire un truc pareil sachant les horreurs que contient ce bouquin).J'ai été assez étonnée de découvrir Eva : elle est loin d'être une mère exemplaire, elle n'a jamais vraiment aimé son fils et pourtant, elle reste là, à venir le voir toutes les semaines en prison, alors qu'il a commit l'irréparable et gâché toute sa vie. J'ai l'impression que leur relation s'est franchement améliorée depuis le drame, peut-être parce qu'ils savent dorénavant exactement à qui ils ont affaire.J'ai été assez énervée pendant tout le bouquin de voir finalement dans quel solitude était Eva quand elle racontait ses déboires avec Kévin quand il était plus petit. C'est étonnant de voir avec quelle force les personnes peuvent être capable de refuser certaines choses... Je pense que c'est surtout le fait de ce dire que tout ça aurait pu être éviter si certaines personnes avaient accordées plus de crédit aux paroles d'Eva qui m'a autant agacée.La fin m'a vraiment bouleversée, je suis sûre et certaine que j'avais pensé à cette éventualité pendant ma lecture mais je n'y croyais pas du tout ! Du coup, la réalité de la situation m'a vraiment frappée de plein fouet... Cette fin est vraiment très forte.Pour être honnête, Eva ne m'a pas vraiment plu : elle se décrit dans ses lettres comme étant une femme très froide et solitaire... Du coup, je ne me suis pas sentie réellement proche d'elle surtout du point de vu de sa sphère familiale.Idem pour son mari que j'ai trouvé un peu trop gnangnan et crédule. Par contre Kévin et sa petite sœur m'ont davantage plu. Elle, parce qu'elle m'a beaucoup touchée avec sa gentillesse et lui, parce que je n'en reviens toujours pas de ses dons de manipulation.L'écriture de Lionel Shriver est assez froide et représente parfaitement l'idée que je me fais d'Eva à travers ses lettres... Après, c'est peut-être aussi que je me représente une Eva froide à cause de l'écriture de l'auteur ! Cette froideur m'a vraiment gênée par moment parce que du coup, l'on ne s'identifie pas aux personnages et l'on se sent un peu dans une position de voyeur. Il y a du coup une vraie distance entre le ressenti de la jeune femme et les actes de son fils... J'ai beaucoup apprécié ce recul qui nous permet vraiment de poser un regard différent sur les évènements qui se produisent dans ce roman : on n'est ni dans le jugement, ni dans la compréhension... on apprend seulement à accepter ce qui s'est passer et à faire avec.Il faut qu'on parle de Kévin est sans aucun doute un roman à découvrir.

MademoiselleLuna
02/02/15
 

L’histoire est aujourd’hui connue, depuis le film avec l’excellente Tilda Swinton, mais j’ai lu ce livre il y a quelque temps déjà et je me suis pris une claque.Un livre d’autant plus poignant et saisissant (voire glaçant) qu’on est informé dès les premières pages de ce qu’a fait Kevin, le fils de la narratrice. Le roman se déroule telle une longue lettre de la mère au père (qui ne répond jamais). La mère a besoin de comprendre comment ils en sont arrivés là, à l’inéluctable. Elle raconte leur histoire, la sienne, celle de sa famille, avec une lucidité qui fait froid dans le dos. Le ton est posé, calme, et l’on ne peut qu’admirer cette femme pour savoir garder son sang-froid alors que tout autour d’elle vole en éclats.Le portrait de l’adolescent est terrifiant. Et l’on assiste tout au long du roman, tout au long des premières années de Kevin, à un duel mère/fils.Difficile à chasser de son esprit, un roman indubitablement dérangeant et marquant, avec un final à couper le souffle.

johnnygohome
29/01/15
 

Il faut qu'on parle de Kevin Une mère américaine revient sur sa relation avec son fils meurtrier et essaie de comprendre pourquoi ?Des coups de poing dans l'estomac qui font finir à genoux !

90010532
19/09/14
 

A quelques jours de ses seize ans, Kevin Khatchadourian a tué plusieurs personnes. Sa mère, Eva, adresse des lettres à son mari, Franklin, dans lesquelles elle revient sur leur histoire en tant que couple puis en tant que parents, évoquant également sa vie actuelle depuis ce JEUDI meurtrier dont ses visites à Kevin en prison.A force d’entendre et de lire des avis sur ce livre, je croyais le connaître. Or je me rends compte que mon regard est assez différent de ce que j’ai pu entendre et lire.Il est vrai qu’en fonction de notre vécu, de nos valeurs et croyances, nous appréhendons ce livre sous un angle particulier. Car cette histoire, plus que d’autres, est sensible au filtre de notre personnalité. Par exemple, je me suis beaucoup identifiée à Eva ; seul son amour indestructible pour son mari m’a dérangée. En effet, au-delà des différences de chacun, voire du manque de confiance que ce dernier lui témoigne et qui aurait suffi à me faire larguer les amarres, j’ai été choquée qu’elle reste avec lui après qu’un de leurs enfants ait agressé l’autre de façon irréparable et que Franklin continue à défendre l’agresseur sur la base de l’absence de preuves. Eva n’a certes pas de preuve mais elle sait, et le lecteur aussi, que Kevin est le responsable. Ce livre est généralement étiqueté comme un roman sur la parentalité, or je doute que ce soit aussi simple que cela, sans parler de la fameuse « violence des jeunes » qui relève quasiment du hors-sujet en l’espèce. En dépit de longueurs, Il faut qu’on parle de Kevin est un livre dont la subtilité est rarement relevée et sa construction est une véritable réussite. Si Lionel Shriver revient inlassablement sur les mêmes thèmes (la difficulté pour Eva à se construire une image de mère, voire à être mère, les confrontations entre les deux parents, le comportement éprouvant de Kevin, …), elle a plan dont la finesse ne se révèle que par petites touches. Ce sont des remarques « en passant », des détails auquel le lecteur ne fait pas toujours attention mais aussi des « trous » dans l’histoire qui prennent tout leur sens à la fin. Cela force l’admiration. Rien n’est simple (et encore moins simpliste) dans ce roman contrairement à ce que l’événement déclencheur pourrait laisser penser. Il n’y a pas de « méchants » ou de « gentils » mais des gens qui cherchent leur place et un gamin qui a décidé d’office que le rejet (de tout et de tout le monde) était sa seule façon de tenir le coup dans un monde où les apparences prédominent.Il est intéressant de s’attarder sur le regard que porte la société sur le parent d’un « monstre », un regard très réduit, qui est fondamentalement égoïste, qui juge comme cela l’arrange. Non que cela m’étonne mais je trouve que c’est aussi violent que les actes de Kevin. Dans un pays où la peine de mort existe encore, on devine la frustration de ceux qui auraient voulu que Kevin soit tué. Si je peux comprendre qu’un parent ayant perdu son enfant éprouve ce genre de sentiment, je suis plus réservée envers ceux qui n’ont pas été touchés mais qui traitent néanmoins Eva comme une pestiférée. Elle a eu sa dose de malheurs elle aussi (et le simple fait que votre fils soit un meurtrier est une croix bien lourde à porter il me semble), ce que tout le monde oublie préférant une vision de la réalité en noir et blanc. Comme le dit une mère en visite à la prison : « C’est toujours la faute de la mère, pas vrai ? »Il faut dire qu’Eva est une femme qui a réussi professionnellement (elle est à la tête de sa propre entreprise, qui plus est florissante. Eva est une « self-made woman » et elle est riche.) L’acte de Kevin sera l’occasion de lui faire payer sa réussite, de se venger et de révéler les jalousies. Comme je l’évoquais au début, c’est le personnage d’Eva qui a retenu mon attention. Au fond, le livre est plus focalisé sur elle que sur Kevin ou encore sur les liens familiaux, à moins que l’on étende ces derniers à la relation entre Eva et sa mère. Elle est parfois agaçante mais toujours émouvante. C’est une femme forte comme je les aime. Elle est lucide et c’est certainement cela qui la rapproche de son fils : elle l’a percé à jour dès le début et il le sait. Le dialogue existant entre eux est certes fait de beaucoup de silences et de batailles mais il est bien présent, même quand Eva croit qu’elle n’arrive pas à créer du lien avec Kevin. En revanche, Franklin, plein de certitudes, vit à la surface des choses. Il ne voit rien, ne veut pas voir, parce que c’est confortable.Kevin est également un personnage intéressant. Il comprend vite mais ne pipe mot et les petits jeux des adultes l’agacent dès le plus jeune âge. Il voit à travers eux et cela lui rend les artifices insupportables. C’est pourquoi sa mère est finalement plus proche de lui que ne le sera jamais son père, alors même que la première a du mal à se faire à son statut de mère quand le second se fait un devoir d’être un père parfait (selon l’idée qu’il se fait du rôle). Kevin n’est pas fait pour les faux-semblants. Il voudrait accéder à une sorte de pureté qui s’approche du nihilisme. L’analyse sans concession de Lionel Shriver est brillante et son nouveau roman, Big Brother, me semble être tout aussi dérangeant que ce livre-ci, c’est-à-dire intéressant. Dans une interview concernant Big Brother, l’auteur disait qu’il fallait appeler un chat un chat (un obèse est gros, point barre) et non pas user de périphrases politiquement correctes. Il ne s’agit pas d’être « méchant » mais de nommer un état, un fait, sans détour. Or je crois qu’une des forces de Il faut qu’on parle de Kevin réside dans cette langue directe, parfois violente mais essentielle pour avancer dans la vie.Deux choses m’ont faite tiquer : l’une vient de l’auteur, l’autre de l’éditeur. La première est un détail mais la fan ne pouvait que le relever : un républicain qui écoute des CDs de Springsteen dans sa voiture (ou ailleurs), c’est tout sauf convaincant.La seconde est nettement plus ennuyeuse. En effet, on peut se demander si le livre a fait l’objet d’une relecture entre quelques tournures bizarres et quantité de coquilles ; c’est assez navrant. J’aurais cru qu’ils avaient plus de moyens chez Belfond…

mycupoftea
18/09/14
 

Ne vous y trompez pas, ce roman est une fiction. Longue à démarrer au départ, puis plus passionnante ensuite malgré quelques ecueils.L'histoire est longue à démarrer car Eva, dans ses premières lettres, fait longuement le récit des premières années de son idylle amoureuse, de la si belle vie de leur couple à Tribeca au milieu d'autres couples sans enfants. Elle, jeune femme à la tête d'une publication de guides touristiques, lui, faisant des repérages photos pour la publicité.Pourtant, leur couple semble mal assortie : Eva voyageant tout le temps, Franklin plutôt ami de Reagan et de l'Amérique forte. Ils se marient toutefois et Franklin insiste lourdement pour avoir un enfant.C'est là que les ennuis commencent car Eva n'en veut pas, de cet enfant. Qui le lui rend bien en refusant tout ce qui vient de sa mère dès sa naissance : ce bébé refuse de têter son sein.Qui plus est, Franklin achète une grande maison pleine de vide en banlieue, la comble de l'horreur pour sa femme.Bébé infernal (les nounous se succèdent), il devient un enfant flegmatique qui porte une couche jusqu'à ses 6 ans. En public, il ne laisse rien paraître de ses émotions, mais joue déjà de mauvais tours à ses camarades. Son père n'y voit que du feu et le soutient sans cesse.Adolescent, il lance sa propre mode en ne portant que des vêtements trop petits pour lui. Bien sûr, il se fait le plus discret possible dans son lycée en n'ayant que des résultats corrects. Paradoxe de l'adolescence qui veut à la fois exister en dehors des autres mais également se fondre dans la masse.Tout au long de son roman épistolaire (même si il n'y a pas de vrai correspondance car Eva ne reçoit jamais de réponses), l'auteur (ou plutôt Kevin et sa mère) évoquent régulièrement les tueries qui se déroulent un peu partout aux Etats-Unis, régulièrement. Rien que cela fait froid dans le dos.Un bémol à ajouter à ce roman riche : l'auteur se lance parfois dans de longs développements sur le mode de vie américain qu'il dénigre passablement. Ces passages m'ont paru fort longs.A travers ce roman, l'auteur tend à démontrer qu'il n'y a pas de pourquoi. Tout les personnages se demandent sans cesse pourquoi un tel acte. Mais Kevin est bien en peine de répondre, trop jeune et trop enfermé dans son mode de fonctionnement.Sa mère, à travers ses lettres et en revenant sur les événements passés tente d'expliquer le geste de son fils : ce fut un bébé et plus tard un garçon en colère. Contre qui, contre quoi....Ceci dit, au contraire du film dans lequel le réalisateur tend à démontrer que c'est la faute de la mère, dans ce roman, l'auteur démontre clairement que c'est le père le vrai coupable. Américain moyen, son fils n'est qu'un jouet pour lui. Il ne cherche jamais à le comprendre, mais toujours à l'excuser. Alors qu'Eva, elle, cherche à percer le mystère de son fils.L'image que je retiendrai :La passion de Kevin pour le tir à l'arc, passion qui va s'avérer fatale. Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
03/02/13
 

Ce livre m’a énormément touché. Une brique mais pas ennuyante du tout, d’ailleurs elle m’a paru trop courte, car arrivé à la fin j’étais triste de tourner la dernière page. J’ai vraiment été transporté par cette histoire – atroce disons-le. Eva retrace sa vie avec Kevin, ce qu’elle a fait, ce qu’elle aurait peut-être du faire, ce qu’elle n’a pas fait. Sa relation avec Kevin est très complexe, on sent bien qu’elle a du mal à l’aimer, elle explique même à un moment qu’elle croyait qu’aimer son enfant c’était cadeau, et que ce n’est pas exactement ce qui s’est passé. Alors est-elle pour autant responsable de ce qui est arrivé? Honnêtement vu le caractère affreux de Kevin je comprends qu’elle ait eu du mal à s’attacher à lui. De plus chaque fois qu’elle voulait le punir, lui montrer qu’il faisait mal, Franklin – son mari – cassait son coup, surgâtant l’enfant. Autant le dire tout de suite j’ai détesté Franklin, certes il adorait Kevin mais je l’ai trouvé franchement aveugle, et incapable d’écouter sa femme. Il en faisait beaucoup trop, et à aucun moment je n’ai pu l’aimer. Alors que je me suis attachée à Eva, à ses difficultés, à ses peurs, ses doutes et parfois même à une sorte de sadisme qu’elle éprouve à énerver Kevin, à le faire réagir (il ya des dialogues terribles dans ce livre entre les deux, c’est à se demander qui sera le plus méchant envers l’autre, et pourtant leur lien paraît vraiment fort), et malgré son caractère difficile et son côté un peu « psychopathe » je me suis également attachée à Kevin. Il y a quelque chose de triste chez lui, certes il est hyper désagréable et ne regrette rien de son acte, et pourtant il m’a vraiment touché. Il a une armure ce gosse et se cache derrière, et parfois elle se fissure et on voit un bout de lui, et c’est ça que j’aime. Oui il est horrible, et non ce qu’il a fait n’est pas pardonnable, mais c’est tout je me suis attachée à lui quand même. Bien plus que son père d’ailleurs. La fin est pfiouuu, vraiment touchante, j’ai pleuré (alors que j’étais dans le bus). C’était un livre vraiment magnifique, je l’ai dévoré, je me suis pas ennuyée du tout. Si au début j’ai eu un peu de mal avec le vocabulaire utilisé et la façon de parler (il faut réfléchir en lisant quoi), je me suis très très vite plongée dedans et chaque fois c’était trèèèèèèès dur d’en sortir.Maintenant je veux voir le film. Et vraiment je vous recommande ce livre.

lasurvolte
08/11/12
 

Un livre coup de poing qu'on ne peut pas oublier. A éviter quand on est enceinte ou qu'on a des relations un peu tendues avec ses enfants. Une copine avec qui j'ai partagé mes reflexions sur ce livre n'avait pas vu la possibilité que tout soît causé par le manque d'amour maternel et que tout le récit soit faussé par le parti pris de la narratrice, et il est vrai que Lionel Shriver a choisi ici un sujet hautement tabou. Les indices sont tout de même là pour indiquer que cet enfant aime sa mère et que tout ce qu'il fait, il le fait dans le but de trouver cet amour: à la fin, il a la photo de sa mère avec lui. Et puis, l'acte final, terrible en est une autre preuve. Ce livre a été très critiqué, notamment sur la qualité de son écriture. Je n'y ai rien trouvé à redire

cocalight
16/07/12
 

La maternité selon Shriver Dans ce roman, Lionel Shriver brise un tabou en se penchant sur cet amour maternel qu’on tient habituellement pour inné à travers le désarroi d’une mère confrontée à un enfant qu’elle pressent foncièrement malfaisant dès sa naissance. Mais peut-on haïr la chair de sa chair ?La narratrice, Eva, écrit à son mari dont elle est séparée pour lui faire part de ses états d’âme et de ses réflexions depuis que leur fils de 16 ans a tué dix de ses condisciples au collège. Le choix de la correspondance à sens unique donne une dimension excessivement intime à ses propos et accentue l’horreur de ses révélations. Eva avoue qu'elle ne voulait pas d'enfants, décrit le vide émotionnel qu'elle a ressenti à la naissance de son fils, les faux câlins qu'elle s'est forcée à prodiguer, alors que son mari se pâmait d'adoration pour le bébé. Si les médecins avaient trouvé à Kevin une tare ou un syndrome, peut-être aurait-elle éprouvé un soupçon de compassion... Le temps passant, c’est pourtant le père qui semble le moins en phase avec son enfant : aveuglé par le modèle stéréotypé de la famille américaine parfaite, il ne veut – ne peut ? – à aucun moment admettre que son fils puisse sortir du cadre bourgeois prédéfini. Jusqu’au bout, il prend la défense de Kevin, trouve des excuses à ses actes les plus violents, lorsqu'il ne se voile pas purement et simplement la face. Mais c’est bien la question de l’absence d’amour maternel qui est au cœur du livre : peut-elle conduire un adolescent à commettre l’indicible ? Le monstre est-il bien celui qu'on croit ? Lionel Shriver, qui refuse toute sensiblerie, ne nous dit pas lequel, de la mère ou du fils, plaindre ou craindre. Le personnage d’Eva bouleversera certains par sa franchise, en révulsera d'autres par sa froideur. Alors même qu’elle développe une perception très extrême d’une maternité aux conséquences implacables, Shriver parvient à faire de ce roman terrible, aussi glaçant que passionnant, une totale réussite.

A travers une série de longues lettres adressées à son mari Franklin, Eva Khatchadourian tente d’expliquer, de comprendre l’acte terrible commis par leur fils de 16 ans, Kevin, et d’y démêler sa part de responsabilité. Car un jour – ce fameux JEUDI, Kevin a tué 7 élèves de son collège, un professeur et un employé de la cafétéria. Un massacre pour lequel il ne semble éprouver aucun regret. Et Eva de remonter le fil de sa vie, le fil de sa maternité complexe auprès de ce garçon qu’elle n’a jamais su ni pu aimer vraiment, leur relation se transformant rapidement en guerre sourde, nourrie de non-dits, de harcèlements et de suspicion. Eva dissèque quasi-cliniquement les seize années qui ont mené à ce jour fatal. Récit terrible d’un rendez-vous manqué avec la maternité, Il faut qu’on parle de Kévin ne se résume pas à une simple tentative d’explication d’un drame, aussi terrible soit-il. Il évoque bien plus que cette bataille rangée. Avec acuité, Eva analyse l’Amérique, ce pays de naissance auquel elle ne s’est jamais sentie appartenir complètement. Une société qu’elle n’a de cesse de fustiger, elle, la femme qui courait aux quatre coins de la planète pour échapper à cette Amérique imbue d’elle-même. Un livre dense de réflexions autour du couple, de la maternité, des compromis, de la société américaine, de la notion de liberté. Un livre riche et terrible dont on ne sort pas totalement indemne.

Lencreuse
21/08/10
 

Format

  • Hauteur : 17.90 cm
  • Largeur : 11.10 cm
  • Poids : 0.32 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)
  • Traducteur : FRANCOISE CARTANO

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