Ils sont votre epouvante, et vous etes leur crainte

JONQUET, THIERRY

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 01/10/06
LES NOTES :

à partir de
7,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Ce roman noir a été commencé bien avant ce qu'on a coutume d'appeler « la crise des banlieues » et le meurtre d'Ilan Halimi par le « Gang des Barbares ». Il les annonçait pourtant bel et bien. Banlieue du 93, dite 9-3, septembre. Dans la ville relativement bourgeoise de Vadreuil, le jeune Adrien Rochas apprend et réapprend l'anatomie du cou alors que la schizophrénie le gagne et que sa mère, abandonnée par son mari pour une femme plus jeune, sombre dans la solitude et le désespoir. Pendant ce temps-lâ, Anna Doblinsky, une jeune diplômée de l'IUFM en proie au « pédagogisme », rejoint son premier poste d'enseignante, au collège Pierre de Ronsard, à Certigny. Barres HLM parfaitement sinistres, église délabrée, zone industrielle, boulevard Cachin, carrefour Blanqui et autres place Lénine, trafics de drogue, bagarres entre bandes et influence grandissante des salafistes en kamiss, le décor est planté et il n'est pas joyeux. C'est dans ce milieu qu'Anna Doblinsky va être brutalement
renvoyée à sa judéité par de jeunes élèves plus motivés par la haine antisémite que par le désir d'apprendre et d'échapper au chômage qui les guette. Sauf un certain Lakdar Abdane qui, lui, ne demande pas mieux que d'étudier, mais a de plus en plus de mal à le faire depuis l'accident qui l'a vu perdre l'usage de sa main droite : au collège il faut beaucoup écrire. Dire que tout était écrit ? Certes pas, mais il est des dynamiques qui une fois enclenchées ne s'arrêtent que très difficilement. Et la mort est au bout. Le titre est un vers de Victor Hugo et dit bien le climat de peur qui règne dans certaines banlieues où, la République ayant perdu la haute main, c'est la barbarie ordinaire qui reprend le contrôle des êtres. D'une grande violence et d'un réalisme tel que parfois il fait rire, ce roman de Thierry Jonquet met en scène des dérives qui, si elles ne sont pas corrigées, aboutiront à la désagrégation complète de banlieues qui risquent à nouveau de s'embraser.
12 personnes en parlent

En 2005, Anna débute sa carrière de professeur de français dans un collège de Seine-Saint-Denis. Moussa y est élève en 3ème et, comme la plupart de ses camarades, en échec scolaire… Dans sa classe, seul Lakdar semble pouvoir échapper à la médiocrité ambiante.Richard Verdier est substitut du Procureur. Il n’hésite pas à se rendre sur le terrain et est régulièrement amené à travailler avec le commissaire Laroche et son équipe.Beaucoup de choses séparent ces individus : religions, idées et projets - du moins pour ceux qui en ont -, origines ethniques, âges et situations sociales. La plupart sont cependant amenés à se croiser et à tenter de cohabiter, rarement pour le meilleur et souvent pour le pire dans ce roman noir…Les histoires de ces personnages et la chronique de cette banlieue du 9-3 qui les rassemble est l’occasion pour l’auteur de dresser un portrait sombre de la société française. La critique des institutions et de leur inefficacité est sévère mais réaliste : échec des politiques dites "d’intégration", et inefficacité des systèmes scolaire, judiciaire et médical. Ce sont prioritairement de jeunes enseignants inexpérimentés qui sont affectés dans les collèges difficiles : certains craquent rapidement, d’autres souffrent en silence et/ou enchaînent les arrêts maladie. Jonquet ne se limite pas à la compassion à l’égard du corps enseignant, il se moque aussi du syndicalisme outrancier des uns et des théories pédagogiques fumeuses des autres. En fait, ici tout le monde en prend pour son grade dans cette faillite collective. L’Etat semble avoir démissionné dans cette banlieue où l’ "ordre" public est assuré par les malfrats et/ou par des pseudo représentants religieux. Ce sont vers eux que se dirigent des jeunes auxquels ni l’école, ni la famille n’offrent de repères fiables. « Au Moulin, mais même chose aux Sablières ou aux Grands-Chênes, les keums qui s’étaient sortis de la galère, et il y en avait pas beaucoup, ils avaient pas pleurniché à l’assistante sociale ou chez les profs. Et surtout pas chez leurs vieux. Les vieux, depuis le temps qu’ils trimaient au Smic ou qu’ils se laissaient doucement crever au RMI, ils avaient pas de leçons à donner. Le respect, ils le méritaient pas. La preuve, le père de Lakdar. Le sien valait pas mieux. » (p. 267)L’implication de diverses autorités dans des conflits internationaux comme celui entre Israéliens et Palestiniens ajoute des motifs de crispation entre les populations.Dix ans avant avant le début d’une série d’attentats meurtriers en France (et juste après l'attentat de Madrid), Thierry Jonquet avait repéré, décrit et dénoncé des ingrédients amenant des individus vers l’extrémisme religieux. Il évoque les émeutes de novembre 2005 dans certaines banlieues, émeutes que certains politiques ont alors su habilement exploiter pour leur propagande, mais que presque tous se sont empressés d’oublier. Aucun don de prémonition n'est nécessaire à Jonquet : il observe et décrit le monde dans lequel il vit, brillamment d’ailleurs. La noirceur de son propos n’exclut en outre pas quelques occasions de sourire.Un excellent moment de lecture, et une occasion de réfléchir à propos d’un contrat républicain galvaudé Apikrus

Apikrus
31/01/16
 

Inutile de rappeler que l'Histoire se répète. Quoique... Au vu de certaines réactions de surprise, on peut se demander si nous en sommes vraiment conscients. Comme si nous n'avions pas d'exemples récents - ou actuels, même, mais "loin de chez nous" - de barbarie et de guerre.La preuve s'il en fallait : « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » est un vers rédigé en juin 1871 par Victor Hugo ("A ceux qu'on foule aux pieds"), en référence aux Communards. Il s'applique parfaitement aux émeutes dans certaines banlieues à l'automne 2005, qui servent de cadre à cette intrigue de Jonquet.Dans cet excellent roman, l'auteur montre la complexité de la crise sociale en France, condensée dans les cités 'difficiles' où la mixité sociale est catastrophique - crise aggravée par les difficultés économiques et qui s'exprime au niveau national par un sentiment d'insécurité et un vote extrémiste. Nul manichéisme ici, ce ne sont pas les gentils gaulois et feujs contre les méchants blacks et arabes - ou autre combinaison, ou l'inverse, selon notre degré de politically correct et la distance que nous avons par rapport au sujet. Ce sont des hommes entre eux, donc des loups, des victimes et des bourreaux, de tous côtés. Et d'autres hommes moins impliqués qui voudraient changer les choses, mais assistent impuissants aux drames qui se jouent autour d'eux.Jonquet met bien en perspective l'ambiance de guerre civile dans certains quartiers avec le conflit israélo-palestinien, ainsi que toutes les humiliations que les "croisés" (les blancs) ont fait subir aux Arabes depuis des siècles et des siècles - amen. Ce sont ces mêmes arguments (sans nuances, caricaturés, biaisés) qu'utilisent les islamistes pour pousser des jeunes au terrorisme. « Maintenant, nous les musulmans, on va riposter ! Partout on opprime nos frères, en Palestine, en Irak, en Tchétchénie... Ça a assez duré, on va rendre coup pour coup ! » (p. 79)Bref, pour faire simple, le conflit Orient/Occident n'est pas nouveau et il n'a pas fini de se complexifier avec tous les intérêts financiers, politiques et économiques en jeu au niveau international et dont le citoyen lambda n'a pas connaissance. Et l'école, la police, la justice n'ont pas les moyens d'y remédier quand cette haine s'exprime dans des microcosmes.Si les destins de la jeune prof Anna, du brillant petit Lakdar, de son papa dépassé, du pauvre Moussa complètement paumé - et bien d'autres - vous bouleversent par moments, vous donnent envie de hurler, sachez que ça ne s'arrangera pas au fil des pages, au contraire. Thierry Jonquet écrivait en 1998 dans "Rouge c'est la vie" (récit de son engagement militant) : « J'écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut. » En effet. Jonquet a l'art de nous mettre mal à l'aise lorsqu'on prend conscience que les torts sont partout, et les problèmes sans issue. Mais il nous bouscule et c'est nécessaire... Canel

Canel
30/01/16
 

Après avoir vu le téléfilm Fracture, réalisé par Alain Tasma avec un scénario d'Emmanuel Carrère d'après le roman de Thierry Jonquet, "Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte", j'ai eu très envie de relire le livre de Thierry Jonquet. Ce livre est une véritable fresque de la vie d'une petite ville de banlieue du 9-3, Certigny, celle-ci n'existe pas, Thierry Jonquet l'a inventée. Mais elle est criante de vérité : il y a un centre-ville « vieux village » qui côtoie des barres HLM, des jeunes collégiens en échec scolaire, de la drogue, de la prostitution, de la misère...C'est l'automne 2005, sur fond de conflit social, Thierry Jonquet nous raconte plusieurs histoires entremêlées : celle d'un garçon psychotique, celle d'une guerre de gangs sous la surveillance des policiers et d'un procureur, celle d'une jeune professeur de français débutante et celle de Lakdar, un jeune garçon dont le rêve d'avenir a été brisé...Anna débute dans l'enseignement, après IUFM, elle a eu un poste difficile dans un quartier sensible, elle est confrontée à violence ordinaire celles des paroles mais aussi celles des gestes, elle découvre aussi le désespoir de ceux qui ne croient par à l'avenir. Parmi ces élèves elle rencontre Lakdar, il est différent de la majorités des élèves. C'est un jeune garçon que l'on remarque, il est doué, son rêve, c'est de faire de la bande dessinée. Il a du talent, il a gagné un concours organisé par la ville. Malheureusement, après une chute accidentelle et un plâtre trop serré aux urgences sa main droite reste inerte. Lakdar espère que l'on va l'opérer et qu'il pourra de nouveau dessiner. Mais un médecin plus courageux que les autres lui avoue la vérité : son mal est irréversible, il est infirme. Pour Lakdar, c'est le choc, son rêve est brisé. Anna essaie de l'aider pour qu'il apprenne à utiliser sa main gauche. Mais Lakdar est trop mal pour accepter ses paroles d'encouragement. Il n'a plus rien, il ne lui reste que la violence... C'est roman noir qui dresse un terrible état des lieux des banlieues, le livre a été écrit en 2005 malheureusement il est toujours d'actualité.(...)

Aproposdelivres
13/10/14
 

La banlieue , c'est pas rose , La banlieue , c'est morose , yo , yo , ouaich , ouaich ! Et elle va le découvrir Anna Doblinsky , jeune prof nouvellement promue au Collège de Certigny , Seine-Saint-Denis , enfin l'9-3 comme il est désormais coutume de l'évoquer .Un département gangréné par la drogue , la prostitution , le prosélytisme intégriste...Au pays ♪D'Certigny ♫♪C'est pas joli , joli ♪♪♫A toi Candy !Anna devra gérer de jeunes terreurs , purs produits d'un environnement hostile qui semble déjà les avoir condamnés de par leur triste localisation géographique , latitude 48.856614 , longitude 3.1415926 à vol de kswagen , pour les plus pointilleux...Son lot quotidien ? Insultes , crachats , provocations...De quoi éprouver la solidité d'une vocation héréditaire ! Ajouter à cela un contexte de guerre civile étant sur le point d'éclater et vous obtenez le portrait sans concession d'une ville de banlieue fictive , véritable terreau fertile au pourrissement des corps et des âmes...Jonquet fait habituellement dans le polar fictif .Il décide , dans le cas présent , d'allier fiction et faits avérés pour étayer un propos d'une rare noirceur . Si Moloch m'avait véritablement scotché , ce récit possède comme un p'tit arrière goût de frustration . Rien à redire sur l'évocation d'une poudrière ne demandant qu'à exploser , non , là où le bât blesse , c'est ce sentiment d'avoir le cul entre deux chaises au sortir de ce docu-fiction .J'ai accroché à ces destins croisés de jeunes totalement en perdition , en manque de repères fondateurs et qui se construisent alors dans la violence et la haine de l'autre . J'ai apprécié ces quelques piqures de rappel à l'évocation des émeutes ayant fait la une de l'actualité fin 2005 .J'ai éprouvé amèrement la faillite des institutions que sont l'enseignement , la justice , la politique au profit d'un obscurantisme religieux essaimant à tout va et d'une violence quotidienne semblant inscrite dans les gênes d'une génération délibérément sacrifiée...Cependant , le sentiment final qui prévaut au sortir d'un tel roman est bel et bien celui d'un engouement moindre comparé aux précédentes moutures d'un auteur toujours aussi précis et alerte dans son écriture .Jonquet dépeint la misère intellectuelle et sociale d'une banlieue sans manichéisme aucun sans pour autant apporter de nouvelles pierres à l'édifice d'où ce méchant sentiment d'avoir lu un bon roman sans pour autant en ressortir beaucoup plus intelligent...ce qui , habituellement , est pourtant chose aisée...Ils Sont Votre Épouvante Et Vous Êtes Leur Crainte ( Victor Hugo ) : jusqu'ici , tout va bien...

TurnThePage
04/11/13
 

Le titre est emprunté à un poème de Victor Hugo.Le rapport me direz-vous: simplement qu'à la façon du Victor Hugo des "Misérables", T. Jonquet nous entraine dans les banlieues du 9-3, dans une période bien particulière, la fin de l'année 2005.Aucune préméditation chez lui, il avait envie d'écrire ce récit avant les évènements qui ont secoué nos banlieues en 2005, mais tout ce qu'il dit, tout ce qu'il explique laisse un gout amer dans la bouche.La montée de l'antisémitisme, de l'islamime intégriste... Tout y est.Par petites touches, en faisant le portrait de gamins de ces banlieues, de gens qui y travaillent, il nous fait découvrir un monde totalement étranger;A découvrir absolument!

carolined
26/03/13
 

Thierry Jonquet a emprunté ce titre ô combien parlant à un poème de V Hugo "A ceux qu'on foule aux pieds"Il nous emmène à la rencontre des plus démunis, ceux que l'on préfère ne pas voir, ne pas cotoyer, pauvres silhouettes peuplant une une banlieue imaginaire Jonquet écrit comme un journaliste, même si l'histoire est romancée, et ainsi on parvient à s'attacher à certains personnages Oui mais voilà Jonquet est un romancier qui ne se raconte pas d'histoires sur la nature humaine il témoigne crument et n'épargne rien ni personne.

dvan
18/01/13
 

Certigny, dans le « 9-3 ». Septembre 2005. Collège Pierre-de-Ronsard.D’un côté, Anna, jeune professeure fraîchement diplômée de l’IUFM. De l’autre, ses « apprenants », « une armée d’ados vêtus flambant neuf qui rejoignaient les travées qui leur étaient assignées, bataillon après bataillon » (p. 55). Une véritable armée que va devoir affronter la novice. Parmi eux, Lakdar, un collégien dont elle remarque la main droite inerte, incapable d’écrire. Lakdar qui dès le début lui offre un appui inestimable en lui permettant d’asseoir un semblant d’autorité. Lakdar, un gamin en souffrance, qu’elle va essayer d’aider au mieux, un gamin qui lutte pour s’en sortir, dans cette banlieue du « 9-3 » troublée par des émeutes, qui, déjà, annoncent le basculement de destins singuliers.« Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » : voilà un titre mystérieux qui suggère deux camps antagonistes, unis pourtant par un cauchemar commun. D’un côté, la jeune prof, illuminée par la clarté de son savoir, par la foi en sa mission, pétrie de peur le jour de sa première rentrée, de l’autre des apprenants en milieu défavorisé, éloigné du savoir et de ses promesses. A cette distance, qui se mesure probablement en années-lumière, s’ajoute celle de la religion : la judéité d’Anna se heurte radicalement à un antisémitisme « banal et ordinaire » que lui oppose la cohorte de ses apprenants.Au fil de la lecture, les camps qui s’affrontent changent et s’élargissent : les voyous, plus ou moins bien organisés, qui colonisent certains quartiers versus la justice ; les « jeunes des banlieues », à l’occasion des émeutes qui les embrasent versus la police.Une ambiance pesante plane tout du long de ce roman noir, rendant les traits humoristiques auxquels s’essaie l’auteur encore plus caustiques. Même si le rire est jaune, il reste bienvenu et permet une mise à distance de l’horreur. Car, progressivement, on voit jusqu’où l’auteur va aller, même si, nous indique la quatrième de couverture, l’écriture de ce roman a « commencé bien avant les émeutes des banlieues et le meurtre d’Ilan Halimi ».Vivre dans un milieu défavorisé trace-t-il d’emblée les trajectoires individuelles ? La fin pourrait le laisser penser. Mais le début nous invite à la prudence… L’énigme du titre est résolue vers le dernier tiers : Victor Hugo et quelques vers donnent la clé, « un flot de vers qui vous laissaient sans voix. » Seraphita

Seraphita
14/05/12
 

C'est un roman implacable, qui va bien plus loin que la simple intrigue d'un roman noir. Jonquet y brasse avec beaucoup de finesse et d'analyse, les maladies de notre société. Dit comme cela, c'est pompeux, mais la lecture est beaucoup plus intelligente : plusieurs personnages principaux, encore plus de secondaires, qui au départ n'ont pas beaucoup de liens (quoique) dont on narre les faits et gestes, mais aussi les pensées, réactions, sentiments sont suivis. Ils ont aussi différents que possible dans leurs culture, éducation, histoire, motivation, expérience, et tous sont attachants, intéressants. Jonquet sait faire comprendre chacun de leurs points de vue. C'est passionnant, hyper bien documenté. Le tout sur fond de révoltes de banlieues en 2005, des déclarations calamiteuses d'un certain ministre de l'intérieur, des états d'âme de l'éducation nationale, de la police, de la justice. Tous est clair analysé, rendu sans impression pédagogique. De plus l'intrigue est vraiment réussie. C'est magistral. laurence

laurence
17/02/12
 

J'ai été très étonnée par ce livre qui ne ressemble en rien aux autres oeuvres de Jonquet...c'est le monde des banlieues, le monde de la pègre , de la prostitution et surtout de la haine entre les différentes religions...c'est aussi le désarroi des enseignants et de la police face à ces délinquants...seul bémol, que vient faire Adrien Rochas et son histoire qui n'a rien à voir avec la banlieue?

nelson43
12/05/11
 

Une critique sévère sur le monde de la banlieue et en lisant ce livre je me suis demandée comment ces jeunes pouvaient s'en sortir. Tout est contre eux. Ce livre parle aussi des violences qui se produites en 2005.Rien n'est fait pour ces jeunes alors nous, que peut-on faire ? Astrid

Toinette80
27/04/11
 

Le titre du roman de Thierry Jonquet est tiré d'un poème de Victor Hugo, poème qui se rapporte à la Commune et qui ici est évoqué par le substitut du procureur.Cette citation illustre parfaitement le malaise qui existe entre les différents protagonistes, à commencer entre les pouvoirs publics (pour faire vite) et certains habitants des banlieues.Thierry Jonquet frappe fort et même si la commune de Certigny dans laquelle se déroule une large part de l'action n'existe pas, l'auteur inscrit son intrigue pleinement dans l'actualité de l'époque, c'est-à-dire les émeutes qui ont touché la France en 2005 avec pour point de départ la mort de deux adolescents dans un poste de transformation EDF.Le lecteur tout au long du roman va suivre divers protagonistes, comme Anna la jeune professeur fraîchement sortie de l'IUFM, Lakdar, le collégien victime d'une erreur médical, les frères Lakdaoui, trafiquants de drogue, Verdier, substitut du procureur de Bobigny... Et chacun en prendra pour son grade, à commencer par les institutions souvent incapables de réagir face aux problèmes qu'elles rencontrent.On se rend très vite compte qu'il suffirait parfois de peu pour que certains individus s'en sortent, un soutien familial, éducatif...L'auteur campe au mieux ses principaux protagonistes, à commencer par Anna et Lakdar, personnages attachants qui ne peuvent échapper aux rouages du système.Un roman coup de poing, le dernier de Thierry Jonquet, parfaitement documenté, et passionnant de bout en bout. Maltese

Maltese
08/12/10
 

Voilà un roman très dur mais au combien réaliste sur "le malaise des banlieues" (qui n'est plus seulement un malaise, depuis le temps). L'auteur décrypte à la fois le milieu de l'enseignement et ses professeurs très réalistes, mais également le milieu de la police (mais là je connais moins), ainsi que celui de la délinquance organisée et du terrorisme (et sur ces sujets, j'ai appris pleins de choses). Et puis une petite incursion en psychiatrie aussi, pour un cas plus que lourd. Le titre est tiré d'un vers de Victor Hugo, grand contestataire de son époque : " (...) Vous les avez laissés en proie au labyrinthe.Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ;C’est qu’ils n’ont pas senti votre fraternité.Ils errent ; l’instinct bon se nourrit de clarté ;Ils n’ont rien dont leur âme obscure se repaisse ;Ils cherchent des lueurs dans la nuit, plus épaisse (...)" A ceux qu'ont foule aux pieds, 1872 ; mais toujours d'actualité Alex-Mot-à-Mots

AlexMotaMots
28/11/10
 

Format

  • Hauteur : 22.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.78 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition