L'adversaire

CARRERE, EMMANUEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 09/05/01
LES NOTES :

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EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Jean-Claude Romand est un homme normal. Bon père et bon époux, il a des amis et un travail intéressant. Aux yeux de chacun, il mène une vie exemplaire. Ses photos de famille ressemblent aux vôtres : on y voit le reflet d'un monde heureux. Le 9 janvier 1993, il arme sa carabine et tue de sang-froid sa femme, ses deux enfants et ses
parents. On découvre alors un imposteur qui s'est inventé une vie trompeuse. Et derrière l'imposteur, un monstre froid. À partir de ce fait divers inouï, Emmanuel Carrère retrace une existence lacunaire, cherche ce qui reste d'humanité chez Jean-Claude Romand. Plus qu'un roman, plus qu'une enquête : une énigme métaphysique.
13 personnes en parlent

En 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants et ses parents. L'enquête menée par la suite a montré qu'il s'était inventé une double vie depuis près de 20 ans sans que sa famille ou ses amis ne s'en soient rendu compte. C'est quand il n'a plus été en mesure de leur cacher la vérité que Romand a commis cet acte terrible.Plusieurs années après "l'affaire", Emmanuel Carrère est rentré en contact avec Romand pour écrire un livre, le but étant de savoir comment cet engrenage s'est mis en route et comment il a pu cacher sa vraie vie. Le thème est intéressant mais pourtant je n'ai pas accroché. Je crois que j'ai du mal avec les faits divers. Les premières pages sont intéressantes, hallucinantes même, il faut dire que l'histoire est incroyable. Mais rapidement le livre rentre dans les détails qui ont leur intérêt mais qui, pour ma part, ne m'ont pas intéressé outre mesure...

Artsouilleurs
01/03/09
 

Emmanuel Carrère a adopté un style narratif qui, d'office, prend le lecteur à parti : il évoque clairement ses doutes, ses interrogations, ses états d'âme, dans une volonté d'objectivité mais aussi, je pense, de proximité. Il souhaite que le lecteur « voit » la situation avec les yeux de J-Claude Romand tout en gardant une distance nécessaire.L'auteur ne cache pas les « blancs », les choses qu'il ne s'explique pas, il ne cherche pas à nous faire croire qu'il maîtrise l'affaire et j'ai apprécié cette humilité : l'être humain n'est pas entièrement explicable, de même ses actions peuvent être parfois énigmatique. Ce livre essaie de reconstituer un itinéraire invraisemblable a posteriori, mais même le recul ne permet pas de tout comprendre. Ce qui m'a le plus marquée, c'est que, finalement, sans son masque, J. Claude Romand n'existe pas ; que sous sa vie factice, il n'y a rien, même pas une double vie. Sa stratégie d'évitement perpétuée sur le long terme l'a privé de vie tout simplement. Psychologiquement, cela me semble être terrible à assumer. Romand est en quelque sorte un fantôme... un fantôme qui a tué et qui demeure à jamais un mystère. Si ce livre était pure fiction, on le qualifierait d'irréaliste, et pourtant... tout ceci a bien eu lieu.

mycupoftea
18/09/12
 

Le samedi 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand tuait sa femme, ses enfants, ses parents, puis tentait, en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin à l'OMS comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard.Emmanuel Carrère raconte donc la vie insensée de cet homme qui, pendant des années, va inventer sa vie, la bâtir sur des mensonges, falsifications et escroqueries, fragile château de cartes qui finit par s'écrouler dans un drame, par l'assassinat de sa femme, de ses enfants et de ses parents. A tous, amis et famille, il a toujours menti, édifiant autour de lui et des siens un monde irréel dont l'impensable est que, dix-huit ans durant, personne ne dépassa les fragiles apparences.« En quinze ans de double vie, il n'a fait aucune rencontre, parlé à personne, il ne s'est mêlé à aucune de ces sociétés parallèles, comme le monde du jeu, de la drogue ou de la nuit, où il aurait pu se sentir moins seul. Jamais non plus il n'a cherché à donner le change à l'extérieur.Quand il faisait son entrée sur la scène domestique de sa vie, chacun pensait qu'il venait d'une autre scène où il tenait un autre rôle, celui de l'important qui court le monde, fréquente les ministres, dîne sous des lambris officiels, et qu'il le reprendrait en sortant.Mais il n'y avait pas d'autre scène, pas d'autre public devant qui jouer l'autre rôle.Dehors, il se retrouvait nu. Il retournait à l'absence, au vide, au blanc, qui n'étaient pas un accident de parcours mais l'unique expérience de sa vie. » (p.101)Par ce texte, ce qu'Emmanuel Carrère souhaitait établir, ce qu'il « voulait vraiment savoir », c'est « ce qui se passait dans sa tête durant ces journées qu'il était supposé passer au bureau ; qu'il ne passait pas, comme on l'a d'abord cru, à trafiquer des armes ou des secrets industriels ; qu'il passait, croyait-on maintenant, à marcher dans les bois. » (p. 33)Le texte d'Emmanuel Carrère, troublant, n'est jamais aussi fort que quand il laisse la fiction s'emparer du réel. Le personnage de meilleur ami de Jean-Claude Romand notamment est poignant dans sa stupéfaction. Les conjonctures quant à l'état d'esprit de Jean-Claude Romand paraissent aussi très "justes", ainsi que la façon dont s'est construite sa vie chimérique, comme à son insu, hors de sa volonté, hors de son contrôle, un mensonge en entraînant un autre, inéluctablement (« Comment se serait-il douté qu’il y avait pire que d’être rapidement démasqué, c’était de ne pas l’être ? »).Emmanuel Carrère explore ainsi le psychisme de cet homme capable de se duper lui-même, capable de se laisser convaincre par ses propres mensonges, à tel point qu'il en arrive par moment à ne plus discerner lui-même où se situe la vérité.Emmanuel Carrère évite l'écueil moraliste. Il n'émet jamais de jugement de valeur ni sur Jean-Claude Romand ni sur ses actes. Il livre les faits, bruts, en restant neutre et sobre.Mais là où son texte m'a moins convaincue, c'est dans la façon dont, à plusieurs reprises, Emmanuel Carrère ramène ce drame à lui. Ce "je" qui s'immisce dans l'incompréhensible et qui ose le "moi aussi", m'a étonnée et gênée. Les faits sont tellement effrayants et abominables qu'il paraît aberrant de chercher ainsi à les ramener à soi. Car malgré les petits mensonges et autres lâchetés, intrinsèquement humains, que nous commettons tous et qui parsèment une vie, peut-on sincèrement se souvenir d'un seul évènement de nos vies qui puisse, même vaguement, se rapprocher de celui-ci par l'intensité de l'horreur qui le caractérise ?

Kara
05/10/11
 

Emmanuel Carrère raconte l’histoire retentissante de Jean-Claude Romand qui, en 1993, a tué toute sa famille après l'avoir trompée et escroquée pendant dix ans en se faisant passer pour un médecin de l’OMS.[...] Pourquoi ce coup de folie, cet acte impensable, insensé, horrible ? Emmanuel Carrère explique comment il a été amené à écrire un livre sur cette histoire et fait un récit détaillé du procès.[...] Emmanuel Carrère raconte très bien. Il est parvenu à construire un récit bien composé, à la fois factuel et nourri d’impressions, entre l’empathie naturelle et le réalisme, sans pathos ni jugement moral excessif, malgré un sujet si délicat.L’exercice est terrible pour l’écrivain, chercher à comprendre le criminel tout en se positionnant du point de vue de l’entourage ; d’autant plus difficile pour Emmanuel Carrère qui partage la foi chrétienne dans laquelle Jean-Claude Romand s’est réfugié pendant sa réclusion. Mais le résultat est passionnant, convaincant et se lit presque d’une traite.[...] Alors, en faire un récit, et qui plus est un film (L’Adversaire, Nicole Garcia, 2002), c’est aussi donner prise aux désirs mythomanes de Jean-Claude Roman d’être quelqu’un. Perpétuellement dans une mise en scène de soi, Romand est entré dans la postérité en passant du médecin réputé ce martyr-héros en route pour la rédemption éternelle. Il devient le symbole d’une tragédie à laquelle il a survécu, alors qu’il en est le responsable et le monstre ; il se réfugie (ou se cache ?) dans une foi sans borne pour nier les événements, évacuer une lucidité et une souffrance trop frontales.Voilà un récit qui m’a beaucoup touché, notamment parce que je le lis en 2015, date à laquelle le monsieur est libérable, et parce que les enfants victimes auraient eu mon âge s’ils avaient survécu.L'article entier sur Bibliolingus :http://www.bibliolingus.fr/l-adversaire-emmanuel-carrere-a118168694 Bibliolingus : un livre par semaine, dans Postérités, Pérennes, Éphémères, Oubliettes et Essais ;) http://www.bibliolingus.fr

Lybertaire
14/07/15
 

E. Carrère nous narre l'histoire vertigineuse et pourtant véridique de cet homme J. CL Romand , ce docteur unanimement connu et respecté (il est chercheur à l'Oms et cotoie entre autres Bernard Kouchner et Léon Schwarzenberg), ce père de famille exemplaire et aimant. Très lisse, trop lisse sans doute puisqu'en fait cet homme, pendant près de vingt ans, a menti, à ses parents, à ses amis, à sa femme et à ses enfants. Alors que tout le monde le croyait au travail, il errait des journées entières, garant sa voiture sur des aires d'autoroute, des parkings de supermarché. Quand il annonçait à ses proches qu'il était attendu à l'étranger pour un colloque, il prenait une chambre d'hotel et s'y enfermait pendant plusieurs jours. Pourquoi ? Pourquoi Romand a-t-il basculé ? Pourquoi cet élève doué à l'école, cet enfant discret et effacé, promis à de brillantes études de médecine a-t-il dérapé en ne se présentant pas aux examens et en faisant croire à toute sa famille qu'il avait réussi ses études de médecine? Premier mensonge qui en entrainera toute une série d'autres plus invraisemblables les uns que les autres, sans que personne ne s'en rende compte! Mais l'argent s'épuise peu à peu et Romand se sent pris au piège. Il est trop tard pour tout avouer. Il est allé trop loin.Alors Romand décide d'en finir C'est ainsi que le samedi 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand tue sa femme Florence,il l fait monter ses enfants, l'un après l'autre dans leur chambre où il les tue avec une carabine. Il déjeune ensuite avec ses parents, puis les tue tous les deux, – ainsi que leur chien – à coups de carabine. Il passe ensuite du temps à regarder la télévision et tard dans la nuit tente de se suicider –en vain-. Cela parait incroyable et il est très troublant de se projeter un peu dans la vie de cet homme et de se demander ce qu'il a pu ressentir au jour le jour.... devenir étranger à soi-même et aux autres, cela doit être très douloureux et très insécurisant. C'est un thème recurrent qui traverse l'oeuvre d'E Carrere ainsi dans La moustache, il raconte l'histoire d'un homme qui après avoir porté pendant de nombreuses années une moustache, se la rase sans que personne ne se rende compte du changement....

dvan
01/01/13
 

L’auteur cherche à percer le mystère de cet homme qui a menti à sa famille et ses amis pendant 18 ans. Pour cela, il retrace depuis l’enfance le parcours de ce fils unique élevé par un père bûcheron et une mère au foyer dans le Jura profond. Il essaie de trouver des raisons à l’abandon de ses études et tente de percer la psychologie de cet homme qui passait l’essentiel de ses journées sur une aire d’autoroute à lire le journal. Cette recherche a poussé Emmanuel Carrère à écrire à Jean-Claude Romand, à suivre son procès et à rencontrer les personnes qui ont compté dans sa vie.Malgré tout, j’ai trouvé l’analyse assez superficielle. Disons que cela relève plus du reportage journalistique que d’une étude psychologique poussée. Certes, parfois, l’auteur se permet d’échafauder quelques hypothèses mais cela ne va pas bien loin. On reste souvent dans le descriptif basique et chronologique de l’existence mis en parallèle avec le déroulement du procès. Seule l’épilogue, une fois le verdict assené, rentre un peu plus dans le détail. Il raconte comment Romand a rencontré une visiteuse de prison et leur relation très mystique. Carrère se rend alors compte qu’il est devenu trop proche de l’assassin et en profite pour s’éloigner de ce personnage que les membres du groupe catholique qu’il a rejoint considèrent comme absolument gentil.En tout état de cause, l’adversaire est un excellent résumé de la vie de Jean-Claude Romand pour qui cherche à connaître l’affaire et ce qui l’entoure. Au-delà, on reste sur sa faim pour n’avoir pu rentrer suffisamment dans l’esprit de cet homme. Au demeurant, sans doute est-il trop mystérieux pour qu’on puisse déceler le fonctionnement psychique de ce mythomane que ses mensonges auront poussé à commettre l’irréparable. Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
27/03/12
 

Ma petite soeur m’a conseillé ce livre et elle a bien fait car je l’ai beaucoup apprécié. C’est une biographie d’un fait réel (dont je ne me souviens pas, étant trop jeune à l’époque) et difficile à comprendre. Qu’est ce qui peut pousser un homme à tuer toute sa famille et à essayer de se suicider ensuite, mais surtout qu’est ce qui peut pousser un homme à mentir à son entourage pendant 18 ans (et comment l’entourage ne s’en est-il pas rendu compte?). L’avis de l’auteur est très présent dans le livre et je trouve ça bien puisqu’on peut voir ce qui l’a touché dans l’histoire, pourquoi il a décidé de l’écrire et comment cela s’est passé, ce qui l’a dérangé et ce qu’il ressent, du coup c’est très personnel. Le livre relate la vie de Jean-Claude Romand, son enfance (qui explique je crois un peu mieux ce qui peut se passer dans sa tête) et comment d’un seul mensonge peut découler toute une vie complètement fausse, autant pour l’entourage que pour lui-même d’ailleurs. Romand se perd dans ses mensonges, et des fois je pense qu’il doit croire lui-même ce qu’il raconte. Ce qu’il a fait est vraiment horrible et a touché beaucoup de monde (notamment la famille des disparus, mais également les amis) et il est presque dommage pour eux qu’il n’ait pas réussi son suicide (en tout cas d’après ce qu’on en voit). Je vais peut-être passer pour une fille atroce et cinglée, mais j’ai trouvé ce type attachant et touchant, comment ils s’enfoncent desespérément dans tous ses mensonges et comment au final il n’arrive plus du tout à s’en sortir, car il devient vite clair qu’il est impossible qu’il s’en sorte. Seulement il n’a pas le courage de dire la vérité, mais pas non plus le courage de se suicider (en tout cas de se suicider seul, vu ce qu’il a fait). Certes, ce qu’il a fait est horrible, et le pire c’est que le livre m’a réellement donné l’impression qu’il continue de mentir (mais sûrement parce qu’il n’arrive plus lui-même à trouver la vérité), mais bon il reste “très humain” j’ai l’impression. Moi il m’a quand même fait l’effet d’un type à la fois hyper intelligent et en même temps un peu con (et carrément nul pour les relations sociales), apparement super gentil et plutôt généreux (mais vu qu’il escroque sa famille…), il est manipulateur et menteur et pourtant je pense qu’il aimait réellement sa famille. Bref, c’est une histoire étrange et très franchement ça pourrait être un très bon roman et là on se dit “ah bien non, ce type existe réellement” et ça fait bizarre parce qu’on dirait un film (et justement un film il y en a un, mais je ne l’ai pas vu). La biographie est plutôt bien écrite j’ai trouvé, et pas du tout ennuyante, ça se lit plutôt vite et c’est assez sympa. Je pense que j’essaierai d’autres livres d’Emmanuel Carrère.

lasurvolte
11/02/12
 

Cette biographie d'un assassin est prennante. Ecrite comme un fait divers de journal, et donc presque de façon objective, elle insupporte et révolte. Ceci dans le bon sens. L'homme a tué sa famille, et l'on se rend compte au fil des pages qu'il y a en lui un être calculateur et puéril mais que personne n'a rien vu. Je conseille à tous de lire un livre comme celui ci une fois dans sa vie. Cela nous amènerai peut être à être moins naif ! TE

TristanaErato
30/09/11
 

Un de mes livres préférés, et celui qui restera à mes yeux le meilleur qu'Emmanuel Carrère est écrit. Une fois que l'on referme ce livre, le récit nous trotte dans la tête encore bien des années plus tard...

delphine08
13/07/11
 

9 Janvier 1993, un fait divers fait la une de tous les journaux : un "homme normal" tue de sang-froid sa femme, ses deux enfants et ses parents. On découvre alors qu’il est un imposteur qui mène une double vie et qu'il ment à tous depuis 18 ans. Il fait croire à tout son entourage qu’il est médecin à l’OMS. Il ne l’est pas, mais le plus incroyable c’est qu’il n’est rien d’autre. C’est ce que nous raconte dans ce livre Emmanuel Carrère, qui a obtenu de Jean-Claude Romand l’autorisation de raconter son histoire, à la condition que le livre ne paraisse qu’après son procès. Les deux hommes échangent des courriers mais ne se rencontreront pas. Seul contact, leurs regards qui se croiseront lors du procès auquel Emmanuel Carrère assiste à titre de journaliste.Une curieuse relation se tisse entre le narrateur et le personnage qui se confie à lui. Carrère essaie de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un homme qui pendant toutes ces années passe des journées vides sur des parkings d’autoroute ou dans les forêts du Jura, alors que toute sa famille le croit à son bureau de l’OMS à Genève. C’est une histoire ahurissante. Comment a-t-il pu tromper tout le monde pendant aussi longtemps ?Cet homme est-il fou, est-il un monstre ? Pourquoi faire payer à sa famille ses mensonges au lieu de se supprimer lorsqu’il sent que le "pot aux roses" va être découvert ? Malgré tout, Emmanuel Carrère arrive à nous le rendre humain.C’est un bon livre, et si on ne savait pas que c’est une histoire réelle, on dirait de l’auteur "quelle imagination, mais il y a quand même des limites à l’invraisemblable" !

Ludeca
04/06/11
 

L'histoire issue d'un fait divers: Jean-Claude Romand a fait croire à sa famille et à ses proches pendant 18 ans qu'il est devenu médecin à l'OMS . Se sentant démasqué, il tue sa femme, ses enfants et ses parents avant de tenter (? là, le livre laisse planer le doute) de se suicider. Ecrit sous forme de récit journalistique, Emmanuel Carrère oscille entre fascination et dégoût pour le personnage publique qu'est devenu Romand. Livre intéressant, l'Adversaire, nous permet de plonger dans cet univers de mensonges et de comprendre comment on réussit à mentir aussi longtemps aux gens qu'on aime. Un recueil sociologiquement pédagogique mais assez peu littéraire.

Cave
30/04/11
 

"Je n'ai jamais été aussi libre, jamais la vie n'a été aussi belle. Je suis un assassin, j'ai l'image la plus basse qui puisse exister dans la société , mais c'est plus facile à supporter que les vingt ans de mensonge d'avant." Ce livre , plus qu'un roman, est un documentaire sur un fait divers éel dont voici la présentation telle que donnée par Wikipédia:Jean-Claude Romand, enfant unique né le 11 février 1954 à Lons-le-Saunier, est connu pour avoir, en 1993, assassiné sa femme, ses enfants, ses parents, son chien et pour avoir caché pendant dix-huit ans sa vie réelle à ses proches. Il a été condamné en 1996 à la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Il purge sa peine au centre pénitentiaire de Châteauroux (Indre, France).Le 9 janvier 1993, à son domicile de Prévessin-Moëns, route de Bellevue, il tue sa femme Florence (née Crolet) à l'aide d'un rouleau à pâtisserie, sa fille Caroline, âgée de 7 ans, et son fils Antoine, 5 ans, à l'aide d'une carabine .22 Long Rifle. Après cette tuerie, il range la maison, sort en ville, puis passe la soirée à regarder la télévision. Parti déjeuner chez ses parents (Aimé et Anne-Marie Romand) dans leur maison de Clairvaux-les-Lacs, il les tue selon le même mode opératoire. Il passe la soirée avec son ancienne maîtresse, Corinne Hourtin, tente de la tuer à son tour mais n'y parvient pas. Enfin, il rentre chez lui, et met le feu à sa maison à 4 heures du matin dans la nuit du dimanche au lundi, après avoir avalé des barbituriques périmés de 10 ans. Mais le feu éclate à l'heure où passent les éboueurs, ce qui permet aux pompiers de le sauver. Les pompiers retrouveront les corps des enfants et de la mère à l'étage dans leurs chambres respectives, imbibés d'essence.L'enquête montrera rapidement que Jean-Claude Romand n'est pas l'homme que décrivent ses proches. Sans travail, il avait berné sa famille et ses amis durant des années en se disant médecin et chercheur à l'OMS (Organisation mondiale de la santé) à Genève. En fait, il n'avait jamais dépassé le stade de la deuxième année d'études de médecine, et vivait des sommes d'argent qu'il avait escroquées au fil des ans dans son cercle de relations (parents, beaux-parents, maîtresse) sous prétexte de placements en Suisse — il avait été jusqu'à vendre à prix d'or de faux médicaments contre le cancer. Il semble qu'au moment des faits, sa famille était sur le point de découvrir la vérité à son sujet ; de plus, ses ressources s'étaient progressivement épuisées. Acculé, pris à son propre piège, il n'avait trouvé que la solution de l'assassinat.Jean-Claude Romand fut par ailleurs le seul témoin de la mort de son beau-père, Pierre Crolet, qui fit le 23 octobre 1988 une chute mortelle dans l'escalier de sa maison, quelques jours après avoir demandé le remboursement d'une partie de son placement. Mais Romand ne sera jamais poursuivi, la justice s'en tenant à la thèse de l'accident.// Emmanuel Carrère nous offre ici un livre extrêmement fort et troublant.Dès 1993, il avait décidé d'écrire sur cette affaire et envoya une lettre à Jean Claude Romand, restée sans réponse jusquà ce que ce dernier lui donne son aval en 1995 .Il correspondirent et Emmanuel Carrère assista au procès qui se déroula au printemps 1996 à la Cour d'Assises de l'Ain .Il revient dans ce livre sur la vie de Jean Claude Romand, de son enfance au drame, puis au procès et sa "renaissance " en prison. Tout en restant neutre, et sans juger, il tente d'apporter des éléments de réponse au mystère de cet homme qui , en apparence, avait tout pour être heureux et qui du jour au lendemain, tua femme, enfants , parents et chien . J'ai aimé le style d'Emmanuel Carrère, classique, posé. Il nous fait rentrer dans l'intimité de cet homme, nous rend complice de ses mensonges., Il m'a même parfois paru sympathique.C'est à la fois passionnant et terrifiant de voir comment un simple mensonge, '(le fait de dire qu'il avait réussi ses examens de 2ème année de médecine alors qu'il ne s'y était pas présenté ) peut gâcher une vie et être un des premiers rouages d'un engrenage qui , une vingtaine d'années plus tard, amènera cet homme à n'envisager comme seule issue que celle de tuer femmes-enfant-parents-chien. Ce qui est fou et terrible , c'est que personne dans son entourage n'avait eu de doutes pendant toutes ces années , ou si doutes il y a eu , JC Romand les a effacés à coup de leurre supplémentaire ...Un livre que j'ai trouvé donc captivant, et que je recommande vivement Note 18/20

lagrandestef
29/08/10
 

Voici le récit d'un fait divers datant du début des années 90. L'histoire d'un homme qui, durant 18 ans, vit dans le mensonge et s'est inventé une histoire qu'il aura réussi à imposer à son entourage, jusqu'à son épouse.L'histoire est effrayante tant l'issue dramatique semble inéluctable au cours de la lecture. Le mensonge, la lâcheté sans doute mettent en œuvre une véritable tragédie.L'auteur, en s'exprimant ainsi : "un mélange d'aveuglement, de détresse et de lâcheté" décrit sans doute la réalité de cet homme.Happé par l'horreur, je me suis senti un peu voyeur; mais je n'ai pas pu, pas voulu cesser une lecture passionnante.

Kalan
21/09/09
 

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.14 kg