L'age blesse

BOURAOUI, NINA

EDITEUR : FAYARD
DATE DE PARUTION : 28/01/98
LES NOTES :

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4,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

" Je cherche la lumière et le coton, je cherche mon cheval de bois, je cherche la poitrine de ma mère, je cherche des voix, des rubans soyeux, je cherche l'odeur des crêpes et du chocolat brûlé, je cherche l'escalier en spirale, ma course ronde. Je cherche des yeux mon père qui fume. Un os de seiche
flotte entre mes cuisses. Je suis virile. Je suis une grossièreté, animale, à quatre pattes, indomptable. Je ressemble aux singes de mon enfance. Je suis une guenon des gorges de Lassara, accrochée à la falaise, en attente sur mon tréteau d'appui, sale, excitée, prête à mordre, à tuer. " N.B.
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D’abord ce titre « L’âge blessé » encadré par des branches épineuses, parfois coupées, avec trois tâches rouges : deux boutons de fleurs et une fleur. Peu importe qu’il s’agisse d’églantines, de roses ou autres…Tout est dans cette représentation, ce titre « enfermé » dans ces épines, avec ces trois points rouges comme trois taches de sang…. On pourrait presque céder à la facilité et dire qu’avec cette couverture « tout est dit »…Et puis, page 30, ces mots : « je me tiens au centre d’un berceau d’épines »….Et près de la fin « Mon corps est d’âge blessé »Comme un écho au titre et au dessin de la couverture…Si on regarde le dessin de la couverture, on s’aperçoit que les branches sont parfois interrompues, comme si le sécateur avait coupé un peu partout, hachant ainsi cette végétation pour laisser une place où glisser le titre : «l’âge blessé».Il s’agit bien de cela, une écriture hachée, comme si les mots se bousculaient sous la plume de Nina Bouraoui, comme si elle était dans l’urgence de retranscrire toutes ces « blessures » pour mieux les expurger…Beaucoup de références à la terre, la nature donnent l’impression que les deux voix qui se répondent n’arrivent plus à être femme…Comme si, se sentant avilies, rabaissées, elles en étaient obligées de disparaître un peu dans la terre… « Ma mémoire est le terreau », « je suis une branche », « la terre est ma dentelle », « je suis nouée à la terre ».Cet opuscule se lit comme un poème. Il y a du rythme, de la cadence…Il faut se laisser apprivoiser par les mots, le style (qui peut rebuter au premier abord) et se laisser ensuite emporter…Le vocabulaire est soigné, recherché ... donnant un "rythme" à l'écrit....Je conseillerais deux lectures : une première pour la découverte « plus légère » et une seconde pour comprendre, en laissant les mots venir à nous et parfois nous rappeler certaines de nos blessures….

Cassiopea
08/10/11
 

Format

  • Poids : 0.16 kg