L'afrique fantome

LEIRIS, MICHEL

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 11/02/88
LES NOTES :

à partir de
18,90 €

SYNOPSIS :

En 1930, alors que, surréaliste dissident, il travaillait à la revue documents, michel leiris fut invité par son collègue l'éthnographe marcel griaule à se joindre à l'équipe qu'il formait pour un voyage de près de deux ans à travers l'afrique noire. Ecrivain michel leiris était appelé non seulement à s'initier à la recherche ethnographique, mais à se faire l'historiographe de la mission et le parti qu'il prit à cet égard fut, au lieu de sacrifier au pittoresque du classique récit de voyage, de tenir scrupuleusement un carnet de routes. ce parti cadrait avec les vues du grand sociologue marcel mauss recommandant aux chercheurs la tenue de tels carnets en marge de leur enquêtes sur le terrain. Mais, tour personnel donné à cette pratique, le carnet de michel leiris glissa vite vers le journal intime, comme s'il était allé de soi que s'il se borne
à des notations extérieures et se tait sur ce qu'il est lui-même, l'observateur fausse le jeu en masquant un élément capital de la situation concrète. au demeurant, celui pour qui ce voyage représentait une enthousiasmante diversion à une vie littéraire dont il s'accomodait mal n'avait-il pas à rendre compte d'une expérience cruciale : sa confrontation tant avec une science toute neuve pour lui qu'avec ce monde africain qu'il ne connaissait guère que par sa légende. Ainsi s'est édifié l'afrique fantôme, qui consiste essentiellement en la reproduction des notes narratives ou impressionnistes que l'auteur avait prises au jour le jour, non moins attentif à ce qui se déroulait dans sa tête et dans son coeur qu'à ce qui, extraordinairement divers et par des voies diverses elles aussi (appréhension directe, information pure ou participation vivante.
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Journal d'un périple transafricain en 1931, aux aspects bien fastidieux...Publiée en 1934, cette première œuvre de Michel Leiris est son journal intime rédigé lors de la mission Dakar-Djibouti de 1931, pour laquelle il avait été recruté par Marcel Griaule en tant que secrétaire archiviste, et qui marquait ses débuts "autodidactes" en ethnologie (qui le conduiront à sa célèbre et controversée thèse sur les Dogons en 1947).Ce périple ethnogrpahique transafricain comporte trois moments au style et au contenu fort distincts : de Dakar au Soudan anglo-égyptien tout d'abord, un récit relativement classique de voyage et d' "information", parsemé de notes et d'impressions personnelles (au cours duquel se situent toutefois les éléments qui provoqueront, à parution, la grande brouille avec Marcel Griaule, furieux de voir exposées les méthodes plutôt brutales utilisées pour "acquérir" des artefacts traditionnels) ; d'un long piétinement à la frontière éthiopienne ensuite, où peu à peu s'installe l'ennui et où les considérations personnelles (dépression et névrose) prennent l'ascendant ; d'une immersion à Gondar, en Éthiopie, enfin, entièrement dominée par les innombrables tracasseries administratives et par une étude la plus méticuleuse possible du zar, cette sorte de vaudou existant sous forme chrétienne et sous forme musulmane, répandu dans toute la côte africaine de la mer Rouge, séjour éthiopien durant lequel les démons intérieurs de l'auteur finissent par envahir le récit...Au total, même si ce journal marque à la fois l'éveil d'une vocation et contient de précieuses touches de ressenti sur l'Afrique de 1930, je dois hélas reconnaître que j'ai eu bien du mal à aller au bout, et que je me suis passablement ennuyé... Il est vrai que l'introspection névrotique romancée n'est pas mon genre préféré, surtout dans ce contexte de l'entre-deux-guerres ("Les mots" de Sartre comme "Si le grain ne meurt" de Gide ne figurent pas - du tout- dans mon panthéon)...J'attendrai donc d'avoir lu "L'âge d'homme", réputé comme l'explosion de l'art autobiographique de Leiris, pour décider si ce laborieux préliminaire en valait vraiment la peine..

Charybde2
03/06/13
 

Voilà des années que ce livre était dans ma LAL. M. Leiris, que j'ai découvert avec L'Age d'homme, m'intriguait. Je me demandais ce qu'il pouvait bien raconter pendant ses presque deux ans de voyage en Afrique, de Dakar à Djibouti. Sans étonnement, M. Leiris parle beaucoup de lui (c'est un journal intime, ne l'oublions pas) et un peu de ce qu'il voit. On perd assez vite le côté carnet de voyage et la distance descriptive de l'ethnologue...De 1931 à 1933, l'équipe de Griaule s'enfonce dans une Afrique de moins en moins civilisée. La deuxième partie du livre, entièrement consacrée à l'Ethiopie, est d'ailleurs la plus intéressante (selon moi) car quelques rites y sont rapportés. Avec bien entendu, l'ombre du doute planant toujours : est-ce vraiment un rite tel qu'il est habituellement réalisé ou une performance pour les occidentaux ? Notre narrateur doute. Toujours. Quelques mots sur Michel tel qu'il nous apparaît : égocentrique, c'est plutôt logique pour un journal, donc on ne le retiendra pas contre lui. Plaintif, colérique et aux tendances dépressives : sûrement. Aux rêves étranges. A la sexualité complexe (quoi que plutôt rêvée aussi pendant ces deux ans). Bref, un garçon compliqué.Il y est également question des hommes que la mission rencontre, des objets dérobés pour enrichir les musées, des transports difficiles, des galères politiques etc. Dans le fond, une lecture intéressante, notamment pour l'atmosphère des années 30, la vision de l'Afrique et le portrait vivant de cette expédition et de ses membres. Pour la personnalité de M. Leiris, mieux vaut lire l'Age d'homme.

Praline
15/07/12
 

Format

  • Hauteur : 12.50 cm
  • Largeur : 10.20 cm
  • Poids : 0.52 kg

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