Je m'en vais

ECHENOZ, JEAN

EDITEUR : MINUIT
DATE DE PARUTION : 04/10/01
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

" je m'en vais ", ce sont les premiers mots prononcés par le héros du roman d'echenoz, qui vient de décider de quitter sa femme. Ce sont également les derniers mots du livre, émis par ce même héros lorsque, après une année d'errance et d'aventure, le coeur brisé, il revient hanter ce qui fut le domicile conjugal. la boucle est bouclée, la révolution est terminée, la parenthèse se ferme, le héros a simplement un peu vieilli. il a connu des aventures qu'on dirait palpitantes à cause des dérèglements de son muscle cardiaque, il est allé jusqu'au pôle nord pour récupérer un trésor d'ancien art esquimau, il a été volé et voleur, escroc et
escroqué, séducteur et séduit, il a vécu. Il ne lui en reste qu'un vague malaise et un essoufflement. de livre en livre, depuis le méridien de greenwich, paru il y a vingt ans, jean echenoz s'est fait le cartographe de son temps. de ses séismes, de ses catastrophes, de son imaginaire, de ses objets, de ses rêves et de sa longue glissade hors du réel : dans les images, dans les fantasmes, dans les rêveries de conquête, dans l'éloignement de soi et des autres. Je m'en vais, c'est aussi la formule d'adieu d'un siècle bien incapable de savoir où il va et qui oublie même de se poser la question. il s'en va, c'est tout. pierre lepape, le monde
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J’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce livre, Echenoz a un style très particulier. Le narrateur jette un regard très détaché sur les choses, ce qui lui donne un côté cynique qui le rend à certains moments très drôle. Il s’amuse à donner plein de détails sur des choses sans importance tandis qu’il passe sous silence des éléments non négligeables. Il intervient à certains moments directement, supplantant ainsi le rôle du lecteur par des remarques totalement subjectives sur ses personnages, comme s’ils vivaient indépendamment de leur créateur, comme par exemple : “Personnellement, je commence à en avoir un peu assez, de Baumgartner. Sa vie quotidienne est trop fastidieuse.”En fait, il semble que le regard désabusé que l’auteur porte sur le monde contamine la fiction, ce qui a un côté à la fois amusant et déstabilisant. J’ai beaucoup apprécié cette prise de position originale par rapport à l’intrigue : le lecteur est de cette manière perpétuellement confronté à l’artifice romanesque qui perd alors son caractère illusoire. D’ailleurs quand on y repense, il n’y a pas tellement d’intrigue non plus, celle-ci n’étant que le prétexte à des digressions incongrues et variées. Quoi qu’il en soit, ça a été pour moi une expérience de lecture enrichissante.Un résumé ainsi qu'un extrait de ce livre sont disponibles sur mon site.

Artsouilleurs
12/06/09
 

Ferrer est galeriste à Paris. Lorsqu'on fait sa connaissance, au début du livre, il dit à Suzanne, sa femme : "Je m'en vais, je te quitte. Je te laisse tout mais je pars." (p.7) On le retrouve ensuite dans sa galerie qui ne marche pas fort, passant de conquête féminine en conquête féminine. Un jour, Delahaye, un homme qui travaille avec lui, l'informe que des objets de grande valeur, rarissimes sont quelque part enfouis dans les glaces du grand nord. Ferrer décide de partir les chercher.Lorsque j'ai dit cela, on pense que c'est un roman à suspense alors que non. C'est l'histoire d'un homme qui essaie de sortir de l'impasse, qui tente de sauver sa galerie, qui en même temps cherche sans arrêt des femmes dont il ne peut se passer. Pas une grande histoire d'aventures, ni un polar, mais les aventures d'un homme lambda. Ce qui compte, dans ce livre, qui, entre parenthèses, a reçu le Prix Goncourt 1999, c'est le style, l'écriture de Jean Echenoz. Il nous trimballe du début à la fin, il nous impose force détails n'ayant aucune importance pour le déroulement de l'histoire, tous aussi inutiles qu'indispensables pour la qualité et le ton du livre. Par exemple, lorsque Ferrer fait une attaque cardiaque, les pompiers sont appelés :" Les pompiers sont des beaux jeunes hommes calmes, rassurants et musclés, ils sont équipés de tenues bleu marine, d'accessoires en cuir et de mousquetons à leur ceinture. C'est en douceur qu'ils installèrent Ferrer sur une civière, c'est avec précision que la civière s'introduisit dans leur camion." (p.161/162) Le texte est constellé de ces détails qui lui donnent un côté détaché et ironique.Le livre est écrit à la troisième personne du singulier, Ferrer étant le personnage principal. Parfois, on voit le monde selon Ferrer, mais l'auteur utilise aussi beaucoup le "on", qui s'il déstabilise un peu au départ augmente encore ce que j'appelais plus haut le détachement et l'ironie : on ne sait jamais vraiment si Jean Echenoz a de la sympathie voire de l'empathie pour Ferrer ou s'il se moque de lui. Pour ma part, la moquerie me semble plus présente, c'est du moins de cette manière que j'ai lu ce roman.Parfois aussi, Jean Echenoz nous prend à témoin, nous lecteurs, par exemple, lorsqu'une jeune femme rejoint Ferrer dans des toilettes "et se mit à vouloir le griffer et le mordre puis, abandonnant toute retenue, le dégrafer tout en s'agenouillant en vue de va savoir quoi, ne fais pas l'innocent, tu sais parfaitement quoi." (p.239) Tellement d'autres écrivains auraient sauté le pas, si je puis m'exprimer ainsi, pour balancer une vulgarité ou pour décrire l'acte, car ça peut faire vendre.Vous l'aurez compris, j'ai passé un très bon moment avec Ferrer et Jean Echenoz pour ce roman Prix Goncourt 1999 ; Jean Echenoz que j'ai découvert avec Ravel, livre dans lequel il raconte les derniers moments du compositeur, et dont je compte bien continuer de découvrir l'oeuvre. Yv

Lyvres
24/03/14
 

Ce livre est le type même du genre d'écrivains recherchés par Lindon alors directeur des Editions de Minuit: efficacité et neutralité. Si vous cherchez un roman où les sentiments foisonnent, passez votre chemin! En effet, le héros, Ferrer, a cette particularité que rien ne l'atteint, il semble au dehors de sa propre histoire...Est-ce vraiment cela, ou est-ce plutôt le narrateur qui passe à côté de l'affect? Bref, toujours est-il que pour ma deuxième lecture (la première se fit en 2002)je reste intriguée par l'étrangeté du style. L'histoire n'est pas bien passionnante: un trafic d'œuvres d'art, un héros qui se cherche....mais la qualité d'écriture est indéniable. On y trouve des anticipations, des pris à parti du lecteur, et un épilogue rebondissant qui évite au lecteur de sombrer dans un doux ronronnement... Finalement je me dis que ce livre est avant tout un travail sur l'écriture avant d'être un roman, un exercice de style sur la pseudo utilité des sentiments dans le cheminement de l'écrit...donc, pour faire plus simple: écrire une histoire qui tienne sans que les sentiments y trouvent leur place et affectent les personnages. Pari tenu, et ma foi, pari gagné. vivi

vivicroqueusedelivres
20/02/12
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.18 kg