L'ancre des reves

NOHANT, GAELLE

livre l'ancre des reves
EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 15/03/07
LES NOTES :

à partir de
20,50 €

SYNOPSIS :

Pourquoi, alors que la famille Guérindel demeure en Bretagne, au bord de la Manche, Enogat a-t-elle toujours interdit à ses fils d'approcher de la mer ? Tel est l'insolite point de départ de cet envoûtant premier roman qui nous transporte au début du XXe siècle, à la suite des pêcheurs terre-neuvas, sur les traces d'un monstrueux secret de famille dont Enogat Guérindel pense être la dernière détentrice. À trop vouloir les protéger contre leur propre histoire, Enogat finira fatalement par attiser la curiosité de ses enfants. Devenus assez grands pour soulever le couvercle de cette obscure boîte de Pandore et pour se pencher dessus, ils vont découvrir par eux-mêmes ce qui gît véritablement au fond de l'océan. Les nuits des enfants Guérindel sont agitées par d'éprouvants cauchemars... Les effrayants fantômes qui les hantent ne seraient-ils pas des revenants cherchant à entrer en communication avec le monde des vivants ? Benoît, Lunaire, Guinoux et Samson - chacun des quatre fils Guérindel embarque, le soir venu,
pour son propre rêve, immuable et traumatisant. Mais Lunaire, le deuxième de la fratrie, est bien décidé à agir sur le déroulement de son cauchemar. En demeurant vigilant durant son sommeil et en notant scrupuleusement au réveil toutes les informations dont il se souvient, l'adolescent est convaincu qu'il parviendra à en saisir le sens caché. Avec l'aide d'Ardélia, nonagénaire et dernier témoin vivant des faits rêvés par Lunaire, il réalisera, au terme de son enquête, que lui et ses frères sont, en réalité, à la fois les descendants d'un bourreau et de sa victime. Porté par un souffle puissant et par une langue superbe, ce premier roman de Gaëlle Nohant traite avec sensibilité et intelligence le thème de la quête d'identité à l'âge de l'adolescence. Conte fantastique et roman d'initiation, L'Ancre des rêves livre une réflexion originale - à la fois très personnelle et universelle - sur les peurs d'enfant qui sommeillent en chacun de nous et sur le chemin, parfois douloureux, qui mène à l'âge d'adulte.
5 personnes en parlent

Il y a d'abord ce petit extrait de "Possession" d'A.S. Byatt qui indique : "Dans notre partie de la Bretagne - la Cornouaille, l'Armorique - persiste la vieille croyance celte celon laquelle la mort est simplement un pas - un passage - entre deux stades de l'existence humaine." Puis il suffit d'ouvrir la porte et inutile de préciser que le lecteur se sent aussitôt happé dans l'univers que va créer la jeune Gaelle Nohant ...Son roman est une invitation précieuse et irréelle dans un monde peuplé d'enfants, de cauchemars, de fantômes, de morts. Cela se passe chez les Guérindel, Enogat et Ewan ont quatre fils qui grandissent avec l'interdiction formelle de s'approcher de la mer. Dans ce pays de pêcheurs, il n'est pas facile de faire accepter cette "différence". Les enfants ne disent mot, ils consentent.Ce sont des bons garnements, mais ils ont leurs mystères. Chaque nuit, ils se réveillent en hurlant, pris au piège de leurs rêves, qui sont autant de cauchemars contre lesquels leur mère Enogat ne peut combattre.Mais les enfants n'expriment pas ce qui les terrorise à ce point. Pourquoi Benoît suit cette femme avec son enfant dans les bras, s'approcher de la mer, bercer sa petite, et mettre des cailloux dans ses poches ? Et pourquoi Lunaire se voit-il embarqué sur un navire, accueilli par un beau diable aux cheveux roux, au rire mauvais, lui pointant du doigt une chose effroyable planquée dans la cale ? Même Guinoux s'effondre, en classe de dessin, à la vue d'un tableau représentant des chevaux, avec du rouge, beaucoup trop de rouge... Les garçons Guérindel sont murés dans leurs nuits peuplées de ces cauchemars qui leur signifient quelque chose, certainement. Mais ils se taisent, même entre eux ils ne parlent pas, ils se regardent comme des chiens fous, un peu sauvages, et poursuivent leur bonhomme de chemin. C'est Lunaire qui va conduire le lecteur dans un tunnel où les lumières de la vérité éclairent bien au loin la sortie. La traversée est rude, esquintante, sujette à des sueurs froides, mais guidée par la rencontre d'êtres exceptionnels, comme cette nonagénaire, Ardélia, ou le bienheureux Ebenezer (en hommage à Dickens...).Il fait bon se caler dans un fauteuil au coin de la cheminée, dans un salon qui sent bon le gâteau, où l'on peut boire un verre de cidre et dévorer des pommes de terre écrasées au beurre avec un goût de noisette... Puis écouter les confidences de cette femme remarquable, un peu énervée au début, puis brûlante d'émotions et de blessures intimes. C'est peut-être en fouillant le passé qu'on pourra sortir les enfants Guérindel de leurs cauchemars épouvantables. Qui sait ?Alors, "L'ancre des rêves" serait-il un roman d'un autre temps ? un roman bercé de légendes, de mythes, de croyances celtes et de subconscient lié au sommeil ? ... Oui, un peu tout ça. C'est avant tout une ambiance, un monde merveilleux inventé par l'auteur, avec tout le raffinement et l'érudition qu'on lui connaît (cf. son Café Littéraire). Cette lecture est une pause dans le quotidien grouillant d'agitations, c'est une plongée vers les abîmes, une nature impénétrable, et qui agit sur le lecteur tel un pouvoir d'envoûtement, tout comme les enfants qui glissent dans leur sommeil, lequel exerce "une attirance vampirique". Oui, les images fantastiques sont présentes, elles apportent des pistes de lecture, ouvrent les vannes pour savourer un débit différent de ce qu'on imaginait... Estourbissant, captivant, saisissant (et même insaisissable !), accrochez-vous à cette "Ancre des rêves" ! Car de plus, c'est beau. Tout simplement. Les étoiles, la mer, les fées, les esprits enchanteurs, la branche du noyer qui cogne contre la fenêtre... vous hésitez encore ?Un dernier hommage : "Ardélia avait été la fée mystérieuse qui vous enseigne les points faibles du loup, les ruses tactiques pour traverser la forêt et en ressortir plus fort".Gaelle Nohant est une contemplative, une rêveuse. Et le lecteur est tout acquis à sa cause !

Clarabel
20/02/09
 

L'histoire tient en quelques lignes, mais en même temps, elle est "inrésumable". Quatre frères font des rêves. Que dis-je, des cauchemars terribles. A tel point qu'ils redoutent de s'endormir. Chacun à sa manière tente de déjouer ces rêves, sans succès. Pourtant, l'un des frères, Lunaire, va décider d'en savoir plus sur ce qui l'empêche de vivre sa vie comme il l'entend. Et avec lui nous allons petit à petit découvrir l'histoire, la vraie, qui se cache derrière ces rêves.Je connaissais le style de Gaëlle ou du moins j'en avais un aperçu par son blog. Mais là, j'ai été bluffée. Ca coule tout seul. On a l'impression d'y être. Mais c'est surtout un style bien personnel, qui au fil des pages emmène le lecteur dans les rêves et les tourments de ces jeunes garçons qui luttent pour garder un semblant de sanité le matin venu. Au-delà du style j'ai aimé les personnages secondaires, dont on perçoit en quelques lignes le passé, l'histoire particulière. Et puis, Gaëlle nous emmène dans l'univers rude, terrible des pêcheurs Terra-neuvas, et aussi dans l'enfer des tranchées. Et à chaque fois, elle fait mouche. Ce livre est inclassable. Il ne saurait être enfermé dans un genre, car il les transcende. Il va au-delà.

Choupchoup
17/04/15
 

J'ai acheté le livre sur un coup de tête, par curiosité et en dépit d'un thème qui a priori n'avait rien pour me plaire (du fantastique, des histoires de marins... autant dire que ça s'annonçait mal ). Pourtant, dès le début, on sent la maîtrise qui sous-tend le roman. A aucun moment on a le sentiment de lire un premier roman, étiquette qui recouvre l'idée de maladresses, d'hésitations, d'auteur en devenir. Gaëlle Nohant maîtrise aussi bien une intrigue loin d'être simple qu'un style souple et d'une grande richesse : on se sent en présence d'une oeuvre mûre. Je me suis passionnée pour ces héros, cette Bretagne et son univers. J'ai appris quantité de choses au milieu de ces histoires enchevêtrées. J'ai beaucoup aimé l'univers bien personnel de ce livre, mélange de mystère, de références diverses et d'humanité. L'écriture a un pouvoir évocateur puissant : j'ai vraiment été sur le bâteau, j'ai rêvé avec les garçons, j'ai été dans la maison d'Ardélia, j'étais dans le livre plus que dans mon canapé. J'ai l'impression de revenir d'un séjour dans un autre univers.A s'offrir et à offrir !

mycupoftea
16/01/13

Quel roman! Dans une prose très maîtrisée et très fluide, Gaëlle Nohant nous entraîne dans un monde peuplé de monstres et de légendes contre lesquels se battent, chacun à leur manière trois frères (le quatrième est trop petit) très attachants : Benoît qui se sent impuissant à voir se noyer sous ses yeux toutes les nuits une jeune femme et sa petite fille et qui se sent investi de la lourde mission de veiller sur ses frères, Lunaire, dont le cauchemar est vraiment terrifiant, qui est celui par qui se dénoue le mystère, qui porte le nom du patron des pêcheurs, irrésistiblement attiré par la mer, puissante et interdite, et Guinoux, l'enfant peureux qui va se trouver littéralement transformé par le cours de l'histoire... L'histoire est rythmée par les cauchemars des trois frères et Gaëlle Nohant réussit le tour de force de nous les raconter plusieurs fois sans que la répétition nuise à l'intérêt de l'intrigue : bien au contraire, les détails révélés au fur et à mesure permettent d'instaurer un véritable suspense. Ce roman est une histoire de fratrie et plus largement une histoire de famille où les non-dits et les secrets se sont transformés en monstres qui dévorent les enfants. Au-delà de la métaphore sur la psycho-généalogie, j'ai trouvé que c'était aussi une histoire sur la maternité : la façon dont Enogat, la mère des enfants, veille inlassablement sur eux mais en silence, et finit par accepter de lâcher prise est vraiment très belle... Enfin, c'est un roman qui rend hommage à sa manière aux terre-neuvas et à leurs femmes, celles qui sont restées à quai, seules avec leurs enfants et qui ont dit au revoir à des hommes que la mer a gardés.. Excellent.

fashiongeronimo
16/08/12
 

De l'impalpable et des cauchemars...« Guinoux, plus vexé qu’il ne voulait l’admettre, se replongea dans sa lecture.Mais il n’arrivait plus à fixer son attention sur les cases. Quelque chose prenait tout l’espace, s’intercalait entre le livre et sa rétine, quelque chose d’indéfinissable, qui n’était pas réellement des images, pas même des mots. Plutôt la trace imperceptible d’un message éclair qui avait traversé l’espace, laissant derrière lui le bruit étouffé d’une cavalcade, une ombre dansant sur les dessins nets et rigoureux d’Hergé, l’écho atténué – et d’autant plus effrayant – d’un long hennissement. »Nonobstant la cavalcade et le hennissement, ce passage s’applique à la perfection à ce qui nous saisit en nous immergeant dans ce roman : une peur indéfinissable, un malaise qu’on réprime derrière le coin de l’œil, on veut savoir, avancer, comprendre, et en même temps on est tellement dans l’ambiance, tellement offerts à l’imagination de l’auteure qu’on s’attarde malgré soi dans cette atmosphère inquiétante et juste à la lisière du fantastique qui nous détache du réel.Nous sommes en Bretagne, en 1985, dans une famille unie, où les quatre enfants ont une particularité : leurs nuits sont peuplées de cauchemars récurrents. Chacun a le sien, au sujet duquel on ne communique pas. Pas plus qu’on n’évoque ouvertement l’interdiction formelle de s’approcher de la mer. Jusqu’au jour où Lunaire en a assez : peut-être qu’en se renseignant sur ses personnages nocturnes, il comprendrait un peu mieux ce qui se passe ? Suivons-le sur les chemins du début du siècle…Cet excellent premier roman de Gaëlle Nohant nous offre ce sentiment impalpable qui nous étreint lorsqu’on a aimé un roman, ces sensations un peu confuses qui font un tout et qu’on ne veut surtout pas voir disséquées.Quelques heures dans une brèche quelque part dans un monde un peu merveilleux, ah c’était bien. Sylvie Sagnes

SagnesSy
20/07/12
 

Format

  • Hauteur : 21.60 cm
  • Largeur : 13.60 cm
  • Poids : 0.47 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition