L'ami retrouve

UHLMAN, FRED

livre l'ami retrouve
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 03/05/83
LES NOTES :

à partir de
6,60 €

SYNOPSIS :

Tuttgart, 1932. Hans Schwarz, fils d'un médecin juif, rencontre Conrad von Hohenfels, issu d'une famille aristocratique au passé prestigieux. Tout les sépare : pourtant une amitié naît, exceptionnelle,
exigeante. Mais déjà, avec la montée du nazisme, grondent des rumeurs de haine. Hans, exilé aux États-Unis, s'efforcera d'oublier son passé. Un passé qui se rappellera à lui un jour...
4 personnes en parlent

Un livre au doux parfum de nostalgie...Nostalgie du narrateur , Hans Schwartz , fils unique d'un médecin juif , au souvenir de ce que fut sa quete amicale cristallisée par l'arrivée du jeune Conrad Graf von Hohenfels dans sa classe . Pour des raisons de praticité , je m'en tiendrais ultérieureemnt à Conrad . Pourtant , rien ne les prédestinait à devenir inséparables . L'un appartenait à une certaine bourgeoisie juive , l'autre descendait en droite ligne d'une riche famille d'aristocrates allemands . Ajouté à cela un contexte historique plutot hostile . Nous sommes en 1932 . Le despote sanguinaire n'est pas encore chancelier ( il y travaille cependant fortement pour y acceder un an plus tard ) mais il souffle deja comme un fort relent d'antisémitisme . Les chances pour que deux adolescents appartenant à deux univers aussi distincts en viennent à se trouver , s'accepter et se reconnaitre l'un dans l'autre paraissaient plutot faibles...Et pourtant , à force de balades communes , de discussions échevelées , une amitié indéfectible se tisse et perdure . Mais l'Histoire les rattrappe et c'est sur ce terreau infertile que verront le jour leurs premieres dissensions ! Deux mondes différents , deux visions diametralement opposées de l'avenir du peuple juif à court terme .Deux choix contraires mais peut-on légitimement parler de choix , les opinions étant l'exact reflet de l'éducation reçue . Mais les palabres , à défaut d'etre constructifs ou convaincants , ont encore le mérite d'exister . Hans sent bien que le vent est en train de tourner . Outre certains agissements anti-juif que se refuse à condamner Conrad , l'attitude de son inséparable moitié commence à éveiller quelques soupçons...Pourquoi Hans n'a-t-il encore jamais été invité chez Conrad alors que ce dernier semble avoir trouvé une seconde famille chez les Schwarz . Pourquoi Hans n'a-t-il toujours pas fait la connaissance des époux Graf ? Le coup de grace viendra lors d'une représentation de Fidélio lorsque Conrad , accompagné de ses géniteurs , croisera Hans en feignant de l'ignorer superbement...Les fondations se fissurent , elles prendront l'eau de toute part en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire..Uhlman , avec des mots simples , précis , évocateurs a su toucher les ames . Il dépeint avec une grace peu commune deux quetes amicales et identitaires que l'on devine vouées à l'echec , tant l'histoire à l'époque parle en leur défaveur . L'histoire est belle , le final est dévastateur ! Juste bouleversant d'humanité...

TurnThePage
08/11/13
 

En bref, une très belle lecture mais je n'aurais pas refusé un roman plus long et plus détaillé sur cette période et cette amitié profonde et sincère entre deux adolescents de milieux différents... Un texte fort en émotions et en réflexions !

RizDeuxZzZ
11/06/13
 

Coup de cœur pour un livre lu d’une traite, très dense bien que court, remarquablement écrit. Il n’est pas sans me rappeler Silbermann de Jacques de Lacretelle lu alors que j’étais au collège, et relu il y a quelque temps.Deux adolescents que tous séparent vont se lier d’amitié au lycée dans l’Allemagne de l’entre deux guerres. L’un est juif de condition modeste, l’autre est protestant et aristocrate. J’ai beaucoup aimé le personnage de Hans, juif et élevé dans le respect de l’autre, et de la religion de l’autre ; Allemand avant d’être juif."C’est ainsi que j’avais grandi parmi les juifs et les Chrétiens, laissé à moi-même et à mes idées personnelles sur Dieu, sans croire absolument-ni douter sérieusement- qu’il existât un être supérieur et bienveillant, que notre monde était le centre de l’univers, et que nous étions juifs et gentils, les enfants préférés de Dieu." p48"Tout ce que je savais, c’est que c’était là ma patrie, mon foyer, sans commencement ni fin, et qu’être juif n’avait fondamentalement pas plus d’importance que d’être né avec les cheveux roux. Nous étions Souabes avant toute chose, puis Allemands, et puis juifs." P 64Hans est un garçon très mature, préoccupé par les questions spirituelles, Dieu, la religion. Il est d’une sensibilité à fleur de peau, soucieux de plaire, soucieux du regard de l’autre sur lui, et, souhaitant plus que tout être respecté."Comprends-moi. Je ne me soucie guère de relations sociales avec tes parents, sinon une fois pour cinq minutes, de façon à ne pas me sentir un intrus chez toi. D’ailleurs, je préfère être seul plutôt qu’humilié. Je vaux autant que tous les Hohenfels du monde. Sache que je ne permettrai à personne de m’humilier, fut-il roi, prince ou comte." p 93 (propos qu’il tient à son ami Conrad)Bien qu’élevé dans une famille au regard méprisant à l’égard des juifs, Conrad se désolidarise de ses parents." Ne me regarde pas avec des yeux de chien battus ! Suis-je responsable de mes parents ? Y suis-je pour quelque chose ?"L’Allemagne voit l’ascension d’Hitler et de ses idées extrémistes. Il n’y fait pas bon être juif en temps là. Hans devient un paria, il sera séparé de son ami, et envoyé en Amérique.Bien des années plus tard, il retrouvera son ami………..mais comment ?Un livre émouvant, à lire, relire. Un livre à faire découvrir autour de soi.

mimipinson
15/06/11
 

Comme son titre l’indique, L’ami retrouvé est avant tout une histoire d’amitié. Dans l’Allemagne du début des années 30, le narrateur, Hans Schwarz, âgé de seize ans, fait la connaissance d’Otto von Hohenfels. Hans, fils d’un médecin juif, a une conception très romantique de l’amitié, et vit un véritable « coup de foudre » pour Otto, ce jeune homme issu d’une famille protestante de très haute lignée. L’un des aspects intéressants – et troublants – de ce roman est le parallèle continuel entre l’amitié que vivent nos deux héros et l’amour. L’intimidation de Hans devant Otto rappelle celle qu’il pourrait ressentir devant l’élue de son cœur. Le narrateur parle d’ailleurs, avant de le connaître, de « faire sa conquête ». Et, au début de leur « relation », Hans précise qu’ils marchent « comme deux amoureux, encore nerveux, encore intimidés ». Si cette conception extrêmement romantique de l’amitié peut paraître aujourd’hui un peu désuette, l’écrivain, Fred Uhlman, a probablement voulu montrer qu’une relation « amicale » peut être aussi forte et marquante que l’amour. Le roman ne se limite cependant pas à cet aspect. Malgré sa centaine de pages, L’ami retrouvé est une œuvre foisonnante, qui évoque également l’adolescence – et toutes les questions fondamentales que l’on peut se poser au cours de cette période (Dieu, l’univers…) –, la montée du nazisme ou encore l’antisémitisme latent. Le style, tout en retenue, est d’une grande délicatesse, le propos toujours intelligent, et enfin, la chute bouleversante et surprenante. Bref, un roman à ne pas rater pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion de l’aborder au cours de leur scolarité.

Nico17
04/05/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.08 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : LEO LACK