Je m en vais

ECHENOZ, JEAN

EDITEUR : MINUIT
DATE DE PARUTION : 07/09/99
LES NOTES :

à partir de
6,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Ce n'est pas tout de quitter sa femme, encore faut-il aller plus loin. Félix ferrer part donc faire
un tour au pôle nord oú l'attend, depuis un demi-siècle, un trésor enfoui dans la banquise.
6 personnes en parlent

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce livre, Echenoz a un style très particulier. Le narrateur jette un regard très détaché sur les choses, ce qui lui donne un côté cynique qui le rend à certains moments très drôle. Il s’amuse à donner plein de détails sur des choses sans importance tandis qu’il passe sous silence des éléments non négligeables. Il intervient à certains moments directement, supplantant ainsi le rôle du lecteur par des remarques totalement subjectives sur ses personnages, comme s’ils vivaient indépendamment de leur créateur, comme par exemple : “Personnellement, je commence à en avoir un peu assez, de Baumgartner. Sa vie quotidienne est trop fastidieuse.”En fait, il semble que le regard désabusé que l’auteur porte sur le monde contamine la fiction, ce qui a un côté à la fois amusant et déstabilisant. J’ai beaucoup apprécié cette prise de position originale par rapport à l’intrigue : le lecteur est de cette manière perpétuellement confronté à l’artifice romanesque qui perd alors son caractère illusoire. D’ailleurs quand on y repense, il n’y a pas tellement d’intrigue non plus, celle-ci n’étant que le prétexte à des digressions incongrues et variées. Quoi qu’il en soit, ça a été pour moi une expérience de lecture enrichissante.Un résumé ainsi qu'un extrait de ce livre sont disponibles sur mon site.

Artsouilleurs
12/06/09
 

Prix Goncourt en 1999 à mon avis justifié tant ce roman dénote de certains autres prix sans saveur.Car Echenoz régale une fois encore son lecteur avec une oeuvre qui vaut davantage pour son écriture que pour son intrigue.Félix Ferrer, galeriste de son état, va se lancer dans un sorte de chasse au trésor un peu folle, et traînera dans son sillage un lecteur brimbalé de péripéties en personnages farfelus.Mais surtout, il y a cette écriture si particulière de l'auteur, qui joue avec les artifices romanesques et apporte une originalité sans nulle autre pareille. Maltese

Maltese
19/03/10
 

Ferrer est galeriste à Paris. Lorsqu'on fait sa connaissance, au début du livre, il dit à Suzanne, sa femme : "Je m'en vais, je te quitte. Je te laisse tout mais je pars." (p.7) On le retrouve ensuite dans sa galerie qui ne marche pas fort, passant de conquête féminine en conquête féminine. Un jour, Delahaye, un homme qui travaille avec lui, l'informe que des objets de grande valeur, rarissimes sont quelque part enfouis dans les glaces du grand nord. Ferrer décide de partir les chercher.Lorsque j'ai dit cela, on pense que c'est un roman à suspense alors que non. C'est l'histoire d'un homme qui essaie de sortir de l'impasse, qui tente de sauver sa galerie, qui en même temps cherche sans arrêt des femmes dont il ne peut se passer. Pas une grande histoire d'aventures, ni un polar, mais les aventures d'un homme lambda. Ce qui compte, dans ce livre, qui, entre parenthèses, a reçu le Prix Goncourt 1999, c'est le style, l'écriture de Jean Echenoz. Il nous trimballe du début à la fin, il nous impose force détails n'ayant aucune importance pour le déroulement de l'histoire, tous aussi inutiles qu'indispensables pour la qualité et le ton du livre. Par exemple, lorsque Ferrer fait une attaque cardiaque, les pompiers sont appelés :" Les pompiers sont des beaux jeunes hommes calmes, rassurants et musclés, ils sont équipés de tenues bleu marine, d'accessoires en cuir et de mousquetons à leur ceinture. C'est en douceur qu'ils installèrent Ferrer sur une civière, c'est avec précision que la civière s'introduisit dans leur camion." (p.161/162) Le texte est constellé de ces détails qui lui donnent un côté détaché et ironique.Le livre est écrit à la troisième personne du singulier, Ferrer étant le personnage principal. Parfois, on voit le monde selon Ferrer, mais l'auteur utilise aussi beaucoup le "on", qui s'il déstabilise un peu au départ augmente encore ce que j'appelais plus haut le détachement et l'ironie : on ne sait jamais vraiment si Jean Echenoz a de la sympathie voire de l'empathie pour Ferrer ou s'il se moque de lui. Pour ma part, la moquerie me semble plus présente, c'est du moins de cette manière que j'ai lu ce roman.Parfois aussi, Jean Echenoz nous prend à témoin, nous lecteurs, par exemple, lorsqu'une jeune femme rejoint Ferrer dans des toilettes "et se mit à vouloir le griffer et le mordre puis, abandonnant toute retenue, le dégrafer tout en s'agenouillant en vue de va savoir quoi, ne fais pas l'innocent, tu sais parfaitement quoi." (p.239) Tellement d'autres écrivains auraient sauté le pas, si je puis m'exprimer ainsi, pour balancer une vulgarité ou pour décrire l'acte, car ça peut faire vendre.Vous l'aurez compris, j'ai passé un très bon moment avec Ferrer et Jean Echenoz pour ce roman Prix Goncourt 1999 ; Jean Echenoz que j'ai découvert avec Ravel, livre dans lequel il raconte les derniers moments du compositeur, et dont je compte bien continuer de découvrir l'oeuvre. Yv

Lyvres
24/03/14
 

C'est l'histoire d'un parisien galeriste qui vient de quitter sa femme. Si l'amour a eu raison de lui, le changement climatique, lui, ne l'aura pas : bien que son médecin lui déconseille, il met bientôt les voiles vers le Pôle Nord pour chercher un trésor d’œuvres d'arts échoué dans un navire pris dans la banquise, n'attendant que lui... ou presque. Lauréat du prix Goncourt 1999, je m'attendais à beaucoup mieux, tant au niveau du fond que de la forme où le style indirect libre rend la lecture à mon sens un peu monotone ... Peut-être ne devrais-je pas tant espérer des prix littéraires, eux qui m'ont déjà amenée vers de véritables trésors !

NinadeSeclin
17/01/14
 

Félix Ferrer s’en va : il quitte le domicile conjugal après quelques années de bons et loyaux services, de rituels répétés à l’infini qui ont fini par tracer en toile de fond l’ennui le plus abyssal. Le voilà en partance vers d’autres horizons : le froid et la solitude glacée des pôles, en quête d’un trésor caché. La canicule et le désert estival parisien ensuite, à la recherche désespérée du trésor douloureusement conquis puis… dérobé par des mains peu scrupuleuses. Ferrer est décidément incorrigible : son cardiologue lui avait bien dit de ne pas s’exposer à des températures extrêmes…Dans « Je m’en vais » (Goncourt 1999), Jean Echenoz brosse le portrait d’un drôle d’homme d’une plume tout aussi drôle : un humour à la fois tendre et corrosif. Cet homme, c’est Félix Ferrer, un marchand d’art sur le départ, parvenu à un point de non-retour. Sauf qu’à l’arrivée, une boucle habile s’opère en guise de clin d’œil au début, sous forme d’une nouvelle fin. Une fin-départ, une nouvelle fin, le terme se réitère… à l’infini. L’espace et le temps tissent la toile de fond de ce roman, s’appelant mutuellement, se conjuguant çà et là, à l’occasion de descriptions du temps qu’il fait.« Le reste du temps c’est dimanche, un perpétuel dimanche dont le silence de feutre ménage une distance entre les sons, les choses, les instants mêmes : la blancheur contracte l’espace et le froid ralentit le temps. » (p. 36.)C’est l’occasion pour l’auteur de rappeler que le temps passe et use mais n’émousse pas la quête de l’autre, humain ou objet. Le départ porte aussi l’empreinte de son auteur, le désir d’un ailleurs, d’un autre, la lente émergence d’un soi, malgré les ambiguïtés qu’il recèle. « Je m’en vais » : point de départ, point de clôture. Point, simplement. Seraphita

Seraphita
05/01/13
 

Ce livre est le type même du genre d'écrivains recherchés par Lindon alors directeur des Editions de Minuit: efficacité et neutralité. Si vous cherchez un roman où les sentiments foisonnent, passez votre chemin! En effet, le héros, Ferrer, a cette particularité que rien ne l'atteint, il semble au dehors de sa propre histoire...Est-ce vraiment cela, ou est-ce plutôt le narrateur qui passe à côté de l'affect? Bref, toujours est-il que pour ma deuxième lecture (la première se fit en 2002)je reste intriguée par l'étrangeté du style. L'histoire n'est pas bien passionnante: un trafic d'œuvres d'art, un héros qui se cherche....mais la qualité d'écriture est indéniable. On y trouve des anticipations, des pris à parti du lecteur, et un épilogue rebondissant qui évite au lecteur de sombrer dans un doux ronronnement... Finalement je me dis que ce livre est avant tout un travail sur l'écriture avant d'être un roman, un exercice de style sur la pseudo utilité des sentiments dans le cheminement de l'écrit...donc, pour faire plus simple: écrire une histoire qui tienne sans que les sentiments y trouvent leur place et affectent les personnages. Pari tenu, et ma foi, pari gagné. vivi

vivicroqueusedelivres
20/02/12
 

Format

  • Hauteur : 18.50 cm
  • Largeur : 13.50 cm
  • Poids : 0.28 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition