Il n'y a pas de grandes personnes

SAINT-ANDRE, ALIX DE

livre il n'y a pas de grandes personnes
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 06/11/08
LES NOTES :

à partir de
8,80 €

SYNOPSIS :

« Malraux et moi, ce fut une grande histoire, et j'aimerais trouver pour en parler aujourd'hui les accents de ma passion d'alors, qui exaspéra souvent mes amis les plus intimes, et fit rigoler les autres. J'éprouve la même difficulté que les gens qui racontent un premier amour. Je l'aime toujours, bien sûr, mais mon coeur ne fait plus un bond en voyant ses photos, mes joues ne se mettent pas en feu à chaque fois que j'entends prononcer son nom, mon coeur n'est pas "brûlant dans ma poitrine" quand je parle de lui. C'est un peu poussiéreux ; cela devrait me rassurer, mais m'attriste, en réalité. Reste toujours sa voix. Je ne peux pas l'entendre sans que mon poil se hérisse, et que ma gorge se noue. Il est mort, bien sûr, mais le fait qu'il fût vivant n'a jamais
eu une très grande influence sur notre vie commune. » Depuis un coup de foudre lors d'une dictée par un gris matin d'automne dans un collège du Maine-et-Loire, sa folle passion a conduit Alix de Saint-André à toute sorte d'extrémités. Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole, visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros...
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Quand on a un titre comme ça, on le garde. "Il n'y a pas de grandes personnes" disait Malraux, repris par Alix de Saint-André, et dans l'acception que je lui donne, c'est tellement vrai. J'aime beaucoup Alix de Saint-André. Sans la connaître en rien, sa plume témoigne d'une nature passionnée et excessive, combinaison qui m'a toujours sinon ravie du moins intéressée. J'ai beaucoup aimé "En avant, route !" (où elle raconte son chemin de Compostelle) et "Garde tes larmes pour plus tard" (où elle enquête sur Françoise Giroud). Je n'ai pas (encore) lu le reste de ses écrits. C'est compliqué de parler de ce livre-ci parce que je l'ai autant apprécié qu'il m'a fait bailler, je n'ai pas un avis tranché à son sujet. La grosse première moitié est géniale, carrément. Alix de Saint-André nous parle de son éveil à la littérature, de son amour pour Malraux, de Proust ("J'aime Proust, mais je n'ai jamais été amoureuse de lui; ce n'est pas du tout la même chose."), de son entourage, à l'époque, de ses débuts en journalisme, et c'est merveilleux. C'est du petit lait, on savoure, on déguste, le fond s'allie à la forme pour nous offrir un enchantement de lecture, j'en gloussais presque d'allégresse. J'ai continué à apprécier les passages sur Céleste Albaret ou Sophie de Vilmorin, et les premières esquisses de Florence Malraux. Et puis ça se délite, il m'a semblé que ça tournait un peu à l'obsession, que les anges, tout ça, bof, puis je n'ai plus été en mesure d'absorber la fin, qui est d'un accès beaucoup plus difficile, me semble-t-il, ou peut-être plus obscur. J'ai terminé en diagonale. Mais comment ne pas s'enthousiasmer (et se reconnaître) pour des passages comme (c'est moi qui souligne) :"Déjà trop grandes pour être des petites filles, mais pas encore assez vieilles pour être des jeunes filles, nous étions à l'âge où on lit. Délaissant les bibliothèques rouge et or, rose ou verte, nous dévorions tout papier imprimé sans images, surtout les livres de poche, faciles à planquer sous les bureaux pendant les cours. Il ne s'agissait pas, bien sûr, d'oeuvres au programme, mais de bouquins qui arrivaient par la bande, par les copines ou leurs grandes soeurs. Plus ils étaient gros, mieux c'était. Les sagas familiales ou les pavés dits "romantiques" avaient la cote. Avec Zola. Autant en emporte le vent et les Rougon-Macquart étaient les deux mamelles de la lecture; les Jalna et Boris Vian, ensuite. Les Misérables en outsider. Il y avait aussi des filles qui ne lisaient pas, mais on n'était pas non plus obligées de leur parler.Ces lectures dévorantes entraînaient des échanges, des prêts, mais rarement des discussions au-delà du qualificatif génial. Tout était bien, vachement bien même, et il était impensable de critiquer, même un prétendant idiot de Scarlett O'Hara. On lisait à toute allure, en accélérant dans les tournants; on prenait des livres comme on prend le train.Et nous foncions ainsi, à toute vitesse, à côté de la littérature, ça aurait pu durer longtemps."Ca aurait pu, mais le déclic a eu lieu (elle raconte très bien tout ça, je ne vais pas paraphraser ni tout recopier) (raaa, un peu quand même, "J'étais ivre d'intelligence" dit-elle, "Il s'agit d'une communication foudroyante à un certain niveau de parole et de conscience; une sorte de révélation. On ne m'avait jamais parlé sur ce ton, et de choses aussi importantes. De la vie; de la mort, du destin.", et quand bien même n'aurait-il pas eu lieu : j'ai une immense sympathie pour ces filles qu'elle décrit, pour cet âge que je crois n'avoir jamais quitté au fond du fond du puits que je suis, et Malraux lui-même, un peu plus loin, dira à son dernier amour que l'important c'est de lire ce qui nous plaît. Et je me sens très proche de Mlle Loyen, son prof de littérature à 11 ans dont elle nous dit plus tard : "Elle a mis tout son coeur dans son travail. Elle continue à révéler des adolescents à eux-mêmes, à les déplier, les faire respirer, créer, rêver, penser, parler. Et aimer la littérature. Elle aime les adolescents; elle aime la littérature, et l'amour de la littérature comme il se déclenche chez les adolescents. Juste à cet âge-là. Entre la quatrième et la troisième. Passionnément. Peut-être est-elle d'ailleurs restée, elle aussi, à cet âge-là, pour toujours et à jamais ?"Le dernier mot à Malraux : "Car, comme l'avait dit très fort mon cher Dédé à la tribune du Congrès international des écrivains en 1935, un héritage culturel, ça n'est jamais donné :"Art, pensées, poèmes, tous les vieux rêves humains, si nous avons besoin d'eux pour vivre, ils ont besoin de nous pour revivre. Besoin de notre passion, besoin de nos désirs - besoin de notre volonté. Ils ne sont pas là comme les meubles d'un inventaire après décès, mais comme ces ombres qui attendant avidement les vivants dans les enfers antiques. Que nous le veuillons ou non, nous les créons en même temps que nous nous créons nous-mêmes. L'héritage ne se transmet pas, il se conquiert."A l'assaut ! Sylvie Sagnes

SagnesSy
02/04/13
 

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.60 cm
  • Poids : 0.23 kg

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