L'age d ange

PERCIN, ANNE

livre l'age d ange
EDITEUR : ECOLE DES LOISIRS
DATE DE PARUTION : 11/09/08
LES NOTES :

à partir de
8,20 €

SYNOPSIS :

Au Gymnasium, le lycée de la ville haute, il y a les jaguars, programmés pour la réussite, et quelques rois du ruisseau, des Gavroche et des Esmeralda égarés. Comme Tadeusz et ses mains rouges. Il porte des maillots de sport ou des chemises de bûcheron, vit en banlieue, excelle en russe. Personne ne le connaît vraiment. Il est étrange, bizarre, solitaire, d'ailleurs. Un peu comme cet ange, sans sexe et sans âge, qui se noie dans les pages des livres, au point d'en oublier les autres et son propre corps.
Un ange de dix-sept ans qui pense, dort, rêve en grec, sa matière préférée. Une passion qui s'incarne dans Amours des dieux et des héros, le livre le plus précieux de la bibliothèque du lycée. Un jour, cette raison d'être disparaît des rayonnages. À son retour, le livre n'est plus le même, avec, entre ses pages, les traces d'un autre. Comment alors supporter la réalité quand le paradis est aux mains rouges d'un inconnu et que la vie gronde de plus en plus fort, de plus en plus dangereusement oe
4 personnes en parlent

On ne sait pas qui nous raconte cette histoire, fille ou garçon, enfant ou vieillard... quelle importance. « Longtemps, je n'ai pas su. J'étais un ange, peut-être. Un ange qui attend la chute. » C'est plus tard, en avançant dans le roman, qu'on apprend plus exactement qui tient la plume. Afin d'être totalement neutre, j'opte bien volontiers pour le masculin, sans y voir là quelconque indice.Cette histoire est en fait racontée des années plus tard, par rapport aux événements rapportés. Le narrateur était au lycée, timide, influençable, quasi transparent. C'était un élève appliqué, qui aimait le grec, et s'enfermait à la bibliothèque pour feuilleter un album sur les amours des dieux et des héros. Un jour, ce manuel est emprunté par un autre. Aussitôt c'est le brouillard, un mélange de frustration, de colère, d'incompréhension, de curiosité. Notre ange doit savoir qui - à part lui - nourrit cette même passion pour les mythes grecs. Est-ce possible ? Le sentiment naissant d'être moins exclusif commence à fleurir. Et notre camarade rencontre alors Tadeusz, un étudiant d'origine polonaise, au physique d'apollon. On ne parle plus de coup de foudre, mais de choc... violent, qui fait trembler. Une forte connivence va se créer, tous deux deviennent inséparables. Mais en même temps leur relation cultive avec finesse l'androgynie. De quoi déroûter le lecteur.Ce roman veut faire état de l'esprit de confusion qui traverse l'adolescence, l'identité flottante dans laquelle parfois on se berce, par pêché d'attention, d'ennui, de solitude, « cette période indéterminée où je ne savais pas qui j'étais ». Les deux héros du livre vivent une belle histoire d'amour et d'amitié, et seront malgré eux les pantins d'un drame orchestré par la bêtise humaine. Car les oppositions sont constantes, par les origines sociales notamment. L'ange a des parents très riches, habite un quartier calme et en sécurité, tandis que Tadeusz fréquente la banlieue, la pauvreté, l'immigration. La violence urbaine gronde, explose, « il n'y a pas de justice possible, dès lors qu'on accepte la misère. Et que les forts ne sont forts que parce qu'ils laissent les faibles s'entre-tuer. » Ce roman n'est pas léger, contrairement à ce que j'ai pu lire dernièrement sur le thème de l'adolescence, mais ce n'est pas un lecture moribonde non plus. Le ton grave qu'adopte le narrateur reflète aussi cette sensation de perte, d'errance et d'impuissance. De la tristesse, non il n'en est pas question. On ne saute pas au plafond, après avoir tourné la dernière page, mais on sent une richesse nous gagner. On se fait la réflexion que la société est hypocrite, mesquine et bien mal-pensante. Et l'injustice règne de part en part...Je ne sais pas comment dire, mais j'ai été touchée par ce roman. Ce n'est pas simple, mais c'est fort.

Clarabel
20/02/09
 

Moi qui m’attendais à un livre doudou, j’ai totalement pleuré à la lecture de ce livre. Une très belle histoire. On ne connait pas le sexe du narrateur (du moins au début) et c’est très très bien fait, puisque rien ne nous indique réellement si c’est un garçon ou une fille, et mon cerveau (comme quoi on est quand même bien conditionné) a décidé que ce serait un garçon. Ce qui était stupide, parce que tout l’intérêt était justement que ce soit « un ange », pas de sexe. D’autant plus que le personnage lui-même semble ne même pas tout à fait savoir de quel sexe il est. Le plus important est qu’il s’agit d’une personne qui se noie dans les livres et se passionne pour le grec, juste quelqu’un de décalé. Quelqu’un a qui je me suis totalement attachée, parce que ça m’a rappelé moi. Toujours le nez dans les bouquins, à rien comprendre aux autres, à chercher sa place, à se chercher soi-même. Cette rencontre entre le narrateur et Tadeusz, c’était beau. Pétri de préjugés à cause de son éducation, le narrateur va bien sûr s’ouvrir l’esprit, revoir son jugement, changer, évoluer, s’attacher à Tadeusz, et leur amitié est magnifique, touchante. Deux mondes qui se trouvent, qui se découvrent, qui apprennent l’un avec l’autre, qui s’ouvrent à autre chose. L’histoire parle des banlieue, de la pauvreté, de la violence, elle interroge là dessus, elle remet en question. D’une certaine façon elle dénonce également, mais tout en douceur, laisse le lecteur se forger son propre opinion, s’ouvrir l’esprit, réfléchir. Elle interroge aussi sur l’identité.Et bon sang j’ai tellement détesté le père du narrateur sérieusement (oui je dois le dire, je le déteste totalement !)Bon c’était magnifique, mais j’ai été une vraie loque à la fin, j’ai pleuré, pleuré et pleuré. Puis j’ai pleuré.Voilà une très très très bonne lecture (en même temps je savais que je prenais pas vraiment de risque vu l’auteure), un mélange de doudou et de baffe dans la tronche. Ça fait mal mais ça fait du bien. (Ou l’inverse)Evidemment, je recommande.

lasurvolte
24/07/15
 

J'ai terminé ce livre il y a déjà un moment. J'avais beau y réfléchir à comment vous en parler, je me sentais dans une impasse. Comment vous faire part de mes ressentis, de mon trouble et de ma surprise ? L'adolescence est une période charnière où les corps muent, la pensée s'ouvre et les idéaux sont bien souvent bousculés. Le narrateur devenu adulte revient sur cette période. Qui est-il vraiment? Garçon, fille ? Impossible de le savoir . Lycéen dans une école d'où sortent des élèves programmées à réussir, il s'agit d'un élève effacé, timide, se plongeant corps et âme dans le grec. Amour démesuré, entier pour la mythologie grecque, sorte de refuge intemporel dans lequel il vit. Il se prend de passion pour un livre ancien de la bibliothèque. Un jour, il constate avec stupeur que son livre a été emprunté. Non pas par un de ses élèves modèles mais par Tadeusz, fils d'émigrés polonais. Deux élèves opposés par leur condition sociale mais unis par le même amour. Notre narrateur va se transformer à ses côtés mais surtout ouvrir les yeux sur le monde tel qu'il est. Un monde où des émeutes grondent à cause des inégalités sociales, où des jeunes crient haut et fort leur malaise. Il s'agit d'un choc, d'un séisme pour lui ! Comment a t'il pu s'enfermer dans une gangue dorée ? Les oeillères sautent brutalement. L'incompréhension, la révolte l'habitent et cette soif de s'affirmer. Son amitié avec Tadeusz lui fait prendre conscience de la condition des uns et de celle des autres. L'injustice lui saute au visage. Les pages se tournent et on découvre l'identité de notre narrateur. La surprise est totale ! Car Anne Percin ne trahit pas son ange. Sans tout dévoiler, la fin du livre m'a prise à la gorge. Une fin très dure. J'ai été émue, troublée une fois de plus par cette auteure ! Avec beaucoup de sensibilité, les émois de l'adolescence y sont retranscrits. Sans flonflons mais avec l'écriture si belle et si juste d'Anne Percin. http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
25/05/11
 

Il est des livres dont il est difficile de parler alors que pourtant on les a beaucoup aimés. L’âge d’ange fait partie de ceux-ci, qui vous marquent encore longtemps après, par le « choc » vécu à la lecture ! Il ne faut pas trop en dévoiler sur ce roman pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, ce serait altérer leur plaisir à venir. Le narrateur de l’histoire revient sur ce qui l’a profondément bouleversé pendant son adolescence, élève dans un lycée au Luxembourg. Passionné d’histoire grecque antique, il s’intéresse plus particulièrement à Tadeusz, un lycéen polonais, lorsqu’il réalise qu’ils ont la même passion pour ce même livre au CDI et l’empruntent à tour de rôle. Le récit est habilement construit, car pendant plus de la moitié du livre, on ne sait pas si ce narrateur est un garçon ou une fille (on se fait son idée… et on se plante ! (ou pas, moi j’ai eu tout faux !), aucun adjectif ou participe passé ne permet de savoir…p. 20 : « Quand je rêvais parmi les rayons, on m’aurait posé une colle si on m’avait demandé, à mon tour, de dire qui j’étais. Enfant ou vieillard ? Garçon ou fille ? Je ne savais pas. Longtemps, je n’ai pas su. J’étais un ange, peut-être. Un ange qui attend la chute. »Et la chute sera violente. Ce n’est pas un livre joyeux, mais c’est un livre fort. Cette ambiguïté du départ permet des hypothèses, tout en confrontant ses héros à une réalité : l’attirance naissante, amour ou amitié, violence des émeutes de banlieue, confrontation des milieux sociaux, homophobie, et de façon plus large la construction de soi à l’adolescence, et peut-être des choix qui en résulteront plus tard. Avec un goût prononcé de tragédie (grecque), mais quel talent, cette Anne Percin !

Jdhelene
20/02/10
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 12.60 cm
  • Poids : 0.17 kg

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